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auRoy d’Espagne & autant au Commandeur.On appelle ainsi<des Seigneurs'particuliers, descendus de ceux qui ont lespremiers conquis l’Amerique. Si le village dépend seule-ment du Roy, ils payent jusqu’à huit reales. Ceux qui dépen-dent des Commandeurs leur apportent des denrées qui se trou-vent fur les lieux, du mahis, du miel, des volailles, des coqs-d’inde, du sel, du cacao, des mantes de coton, & autres chosessemblables. II y a quelques villages qui en sont exempts, cesont eeux qui peuvent prouver qu’ils descendent de l’Etat deTlaxcalUn , ou de quelques familles de Mexique ou des envi-rons qui aidèrent les premiers aux Espagnols à faire la con-quête de ce pays là.
Les Indiens professent en apparence la même Religion queles Espagnols, mais dans le cœur ils ont beaucoup de peine àcroire ce qui surpasse les sens ; & les misteres de la Trinité, deï’Incarnation, de {'Eucharistie & autres sont trop élevez poureux. Quand on leur demande s’ils cróyent ce qu’on leur ensei-gne touchant ces articles de la Religion Chrétienne,ils répon-dent seulement que cela peut bien être ainsi. Il y en a encore•aujourd’huy plusieurs qui adorent des Idoles de bois & depierre, qui observent la rencontre des bêtes qui traversentles chemins, le vol des oiseaux & leur chant auprès de leursmaisons en des temps où ils n’ont pas accoutumé d’y venir. Ilyen a d’autres, qui sont addonnez au sortilège, & à qui leDiable fait croire que leur vie dépend de celle de quel-que bête.Ils la gardent auprès d’eux commeleur esprit familier,St s’imagìnent que cette bête mourant , ils doivent mouriraussi. Comme ils voyent qu’on peint divers Saints avec quel-que animal auprès d’eux, comme saint Jerôme avec un lion ,saint Antoine avec un pourceau, saint Dominique avec unchien, saint Marc avec un taureau & saint Jean avec un aigle,ils se persuadent que ces Saints étoient de leur même opinion,St que ces animaux peints auprès d’eux étoient leurs espritsfamiliers*, que ces Saints se transformoient en leurs figurespendant leur vie > & qu’ils sont morts en même temps qu'eux;de sorte que comme ils ont une grande vénération pour eux,ils en achetent les tableaux qu’ils font mettre dans l’Eglise,afin que chacun les y honore. Les Eglises sont pleines de cestableaux, qu’on porte en procession au haut de certains bâ-tons dorez, le jour qu’on en célébré la Fête. Ce jour-là celuià qui le tableau appartient fait un grand festin dans Je village,Sc donne ordinairement trois ou quatre écus au Curé pour faMesse & son Sermon, avec un coq d’inde, trois ou quatrepieces de volaille, & du cacao suffisamment, pour lui faire duchocolat pendant toute FOctave de la Fête.
Deux ou trois mois avant celle du Saint á qui Je village estdédié , les Indiens qui I’habitent s’aílemblent tous les soirspour se préparer aux danses accoutumées en ces jours-là. U ya une maison ordonnée exprès pour chaque sorte de danse avecun Maître qui va renseigner aux autres, afin qu’ils la sçachentparfaitement pour le jour de la Fête de ce Saint. La principalede ces danses est appellée Toncmtm. Les Indiens qui la dansentsons du moins trente ou quarante , tous habillez de blanc.tant pour leurs pourpoints que pour leurs calçons & leurs aja-ou mantes, qui d’un côté pendent juíqu’à terre. Quel-
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ques-unsen louent è tasseras pour cette cérémonie.'Leurs cal-çons & leurs ajates sont bordez de soye ou de plumage, oubordez d’un beau galon. Ils ont sor le dos de grands bouquetsde plumes de toutes couleurs collées à une petite machine fai-te exprès, & qui est dorée par le dehors. Us rattachent à leursépaules avec des rubans, afin qu’elle y tienne ferme. Us por-tent encore fur la tête un autre bouquet de plumes, maismoindre que celui-là. II est attaché à leurs chapeaux. ou à uneefpece de casque peint ou doré qu’ils mettent fur leur tête. Ustiennent aussi dans la main un éventail de plumes. La pluparten ont encore aux pieds en forme de petites ailes. Quelques-uns portent des souliers, d’autres n’en ont point5 mais depuisla tête juíqu’aux pieds, ils sont tout couverts de fort belles plu-mes. L’instrument avec lequel ils marquent la cadence est faitdu tronc d’un arbre creux, arrondi & paré an dedans &audehors. fort doux & luisant. U est quatre fois plus épais quenos violes , avec deux ou trois longues fentes au côté d’en-haut, & quelques trous au bout. On pose cet instrument ap-pelle Tcpanaba^, fur un banc au milieu des Indiens, & lemaître de 1a danse frappe dessus avec deux bâtons, garnis delaine parle bout, & couverts d’un cuir poisse pour tenir la lai-ne. Quoîqu’il rende un son lourd & pesant, celui qui en jouehe laisse pas, par la diversité des coups qu’il donne dessus, defaire entendre divers tons, ce qui apprend aux danseurs lesmouvemens qu’ils doivent faire, soit en Rallongeant, soit ense courbant, ou bien lorsqu’il faut qu’ils se mettent à chanter.
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Ils dansent tous en rond autour de cet) instrument, se suivisles uns les autres, quelquefois tout droit, quelquefois nef 31 'sant qu’un demi tour, & d’autres fois se penchant de sorte ss ufiles plumes qu’ils ont en la main, touchent la terre. Cette diï 14se n’est qu’une efpece de marche en rond, qu’ils continueldeux ou trois heures dans un même lieu, après quoy ib ^faire la même chose dans un autre. II n’y a que les Chefsles principaux du village qui la dansent. C’eít ce qu’ils P rat ,‘quoient avant qu’ils fussent Chrétiens. Rien n’y a été chaní?^linon qu’au lieu des louanges de leurs faux Dieux, ils c* 1311 'tent la vie des Saints. ' Us pratiquent aussi fort souvent une 3U 'tre sorte de danse,dans laquelle on se sert d’une grande diversd’airs avec un petit Tepanabaz, & plusieurs coquilles de tot 'tuë, ou des pots couverts de cuir, fur qùoy ils frappent coiu -me fur le Tepanabaz ,, qu’ils accompagnent du son des flûte •Cette danse est une efpece de chasse de bêtes sauvages. L° r 'qu’ils la dansent, ils crient & font grand bruit; les uns rat 0 / 1 'tant une chose, les autres une autre, fur le sujet de.la ° e >qu’ils chassent. U y en a qui sont habillez de peaux peintes ®forme de lions,&d’autres qui en ont en forme de tygres Aloups. Us portent des bonnets faits comme la tête de ces anmaux-là , ou bien d’aigles ou d’autres oiseaux de pro^c. 1tiennent aussi des bâtons peints comme des dards, des éf>e £ *’des haches , avec quoy ils menacent la bête qui est pourseM jCette danse , tout au contraire du Toncontm , qui confluemarcher & tourner tout à loisir, & à s’étendre doucementcorps, est fort pleine d’action. Tantôt ils courent tout aut° ^d’un cercle, & quelquefois dehors ; tantôt ils sautent & u 3 ?.pent les instrumens qu’ils ont en la main ; mais le spectacle q uattire plus le peuple, est une tragédie qu’on représenté £dansent, & qui bien souvent est la Mort de saint Pierre 0celle de saint Jean - Baptiste. L’on y fait paraître l’EmP 6 .reur Néron, ou le Roy Herodes avec se femme, vêtus w 3gnifiquement, & un autre personnage avec une longue.ro 0 ’pour representer seint Pierre ou saint Jean Baptiste, qui P el J ]£dant quelcs autres dansent, marche au milieu d’eux ten 3un livre en ses mains comme s’il lisoit quelquesTous ceux qui dansent sont vêtus cn Capitaines & en Sose 3avec des épées, des poignards & des halebardes en leurs m 31Us dansent au son d’un petit tambour & de quelques fl uteS Iquelquefois en rond, & quelquefois en devant. * Th o&Gage, Nouvelle Relut, des Indes Occid. III. Part. , ,
GUAXACA. Province de l’Amerique Septentrionales" 3 ^la Nouvelle Espagne. Sa ville capitale est Antequera avecché. Les autres sont S. Ulifonso-de-los-Zapotecas, S anSe Villa del Efpiritu sento. L’Evêché qux porte le noMGuaxaca, est entre celui de Tlaseala & l’Evêché qu’on 3 j trbuë au Gouvernement de Guatimala. U a cent lieues de 1 °gueqr selon la fuite de la côte de la mer du Sud, & cinq 030 .
selon celle du Nord. Sa largeur entre l’une & í’autre ip c selong des limites du Diocèse de Tlaseala est de six vingt h eUSc vers l’Est le long de la Province de Chiapa, elle n’est ÇL U . Ccinquante.il renferme plusieurs contrées qui sont fort confins , gblés. La vallée de Guaxaca est la principale. Son étendue estseize lieues en long. Elle commence au pied de la montagneCocola, fur la hauteur de dix-huit degrez vers le Nord, ‘ c>Herrera, à quatre-vingt Iieuës de la ville de Mexique ver*Sud. Elle est tres-ferdle . & il s’y trouve plusieurs mines a 0 ’d’argent & de cristal. Elle porte du froment & du maysbeaucoup d'abondance, grande quantité de cacao , de se c çchenille & de la casse. L’air y est aflèz serein & sein. L e5 . .pagnols y façonnèrent d’abord de la soye, à quoy ils. cto1 j|jattirez par le grand nombre desmeuriers de la Provin^'^j,y en ont plante depuis grande quantité de ceux d’Europe»compte dans ce Diocèse trois cens cinquante principales b 0gades des Naturels du pays,outre trois cens villages ou cCti . gplus de cent cinquante mille Sauvages tributaires, fl*, vlMonastères de Dominicains & plusieurs Colleges j, U [,siastiques. Quoiqu’ils ayent treize langages fort aifferensde l’autre, l’Idiome des Mexicains est commun à tous. LProvince étoit fort sujette aux tremblemens de terre avaU? H.les habitans eussent embrassé la Religion Chrétienne; 111ils y sont beaucoup moins frequens depuis ce temps-se-» -cque les Espagnols attribuent à saint Martial, qu’ils ont cn°pour Patron du Temple d’Antequera.*Laët, Descript. des WOccid. liv. 5. c h. ro. u
GUAXARAPOS. Sauvages de d’Amerique Meridio^qui habitent fur le rivage d’une rivière, qui venant comw° ^croît des limites du Brésil, se mêle dans celle de Paraguay (dix-neuf degrez ou environ de la Ligne vers le Sud. . ^Contrée est basse, H fort sujette à être inondée, ce q ul