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Tome II. [E - O.]
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cunesincommoditez considérables. Les saisons y font diffé-rentes selon les contrées. Depuis le Royaume de Cambayequi est le premier de l’Inde vers l’Occident, jusqu’au Cap deComory , l’hiver commence sur la fin d'Avril, & dure jusqu’cn Septembre. L’Eté régné dans le même temps depuis ceCap juíqu’à la côte de Coromandel. Le contraire arrive dansles mois suivans. 11 croît peu de froment dans les Indes, àl’exception de laChine;mais il y vient grande quantité de ris 3 cde millet. U y a auílì du maiz, du paniz, & force legumes.Onn’y voit point d’oliviers.de pommiers.de poiriers, de cerisiers,de pêchers, ni de pruniers, 2c les vigne? y sont rares ; maisen récompense les arbres y produisent beaucoup de fruits quine sont point connus en Europe.Le plus utile de tous est la pal-me qui porte des noix d’Inde appellées Cocos. Cet arbre necroît guere qu’aux pays qui sont entre les deux Tropiques,8c demande des lieux humides & chauds. C’est le plus haut quise voye dans toutes les Indes.il est tout droit fans aucune bran-che jusqu’à la cime, ou elles sont cn maniéré de bouquet,plates, longues, & toutes droites. Les feuilles sont égalementdes deux cotez les unçs prés des autres, longues de demi-brastè 8c plus. Elles finissent en pointe , 8c sont soutenues parle milieu d*lm petit bois fort menu. Le fruit naît fur le troncau pied des branches où l’on voit communément cinquante ousoixante noix, & quelquefois davantage. La hauteur de l’arbreva d’ordinaire à 20. toises, 8c comme il produit tous les moisun bouquet de noix de cocos, cela est cause qu’on y en voitdans le même temps de mures, de demi-mures , de vertes,8c d’autres qui ne font que boutonner. L’Inde est abondanteen bétail gros & menu ; Tçavoir , bœufs , vaches, brebis,pourceaux, boucs, chevres 8c autres bêtes , mais la chair n’cnest pas d’un fort bon goût à cause de la vehemence de la cha-leur. On y tuë rarement des bœufs, 8c on les reserve pour lelabourage. La chair des brebis est défendue aux malades,& celle de pourceau leur est permise, comme étant plus faine.On y voit grand nombre de bustes, dont il n’y a que les pau-vres qui mangent la chair. Leur lait est fort recherché, 2 c onen fait de tres-bons fromages. Les sangliers, les cerfs, les bi-ches , les lièvres 8c les lapins y sont en fort petit nombre ; maisle dedans du pays nourrit quantité de tigres. Les clephanss’y trouvent de même en tres-grande quantité, 8c quelquefoison en enferme julqu’à deux mille dans une enceinte. On secontente d’en retenir cent ou deux cens, 8c on laiíîè aller lesautres pour multiplier. .11 y a aussi dans les Indes diverses sor-tes d’oiseaux, 8c sur touc des perroquets gros 8c petits dedifferentes couleurs. Les Aigrettes hantent la mer, 8c il y en aquantité soiíS la Zone Torride. L’Inde a beaucoup de camé-léons qui vivent d’air ,-8c ne causent aucun dommage; maisles marmots font un grand dégât aux palmes qui produisentle cocos. Sur ces mêmes arbres courent certains animaux queles Portugais appellent Buhos de Falmcit.ís, Ce sont des espe-est de furets qui ont la queue faite comme celle d’un écureuil.II y a force serpens & lézards qui se tiennent aux murailles,& se mettent dans les lits, réveillant avec frayeur ceux quidorment, ce qui fait que les riches couchent en des pavil-lons. On voit auíïì par toutes les Indes quantité de chauve-souris bien plus grandes que les nôtres, qui gâtent les fruits& les arbres, de sorte qu’on est obligé de veiller la nuit pourles chasser. Leur chair est un mets tres-delicat pour les Indiens.On y voie auílì un grand nombre de corbeaux noirs qui en-trent dans les maisons où quelque ouverture leur facilite feu-trée , 8c emportent les viandes fur lesquelles ils se jettent. Ilspiquent les bustes à coups de bec, 8c ces animaux n'ont pointd’autre moyen de s’cn garentir,que daller sc mettre dans l’eau.II y a dans ce pays là des loirs de la grandeur d’un cochon,qui ruinent les fondemens des maisons, percent les murailles,& font tomber les bâtimens. 11 y en a d’autres plus petits,qui ont le poil rouge, 8c une odeur semblable à peu prés àcelle du rfiusc. La mer Sc les rivières des Indes soumissentabondance de poisson. Celuy qu’on nomme Merdexin est esti-mé des meilleurs. Le Pcixa ferra , que l’on .taille 8c que l’oncoupe par tranches comme le saumon, est excellent, 8c durelong temps. Les Indiens cuisent presque tout leur poisson avecdu ris, 8c versent dessus une sauce aigrette assez agréable augoût. Ils ont dés aloses, des folles, des garnats, des huîtres,& de grosses écrevisses vuides dans la pleine Lune tout au con-traire des nôtres. Les rivières 8c fur tout le Gange, nourrissentforce Crocodiles. Pyrard dit qu’ils ont une odeur de musc,8c que la chair en est bonne 8c délicate. Les Indiens ses nom-ment , 8c ont la hardiesse de ses aller attaquer. L’un

«feux arme (à main gauche d’un gand de cuir de buste, 8c te-nant un gros bâton à deux pointes, il entre dans l’eau juíqu’à

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la ceinture. Le Crocodile s’avancc la gueule oUVC ^ l | > tÛ'

I’engloutir , 8c alors 1 Indien lu y présenté 1 e bras arme

ton qu’il luy met à travers la gueule,ensorte qu’il ne jçauro ^fermer ni se servir de ses dents. Comme il se sent pique ^pointes quand il veut sc remuer, il ne fait aucune rdííw n ^semble demeurer lans mouvement. Celuy qui la mis <se nS ru0état luy donne auffi-tôt contre l’ouye plusieurs coU P 5poignard qu’il a dans fa main droite, juíqu’à ce que cet aï- ^ayant perdu tout son sang se laisse tirer à bord avec «ses £des, dont sont pourvûs plusieurs autres Indiens qui ett ^auílì dans l’eau armez de la même forte. On voit souvent ^ce tortues qui flottent fur l’eau pour se chauffer au solen .y en a de si grandes, que leur écaille suffirait pour couvitfpetite cabane, ou pour servir de siégé à dix ou douzenés. Les anciens Indiens vivoient ordinairement jufq u ^ ^trente ans , 8c n’avoient ni les cheveux crêpez ni le visi§ e soz8c brûlé ; mais selon la diversité des lieux les uns étoient P.8c les autres si grands qu’ils se servoient des élephans s>nous faisons des chevaux.Ils portoient leurs cheveux sort ^8c la plûpart les teignoient de jaune ou de bleu. Ils re °.( { 0 n-leurs corps polis , avec de l’ebene , 8c sc servoient de b * ^de si adroitement, que tirant à la tête de quelqu’un ils n . e ^soient que luy iriser les cheveux. Ils menoient une vie ^simple , 8c quoy qu’ils eussent abondance de métaux, i’ s ,, ^5soucioient ni d’01, ni d’argent. On tient qu’ils furent P aau commencement, & qu’ils erroient comme les Scythes \tôt d’un côté, 8c tantôt d’un autre avec leurs femmes^bétail, se couvrant des peaiîx de leurs bêtes, dont ns .geoient la chair crue avant que Bacchus, ou Denis eutté les Indes. Ce fut luy qui leur fit bâtir des villes. U eU n ; c reblit des loix, il leur enseigna l’ufage du vin, 8c ladont il falloit labourer, 8c semer la terre , à quoy ses u ? s scuperent tandis que les autres s’appliquerent à l’exerU iarmes. Us s’addonnoient à la chaste de toutes fortes de «la réservé de quelques-uns qui saisissent scrupule de ses tu L Stmême de manger Ja chair dc celles que les autres avoie n v ; eII y en avoit qui tenoient pour un office de pieté d oter 1 j Sà leurs parens pour s’en repaître avant qu’ils sc fussent i!íi .ou par maladie, ou par vieillesse. Anciennement il et °j { ottfendu aux Indiens de manger du tigre d’aucun autre ,que de la cuisse. Usavoient cette coutume dans leurs st ^qye chacun des conviez sc levant de dessus son siége ais ^per à la table un morceau de viande , 8c venoit enfuie re | jIlC jídre la place. Lorfqu’ils avoient mangé du pain 8c de b 5 , 0 uautant qu’ils vouloient, on leur apportoit des coupes y ^ Q[1 sd’argent fi grandes . qu’une feule auroit pû servir à ffbuveurs. Ils buvoient en sc penchant fur Ja coupe, ^ ç c .nissoient la journée par quelque exercice. Pendant - j jet*stin un jeune garçon des plus dispos sc mettoir au ^ 0 nd'eux , 8c alors un Archer luy tiroit une flèche f j^jrdeux pieds prés de terre , & tandis que la fléché voioit e jpcontre ce garçon il en éviroit le coup en faisant un s* llC r ép-ieux à la renverse par dessus la fléché. Quelques ^,

portent que ceux qui habitaient prés de la source dune vivoient que de l’odeur des pommes íauvages, & fl" p u b'qu’ils s’en éloignoient ils en portoient avec eux pour £ pstanter de leur odeur, mourant ordinairement lorífl^^jp'

dc ctoyiuy a

scntoient une mauvaise. D’autres qui méritent plusce disent que chaque Indien avoit une table devant nyun plat d’or remply de ris cuit, aprésquoy on charg c0 po-table de plusieurs viandes apprêtées à leur maniéré- ‘soient en général pour-de grands bûvcurs, ce qui ç 0 \efqu’Alexandre leur proposa un combat, où des pi lX . fco'i 1donnez à ceux qui boiraient le mieux. Le premier Py ^ ^5un talent, Je second trente mines, 8c le dernier dix- jus-étoient vêtus de lin, & portoient des robes qui a ^° íe (£ s ^qu’aux talons. Les autres en avoient de laine, 8c d,?°couvraient de peaux de bêtes ornées déplumes j c0 td e , sQuelques-uns étoient toûjours presque nuds. Ils port 0 ^ pifbracelets d’or Sc aux oreilles quelques pendans de P ier soj n’ e 'creuses, ceux d’ivoire étoient ses plus estimez ; parce q ^

toit pas permis à tous d’en avoir. Ils sc peignissent la B

plusieurs couleurs, 8c les plus qualifiez sc saisissent he îparasol en Eté. Leurs bottines étoient d’une peau 0plusieurs semelles, asin qu’ils en parussent plus grasse- ^ Ui*parmy eux une marque de dignité Royale que de n» 10 s u' 1Eléphant. Le second honneur consistait â être porte •ç ì£ (fl tpalanquin ou chariot, tiré par quatre chevaux, 8c I e t , r ,à sc servir d’un chameau. Ceux qui n’alloient qu A j el) i íétoient peu considérez. Us écrivoicnt fur du linge, j \ócaractères étoient fort beaux. Lorsque quelque gran°