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hambre &-deGrenade l’an 1360. par les Partisans de Maha*-met le Vermeil, ou Aben-Alhama2, descendant des premiersRois de Genade. Ce Mahamet le Vermeil fut mis en fa pla-ce , & Lagus se retira à Ronda, prés d'Alboanen, Roy de Fez.Ce premier fut arrêté prisonnier dés la féconde année de sonRégné, par le Roy Dom Pedro de Castille, suivant l’ordred u quel il fut mené au supplice -, monté sur un âne l’an i; 6a.Alors Mahamet Eagus fut rétabli fans aucune résistance, &mourut en 1579. Son fils Mahomad-Guadix lui succéda, &régna paisiblement, ayant épousé Hadifa, fille du Roy deTunis. II en eut Joseph qui lui succéda l’an 139a. & qui futpersécuté par son second fils, nommé Mahamet. 11 , mourutempoisonné en 1396. par le présent qu’on lui fit d’une casa-que de drap d’or. Mahamet son second fils, surnommé Aben-Balva , usurpa le Royaume sur son aîné appelle Joseph , &mourut en 1408. par une chemise empoisonnée,, joseph sonaîné fut son successeur.. 11 perdit Antequcra, & ayant fait trê-ve avec la Castille moyennant quelque tribut, il mourut lan1413. Mahamet, dit Aben-Azar, de la race de Ferrachen &de la sœur du second Roy de Grenade, fut mis en sa place, &chassé par Mahamet le Gaucher, assisté du Roy de Tunis.Ayant été remis fur le Trône, il assembla contre le Roy deCastille une armée de deux cens mille hommes de pied, &de cinq mille chevaux. II fut défait, chassé de Grenade & dé-possédé l’an 1432. Cette même année Joseph Aben-Almao,de la race du Roy Mahamet Aben-Alhamar, ayant pris Gre-nade & plusieurs autres Places avec le secours du Roy de Castille , sc fit son vassal, 8 c mourut de vieillesse au bout de six•mois. Mahamet Aben-Azar se vit remis fur le Trône pour latroisième fois, & fut chassé l’an 1445. par Mahamet Aben-Oírnin, dit Coxa ou le Boiteux, son neveu, qui s’étant rendumaître du Royaume, en fut chaste par Aben-Ismaël assisté duRoy de Castille, dont cet Aben-Ismaël se-fit tributaire. SonfilsMuIey Albohacen rompit la paix, ce qui fut cause de laruine des Maures. Il succéda à son pere Aben-Ismaël l’an146;. & fit plusieurs ravages en Andalousie & en Castille.Aprés avoir fait la trêve avec le Roy de Castille & savoirrompue, il fut chassé de Grenade l’an 1482. Son fils Maha-met-Boabdilì, surnommé Ch'tqaito ouïe Petit, lui succéda.Ce fut sous son Régné que Ferdinand, Roy d’Aragon & deCastille , s’étant emparé du Royaume de Grenade ,mit fin en1492. á la domination des Maures en Espagne. Le Roy Ma-hamet- Boabdili sc retira en Afrique, aprés avoir eu de grandsdifferens avec Muley-Boabdili le Zagal son oncle, quiavoit pris comme lui le titre de Roy.
Pendant que les Maures habitoient le Royaume de Grena-de, ils s’occupoient la plupart à l’agriculture ou à travailleren soye. Ils faisoient porter à leurs femmes des étoffes de soye,d’or &d’argent , tandis qu’ils étoient tres-mal vêtus, &toû-jours chargez de sacs, quoique fort riches, afin de porter touteforte de fardeaux pour de l’argent. Ils parloient presque tousArabe, & plusieurs de leurs femmes s’habilloient à la Mores-que , ayant soin de la beauté de leurs mains & de sc teindre lesongles d’incarnat. * Botero, Relat, di Spagna. Mayerne, De u-bas H’fpanicii.
GREN ADE. Ville d’Efpagne, capitale du Royaume dece même nom. Elle est située , partie sor des collines, partiedans la plaine, & arrosée du Darro, qui reçoit peu aprés leXenil & divers autres ruisseaux. Lés Maures qui sont possé-dée long-remps, avoient coutume de dire, que le Paradis étoiten la partie du Ciel, qui est for cette ville, à cause de la puretéde son air. Les Romains n’en font pas les Fondateurs. Si l’ons'en rapporte aux Espagnols, c’est h Reine Liberia femme duRoy Hesperus. II y a néanmoins plus de lieu de croire, com-me ils le disent, qu’Afdrubal y a tenu fa Cour, & que ce sont■les Phéniciens qui font bâtie. En effet, on y montre encoredes bâtimens que l’on prétend qu’ils ont faits. Ils sont de mor-tier, de chaux & de terre argilleuse, qui n’étoitpas la manié-ré de bâtir des Romains , non plus que des Maures. Ils veu-lent meme que R omtn ou Remon signifie une Grenade en lan-gue Phénicienne. Ainsi selon eux, le vieux Château appelléH vin-t Roman, dont on voit encore les ruines, veut dire leChâteau de Grenade, & non pas le Château des Romains ; demême que le Sotode Rom a signifie le Bois de Grenade, & nonpas le Bois de Rome. Ils disent que cette ville a trois lieuesde tour, & compte mille 8 c tteixe tours dans Fenceinte de sesmurailles, dix-huit portes, cinq ou six Châteaux, & six gran-des places.
La porte d’Elvire faisoit autrefois un de ces Châteaux. 11 ya encore quelques tours devant cette porte, & a u fauxbourg,une grande place où l’on voit une colomue de marbre noir,
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avec la base & le chapiteau de marbre blanc, d’ordre Lorset bien, enrichie de bronze doré, aubaut de laquelle e!G ‘Notre-Dame de marbre blanc ou d’albâtre, qu’ils apP^^N uejìra Senora del Triumpho. Autour de cette colomne est ^enceinte de grilles de fer , avec vingt lanternes attaches ^haut, & des flambeaux qu’on tient allumez toute la nult ‘gauche & au Nord, la ville s’étendsor le côté de lam° ^gne, qui est séparée du Château de s Alhamhre par le Darro ’ u joù étoit autrefois le principal Château appellé Altaç 0 *> ^est encore en partie en son entier. La place de Btvalbolut £lì ^tout proche, 8c un peu plus loin font les vieilles rum eS . j eplus ancien Château qui se nomme Helm-Roman . C Ç toJ j £partage d’un Prince Maure. Là étoit la première encei ntela ville. Par de-là & au dessus, il y a une autre ville qu pn a fpelle Albaycin , où les Maures qui sortirent de celle de Ba Vlorsque les Chrétiens la prirent, vinrent habiter avec toleurs familles. Elle devint en peu de temps plus peupl eC ì.le reste de Grenade, à cause que tous les Maures s'y rgioientà mesure queks Chrétiens faisoient des conquêtes-C’est par là qu’on regagne le Darro, le long duquel on P ^ve une belle rue qui va toûjours en montant, ayant la vus ,parc 8 c de f Albambre qui est de l’autre côté de la riviere , vvis du beauPalais appellé Généralisé .LeDarro côtoyant touJ° ^la hauteur de 1 ’Albambre , traverse enfin toute la ville, & Pjssous une voûte sor laquelle est bâti le Palais de la Chap 1 -? - jrie où la Justice se rend. La face en est enrichie d’unede sculptures fort délicates,& mêlée de jaspe vert & de uslblanc & noir. On voit àl’cntrée un Lion d’albâtre,qui ti en G.bouclier où est cette Inscription : vt rerum qvubic gírav tur . ^gnitudini non omnino impar effet tnbimalis Majefias , PA'/WRégis providentia Regiarn banc litìbus di judtcandis, ampáff^ u&boc digno cultu exornaniam cenffu.it anno 1585 Domino V* rn ^N trio de Gevarray prafide, Un bassin de fontaine de marbre 0le haut de la place. De-là, le Darro étant un peu plus g r ^forme un Canal qui fait le milieu d’une rue, dont les u j £cotez font joints par plusieurs ponts. Il y a là beaucoup jTeinturiers & d’Artisans. Le Zacatin , ruë parallèle à cedu Darro, est vers la porte d’Elvire. Dans cette rue, ss ul j,longue & assez étroite, & qui vient dc la place de la Ch an j £SJerie à celle de Vivarambla , demeurent tous les Orfévr eS .’^Marchands de soye, de rubans 8 c de vermillon. Le verss 1
est une plante à peu prés comme celle du safran, qui croiseche de Grenade, ou l’on en fait grand trafic. U AlcaJ zeespece de halle couverte où sont quantité dc boutiques r ^plies des marchandises les plus curieuses , donne d'uudans la même rue du Zacatin , au bout de laquelle est c jlbla , place qui a cent toises de long & trente de large, ïp ^toute environnée de quatre à cinq étages de loges de by lC l equ’on loue auiíì-bien que celles de l’amphithéatre de b° iS ^ eson dresse tout autour des loges, lorfqu’on y fait des e j]Cabas, ou des courses de Taureaux. Au bout de la Pso 4 -une grande fontaine, avec quantité de jets d’eau fort iretombent dans un grand bassin. II y a une autre Place b , ecoup plus grande au dessous du Xenil, qui va regag 0 ^^Darro de l’autre côté de la montagne, & tout auprès d 11 ^teau de Vivctobin , qui est à un des bouts de la ville, &ss UI - cl ]iíune Akayd’e séparée de celle de 1 ’Albambre. C’est ul \ v r£ squarré de murailles où sont quatre tours, & une entr J e ' ft-qu’ils disent que les Phéniciens ont bâtie. En revenant ^varambla à la place d’Elvire, on trouve la rue de h P^ ueS ,nerie, où des piliers de marbre séparent toutes les bouPfl j £ 5Au dessus , est un bâtiment de bois à trois étages p rgaleries & des balustrades qui avancent dans la ruë d V < (Sçon extraordinaire, ce qui fait juger qu’il est souyrag^Maures. De la Place neuve où est la Chancellerie ,d P ^,grande ruë qui va vers la montagne, & qu’on nomme er emeles , à cause que ceux de ce nom qui venoient de a3Í .en Afrique, ayant été choisis par les Rois Maures pourde de leurs personnes, furent mis dans cette ruë qui se rtnuë à i‘Alhambre. . jU*
On appelle ainsi toute la croupe de la montagne qui u jídessus de la ville du côté du Levant, 8 c détachée P arprofond du reste de cette même montagne , ayant se j e ]aau Nord , & le Xenil au Midy. On y monte de la poliville par une allée d’ormes qui mene jusqu’au haut en ^nant, & qui est arrosée en beaucoup Androits par desnés situées en des degrez differens. Ces fontaines ontfins de diverses formes 8 c dc toutes sortes de marbres ovoie quantité de figures entaillées comme celle d’Her c -tuë l’hydre , d’Apollon qui poursuit Daphné • & it epiter qui veut joindre Europe. On y voit aussi "