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soit porter embaumé en quelque lieu qu’elle allât. La force de 'íà douleur qui rendoit ses larmes intaríflàbles, luy ayant bles-se le cerveau, elle le suivit bientôt aprés. Charles ayant perduson pere à six ans, fut reconnu Prince des Pays-bas à quinze.II recueillit les Royaumes d’Espagne à dix-huit, & fut pro-clamé Empereur àdix-neuf. Aprés avoir remporté de grandesvictoires, ìl mit le siégé devant la ville de Mets , & fiit obli-gé de le quitter quoyqu’il eût une armée de cent mille hom-mes. Le déplaisir que luy causa cet affront le toucha si fort,qu’il fut long-temps fans se montrer au public. Enfin ayantrésolu de renoncer à fes dìgnitez, il fit assembler íes Etats àBruxelles, où en présence d’un nombre infini de grands Sei-gneurs , ilreprefenta ce qu’il avoir fait depuis Iage de dix-ìépt-ans, neuf voyages ou expéditions en Alemagne. six enEspagne, sept en Italie, quatre en France, dix aux Pays-Bas,deux en Afrique , & autant en Angleterre, à quoy il ajoutaqu’ayant vieilli fous tant de fatigues, & manquant de forcespour porter tant de Couronnes, il les absolvait du serment defidélité , en faveur de Philippe son fils, jeune, vigoureux &de grande expérience. Philippe II. Roy d’Espagne, dernierComte de Hollande, avant que de quitter les Pays bas pouraller prendre poflèílìon des Royaumes que l’Empereur Char-les-Quint son pere luy avoir remis, voulut pourvoir à la tran-quillité des Provinces, en établistànt Gouvernante des Pays-Bas, Marguerite Duchesse de Parme, fille naturelle de cetEmpereur. Le Comte d’Egmont fut Gouverneur de la Flan-dre & de l’Artois, le Duc de Mansfeid du Duché de Luxem-bourg, & le Comte Guillaume de Nassau, Prince d’Orange,de la Hollande & de la Zelande. La Hollande s’étant soulevéecontre le gouvernement des Espagnols qui avoienc violé leTraité de Pacification de Gand, fit union en 1579. avec lesProvinces de Gueldre, de Zelande, de Frise Ôt d’Utrecht, cequia formé une République tres-puissante, connue sous lenom d’Etsts Généraux des Provinces-Vnies. La même forme deGouvernement que lesComtes avoient établie dans la Hollan-de,y est conservée. L’Assemblée des Etats de cette Province enreprefente la Souveraineté, & consiste aux Députez tant desNobles, que des villes. Les Nobles n’ont tous ensemble qu’u-ne feule voix , & opinent les premiers. Leur ordre n'est repre-sonté que par huit ou neuf, & non pas par tout le Corps. Lorsqu’un d’eux vient à mourir , ils en nomment un autre pourremplir ía place. Les Nobles jouissent de tous les revenus Ec-clésiastiques. Ils ont leurs Députez dans tous les Colleges del’Etat & de la Province, & nomment un Conseiller danscha-cune des Cours de Justice. Les Villes font au nombre de dix-huit.II n’y avoit anciennement que les sixpremieres ; fçavoir,Dordrecnt, Fîarlem, Delft , Leyden, Amsterdam & Gandqui eussent le droit d'y députer ; mais quand on voulut formerí’union d’Utrecht, le Prince d’Orange qui étoic Gouverneurde la Province, exhorta toutes les villes de députer àl’Assemblée des Etats. Celles qui y envoyerent ont depuis eu cetteprérogative, & on les nomm eStemmendé, c’est-à-dire, villesqui ont séance & voix aux Etats. Chacune y envoyé tel nom-bre de Députez qu’elle veut. L’un des Bourguemestres & lePensionnaire y sont compris. Ils n’ont tous ensemble qu’unevoix, & c’est la ville qui les défraye. Les Etats de Hollande s’as-semblent ordinairement quatre fois l’année dans le Palais dela Haye, en Mars, en Juin, en Septembre & en Novembre,Les trois premières Assemblées ne se font que pour remplir lesCharges vacantes, pour renouveller les baux des Fermes, pourdélibérer fur les affaires de la Province,ou pour ajuster les dif-ferens qui naissent entre les Villes. Celle de Novembre estconvoquée pour avoir le consentement des Villes, la con-tinuation des droits qu’on leve dans la Province, confor-mément à ce qui peut avoir été accordé par les Députez àl’Assemblée des Etats Généraux , touchant les subsides or-dinaires , ou pour le maintien de l’union. Outre cette Assemblée, il y a le Conseil d’Etat, qui envoye aux Etats deh Province les points pour lesquels ils ont été convoquez ,& qui exécute ensuite les résolutions qu’ils ont prises. Ce■Conseil est composé du.Député de s Nobles, de ceux des huitgrandes villes, & de celui des trois petites villes de Sud-Hol-lande, qui le nomment toutes trois ensemble. Les Députezdes Nobles & des grandes villes ne changent que de trois ans«h trois ans, avec cette différence, que celui des Nobles peutêtre continué, & qu’il l’est presque toujours ; mais les autresne le peuvent être. Celui des petites villes roule & changede deux en deux ans. Ce Conseil d’Etat résidé à la Haye, &est toûjours fixe.La Chambre des Comptes a l’administrationdu revenu de la Province, & la disposition de l’ancien Do-maine de Hollande , sans qu’elk soit obligée d’en rendre
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compte aux Etats. II est vrai que quelquefois ils hn ^
dent des subsides considérables , selon qu’ils ont bcfoj n s>gent, ou qu’ils jugent que la Chambre a ménagé des f on Qjjeau-delà de ce qui est destiné pour le profit de ceux donsest composée. Ce sont ordinairement des personnes sttss j»vieilli dans le service, ou qui ont passé par la plupart des ^ges de l’Etat. II y a deux Cours où la J ustice eu admij 1 ^Douze Conseillers, neufHollandois & trois Zelandois.ment la premiere qui est commune à la Hollande & à Mlande. Le Gouverneur de la Province, qu’on nomme le 3 jbouder, est le Chef de cette Cour, â laquelle il préside q u Lil veut, ainsi qu’à sélection des Conseillers, à la r .celui des Nobles qui le nomment. Elle juge souverains. eStoutes les causes criminelles, & à l’égard des civiles, J u *L]lcà la concurrence d’une certaine somme, au dessus de «sion peut appeller à l’autre Cour , qu’on nomme 1 *Conseil. £ n
La Religion Réformée est la principale qui soit í^ u f, r {$Hollande, & on ne fçauroit être admis aux Magiffj?'qu’en la professant. Ceux qui suivent la doctrine de L ten ont l’exercice libre par toute cette Province, & P e ,,. v£ ;bâtir des Temples entre les maisons, pour les discernes $ceux des Réformez. Les Anabaptistes ont auíìx les ^ ur ssi òrfont divisez en plusieurs Sectes. Les Arminiens ou R e "L f j5trans fe font séparez des Réformez, pour un diffèrent c ^en cinq articles, dont la Prédestination est le princi?^'.^-,Gomaristes ou Contre-remontrans s’oppoferent à ces aj r .„/ce qui forma de grandes divisions entre les Eglises- ^T’jlîdant les Arminiens ont tant fait par leurs poursuites- si^,ont obtenu des Eglises à la Haye, à Amsterdam., àR° ter p £ î& par toute la Hollande, hormis à Leyden &à Harles j £ $Catholiques sont les seuls exclus du privilège dont to u ^autres jouissent. Les Réformez enterrent leurs Mo r f S jj pjSaucune cérémonie exterieure, & disent qu’une terre n e £ rplus sainte qu’une autre, contre ce qui s’observe pat le5 O jottholiques, & même par les Luthériens, qui ne veulenque ceux qui meurent hors de leur Eglise, soient e° v0 j-dans leurs cimetières. Si-rôt que quelqu’un est mort, í j cl iffins le cousent dans un drap en façon de suaire, & 0 ^11$donne la collation pour prix de leur peine. Le jour ven'j.’ f jefceux qui ont été conviez à l’entcrrement s'astèrnblentdouze heures dans la maison duMort, que les voisins^Ceux qui accompagnent marchent deux à deux, Le aptes C 1 ^ c ,corps est enterré, on retourne dans cette même ma 1 * 0 'r c $lui qui a marché le premier fait la reverence , & l’° n P i*du vin. Chacun boit autant qu’il lui plaît, & so. rt si ^ phi 11veut. Les riches sont enterrez dans l’Eglise, & le yin m e p-se boit au retour. Ceux qui sont de noble extracti° n . pií-terrez avec leurs armes. Les jeunes personnes de l’u-n & ^ 0 ?tre sexe font portées par de jeunes hommes. Le Corps ^né de fleurs, & ceux qui le portent ont en la main chac ybranche de laurier ou de romarin. * Parival, T)d iCeSHollande. * Audiffret, Geogr. tome 2. ,
HOLLANDE ouNouvdle Hollande. Région de * ^Australe, au Septentrion de la Nouvelle Guinée & y r ir elltiucques, appellée ainsi par les Hollandois qui la déco ççyen 1644. Elle est d’une fort grande étendue, fans flsi..che bien encore si c’est une iste ou un Continent.Ce q u ^ icertain, C’est qu’elle ne touche ni à l’Asie , ni à PAsH^,l’Amerique. Guillaume Dampier, Anglois, dansautour du Monde , tome 2. cb. 16. rapporte que le 4. ~S-L r ef^1688. il arriva avec ceux qui l’accompagnoient aux 1 , #
la Nouvelle Hollande à seize degrez cinquante mM » e llé*que ne trouvant point d'endroit pour mouiller, parÇ e fyieÇsont exposées au Nord-Ouest, ils côtoyèrent la P artl ? {] fit^jtaie, le Cap au Nord-Est quart d’Est, le pays étant al . fi) . e nCIls firent environ douze lieuës par cette route, & í J/
une pointe de terre d’où le pays s’étend de l’Orient, 3 péFdurant dix ou douze lieuës. A trois lieuës à peu P 1CSrient de cette pointe , il y a une assez longue baye avtité d’Ifles, & un fort bon endroit à mouiller. I’ srent Je lendemain à une lìeuë del’Orient de cette r ' j pet*deux milles de la côte fur un fable bon &dur & d un ^ y 3La partie qu’ils virent de cette Contrée est plate ^. u ^ e ót ^des bancs de fable prés de la mer. Les pointes seule ^e.pierreuses, ainsi que quelques-unes des Istes de c poljLe terroir en est sec & sablonneux, & l’on n'y trou , ^d’eau à moins que l’on n’y fasse des puits. U ne 1& 1produire plusieurs forces d’arbres, mais ils ne sont Pmement gros ni les bois en grand nombre. 8° uscroiísòit une herbe aíîèz longue, mais assez délice. fgO