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Tome I. [A - D.]
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& quelque Infanterie , suffisent pdur les garnisons de sesPlaces. il n’y a point de Duchéz dans l’Empire si conside-rablc que celuy-cy ,8c aucun Prince d’Alémagne ne com-mande à un auffi grand nombre de Noblesse libre, opulente,& qui nVpoint dégénéré, quéfait le Duc de'Curlande.Avant les dernieres guerres de la Suede & de la Pologne , leDuc Jacques entretenoit trente ou quarante vaisseaux bienéquipez, dont la moitié étbit des vaisseaux de guerre bienpourvus d’armes & d’hom m es. Quelques-uns de ces Vais-seaux portoient jusqu’à quatre-vingt pieces de canon, &lesautres étoient de cinquante, de quarante & de trente pieces.On s’en servoit pour faire des découvertes auffi loin queT Afrique'& l’Amerique , & pour avancer le commerce.On affûre que Charles Gustave Roy de Suede disoit,que leDuc de Curlande avoit trop pour un Duc, & qu’ii avoittrop peu pour un Roy.

Dans leráffaifes Ecclésiastiques ,ce Duc est Chef de FE-Kfe suivant les Traitez d’Union avec la Pologne, il d&tínees dispenses à ceux qui veulent se marier dans des degrezde parenté défendus.11 fait des Loix 8c leve des taxes avec le'consentement des Nobles qu’il fait assembler. Non feule-ment il a le droit de battre monnoye ; mais auffi celuy desconfiscations, & de pardonner aux Criminels ; mais dans lesprocès de Droit Ci vil, lorsque la somme vaau de-là de cinqcens florins, on peut en appeller au Roy de Pologne. LesPalatins ou Waivodes, les Châtelains ou autres Sénateursdu Royaume de Pologne, ou du Grand Duché de Lithua-nie, qui possedenl des Terres dans le Domaine de Ce mêmeDuc, font obligez de se soumettre à sa Jurisdiction, ce quiest un grand Privilège, puisque par les Loix de Lithuanie,les Palatins de ce Duché font traitez de Princes. La plupartdes Curlandois, ainsi que leur Souverain , professent là Re-ligion de Luther,selon la Confession d’Augíbourg. Celle deCalvin, & f ancienne Religion Grecque ou Ruffienne, fonttolérées en ce Pays-là, de même que ceux qu’on appelle'Vniti, c'est-à-dire, ceux de f Église Grecque, qui reconnoil-ïent le Pape ; mais on n'y souffre point les Ariens, les Soci-hiens, les Arminiens, les Anabaptistes & autres, fous peinede consifcation de biens. Quelques Juifs ont commencé àTy glisser des lieux voisins áe la Pologne & de la Lithuanie,les uns étant protégez par le Duc, & les autres par des No-bles ; mais on dit que le corps de la Noblesse a résolu de les/bannir. Les Ducs de Curlande Ont accordé a u Roy & à la-République de Pologne, deux Eglises Catholiques Romai-nes , Fune èn Semigallìe à Mittau, où il y a un Ccliege deJésuites, & Fautre en Curlande à Goldingen.

Une coutume fort singulière qui étoit établie dans toutela Livonie avant qu’elle fut démembrée, est encore présen-tement en usage dans la Curlande, où elle fait grand hon-'neur au mariage. Les Dames y prennent leur rang ,non pasde la Dignité de leurs maris ; mais du temps qu’elles ont étémariées ; de forte que la femme d’un Capitaine Ou d’unLieutenant, a le pas devant celle d’un Colonel, d’un Gene-ral , ou du premier Ministre d’Etat, félon que Tune est ma-riée avant l’autre. Les Dames 3c les Gentilshommes se fontun fort grand plaisir d’ailer i’Hiver en Traîneau, C es Traî-neaux sont fort beaux , 8c représentent différentes figu-res, comme oignes, pigeons .dauphins,tortues,lions,cerfs,paons, dorez 8c travaillez fort proprement. Le Carnavals’ouvre ordinairement de cette forte. On voit d’abord avan-cer un grand Traîneau tiré par plusieurs chevaux, avec unedouzaine de trompettes & de timbales. Ensuite les Courti--sans avec leurs Dames viennent deux à deux. Chaque Ca-valier conduit son cheval, étant assis ou debout derrière faDame. Qioy qu’il gele fort, il fait d’ordinaire un beau So-leil 8c un Ciel serein. Leurs chevaux font superbement eti-harnachés avec beaucoup de sonnettes. Dans cet équipageils font le tour des rues à plusieurs reprises,)usqu acinquan-îe ,& quelquefois soixante Traîneaux de compagnie. Si lapartie se fait de nuit, la ville est toute illuminée, & chaqueTraîneau a plusieurs flambeaux. Les Dames qui sont habil-lées à la Françoise , se parent de riches fourures,& de beau-'çoup d’autres ornemens. * Nouvelle Relation de la Livonie.

CURMILIACA. Ville ancienne dont il est fait mentiondans Fltineraire d’Antonin. C’est celle de la Thierache enPicardie, qui porte aujourd'huy le nom de Corbte.

CURNON1UM ou Cttrnovium. Ville ancienne des Vas-cons. Plusieurs Géographes croyent que c’est celle de laHaute Navarre, qu’on nomme présentement E(relia ; &d autres disent que c’est Cmobio ,bourg ou village du mêmeRoyaume.

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s CURSÓLÂÍÌIËS. Petites Isles de la mer deGreíe , qulsont au nombre de cinq , eh Latift cutfolaria. On les trouvedans le Golfe de Patras , devant l’entrée de celuy de Le-panïe,environ à quatre lieuës de l’Ifle de Cefalohie. Cesont celles que les anciens Auteurs ont appellées Echinades ,ouï chim IrifìiU. Ce fut auprès de ees Isles que les Chrétiensgagnèrent fan i;yi. la fameuse bataille dite de Lepânte.L’ahnée précédente les Turcs , qui aprés s’être rendus maî-tres de flste de Chypre, firent quelque séjour dans cetterade,voulurent attaquer là principale de cesifles. AntoineBalbo qui en étoit Gouverneur, prit la fuite la nuit fur iebruit de leur approche, suivi des principaux habitans. Lessein m es, par le conseil d’un Prêtre nommé Antoine Roso-neo, qui avoit tâché inutilement de retenir ceux qui avoientfuy, fermerént les portes de leur ville, & ayant pris les ha-bits & les armes de leurs maris, elles fe montrèrent fur lesmurailles comme ayant dessein de fe défendre. Une d’éntte-eìles voyant les galères ennemies approcher des murs »mit le feu à une piece de canon qui fe trouva par hasardpointée vers la flote. Ce coup de canon tiré à propos, rom-pit le mât d’une galere, & fit croire aux Turcs que la gar-nison de la Place étoit nombreuse, de sorte qu’ils se retirè-rent sans descendre à terre. Quelque temps aprés les habi-tait s de Cursolari ayant envoyé demander du bled à la Ré-publique de Venise dans un grande disette, le Sénat leurrépondit qu’ils n’avoient pas assez bien servi l’Erat pour mé-riter cette grâce; mais qu’il l’accordoit à la bravoure deleurs femmes , qui avoient sauvé l’Ifle pendant leur hon-teuse suite. * Gratiani, Histoire de Chypre. Voyez, Echinades.

CURTA. Bourg ou village de la Basse Hongrie, II estsitué sur le Danube , entre la ville de Komore & celle deGran. Quplques Géographes le prennent pour FanciennèCurta, qui fut une ville de la Basse Pannonie ; mais d’au-tres veulent que cette ancienne curta soit Bude. * Maty*Di&. de Holi. 170Ï.

CURZOLA. ifle du ressort des Vénitiens, & qui est op-posée à la Presqu’Iíle des Ragusiens où sont Sabion cello 8cStagno. Les Anciens font appellée Corcyra ou c dreurrt , avecle surnom de Mel&na , qui veut dire Noire en Grec. Elle àau Levant la Presqu’ffle de Ragufe; au Nord, celle de Le-zina ; 8c au Midy celles de Melide , d’Augustó -, de Casolo& de Cuza. Sa longueur est de quarante milles, & son cir-cuit de quatre-vingt-dix. Cette Isle a une ville de mêmenom, & cinq ou íìx villages peuplez de quatorze ou quinzêcens personnes chacun; mais la ville de curzola n’en a guereplus de mille. Son enceinte n’est que d’un quart de heuë ,& ses murailles sont fossiles , & fans terre plain. On tientqu’elJes ont été bâties par Dioctétien auffi bien que le Dô-me de S. Marc, qui est aujourd’huy f Eglise Episcopale»placée au milieu de lâ ville sur une éminence. Toutes lesrues y vont aboutir. A la façade sous sangle du toit il y aun buste de marbre d’une femme couronnée, qu’on ditêtre de la femme du même Empereur. L’Eglise qui est an-tique, a deux rangs de colomnesen dedans i’un fur 1 autre.Les matériaux en font presque tout de marbre. Ce marbrese taille à quatre ou cinq milles dc là, dans cette même Isle.U y a peti de maisons qui n’en soient auffi bâties ; mais onne prend pas la peine de ie polir. CettelfleappartenoitauxRaguliens; & là maniéré dont ils font perdue, est une singu-larité fort remarquable. Ils étoient brouillez avec les Véni-tiens qui ont un écueil appellé Saint Marc qui commande laville de Ragufe avec un petit rocher qui en est encore plusprés, 8c qui n’a pas plus de terre-plain qu’il en faut pour lesfondemeris d’une maison médiocre qu’on y a bâtie depuis.Les Vénitiens y envoyerent une nuit des gens qui y dressè-rent un petit Fort de carton peint de couleur de terre garnide canons de bois peints en bronze. Les Ragusiens allarmezde voir une Citadelle construite en íì peu de temps » crai-gnirent pour leur République, & envoyerent offrir aux Vé-nitiens l’Ifle de Curzola en échange de ce méchant rocher ice qu’ils obtinrent fans peine. Quant à l’écuëil de S. Marcqu’ils demanderent auffi , on n’en voulut point entendreparler. Cette Ifle de Curzola est fort utile à la Republiquéde Venise, parce qu’elle sert comme d’Arsenal pour fabri-quer & radouber lés bâtimens, étant presque toute couver-te de bois de haute-futaye. Les sardines & le vin sont sesprincipaux revenus. Les forêts dont elle est remplie serventde retraite à plusieurs bêtes sauvages,& entre autres â urtanimal qu’on dit être semblable à un chien ; mais qui a Ificri d’un chat ou d’un paon. Si on allume du feu la nuitproche de ces bois, on en entend un grand nombre crier &