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la plus suivie. Lcuís Docteurs , nommez Bramins, disentqu’au commencement il n’y avoir qu’un seul Dieu , & que ceDieu s’cn est depuis associé d’autres , qu’il a choiíis encreles hommes les plus parfaits qui ont vécu fur la terre. Usérigent dés Pagodes ou Temples en leur mémoire > Sc dansleurs nécessitez ils implorent leur lecours. Ils croyent faméimmortelle^ Sc qu’elle passe d’un corps dans un autre, ce quiest cause qu’ils ne mangent rien qui ait eu vie. La polyga-mie leur est permise, Sc on y punit les femmes que l’onconvainc d’aaultere. Pour les filles Sc les veuves, elles nesont retenues que par la pudeur. Ces Peuples font divisezpar Tribus , qui font au nombre de quarante-qùatre. Ils sedistinguent par là les uns des autres, & tiennent leur rang se-lon les prérogatives de leur Tribu. Celle des Bramins est lapremiere. Us tiennent par tradition de leurs ancêtres les se-crets de la Medecine, dc f Astrologie & des autres arts qu’ilspratiquent fans les communiquer à ceux dés autres Tribus.Celle qu’on nomme Fangm , tient le second rang aprés lesBramins, dont ils observent les cérémonies, ne prenant pournourriture que du beurre, du lait » & toutes sortes d’herbages,excepté l’oignon auquel ils ne touchent point à cause de certai-nes veines qyi leur paraissent ressembler au sang. Les Comitiscomposent une autre Tribu, Ce sont tous Marchands dans le 'pays qui vont prendre d’un coté & d’autre les toiles de cotonïju’ils revendent en gros aux Marchands étrangers. Ilss’em- ,ployent auíîì à changer les monnoyes, enquoy ils sonttrés-ha- !biles. Une autre Tribu, appellée c ango-Vtiro , est composee degens de travail, de Laboureurs, & des Soldats des garnisons, cequi la rend plus nombreuse que les autres. Us mangent de tou-tes fortes de viandes à l’exception du bœuf & de la vache,qu’aucune neceííité ne les obligerait de tuer. Leur raison estqu’il y auroit une inhumanité sans égale de manger un ani-mal dont tout le pays tire de si grands services. Les femmes dedébauche forment une autre Tribu. 11 y en a de deux fortes,les unes ne se donnent qu’à ceux qùi sont d’une Tribu p!iisnoble que la leur , & les autres ne refusent personne. On leursait apprendre à danser dés leur premiere jeunesse, & com-me elles s’accoûtument à tout ce qui peut leur rendre le corpssouple, elles font dés postures surprenantes, dorít elles vien-nent divertir Je Roy à Golconde une Fois Tannée , c’esttout le tribut qu’elles lui doivent. Celle qui y reuíïìt le mieuxreçoit un présent dè sa Majesté. Elles dansent aussi devantles Gouverneurs des Provinces quand ils le commandent ; |mais elles se sont payer de tous les autres qui les employeuraux occasions des Fêtes, des arrivées des Vaisseaux, des cir-concisions Sc des autres réjouissances. 11 y cn a entre elles defort riches qui ont quantité de pierreries. Leurs habits fontde toile de coton, ou d’unc étofe de soye fort legere avéc uncorps de serge, & des manches qui ne passent point le cou-de. Elles portent des bracelets d’or aux bras avec des rubis& des émeraudes, & elles ont toutes des péndans d’oreille.
Il y en a quelques-unes qui ont les narines percées, & quiy mettent une bague avec une perle ou un rubis. Ëlles ontauíîì des filets dé perles ou de corail à leur col, & leur coef-fure consiste à íe relever les cheveux avec un nœud fur leurtête. Les Charpentiers , les Massons, les Orfèvres & lesMarchands font une Tribu à part. Les derniers de tous fontles Pitìaves , on leur défend de demeurer dans les villes, &on ne les reçoit dans aucune des autres tribus, dont ceux q uien sont seraient obligez de s’aller laver si par hasard ilsavoient touché quelqu’un de cette Tribu. Leur métier estd’emballer les marchandises, de préparer les cuirs & de fai-re des souliers. Toutes ces Tribus ont la même Religion , &on même Temple où ils choisiflèní chacun leur idole. Ces'semples ordinairement font fort obscurs, & nsont que la lu-mière qu’ils reçoivent des portes toujours ouvertes. Us fer-vent auíîì de retraite aux voyageurs , ìe Bramin qui y de-meure n’en occupant qu’un fort petit coin. Ils n’ont en tou-te l’année qu’une seule Fête’, pendant laquelle chacun se rendaux pieds de l’Idole qu’il adore , & proche de laquelle il at-tache plusieurs lampes. Ils jeûnent vingt-quatre heures & selavent. Sur le minuit on porte l’Idole au son des trompettes,& on tire quantité de feux d’artifice que ces peuples ont l’artde bien préparer. Entre ces Idoles, ils en ont une qui estdes plus adorées. C’est un bloc de pierres, qu'ils disent re-pïesenter d'autant mieux la Divinité, qu’il n’a aucune figu-.rc. Us ont quatre autres Fêtes ; mais c’est une solemnité quise passe dans seau cîe la mer. Ce jour-là, ils se rendent surses bords & s’y lavent fous la direction des Bramins, qui enleur jettant de l’cau prononcent certaines paroles. Le Bra-nun, & ceux du peuple qui reçoivent la bénédiction font (
dans seau jusqu’à la ceinture pendant ce temps-Ià. Us ador£ otune autre Idole , à laquelle ils imputent de faire venir l eSmaladies •& fur tout la petite vérole, qu’ils representent p 3tla figure d’une grande femme maigre , ou plutôt d’unequi a deux têtes Sc quatre bras. Les plus dévots luy fo° tUstvœu fort extravagant, qui s’execute de cette maniéré auport d’un voyageur , qui en a été témoin, on soit avec °°couteau deux ouvertures dans les chairs des épaules ùcelui qui a fait ce vœu. On y passe les pointes de deux crcsode fer. Ces crocs tiennent au bout d’une grande piece “ ebois, posée sur un essieu , qui est porté par deux roues, e °'forte qu’elle a son mouvement libre. Celui qui a fait le v ,ceUrient un poignard d’une main > & une épée de l’aurre. 9°l’éleve en l’air , & par le moyen des roues, on lui soit f* ireenviron un quart de lieue, U fait cependant mille acti° 1,5avec ses armes , & il y a lieu de s’étonner comment la peso 11 'teur de son corps ne fait point rompre Fendrait de la p eaapar lequel il est attaché.
Quant aux mariages les perés & meres choisissent un p artlà leurs enfans dans la même Tribu, Sc autant qu’ils peuve° cdans la même famille, fans aucun égard aux csegrez de pare 0 'té. Us ne donnent rien à leurs filles en les mariant, au co°'traire, le mari est obligé de faire quelques présents au p e,c& à 1-a mere de la fille. Les personnes riches marient les g 3 *'çons dés cinq ans & les filles à trois, quand le garçon en 1douze ou treize & la fille dix ou onze, le mariage le confort 1 'me. Ce jour-là on porte les mariez dans un Palanquin , Aon les promené dans lès places publiques de la ville avec d eSMusiciens & une troupe de Courtisans qui dansent à la te [edu cortège. Aprés qu’ils sont retournez le Bramin étend °°drap entre 1e mari 8c la femme en disant quelques priei' eS *Ensuite il ordonne au mari de passer la jambe par dessous | edrap & de presser de son pied qui doit être hud , celui ** cl’épouséc qui est nud de même. S’ilssont trop jeunes la co 0 'sommation est remise à un autre temps. S’ils sont en âge 011les ramene chez le pere du garçon ou chcz le plus âgé dc * c5freres. Le mari mourant, la veuve ne peut plus se remarie*"’non pas même celles qui onr été mariées à trois ou quatrea° s *Sc dont le mariage n’a pas été consommé. Ces veuves n'o°*plus permission de sortir, & on ne leur souffre ni beaux l* a 'bits, ni pierreries, ni aucun ornement d’éclat, desorte û uela plus part se resolvent à s’enfuïr afin de mener une viepl° slibre. Us ne font d’autres cérémonies à la naiílance de lf° fSenfans que de leur donner un nom , qu’on prend ordinairement de la Tribu de leurs peres. Les sommes cn ce pays 3 *;'couchent sans peine , & ont coutume de se laver deux ou tro 1jours aprés leur accouchement. Elles laissent Jcurs evfans to°nuds jusqu’à l’âge de sept ou huit ans, ifs se roulent par terr etant qu’ils ne sont point encore assez forts pour pouvoircher > & en les lavant souvent dans seau on les tient sepnets. Les enfans des personnes riches sont élevez avec plus Çsoin ; mais fans habits, on ne leur en donne que les jours àFêtes. Les hommes portent une piece de drap de coton bla°qui leur pend depuis la ceinture juíqu’aux genoux, & j ules épaule», une espece de manteau qui les couvre jufq 0 amilieu du corps. Us relevent leurs cheveux qu’ils laisse 0croître comme les femmes , portant le turban, & des anneauaux oreilles, avec de petites-perles, & des chaînes d’arg e °à leur cou , y cn ayant peu qui puissent en avoir d’or. Ils f 0 *? 1olivâtres , les uns néanmoins plus blancs que les autres, rplupart bien faits de leurs personnes. robustes, & assez cVvils dans la conversation. Quand ils meurent, il y en a st 1 *®l’on brille, & dont on jette les cendres dans la plus prod 1 ^riviçre. On enterre les autres affis les jambes croisées, co&'me ils le sont ordinairement pendant leur vie. C’est une t* a ^dition reçûë parmi tous ces peuples, qu’autrefois lesmes de ce pays étoient si portées à la débauche, qu’elles e°*poisonnoient souvent leurs maris pour vivre avec une enti e *liberté, ce qui lut cause qu’on établit une loy qui les obi 1 ,geoit à se brûler sur le corps de leurs maris. On a refo** 11 ^la rigueur de cette loi, & la veuve est feulement conss* 01née a ne plus songer au mariage, quoy qu’on laisse enCOïà celles qui sc veulent brûler , la liberté de le faire.
Masulipatan est le Port principal du Royaume de Golc°*^de. La commodité de sa rade y attire les Marchands, & so° tr ^sic est des plus considérables. Le climat est fort sain. Leurs 3 °nées sc divisent en trois soisons, & ses mois de Mars, d Avril, de Mai & de Tuin fbnr l’Eté. En ce temps là , F a PP r PÍ. ydu Soleil échauffe extrêmement le pays, & vers lail y Fou fie ordinairement un vent d’Òuest qui réchauffe e°core davantage que le Soleil même. Auíîì la chaleur y e *