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à cause du Calendrier Grégorien, & de nò$ rubriques & cé-rémonies qui sont autres q,ue les leurs , que parce que n osPrélats & plusieurs Ordres de Religieux mangent de la chair ;que les Séculiers en mangent le Mercredy, 8c que tous l e sChrétiens Romains mangent du poisson le Carême, ce queles Grecs ne font pas Leurs Eglises font assez bien bâties &ornées de peintures plates & de tableaux par dedans ; mais ilsn’ont aucune image en bosse, parce qu’ils croyent qu on n’enpeut avoir fans idolâtrie. Quand ils celebrent 1 a Messe, ilsne fe fervent point de chasuble. Le Prêtre est revêtu feulementd’une aube, d’une étole 8c d’un pluvial à l’antique. Ils di-sent la Meíîè & f Office divin en langue Grecque ; mais auxParoisses où font les Prêtres séculiers , ils disent l’Epítre 8cf Evangile en langue Arabesque «qui est la langue vulgaire ,asm que tout le peuple les entende. Le Prêtre est seul à f Au-tel avec un Diacre, 8c on ne les volt ni l’un ni l’autre , tant
3 u’ils s’employent à çe ministère, leurs Autels étant fermeze balustres 8c de rideaux. Us prennent trois ou quatre pains,plus ou moins, grands ou petits , félon qu’ils leur font offertsavant la Messe , & ils les beniísont fur la credence du côté del’Evangile. Ensuite ils levent de chaque pain quelque parti-cules en triangle , selon Je nombre des Communians, & aprésles avoir séparées, ils les posent fur l’Autel & les consacrent >& du vin auífi , à proportion de ce qu’il en faut, pour lemêler avec le pain consacré. Cela fait, on ouvre le rideau dela porte du balustre, 8c le Prêtre s’y met tenant fur fa tête leCalice & la patene où font le pain & le vin, ah n que le peu-ple les adore. Pour cela > il fait ust tour par toute l’Eglife,tenant toujours le C alice fur fa tête, & chantant ces paroles enlangue Grecque, Par la puissante de l’honneur de la Croix je vousdonne la vie. Pendant cette procession, tous les hommes leventleurs turbans, & en s’ìnclinant un peu, ils crient fans cesseKyrie eleifon , 8c frappent leur estomac. Aprés que le Prêtre estretourné à l’Àutel, le rideau étant Fermé, il mele les deux es-pèces sacramentales ensemble en maniéré de panade avec les-quelles il communie le peuple jufqu’aux enfans de deux mois.Le reste du pain qui a été seulement béni > est coupé en pie-ces & porté aux Aílîstans. Les Prêtres, non plus que les Sé-culiers , ne fe mettent jamais à genoux poUr faire leurs prières,ni même pour adorer le saint Sacrement. Pour l’ordinaire ilstiennent les bras à demi ouverts, ayant la paume des mainsvers le Ciel, 8c faisant souvent le signe de la Croix , qui estdiffèrent du nôtre, en ce qu’ils mettent feulement ìa main aufront, puis ils s’inclinent rapprochant de terre, 8c en fe rele-vant , ils la portent à l’epaule droite fans la porter à la gauche;ils ne laissent pas de prononcer comme nous, Au nom du Pere,& do fils & du saint Esprit. La plupart des Religieux & desPrêtres séculiers s’occupent à des exercices vils 8c abjets, 8cà des arts mécaniques, qui ne leur laissent aucun temps pourétudier, les plongent dans une extrême ignorance. Tous lesCurez 8c Prêtres font mariez, mais il faut qu’ils le soient àune fille avant que de prendre l’Ordre sacerdotal. Le Diacrepeut épouser auífi une fille, mais ni l’un ni l’autre ne fe peu-vent marier deux fois ; ce que peut le Clerc, qui aprés cela nefçauroit plus être admis à la Prêtrise , ni même aU Diaconat.Comme les Arabes appellent un Curé , court , un Prêtre,
C assis, un Diacre, Chedacryé , 8c un Clerc, Chamas, les fem-mes des Curez font appellées par honneur Connées , celles desPrêtres, cassées ; celles des Diacres, c hed.uryées, 8c celles desClercs, cbamaffìées. Toutes ces femmes tiennent par tout lehaut lieu,Sc les enfans héritent souvent de la Cure de leur pere.Lorfcju’ils psalmodient à l’Eglife,tant les Religieux dans leursMonastères,que lesSeculiers dans les Paroisses,fi y a unLecteurqui va lire un verset devant le plus ancien du côté droit duChœur, & cet Ancien le chante fur tel air qu’il veut, car ils nefe servent ni des notes ni de musique.Le verset finit, le mêmeLecteur va lire un autre verset devant un autre du mêrme côté,qui le chante aussi à sa fantaisie. Tous ceux d’un côté ayantchante chacun leur verset, le Lecteur passe au côté gauche duChœur, où il lit, 8c On y chante comme on a fait de loutre cô-te. Ces répétitions rendent le Service long & ennuyeux. Ainfitous les Prêtres 8c tous les hommes fe soutiennent en l’Eglisechacun sur un bâton fait en forme de potence,& les femmes fetiennent fur les pieds. Les Grecs fe tournent toujours versì’Orient pour prier, même en voyage , mais ils ne le font queloríqu’ils marchent le visage tourné de ce cótc-là. Us fontfous les ans quatre Carêmes. Tant que dure celui de Pâques ,ils ne mangent qu’un peu avant le Soleil couché , mais fansuser de poisson. Cela est cause qu ils ne celebrent la Messe qu aquatre heures aprés Midi. Loríqu’elle est finie ils vont déjeu-ner, ôc.peuvcat faire un ou deux repas jusqu a minuit, Lepre-
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mìer de leurs trois autres Carêmes, commence le Dimanchel’Octave de la Pentecôte 8c dure jusqu’à la fête de 8. Pierre- ^second est de quatorze jours, depuis le premier d’Août jus st"l'Assomption de la Vierge.; 8c le dernier est de sept sernuiu _avant Noël.Pendant tous ces trois Carêmes,ils disent IaMe° ematin,prennent leurs repas à midi,8c mangent du poisson; 013ils ne jeûnent ni le Samedy ni le Dimanche. Hors le tefflP s .ces Carêmes, les Séculiers mangent de h chair le Samedy, 0 ]ils n’en mangent ni le Mercredy ni le Vendredy. Les Fatn 3 ^ches, Evêques 8c Religieux n’en mangent jamais, parce st"*font tous de l’Ordre de S. Basile. Ils ne permettent pas wfaux Séculiers d’user de laitage 8c d’œufs le MercredyVendredy ni dans le Carême à quelque extrémité de malaque l’on soit réduit. Celui qui auroit transgressé cetteferoit regardé comme excommunié,8c par conséquent p_ liv£ .la terre benite,s’il arrivoit qu’il mourût.Comme ils netiennpoint dseau benite dans leurs Eglises, ils en font exprès P°baptiser un enfant, 8c elle ne sert que cette fois là. Us duen le baptisant, fois baptijé Serf de Chrtsî, au nom du Pere , & ^Fils & du saint Esprit, aprés quoy íís lui imposent le nomquelque Saint ; mais les parens rappellent en même teffip 5 Fle nom qufis lui ont donné d’abord, selon le temps ou I e 11où il est né. Si c’est pendant une grande pluye, ils l’appp e j cMattar, qui veut dire pluye. S'il naît au Soleil levant, llsnomment Cbemfe , qui signifie Soleil. U en est ainsi des A utr cJ
noms qû’ils donnent à leurs enfans. Quoique plusieurs G r
ne regardent pas la Confession comme un Sacrement, ° e f ^moins ils fe confessent, persuadez que c’est une chose -faire pour être sauvé. Pour cela ils vont trouver un P ie £[Jséculier ou quelque Religieux , 8c lui disent leurs pèche?,íè promenant avec lui, ou en fe tenant debout. Quand Pnitent s’accufe d’un péché considérable, le prêtre tire se oa ^jen signe de regret. Le Patriarche aussi bien que les Evest .8c les Religieux,portent une longue barbe, 8c ne font j a0T j| scouper leurs cheveux qui leur couvrent toutes les épaule 5,vivent tous en commun , 8c quoiqu’ils soient PatriarchesEvêques, ils ne quittent jamais la Vie Monastique, P rel1 .‘tous leurs repas au Réfectoire. Toutes les fois que le P a " ^che boit, tous les Religieux fe levent, 8c disent, A f5
Seigneur & de Dieu nôtre Sauveur. Les Prêtres Grecsfont vêtus dans la Terre-seinte comme le reste desexcepté que les Prêtres portent un turban bleu , 8c que l eS j aculiers le portent blanc bigarré de bleu, pour mettre udìfference entr’eux 8c les Mahométans. I-es Religieuxhaut de chausse 8c une robe noire de grosse étoile pard £ ^Us couvrent leur tête d’un gros bonnet noir, couchent í" 1 ^nattes faites de feuilles de palmier , fur lesquelles une p^.jde mouton est étendue, 8c se couvrent d’un tapis seit de 1de chèvres. II y a dans Jérusalem un Monastère de Relssi 1 gjses Grecques, qui font fous la protection du Patriarchevivent comme les Religieux, des aumônes que leur soEPèlerins. Elles ne récitent point l’Offioe divin, & ío° £lement cloîtrées pour observer la Règle de saint Basile-sont toutes vieilles femmes, qui malgré leur clôture , ° c ^setìt pas de sortir de leur Monastère, toutes le s fois st l . ie £S(Latins ou les Grecs font quelques folemnitez partic"' lC .dedans ou dehors Jérusalem. Elles y assistent par dévot ^disent leur Chapelet à la Grecque, 8c ont pour vêteme°voile noir fur la tête. * Le Pere Philippe > Voyage dé f ^
Le Pere Eugene Roger, Voyage de la Terre-sainte. j a
On appelle Mer de Grece, en Latin Gracum Mare , toU : 5partie de la mer Mediterranée qui environne la Grece ; ^ j aen particulier 8c proprement la mer de Grece n’est st"partie Occidentale de l’Archipcl qui baigne les côtes O rtaies de Grece. * Maty, Ditt. d’Holl. 1701. .
GRECS. L’un des plus fameux Peuples de l'Antist^^8c qui s’est rendu célébré par lesLoix, par les sciences,& P ^armes. Les Grecs étoient magnanimes, capables de bien _mander, propres à tout, fort attachez à leur liberté , & lc . tu-toient d’avoir inventé les principales commoditez de la v 1marne ; mais l’inconstance, la Jegereté & le parjure font £ jjgces qu’on n’a pas laissé de leur reprocher. Us furent de j 1croyance, qu’i! n’y eut aucune chose .quelque peu defemblance qu elle eût, qu’ils n’appuyalsent comme veUCependant ils étoient grands menteurs, & cela leur fat 0 'jj,,conss à une infinité de Fables. lìs aimoient beaucoup I e ^efestimoient ceux qui fçavoient bien boire , 8c leurs st Afitmême s’enyvroient assez ordinairement. Leurs tables e ^rondes, ainfi que leurs coupes 8c leurs pains. Us faisoícnt; ^de quelque instrument pendant leurs festins, & les co ss p S rçoient au son de la trompette. Lorfqu’ils y ctoient convi