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Tome II. [E - O.]
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c lle-égale à celle qu’on sent, loríqu’on est proche d’une maisonbrûle, de sorte que dans î€s chambres les mieux fermees,e bois des chaises & des tables brûlent k main de ceux qui leouenent ; ce qui oblige de jetter à toute heure dé seau def-i S 3 àst que fur le plancher ; mais cet cxcés de chaleur ne( i e , re . c l Ue six ou íept jours en toute une année, & seulements Puis neuf heures du matin jusqu'à quatre aprés Midy , en-a 1 ? dequoy , il vient de la mer un vent frais qui la tempere.& re able m ent. Ces grandes chaleurs dureroienr encore pen-ant Juillet, Àout, Septembre & Octobre, fans les pluyesq 'f 1Ilu dles, qui rafraîchissent l’air & la terre , & qui tombent^bdamment, que tout le pays en est inondé. Ces peuplesde tI p > ' en - t ^ eur hiver aux mois de Decembre, de Janvier, ScPav u r * er ' ma ^ s P e0 Lnt ce temps il fait auífi chaud en celou * st Ua ^-tris au mois de May. Ainsi les arbres y sont toû-so rs ver ds , & chargez de fruits mûrs. On y fait deux moisejjbs de ris. II y a même des terres que Ton dépouillé trois fois.W 01 * è l’orge, mais ils en mangent fort peu , le bédé leur-'Heu de toutes les autres herbes ou legumes dont nousftiaA - V0ns- P a y s est tres-fertile, Lc tout y est à fort bonbit ^ ' ce stui vient principalement de l’abstincnce des ha-L ç ai \ s> A de ce qu’ilsne mangent d aucune chose qui ait vie,

^ etr angers y ont une poule pour moins de deux fols, und c p° n Pour onze , & tout le reste à proportion. Lc Royaumetr ^olconde est renommé pour une mine de diamuns qui s’yd e *í Vc 'LUe est au pied d’une grande montagne, à deux lieuesCb a Ca pûale , aíïez proche d’une riviere , nommée^ tjteha, L a terre de cette mine est rouge , ayant des veinescheAuiatiere qui reífcmble à de la chaux, quelquefois blan-siet ^3^^Iquefois jaune. Elle est mêlée dc cailloux, dontplu-; (çr rs fe levent attachez ensemble. Aprés que l’on a porté lahau* 2 ^ a mine , en une place bien unie, onl’étendàla

3 eij ^ Ur de quatre ou cinq pouces, & on k laisse secherau So-Pan i L U| suivant on broyé les mottes de cette terre, en frapa t deílùs avec des cailloux. Lnsuire on ramasse ceux que l’onlir r ° Uve z dedans , on les caste, & c’est de là que ses diamans sepj e nc \I! y a en ce pays beaucoup de cristal, & quantité d’autrest L rrc ^ transparentes, comme des grenats, des topafes, desaga-}j e s, ues àmetistes, & semblables pierres tendres. II y a auííìdc r up de se r 8c d’acierqui se transporte en plusieurs endroitsà- ^tles.On y seit toutes fortes de toiles de coton.mais qui sete - ln 8ueut fans peine de toutes celles que l’on fait ailleurs. LaPav Use ’ ou pour mieux parler, la peinture des toiles de cefoi ' Car Peignent les plus fines avec un pinceau, est la meil-

Q a e & la plus belle de toutes celles qui sc font dans le Levant.J 0 a oeau laver ces draps & ces toiles , la couleur dure auífip e jp'seseps que l’étofe. On tire cette teinture d’une plante apPas C , qui ne croît qu’en ces lieux là. Ils ne f estimentauj >ms que la cochenille est estimée en Europe. L’on y faitd r Hodigo, à peu pies de la même qualité que l’indi-^Lhor. Ils portent leurs marchandises par toutes les Indes.t llre eu js vaisseaux qui sont d’un grand port, mais d’une struc-din bien entendue que celle des nôtres.Il trafiquent or-seat Urei ? en!: ^ ans l amer Rouge, au Mocha , dans fille de Su-* ' à Arecan , à liste de Zeilea Lc au Cap de Comorin.

q- Jni etold, Riíatwn du Royaume de Golconde.se] se peuple de ce Royaume , tant hommes que femmes »se, ce que rapporte Tavernier dans son voyage des Indes ,d e IO * est bien proportionné 8c de belle taille , assez blancL e d > Lc il n’y a que les Paysans qui font un peu basenez.q u -r°y est Mahométan, Lc sort attache à la Secte de Hali, juseh 0 ,1c vouloir point porter de toque comme les autres Ma-seie etans * à cause qu’on dit que Hali n’en portoit point. U alui f Utre Lne de coetfure , Lc c’est ce qui fait que les Persensortu° rtCnt ' eur P a y s en 8 rap st nombre pour aller chercherV ers , nCau x Indes, vont plutôt vers le Roy de Golcondequehase E ^ogol. Quand ce Prince rend la justice, il vient auVa nt°T^ e * on l ua re g art se uNe grande Place qui est de-

e U h ^ ous ceux qui veulent s’y trouver, sc tiennent deboutseuAlî Vas ' a ‘ vis fendrait où il est astis. Entre le peuple & lasi> Un ai se °n plante en terre trois rangs de bâtons de la longueuriui .nst-j ìque , au bout deíquels on attache des cordes-°se j roi ^ ent l’une fur l’autre , Lc il n est permis à qui que cele v E passer ces bornes fans être appellé. Ce n’est que quandk l 0t y rerîc i justice qu’on dresse cette barrière qui tient touteVertur* UCUr ' a P^ ace > vis à-vis du balcon , il y a une ou-xne,, e .Pour Lisser palier ceux qu’on appelle. Alors deux hom-faffae 1 ôennent chacun par un bout une corde tendue à ce'soSe ' a haiísent pont le laisser libre à celui qui doit entrer,togr Creta h e st’Etat fe tient dans la place au dessous du balconrecevoir les requêtes, & quand, U en a pris cinq ou íìx, ilT ms ii,,

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les met dans un sec, qu’un Eunuque qui est furie balcon au-près du Roy , fait defcendpe en bas avec une corde, Lc qu'en-suite il retire en haut pour les presenter au Prince. Ce font les.plus grands Seigneurs qui montent en garde tous les Lundis ,chacun à son tour, & on ne les releve que huit- jours aprés, ï|y en a tel parmi eux qui commande cinq ou fìx mille chevaux,

& ils campent fous leurs tentes autour de la ville de Eagna-gar, capitale du Royaume. Quand ils ont à monter la garde,chacun va de chés soyau rendez-vous -, mai s cjuand ils en sor-tent,, ils viennent en bel ordre se rendre dans la place qui estdevant le balcon du Roy. La marche commence par dix oudouze Elephans plus ou moins, selon la qualité de celuy quifon de garde. II y en a une partie avec leurs cages, & cesyagesressemblent en quelque façon au corps d un petit caroíìe. II yen a d’autres quin’ont que f homme qui ses gouverne , & ur*autre en la place de k cage qui porte comme un drapeau. LesElephans font suivis des Chameaux qu’on fait aller deux àdeux, quelquefois juíques à trente ou quarante. Chaque Cha-meau à fa selle , fur laquelle on attache une petite coulevrine „qu’un homme vêtu dç peau depuis k tête jusqu'aux pieds com-me un Pantalon, & astis fur la croupe du Chameau avec la mè-che allumée en main,tourne adroitement de tous cotez devantlé balcon ou est le Roy. Ensuite viennent les carosses, autourdefquels les domestiques marchent à pied ; aprés quoy parais-sent les chevaux de main , & enfin le Seigneur à qui appar-tient tout cet équipage. Dix ou douze Courtisanes qui f at-tendent au bouc du pont, commencent à fauter & à danser de-vant lui jusques à k place. II est suivi de la Cavalerie & de i’In-fanterie , chacune en bel ordre, Sc ce spectacle a quelque cho-se de fort pompeux. L’habit des Soldats ne consiste qu’en troisou quatre aunes de toile, dont ils sc couvrent le milieu du corpsdevant Sc derrìere. Ik portent les cheveux longs, & ils en foncun gros noeud fur la tête comme les femmes, n’ayant pourtoute cocffure qu’un morceau de toile à trois pointes, fune deces pointes fur le milieu de k têt e, Sc ils lient les deux autresfur lc chignon du col. Ils portent une large épée pendue à unceinturon, & ils en frappent d’esto- Sc de taille. Les Cavaliersont l’arc & k flèche, la rondache, le marteau d’armes, avec lepot en tête , & la jaque de maille qui -pend par derrìere depuisle pot jusque fur f épaule.

Voici de quelle maniéré Abdouî-Coutou-Cha qui étokRoy de Gokonde, i! y a trente ou quarante ans, étoit parvenuau Trône. Sous le rogne d’Akbar , Roy des Indes , pore deJehan-Guir, les Mogols n’étendoiènt leur Empire du côté dùMidy que jusques à Narbeder, de forte que k riviere qui ypasse, & qui venant du Sud , va fe jetter dans le Gange , sé-parait leurs terres de celle du Raja ou Prince de ÎSÎarsingue.Les autres Rajas étant comme ses sujets, & tenant de lui touteleur puissance. C’est ce Raja de Narfingue, & ses prédéces-seurs qu’on a toujours vus en guerre contre ceux qui ont suc-cédé à Tamerlandans les Indes, & ils étoientsi puistàns quele dernicrRajaqui étoit en guerre avec Akbar , avoir fur piedquatre armées commandées par autant de Généraux. Le plus,considérable des quatre avoir son quartier dans les terres dontle Royaume de Gokonde est aujourd'huy compose.Le secondtenoit le sien dans les terres de Viíapoûr, Je troisième dans laProvince de Doltabat j & le quatrième dans les terres deBrarnpour. Le Raja de Naríìngue ctant mort sens avoir laissed’enfans, chacun de ces quatre Généraux sc cantonna dans lespays qu’il occupoit avec son armée, & vinrent à bout de sefaire rcconnoître Rois, l’un de Visepour, l’autre de Golcou-de , l’autre de Brarnpour Lc l’autre de Doltabat. Quoyque leRaja dont ils partageoi.ent les terres, fût idolâtre , ils étoienttous quatre Mahométans. Celui qui devint Roy de Gokondesuivoic k secte de Hali, étant descendu d’une ancienne famillede Turcomans qui habitent ,le pays de Hamadan en Perse,Quelque temps aprés que ces quatre Généraux sc furent ren-dus Souverains, Jehan Guir.hls d’Akbar conquit les tcrrçsdu nouveau Roy de Brarnpour. Cha-jehan , nls de Jehan-Guir fe rendit maître de celles du R oy de Doltabat,& A ureng-Zeb,fils de Cha-jehan prit une partie des Etats de celui de Vi-sepour ; mais pour Abdoul-Coutou-Cha , Roy de Gokonde,

nijehan Guir,niCha-Jehann’entreprirent de lui faire k guer-re , Sc ils le laissèrent régner paisiblement, à condition qu’ilpayerait aux Mogols un tribut annuel de deux cens mille P a~godes. Ce font des esoeccs d’or qui valent tantôt plus Sc tantôtmoins , depuis six francs julqu’à sept francs Sc demi de notremonnoye.

Tout le Royaume de Golconde, à le prendre en général, estun bon pays. qui abonde en bled > ris, ba-ufs, moutons, pou*. les Si autres choses nécessaires à k vie, Comme il v a un sorti1 C c Jj