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Tome II. [E - O.]
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ILLINOIS ou I fl’mois, Peuples de T Amerique Septentrxo- ‘nale , dont la Contrée est le long de la riviere qui porte leur jnom. Cette riviere prend fa source d’une éminence à íix lieuesdu Lac Dauphin, & vase jetter aprés deux cens lieues de coursdans le Fleuve Miíïìpipi. Elle s’élargit en certains endroitsjusques à un quart de licuë, & on la voit bordée de coteaux ,dont la pente est couverte de grands arbres. Ces coteaux fontéloignez d’unc demi-lieuë les uns des autres, & laiflënt entreeux un terrain souvent inondé , fur tout en Automne & auPrintemps. Quand on est dessus, on découvre de belles prai-ries à perte de vûë, garnies d’eípacc en espace de petits boisde haute futaye, qui semblent être plantez exprès. Le courantde la riviere n’est sensible que dans le temps des grandespluyes. Elle peut, pendant environ cent lieues,porter en touttemps de grandes barques depuis son embouchure juíques auxvillages des Illinois. Son cours va presque toujours au Sud-quart Sud-Oiiest. L’ctymologie du mot Minois, vient de celuialll nt , qui dans la langue de cette nation, signifie un hommefait ou achevé. Les Illinois font dispersez dans des villages si-tuez en une plaine un peu marécageuse sur la rive droite deleur riviere, où l’embouchûre est entre le trente-cinq &letrente-six degré de latitude, & par conséquent à six-vingt oucent trente lieues du Golfe de Mexique. Leurs cabanes fontfaites comme de longs berceaux, & couvertes de nattes dejoncs plats > si bien cousues, qu’eiles sont impénétrables auvent, à la neige & à la pluye. Chaque cabane a cinq ou sixfeux, & chaque feu , une ou deux familles. Tous ceux qui yhabitent, vivent ensemble en fort bonne intelligence. Sitôtqu’i's ont fait la récolte du bled d’Inde, leur coutume est deLenfermer dans des creux sous terre, asin de le garder pourJ'Eté, pendant lequel la viande se corrompt facilement. Celafait, ils s’en vont passer THiver loin de leurs habitations à lachasse des bœufs ou taureaux sauvages & des castors, & ils n’yportent que fort peu de grain. Le plus grand de leurs villagesest composé de quatre ou cinq cens cabanes, chacune de cinqou six feux. II y en a un qu’on appelle PontdaUmu. M. de laSalle y étant arrivé fur la fin de Decembre 1679. le trouvaabandonné. Tontes les maisons en étoient ouvertes & à la dis-crétion des passans.Les bâûmens n’étoient que d’une charpentemil faite,gollîere avec de grosses branches d’arbres,recouvertesde diverses pieces á’écorce. Le dedans étoit astez proprementnatté,& chaque maison contenoit deux appartemens capables deloger diverses familles. Au dessous il y avoir des caves,dans les-quelles il trouva quantité de bled d’Inde renfermé. De-là, M.de la Salle, & quarante personnes qui l’accompagnoient, ayantpoursuivi leur voyage dans leurs canots, ils fe virent tout d’uncoup au milieu d’un étang d’environ sept lieues de tour, où ilspéchèrent de tres-bon poisson. Se laissant ensuite conduire in-sensiblement au courant de l’eau, ils retombèrent bientôt dansle lit de la riviere des Illinois, où ils s’étoient embarquez d’a-bord. Ils n’y furent pas plutôt rentrez, qu’ils fe trouvèrentcomme entre deux camps, tous les Sauvages s’étant partagezen deux corps d’armée, campez d’un & d’autre.côté du rivage.Sitôt que les Sauvages eurent découvert cette troupe de Fran-çois, ils renvoyèrent leurs femmes dans les bois, coururent auxarmes, & fe rangerent en bataille, comme s’ils eussent forméle dessein de l’attaquer. Les François de leur côté se mirent endisposition de se bien défendre, ce qui étonna les Illinois, quiplus portez à repousser la guerre qu’à la commencer, sc conten-tèrent de leur demander qui ils étoient, ce qu’ayant appris, ilsreçurent les assurances que leur donna M. de la Salle , de leurprêter du secours contre les insultes de leurs ennemis, noncomme des Sauvages, mais comme des hommes tout à-faitcivilisez. Ils luy presenterent le Calumet, qui est le signal dePaix parmi tous ces peuples, qui fe fervent des termes de chan-ter ou danser le Calumet. Us le chantent, loríqu’au pied d’unpieu ou d'un bâton fiché en terre, chacun vient apporter lesdépouilles de ses ennemis en maniéré de trophée, & ils ledansent quand aprés toutes ces harangues ils font des dansestout à 1 entour. Les Illinois sont carrestàns, flatteurs, complai-ians au dernier point 5 mais en même temps adroits, vifs,prompts & souples à toutes sortes d’exercices. Ce sont la plu-part des gens fort bien-faits, robustes, de belle taille, & d’unteint basané. Leur paillon pour la chaste & pour les bois , lesrend extrêmement libertins 8 c indociles. Ils sont fort ardenspour les femmes, encore plus pour les garçons, & cette gran-de moleste, & leur abandonneraient au plaisir, les font deve-nir presque effeminez. Malgré le penchant qu’ils ont pour cevice infâme des garçons, ils le punissent tres-severement. Si-tôt qu’un jeune homme s’est prostitué, il est dégradé de faqualité d’homme. On luy défend d’en porter l’habit, & d’en

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faire aucune fonction. La chasse même luy estle renferme dans les occupations des femmes qui le L* 1 * -Knttant que les hommes le méprisent. C’est ainsi que reco° n ,p seux mêmes leur brutalité naturelle, tout independans H ^sont, ils se servent de leur raison pour y mettre un fr e / jjprennent d’ordinaire plusieurs femmes, & asin d’enttet^^paix dans leurs familles, ils épousent les soeurs ou ^ es E ar pr en'Us en sont jaloux jufqu’à la fureur, & quand ils les punis -nent dans la moindre infidélité, ils les défigurent, & l eS 1 l {0 .sent fort cruellement. 11 y a parmi eux quantité d'FsernUjdites. Les femmes & les garçons effeminez font une natC ^ 3n eS»belle & tres- fine, dont ils tapissent le dedans de leurs j eSLes hommes ont divers emplois, les uns vont àautres défrichent la terre, la cultivent pour y semer cl u ^d’Inde, 8 c ils en recueillent de fort bons fruits. *lation de l’Amerique Septentrionale i 6 j 7. f est

11 y a un Lac appellé Lac des minois, dont la longuede six vingt ou trente lieues, la largeur de quarante, & ^cuit environ de quatre cens. 11 est situé à l’Occident j 5Huron, & s’étend du Nord au Sud, se déchargeant . f£iLac Fïuron du côté du Midy. Sa source tend vers up®/ 1 j s sirque les Iroquois nomment Hchio , & où celle des M*® jjdécharge dans le méme Lac. U est navigable par tout pfcôté de rOiiest il y a une fort grande Baye, nommer jjjdes Puans. Ce Lac qui dans la langue des Miami* s a n ^Mifchìgonong, c’est-à-dire, grand Lac, n’est qu’àseize lieues du Lac Supérieur , qui s’étend de l’Està 1 uIf& qui doit avoir plus de cent cinquante lieues de souA ^soixante de largeur, & à peu prés cinq cens de circuit., . ^Supérieur paroît semblable à í’Ocean, en cequ’il n a n 1 f . gfe sfond. C’est ce Lac & celuy des Illinois,avec toutes les 11 Jiiqui sc déchargent dans l’un & dans l’autre.qui font lagrand Fleuve de saint Laurent, lequel sc rend dans lyT c csì’Ifle percée, vers le grand Banc de Terre-neuve. T 0 ^grands Lacs, qu’on peut nommer des mers douces - a “ 0 ( j’pd een poissons blancs, plus grands que des carpes, qui se jnt , ssésbonté extraordinaire. On y ; êchc à vingt ou trented’eau des truites saumonées de cinquante ou soixante ^pesant. * Le P. Hennepin Recolles, Nouvelle DécoussY Amerique Septentrionale, c/j. io.é“ u..Ainsterdam , 169°; t ]eSILLIRIE ou ìllirique. Grand pays de l’Europe, n( rbornes anciennes ont été , du Septentrion, les deux f , #nies, du Couchant l’Istrie, du Midy la mer AdriatNdu Levant la haute Mysie & la Macédoine. Les bornes & g 0 f>nés de ce Pays font du côté du Nord , la Hongrie & a j 0 ]e fnie ; du Couchant, la Stirie, le Windifchulark, la Cas ^l’Istrie& la mer Adriatique - , du Midy, la même mer> 0 jcLevant l’Albanie & la Bosnie. Ptolemée le divise cn ^^& enDalmade,& luy donne pour bornes au Levant le H 6 p a pDrin. Quelques Modernes le séparent en Eselavonie, en v0Î1 i«marie & en Albanie; mais quoy quel’Ulirie ou y':ait autrefois compris la Carinthie, la Carniole, se"* 1 ? 1 paFmarck, la Croatie, le Windisehland ou l’Esdavonie & A t \[ematie, & même la Bosnie scion quelques-uns, to . u r t( rf n d 0^n’embrastê aujourd’huy véritablement que leWindis-h al’Esclavonie, la Croatie & la Dalmatie ; & à l’égard 0 pj-banie, elle ne prend qu’une petite partie de Lanciers zzmatie, depuis la riviere de Boiane, jufqu’à celle de ,longueur prise depuis la riviere d’Arfe vers la fin <ay at r0jusqu a celle de Drin où finit la vraye Dalmatie, escens soixante & dix-huit milles, dont il faut ôter presenquelque chose, à cause du petit espace qu’il y a depuis " g e uíne , fin de la Dalmatie moderne, jufqu’au Drin ; & * a . ,

depuis les montagnes dc Croatie , juíqu’à la mer Adn a g, Jefans y comprendre l’espace d’entreles rivières de Dravy ypSawequi bornent le W indisehland, est de cent cinqu 3n ^-j[ e s,les; & toutefois Pline fait ce pays long de huit c , ens 1 c^ 5

& large de plus de trois cens vingt-cinq, depuis X uT)C i tì fie^ sdeux rivières, jusques à l’autre. Ce pays est arrosé de t )eLacs & rivières, & la terre y produit grande abonna j egrains & de fruits. U s’y trouve particulièrement beaucvignes & doliviers, avec de bons pâturages. Les anl | T í ta il &laissent pas d’y être petits. 11 y a quantité de menu b g tfS Vforce chevaux, & même les Anciens ont écrit que les ^jf-portoient deux fois Tannée. Les mines d’or, de * er cyargent n’y manquent pas. Les Illiriens furent farouches » ^lans & guerriers, mais fort enclins à voler , &meurs de mer. Ils étoient si fort addonnez au vin, fl" ^permis aux étrangers de boire à leurs femmes, & í ' e . s , sevier à boire de même, ce qu’elles saisissent volon»Zttrouvant avec les hommes aux festins où tous mangée