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Tome II. [E - O.]
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^enne

L Â P

^ mâîejuy perçant le cœur avec la pointe d’un couteau.t enf e ^ ve nt dans un vaisseau le sang qui en sort, & en ro-W aUÍÎ1 'tôt la tête & le dos de l’Idole. âpres quoy ìls luY enì& sur ^'estomac des lignes en forme de croix. Cela tait ,0re nt cette Idole . derrière laquelle ils arrangent le boisd». plus grands os de la tête du Renne immole.. Ils mettent

de'

t>o u ] e Cette même Idole une espece cle boëte,faite d’écorce dep îrtiç " U ,> pleine de petits morceaux de chair, pris de toutes lesdeíjw à corps de ce Renne avec de la graille fondue par

Sf. 3 r., (j f Con d des principaux Dieux des Lapons est appelle^ Cc l u ^ ^ es engagea l’adorer, c’eít qu’ils font per-des ’ stue la plûpart des biens ne font accordez aux hom-8c ] es ” l l P ar son ministère. Ils tiennent que tous les animauxles J 0ut tes sauvages , comme les ours, les loups , les renards,fou ç r 5 s - les rennes, les poissons & les oiseaux, font foustju’il a p lre ' & prétendent, selon ce que dit Jean Torneus,îliXoìp ° Uvent a PP aru à ceux qui pêchoient ou qui ehaffoientdet) 0 j t aUx » fous la figure d’un homme de belle taille , vêtul eti Cç ' ten »nt à fa main un mousquet avec cette seule diffe-sss pieds étoient semblables à ceux des oiseaux,v>i d ïn te ? ^ es fois qu’ils Pont apperçu ou debout fur le rivage,ttiouf s * c . bateau , leur pêche a été heureuse , qu’avec ion^q U '-j , et 1 l a plusieurs fois tiré en volant, tué des oiseaux,Ueuoù ’f S 3 ^^lìtibuez à ceux qui fe font trouvez prefens. Le'f°r 0n le reverent est bien diffèrent de celuy où ils adorentoortl d" ^ lac l Ue famille a le sien, C’est quelque rocher , leS]u s U - nnurai<! ou une caverne des montagnes, & souvent^Uç Ce -p. I . nacc eflîbles, & ils choisissent ces lieux-Ià, persuadez- e Pìerr leu ^ plaît à y demeurer. La figure de Storjunkare est*1$ dif en ? Sj ^ e'est de ces Idoles que les Auteurs parlent quandr^Pie UC l £s I^°l es âes Lapons font de grandes pierres.*orrt/ fr í ess ont brutes, & ils n’employent aucun art pour les^lles qV,.-, ^ es Posent pour en faire les statues de Storjunkare,PtocJjg , l s l es trouvent entre les rochers, fur les montagnes,«es marais , ou fur le bord des rivières. La victime

^ lie » “ , vj

tïiâle Isolent à cet(: .8c i. S u y Passent ui

Dieu, est pour l’ordinaire un Renne& j.” patient un filet rouge au travers de Poreille droi-jjpt c J ttache nt derrière la cabane, au même endroit où ils^mol 016 ^'attacher la victime de Toron. Ensuite ilst'i e(j de la même maniéré, & gardent aussi le sang quiPtend i e rt V Çela fait, celuy qui a eu le foin du Sacrifice ,íf- s Pied S Ì^° 3S k viâime avec les os de la tête & du cou,l e *u .^ Cs ongles, & porte le tout fur lá montagne dé-c He d e j storjunkare. Quand il y est arrrivé & qu’il appro-ï>% Ux a P lc rre sacrée, il s’incline profondément, fléchie lesa Pierre’ & u y tend de grands honneurs, aprés quoy il frotte

laisse i avcc A le sang qu’il a apporté , & avec une partie de laà ] U l^pie animal. II met le bois derrière l’Idole, atta-Ce , 6c ^ f tttoite la partie dont cet animal multiplie son efpe-^Qtceju a f? rr î e gauche un filet rouge , passé au travers d’un0| 'dr e . ef ain, avec une petite piece d’argent. Outre cet<; gardent ordinairement dans les Sacrifices qu’ilst0 . r junkare , ils s’y prennent encore d’une autre ma-r c ^ir d tUei ? c la victime auprès de l’Idole, & en font cuireai2t sûr .out ils font un festin,où ils convient leurs amis , laif-C Nqu ef a .P Iace la peau du Renne étendue, qui y demeure^ e ^Ues° lS P^ u ^’ eurs années. Cela fe pratique seulement furî c dç cpc^P^agnes en particulier, où ce Dieu veut être ado-C^tem- î.orte. Ils font la même chose, quand l’exceífivev'ÌUsqq^ 'aj.montagne les empêche de monter avec la victi, r te [ au * le u où il faudroic qu’ils allaffent.Ils prennent unedans le sang du Renne immolé , & la jet-

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Ure, C sommet où ils croyent que le Dieu fait fa de-

! ^r>e>,^oisiéme Dieu est le Soleil qu’ils appellent Banve. Us°sent av to ut l’Eté, parce qu’il a dissipé les tenebres où ils é-[,° r té ] a «.qo’il leur eût rendu la lumière,& qu’il leur eût ap-i ^ Ute n r( j a eur en chassant le froid. Ils l’adorent aussi commeH Un roi^oores les productions, & s’imaginent qu’il prendì^^eqx ° Particulierdes Rennes,& qu’il fait que leurs petits, c Uis c Q reviennent forts. Us n’ont aucune image du Soleil,hj 6s ^■ e nn e e •* u y -rn ême il est visible , & neluy sacrifient que^descL 8 l^nesSc femelles. Ils y observent les mêmes cere-j ray er s pj e y* on a parlé, si ce n’est qu’ils paííènc un filet blanc auh V *dfitn e (f r - ei ^ C ^^oite duRenne,au lieu qu’il est rouge quandb n °b pi u ° U ^ tre offerte au Dieu Storjumure.Usne’prennentj 0ll ^an ^ m s .’ o«mme aux autres Sacrifices, une branche del- § r andeh c ^ e ^ois de foule pour faire le cercle, qui est delete * Us at u cerceaux dont on relie les demi-tonnes desachent à ce cerceau de petits morceaux de chair,

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pris de chacune des parties du corps de la victime, & les pen-dent derriere leur cabane fur une espece de table, & au mêmelieu où ils offrent des Sacrifices à Toron. Ils rangent fur cettetable en forme de cercle les os principaux de la victime.

Us n’offrent jamais de Sacrifices à Toron , à Storjunkareou au Soleil, qu’ils n’ayent reconnu auparavant par le moyend’un instrument qu’ils nomment Kmnus presque tout sembla-ble au tambour des Anciens, si la victime fera agréable. Aprésqu’ils font attachée derriere Ja cabane, ils tirent un poil dudessous du cou du Renne , & l’attachcnt à un des anneauxdu tambour dont ils veulent fe servir. Un d’entre eux frappefur ce tambour, & les hommes mêlant leurs voix â celles desfemmes, ils demandent tous en chantant ensemble, si le DieuToron veut agréer la victime. Si le paquet d’anneaux à l’uudeíquels on a attaché le poil, fe remuë en même temps qu’oufrappe fur le tambour, & qu’il aille fe reposer fur la figure deToron, ils prennent ce mouvement pour une preuve que leSacrifice luy plaira.Si au contraire le paquet d’anneaux demeu-re fixe fans changer de place malgré l’agitation du tambour,ils offrent la même victime à Storjunkare. Aprés avoir battuune seconde fois le tambour, ils luy demandent tous ensem-ble , encore cn chantant, s’il veut accepter leur Sacrifice , &profèrent le nom de la montagne où ils ont résolu de le faire.S’il arrive que le paquet d’anneaux change peu à peu de place ,& fe repose fur l’endroit du tambour où Fimage de Storjun-kare est dessinée, ils ne doutent point qu’il n’y consente. S’ildemeure fixe comme la premiere fois > ils s’adreflènt au Soleil,& tâchent de découvrir s’il veut bien que la victime luy foieimmolée.

Outre ces trois Dieux, les Lapons en ont d’autres plus pe-tits, comme les Manès des Défunts & la troupe des Juhles.Usne donnent point de nom particulier aux Manès, & appellentfeulement les Morts en général Sitte, fans ériger aucune figurecn leur honneur. Us fe contentent de leur offrir de certains Sa-crifices , & quand par le moyen du tambour ils ont reconnuque la victime leur est agréable, ils luy passent au travers del’oreille droite un filet de laine noire qu’ils luy attachent auxcornes. Cette victime étant ainsi consacrée, ils vont l’immo-ler, & mangent fa chair ,ne réservant qu’ti ne petite partie ducœur, & une autre du poumon, qu’ils divisent encore cha-cune en trois parties, au travers deíquclJes ils palíènt de petitesbroches de bois, qu’ils trempent dans le sang du Renne, Lsqu’ils mettent dans une espece de corbeille , faite comme untraîneau de Laponie. Us enterrent cette espece de corbeille »aussi-bien que tous les os décharnez , assemblez & mis dansun panier fait exprès. Ceux des Lapons qui son: encore atta-chez aux superstitions de leurs Ancêtres, observent ces cé-rémonies quand ils veulent appaifer les Manès. Quant auxJuhies ils ne leur consacrent aucune Image non plus qu’auxManes.Le lieu destiné pour les honorer est fur quelque arbre,3 Ja portée d’un trait de flèche derriere la cabane. Le culte sctermine à un Sacrifice superstitieux , en l’honneur de cettetroupe vagabonde de Juhies qu’ils s’imaginent roder en l’airpar les forêts & par les montagnes voisines, la veille & le jourde Noël. Us jeûnent le premier jour, ou plûtôt ils ne man-gent point de chair, & gardent quelque morceau des autresalimens qu’ils prennent. Us font la même chose le jour de laFête , & ont un petit cosre d’écoj ce de bouleau fait en for-me de vaisseau avec fes voiles & ses rames. Us y jettent cesdeux morceaux aprés les avoir conservez avec grand soin pen-dant ces deux jours, & répandent quelque peu de graiflè pardeíïus. Ils pendent ensuite ce vaisseau derriere la cabane Lun arbre qui en est éloigné d’un jet de flèche pour la troupede ces Juhies qui courent en l’air.

Les Lapons n’avoient point anciennement de logemens fi-xes. Us ne bâtiísoient des cabanes que pour peu de jours, tan-tôt dans un lieu, tantôt dans un autre, selon qu’ils le trou-voient propre pour Ja pêche & pour lachaflc; mais CharlesIX leur ôta la liberté de roder ainsi par tout le pays, & assignaem6or. un territoire particulier à chaque famille. Us ont com-mencé depuis ce temps à pofleder certains espaces de terre.fans que la Coutume de changer de lieuse soit entieremencabolie. Elle subsiste encore à présent, mais ils ne transporteurleurs logemens d’un lieu en un autre que dans les limites de l’efopace qui leur a été assigné,la nécessité qu’ils ont de chercher desvivres, est la feule causé deces changemens continuels. Com-me il faut qu’ils fe nourrissent de Rennes, de bêtes sauvages &de poisson, ils font obligez dc faire en sorte que les herbes &le fourrage ne leur manquent pas. Ceux qui retirent de la pê-che leur principale subsistance, font obligez aprés avoir de-meuré quelque temps dans un endroit, d’aller vivre dans un

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