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Tome II. [E - O.]
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les Ifles Philippines, Mindanao, Gilolo & lès Moulucques.

Ces peuples, selon la plus commune opinion íbnc originai-res de la Chine ; mais le temps de leur passage de ce pays-là,pour aller dans les terres qu’iis habitent est fort incertain. 11 ya sept siécles ou environ , qu’une des principales familles deJa Chine, ne pouvant souffrir la tyrannie de leur Empereur ,conspira contre sa personne, dans le dessein de se mettre enpossession du Trône. II y eut beaucoup de sang répandu depart & d’autre ; & l’Empereur Payant enfin emporté sur leSRebelles, ce fut un massacre épouventable, qui ne finit quepar la remontrance que lui firent les plus puifïans de l’Etat ;que c’étoit trop faire nager le pays dans le sang de ses habirans;qu’il étoit juste qu’il affermît son Empire par la punition descoupables, mais qu’il pouvoit satisfaire íà justice en les chas-sant de la Chine, & en lés exilant dans les Istes désertés'qui"ctoient vis-à-vis île la Corée. L’Empereur se rendit à ces rai-sons , & laiflà sortir les Rebelles, qui se répandirent ensuiteTans les lieux qu’on n’avoit point encore habitez ; de fortequ’on les vit peuplez en peu de temps, & remplis de villesfous le nom de l’Empire du Japon. Cependant les J aponois,honteux d’une sortie dont la cause étoit infâme, voulurent ca-cher leur origine en prenant des coutumes & des maniéréstoutes contraires à ce qui étoit pratiqué par les Chinois. Aulieu qu’en ce temps-là ces derniers portoient la chevelure lon-gue & tressée au haut de la tête avec une aiguille de grand^prixqui la íòûtenoitjes Japonais se firent couper les cheveux•fur devant, n’en laislint qu’une touffe derriere qu’ils nouent àcôté des oreilles, & qu’ils enveloppent dans un morceau de pa-pier blanc. Les Chinois se tiennent droits quand ils saluent, &Te touchent à la main l’un de l'autre; les Japonois au contraireTe courbent d’une maniéré qu’ils touchent presque de leur der-rière à terre,&quand c’est une personne de distinction, ils ôtentleurs souliers pour lui témoigner plus de respect. Les Chinoisont de grandes moustaches,& les Japonois n’en portent point.Quoiqu’il en soit, la commune opinion est, que la Tartariequi est le plus grand pays de toute Ja terre, a fourni des habi-tans à la Chine, à la Corée, au Japon, & à l’Amerique même.C’est de !à que plusieurs croyent que toutes ces difterentes con-trées , quoique séparées par divers bras de mer, font pourtantcontiguës les unes aux autres en d’aùtres endroits, & que leCanal d’Anian qu’on a trouvé au dessus de la Californie, &entre l’Amerique Septentrionale & Cathaio, ne se rend pointdans la mer glaciale. On ignore même si le Japon est une Ille,ou s’il tient à Ja terre ferme du Septentrion. Suivant le témoi-gnage de gens dignes de foy qui ont étc envoyez pour Embas-íàdeursvers l’Empereur du Japon, on fait en vingt-sept jourspar un vent Nord-Est le voyage du pays de Quanto ou est laville Impériale de Yedo, juíqu’au promontoire du Royaumede Sungar qui aboutit à la mer, & traversant de là un détroit,on gagne la contrée de J eflò , pays deíert & montagneux, maisqui abonde en riches pelleteries. Quelques Japonois y fontentrez plusieurs fois pour tâcher d’en découvrir l’étendue ;mais des montagnes & des précipices affreux les ont empê-chez de pénétrer ce pays, oti ils n’ont trouvé en divers endroitsque des nommes tout velus & hérissez, & portant la barbe à laChinoise,.dont ils n’ont pû rien apprendre j tant ils étoientgrossiers & brutaux. Ce qu’il y a de certain, c’est que Jeffo estcontigu au Japon, ce que l’on connoît en ce que le Golfe quile sépare de Sungar ne passe point au travers, mais qu’il est ,borné, aprés quarante lieuës de longueur , par ses montagnesdesertes . qui font vers la contrée d’Ochio, où Jcíso tient auJapon ; mais comme le chemin qu’on pourroit prendre lelong du rivage de ce Golfe est inaccessible , on a toujours faitle trajet de Sungar à Jeffo, dans de petites barques, & l’on s’ensert encore aujourd’huy. On n’a jamais bien fçû quel a été lepremier desEuropéens qui ait abordé auJapon.Quelques-unsdisent que lesPoitugais y furent jettez en 15 3 4. par une grandetempête, & d’autres veulent qu’Antoine Mota . François Zei-mot, & Antoine Pexot, partis de Dodira pour la Chine furentles premiers que poussa forage fur les côtes du Japon l’an 154a.

C’est un pays peu fertile, ordinairement froid & couvert deneiges. Le ris yr est moissonné au mois de Septembre, & lefroment coupe en quelques endroits au mois de May. L’airy est fort sain & il y a en divers lieux des fontaines d’eaU chau-de dont les opérations aident fort à la santé. Les arbres fontpeu diftêrens des nôtres , soit pour l’ornement, soit pour lesfruits. 11 y en a d’une forte assez approchante du palmier, mais

3 ui est d’une nature toute extraordinaire. La moindre h u miité le fait mourir . & s’il arrive par hasard qu’il soit mouil-lé , le seul remede qu’il y a pour le faire revivre, c’est de leceuper jusque? à i» racine* de lésasse bien sécher au soleil & de

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le transplanter ensuite dans un endroit plus sec,mêléde batturcs de fer. Alors il recommence à poufferjamais,& à revenir dans fa premiere verdeur. Lésât* ^qu’on en a coupées ou qui en font tombées , si on les , £(J .pied de l’arbre, y prennent comme si elles y avosent ^téesi II y a encore en divers lieux des cedres si hauts #telle épaisseur, que les Charpentiers en font des colon 111 ^Palais, & des mats pour les plus grands navires de ^^',5 patvoit par tout le Japon des montagnes presque inacceíny r s (leur hauteur. IIy en a deux fur tout qui font extraord 111 "^l’une jette des flammes de feu, & l’on dit qu’en sen s°j D ^Diable entouré d’une nuée fort claire se fait voir f» a ,Str 5qui ont jeûné jufqu’à devenir extrêmement maigres. L ^montagne qu’on nomme Figtnoiama s’éleve plusieurs

au deflus des nues. rtfctCt^

Les Japonois tirent de plusieurs mines du pays d 1 ” ^ jcîfo rtes de métaux & de minéraux, & attirent les F. et \j S) f)íplus éloignez par ces marchandises. Ils n’ont ni bre ’j spourceaux, ni poules , ni oyes. & ne se nourrissent jgvenaison. On voit dans les prairies quantité de bceiar 5 - nSfchevaux pour la guerre, & dans les bois des loups, d cS Ljs,des porcs-sangliers & des cerfs, ils ont des faisans, des cî j,dés pigeons sauvages , des perdrix, des cailles & des to ^les, avec du poisson en abondance, fur tout des rougetsaloses dont ils font le plus de cas. Ils ne fçavent ce q u ^g

3 ue le beurre & l’huile d’olive » & n’ont que celle qu 0 ^

e la graisse des baleines qu’ils chassent sur le rivage. L c ®ordinaires ne sc servent que de bois de pin pour des f 0 ní& de paille en quelques endroits pour des chandelles. •* n0 j-consister la beauté dans les cheveux noirs & dans les den . ul jres, & le blanc est une couleur de deuil chez eux & se n â-signe de joye. Les servantes marchent devant leurs 0 \iquand elles sortent & les esclaves âpres. Les femmesqu’elles sc sentent enceintes.se serrent le ventre avec des e iJlettes pour accoucher plus heureusement. Elles mange» ^étant en couche, &on lave l’enfant avec de l’eau fol 0 jsqu’il est né, même dans le plus fort de l’hiver. Les J a Pfont sevrer leurs enfans de fort bonne heure , sc ses e j(>d’abord à la chaise , les tenant loin de la mere & de h nsc dans des lieux sauvages, persuadez qu’une plus ^° U S e i#'cation rcndl’eíprit efféminé. Ils couvrent leurs pavez . pl-ies fort propres Sc en font une maniéré de lit, fur ' e fl u c j]lei‘>dorment ayant une pierre ou un tronc d’arbre pour ° rDes nattes de la même eípece leur servent de table F° us cí pi#ger,&ils mangent astis fur leurs genoux les pieds enIls ont deux petits bâtons au lieu de fourchete , & ils svent si adroitement que non seulement rien ne leus e ^mais qu’ils n’engraiílént jamais leurs doigts. Afin d csalir les nattes, ils quittent leurs souliers en entrant dans ^où l’on mange. Les riches font bonne chere & ne se ierV . ftxde napes ni de serviettes , mais ils changent d'affseltes • [V .que mets. Ces assiettes sont de bois de ceare ou de pin» s r ,i'tes de différentes couleurs. On leur sert la viande en PJ pe-rses, toute poudrée d’or, & ornée de branches de cVP’T (fl'personnes de qualité font quelquefois servir des offea £í j»tiers avec le bec & les pieds dorez. Ils estiment foJ c u _ ^$1laine eau chaude préparée avec une poudre qu’ils sonherbe appellée c hua Thïa , ou Chu. Ce font les M altla préparent eux-mêmes, & quand ils veulent regasequ’un, ils lui présentent de cette eau à boire dans cses P ^dinaires, mais dont ils font un grand cas à cause de 1quel ils s’en servent. Ces pots sont d’un prix plus 011 j < s o$haut, selon [‘ancienneté & la réputation des ouvrsef s v pj ydes Maîtres Jurez qui jugent de ce qu’iîs valent. Am u0 Jíquarante ou cinquante ans qu'un Roy de Sungo a< T' Ê yj e n (lt .ces pots quatorze mille ducats, & un Japonois Chr e

autre fl

il!

paya quatorze cens dans la ville de Saccai pour un aU f’J r n£ I ' {étoit de trois pieccs. Ils ont aussi un fort grand en Ljffíí 11 ^pour certaines planches fur lesquelles il y a < se s T ? I , \ou des oiseaux représentez en peinture noire.. L-uc gi*point de prix parmi eux , quand elles sont anciennequelque fameux Maître. Leur goût est le même pou r , ^jll®& pour les poignards, qui valent souvent quatre ou cjn 4 ^j|e,florins, selon que Partisan qui les a forgez passe P° U J ^ c»*Les personnes de moindre condition, principalewen ]c*té de la mer , vivent de ris, de poisson & d’herbes. I* sfiers quand ils font de grande taille , & la plûpartd’adresse que de force. Ils vont à la guerre jusqu 3 '

ans, & ils y portent, outre l’arquebuse , un arc & des ^ ^un labre & un poignard , dont on les ceint dés qu 1

teint douïs M. Çq sebies ëí ces poignaids spnt « uílC »

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