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Pere Lubin dans'ses Tables Géographiques, fait observerque les Peuples de 1’Acarnie & de íbÉtolie, ont été ancien-nement nommez Curetés.
CURIA MURIA. Isle qui appartient à f Arabie. Thevetdit qu’elle est nommée C ut A par quelques Persans. Ramuíìola prend pour Piste Dioscoride ,quoy que quelques-uns larapportent à Piste de Zocotora, & prétendent que ce soitdeux Istes distinctes par ces deux noms. Elles font peu éloi-gnées de Babel-Manael, à quatre ou cinq lieues de la Ter-re-ferme du Royaume de Fartach,à peu de distance du Capde Guardafu contre le Nord, vis-à-vis de Norbante,ville deP Arabie Heureuse. Elles font fort proche Pune de Pautre,fous le 90. degré de longitude, & le 18. de latitude. Celieu ne produit ni bled,ni vin, selon Thevet, bien qu Orosemarque le contraire ; mais on y prend beaucoup de poisson,entr’autres des tortues blanches, dont la coquille est tres-belle. Les Marchands qui y viennent traíiquer de ces coquil-les , en font des cassettes , & d’autres ouvrages de mêmenature, & leur portent en échange du riz,du froment & dela toile des Indes, ce qui fajzt la richesse de cette Iste. Ceshabitans fuivoient la Religion de Mahomet Pan 1503, & ilrPy a pas d’apparence qu’ils y ayent renoncé. * Davity,Arabie.
CURIANUM. Nom ancien du bourg de France, qu’onappelle aujourd’huy Cap de Bufih.
CURIAS ou curium. Ville, ancienne de Piste de Chypre.Les Géographes croyent que c est le bourg de cette Isle,nommé aujourd’huy P ifeopia.
CURIATE. Ville qui fait partie du Royaume d’Ormusen la côte d’Arabie. Elle est située vers le Cap de Monçan-dan, & s’est soustraite il y a déja un siécle de la dominationdes Portugais. Les guerres Pont presque toute détruite &laissée deserte,& elle n’est plus aujourd’huy ce qu’elle a été.II y a des Géographes qui conjecturent que cette ville estcelle que Ptolemée appelle Diana Oraculum.
CURICTA. Nom ancien d’une Isle du Golfe de Venise,appellée aujourd’huy la Veglìa .
CURIGA. Pays des Indes dans le Royaume de Caliçut.11 prend son nom de sa ville.capitale, située entre Pavane &Cranganor. Son Roy appellé Currivacail mena Pan 1504. unsecours de trois mille hommes auZamorinouRoy deCalicut,dont il étoit Tributaire, cela fait connoître que ce Royau-me est d’une fort petite étendue.* Davity , Etats du Roy deCalicut.
CURIGUACURtT. Rivïere de l’Amerique Méridiona-le , qui a fa source dans les montagnes de la Guiane, & quiaprés un long cours vers le Midy, va se décharger dans lariviere des Amazones,par une bouche large de prés de deuxlieues. Les Toupinambous appellent cette riviere Vruna ,motqui signifie Eau-noire, ce qui est cause que les Portugais lanomment R 10 Kigro.
CURIOROWICZA. Montagne de la Turquie eîìEuro-
g e, q'u’on nomme autrement c&arnanmerti. Elle est dans la.omanie, entre celle d’Argentaro, dont elle fait une bran-che , & la ville de Constantinople. Cette montagne est celleque les Anciens appelloient Rkodope. * Mat y , Dicl. de Holl.1701.
CURIOSOLITES. Peuples anciens entre les Celtes. Ilshabitoient la partie de la Bretagne Armorique , qu’on ap-pelle présentement le Diocèse de Cornoiiaille ou de Quim-percorêntin.
CURISCH-HAFF. Grand Lac de Pologne dans la PrusseDucale, en Latin C uronenfis Lacm ou Cmíandiœ sinus. Sa lon-gueur est de quinze ou seize Iieuës du Septentrion au Midy,& il est formé par plusieurs rivierés qui s’y déchargent. Laprincipale est celle de Russe. La Prefqu’Isle de Curiích-Ne-rung le divise de la mer Baltique, dans laquelle il se jette parun petit canal, qui est entre la pointe de la fresquiste & laville de Memel. * Maty, Diff. de Holl. 1701.
CURISCH NERUNG. Presqu’Isle de la Prusse Ducaleen Pologne, appellée par les Latins curonenfis Peninfula. Elleest entre le Lac de Curisch-Haff & la mer Baltique,& quoyque sa longueur soit de quinze lieuës,elle n’en a qu’une dansfa plus grande largeur. On y trouve quelques villages, par-mi lesquels ceux de Sarckaw & de Rossiten font les princi-paux. * Maty, Diiï. de Holl. 170Î.
CURLANDE. Province qui appartenoit autrefois auxChevaliers de Livonie, qui l’avoient conquise sur des Peu-ples Idolâtres,en Latin curlandiœ Ducatus. La riviere de Dunela sépare de la Livonie dont elle faisoit partie en ce temps-là,A elle a pour bornes au Nord le Golfe de Riga ; à l’Orient
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ìa Semígaìîe ; âu Midy la Samogitie ; & à l’Occident la merBaltique. Toute cette Province ayant été miserablem.enruinée par les Suédois & par les Moscovites, & l’Archevê-que de Riga, L le Maître de l’OrdreTeutonique s’étantdonnez à la Couronne de Pologne avec ce qu’ils y posse-doient encore, Sigismond-Auguste Roy de Pologne,érigeala Curlande en Duché, & la donna à Gottard de Ketler deNesseírot, qui ayant embrassé l’heresie de Luther ,luy cédatous les droits que l’Ordre Teutonique,dont il étoit Grand-Maître, avoit fur la Livonie , à condition qu’il porteroit letitre de Duc de Curlande, dont il luy feroit hommage, 8 cque ses Descendans luy succederoient en la même qualité ,aprés qu’ils en auroient pris l’investiture des Rois de Polo-gne. Gottard mourut le 17. de May 1587. laissant d’Anne,fille d’Albert Duc de Metdenbourg deux fils, Ravoir Frédé-ric qui mourut fans enfans, & Guillaume qui succéda à soiifrere. Ce dernier ayant été dépossédé par Sigismond III. &par les Etats de Pologne, fut obligé de vivre en exil, jusqu’àce qu’à la priere de plusieurs Princes il fut rétabli en 16Ì0.II avoit tué un Gentilhomme du Pays appellé Nolda , & lapeine qu’il en souffrit fait voir combien il est dangereuxdans le Duché de Curlande de violer les Privilèges de laNoblesse qui en a de tres-considérables. Les principales vil-les de ce Duché font Goldingen, Windau & Liba. La pre-mière est fur la Wette, & la seconde à l’embouchûre dumême fleuve, qui forme son Port. La Semigalle est une an-nexe de la Curlande. Les affaires qui regardent le Gouver-nement de l’une & de l’autre, font fous la direction du Con-seil d’Etat, qui est composé du Gouverneur, du Burgrave,du Chancelier & du Maréchal. Ce sont les quatre princi-paux Officiers du Duc. On y administre la Justice en diffe-rens Tribunaux. Ceux des quatre grands Capitaines de Mit-tau, de Goldingen, de Tucum & de Selbourg font les plusconsidérables. Les autres sont subalternes, & leurs Chefs quiportent ìe nom de Capitaines, connoissent également des af-faires des Nobles & des Roturiers. On appelle de ces Tri-bunaux au Conseil du Prince, & de-là les affaires font por-tées en dernier ressort au Roy de Pologne , comme étant léSeigneur féodal. *01earius, Voyage de Moscovie»
Saxon le Grammairien , en plusieurs endroits de son His-toire , nomme la Curlande Caria , Curia 8 c curonia ; & ses ha-bitans c uretes & C un. Elle est peu connue aux Nations étran-gères, parce qu’elle a fait de tout temps une partie de làLivonie, & qu’avant & durant le Gouvernement du fameuxOrdre Teutonique , elle y a toujours été renfermée. Ainsi,les Conquêtes, les Batailles, les Sieges, les Victoires, lesTraitez, & generalement tout ce qui s’est passé de remar-quable entre les Livoniens & les autres Etats, doivent aussis’entendre de la Curlande. II y a même des Auteurs, commeArtKnoc, dans fa Dissertation De Republica caronorum , quiassurent que la Livonie étoit autrefois comprise dans la Cur-lande. Ce Pays, ainsi que celuy de Pilten & la Semigallie,estsitué entre le 45. & le 50. degré de longitude , & entre le;6. degré 5. minutes, & le 57. degré 5. minutes de latitude»Ces trois Contrées qui contiennent une fort grande étenduede terres,font présentement unies fous la domination du DucFrédéric Casimir. Ce Prince est tres-magnifique dans faCour , & outre ses grands équipages de Chasse,il entretienetoujours trente beaux attelages de Carosse , & trois censchevaux de main de toutes fortes, chevaux d’Arabie, desBarbes, des Persans, des Polonois, des Hongrois, des che-vaux de Turquie, des Bachmats ou chevaux de Tartarie»Quoy que chaque nouveau Duc de Curlande doive rece-voir l’investiture de ses Duchez de la Couronne de Polo-gne , cela rfempêche point que les Polonois & les autresNations ne les regardent comme des Souverains, aussi illus-tres que les fameux Grands-Maîtres de Livonie leurs Ancê-tres. L’estime qu’en font leurs voisins paroît par ^les hon-neurs qu’ils rendent à leurs Ambassadeurs. C’est la coûtumédes Ducs de Curlande de défrayer tous les Ambassadeurs& Envoyez qui viennent chez eux, ou qui passent feule-ment par leur Pays, & de payer toute leur dépense , nonseulement pendant qu’ils résident à leur Cour ; mais aussidurant tout le temps qu’ils font fur leurs Terres. Celuyqui régné aujourd’huy pourroit avec fa Noblesse lever quin-ze ou seize mille hommes des plus braves Soldats du Nord jmais les Traitez de sujétion à la Couronne de Pologne, & laprotection que cette Couronne s’est engagée de luy donner,ne luy permettent pas d’avoir une armée fur pied en tempsde paix, que les habitans font exempts de toutes fortes detaxes,& une partie de ses Gardes à cheval,quelques dragons,