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autre avec toute leur famille, à cause que le poisson ne se trou-ve en grand nombre qu'au temps qu’il fraye, ce que fontquelques poissons en une saison, & les autres en une autre,outre qu’une espece de poisson se rencontre dans un tel Lac,& qu’une autre espece se trouve dans une telle riviere.il en elìde même des fourrages & des pâturages pour les Rennes.Lorsqu’ils sont consumez en un endroit, il en fàut chercher ail-leurs. Ce changement de demeure ne se fait pas de telle ma-niéré .qu’ils abandonnent entierement les premiers endroitspour n’y plus retourner, mais ils vont comme en tournant, &font une maniéré de cercle. Les Lapons des montagnes lesquittent quand il n’y a plus de pâturages, & ils y reviennentlorsque les herbes font grandes. Ainsi il arrive qu’à la fin deTannée ils ont parcouru tous les logemens de Tefpace dont ilsont la propriété. Ceux qui ont leurs habitations dans les fo-rêts , retournent plusieurs fois par an aux cabanes bâties furles bords des rivières & prés des Lacs, selon les differerfcesfaisons propres à la chasse ou à la pêche. Les premiers bâtissentleurs cabanes d’une autre maniéré que les Lapons des forêts.Ils dressent aux quatre coins quatre pieces de bois, fur lesquel-les ils mettent trois perches en forme de soliveaux, une surchaque côté, & la troisième au derriere , sans qu’il y en ait furla face de devant. Ils prennent d’autres perches beaucoup pluslongues qu’ils Ievent & appuyent fur ces soliveaux, ensortequ’ellesse touchent presque par le haut , mais par le bas ellessont fort éloignées à Tendrait par où elles posent sur la terre.Cette cabane ressemble à un toit de quatre pans , ou à unpavillon qui a la figure d’une pyramide , plus ample & pluslarge par le bas, & plus petit par le haut. Ils jettent sor ces per-ches une espece de manteau de la plus grosse étoffe qui se trou-ve, & les plus riches en jettent encore un autre par dessus,d’une toile forte, afinque cette double couverture les défendemieux des orages & des pluyes. Ceux des forêts bâtissentleurs cabanes, quelques-uns avec des planches, d’autres avecsix pieds d’arbres qui se touchent par le haut, & font commeune espece de cave. Us jettent par dessus des branches d ar-bres ou de pin, ou des écorces, d’ordinaire de bouleau, qu’ilsfont cuire afin de les plier, & de les mettre plus facilement enœuvre. Ils les couvrent quelquefois de peaux d’animaux oude cuirs biens tannez. Cette sorte de cabane différé de l’autre,en ce qu’on ne la couvre presque jamais de toile ou d’étoffe,& quelle a six angles au lieu de quatre. Chaque cabane a deuxportes, Tune sor le devant, qui est la plus grande & ouvertetous les jours, & par laquelle on entre & on sort. Celle de der-riere plus petite, & en forme de poterne, sert à apporter dansla cabane toutes les choses nécessaires pour la nourriture , &entre autres ce qu’ils ont pris dans les bois ou dans les Lacs.Ceseroit un crime de les apporter par la grande porte, commeau contraire, il n’est permis à aucune femme d’cntrer dans lacabane ni d’en sortir par la porte de derriere, tant parce qu’ilsont de ce côté-îà le lieu où ils offrent des sacrifices à leursDieux Torus, que parce que la rencontre ou la présenced’une femme est d’un tres-mauvais augure à un homme quiva à la chasse. La petite porte, selon W exionius, se fermed’elle-même en retombant. Vis-à-vis est une fenêtre qui don-ne du jour. C’est par cette porte qu’entrent ceux qui reviennentde la chaste, traînant aprés eux quelque morceau de chair deRenne. Le Chasseur quitte son habit de chaste dans la garde-robe, large d’une aune, & longue de trois. Elle est dans la ca-bane au dedans de la fenêtre, & il est défendu aux femmes d’ymettre le pied. Cette garderobe est seulement un certain espa-cfe marqué par quelques pieces de bois qui en sont les bornes.Le pavé de la cabane est partagé de telle maniéré que lé foyerse trouve au milieu. Ce foyer est garni de pierres tout à Ten-tour, pour empêcher les accidens qu’on peut craindre. II y atoujours un chaudron suspendu sur le feu, auprès duquel, versle derriere de la cabane, ils placent trois chevrons, fur les-quels ils coupent avec une hache la chair, le poisson, & toutce qu’ils accommodent pour manger. II n’y a que les hommesqui puissent entrer dans T espace que ces trois chevrons renfer-ment. La petite porte qui est ordinairement vers le Septen-trion , est au milieu de cet espace, & la grande qu’ils ont ac-coutumé de placer vers le Midy, est à l’opposite. Le pere defami!le& fa femme ont leur lit dans Tun des cotez. La mere ases filles auprès d’elle. Les garçons, la plupart du temps, de-meurent de l’autre côté où se tiennent les valets & les servan-tes. Le reste de Tespace jusqu’à la porte est occupé par les fem-mes.Ils couvrent toute I aire de la cabane de branches de bou-leau , pour empêcher les eaux de la pluye de la rendre trophumide. C’est là leur maniéré de paver. Pour y être plus pro-prement , ils couvrent ces branches de quelques peaux de Ren-
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nés fur lesquelles ils s’astèient. Outre ces logemens > &bâtimens particuliers appeliez N alla , où ils conservent ^provisions. Ils les bâtissent ordinairement de cettedépouillent un Sapin ou un Pin de son écorce > afin qu, 1poli & glissant, ou de lui-même, ou par quelque graille ^ils le frottent, Ils font cela pour empêcher que les ratsbêtes sauvages n’y puissent monter. Ils le coupent à la ha ^de cinq ou six aunes depuis la racine, & en taillent toute ^branches pour n’y laisser que le tronc. Ensuite ils m" ^mortoifes sor le plus haut de cet arbre , & passent au traVÇces mortoifes deux pieces de bois emboîtées Tune sur *en forme de Croix. Ces pieces de bois leur servent co ss rn coU .sablières,sor lesquelles ils bâtissent le garde-manger.qu lls ^vrentde planches ou d’écorce de bouleau, & ils y v ce J)eporte. La figure de ce bâtiment est presque semblable adenos colombiers qu’on bâtit fur des piliers ou sur de 1 slceáux de bois. Ce qui les oblige à mettre ce gardeun lieu si élevé, c’est la peur qu’ils ont des loups ou des blus. Ces animaux tâchent continuellement d’attraper les v ^ s ,des qu’ils y renferment, & leur causent un dommage ^considérable lorsqu’íls peuvent renverser cet édifice, ss u * ^cy de particulier que la porte est au dessous en forme ç ttans ou de trape , afin que lorsque le Lapon descend, c gferme d’elle-même par sa propre pesanteur. On y C ûU el-une espece d’échelle faite d’une piece de bois, où il >’ aques sortes de degrez. p0 uf
Lorsque les Lapons veulent enlever leurs cabanes r e0tchanger de lieu , ils les ajustent sor des traîneaux, & ^ e $,sor d’autres leurs meubles qu’ils font traîner par leurs h- f.ausquels ils donnent un seul licou avec 1e trait, qui ^U > ^sent entre les jambes de derriere, est attaché
traîneau sor lequel ils font. Ils vont à pied cn Eté, mct^ ^bâts sor le dos des Rennes qui portent leurs bardes & ^enfans. Pour cela, ils prennent deux bâtons, qu ils w® ^avec Tautre autour du Renne, aprés lui avoir couvertde quelque sorte de housse, afin que rien ne se gâte, #tent dessus dans de petits cofres toute la charge qu. e j* tI epeut porter. Ces deux bâtons sont un peu larges, mais ■ ..frpart un peu plats , afin qu’ils se puissent plier. Ils foncée hosidont ils ont accoutumé de faire toutes leurs quaisses-^ Jese joignent chacun par le s deux bouts, Tun étant en i° r >jlscheville fourré dans un trou qu’on a fait à Tautre,ensor te j s j^font pliez comme des cerceaux, & suspendus sor leRenne par Tendrait où ils sont attachez ensemble, 1 undroit & Tautre au gauche. Ils sont même liez sous ’ e peSde Tanimal, afin qu’ils soient comme collez à ses “ í * n sn 'jteZ>quaisscs sont longues , & presque rondes par les extrefaites du même bois de sapin pliez en rond, semblables ^tambours, si ce n’est que la figure en est longue. Us ; e s Jeces maniérés de petits cofres par le bas, avec desbouleau faits en forme de treilles, & le dessus avec de^ ^res ou bandes de laine qu’ils délient toutes les sois ssjjj’eflmettre quelque chose dans la quaistè,ou qu’il est hesem “ c0 uttirer.Afin qu’il n’en tombe rien, ils ont soin d'envelop? ^ j e jdans des écorces de bouleau, dans des vêtemens ou s alí *peaux. Ils attachent ces petits cofres avec des courroJ^ u| , r eexcrêmitez de ces bois, afin qu’ils pendent de part & #
sor les flancs du Renne, le haut du cofre étant au ^ e y 0 jJí 6le bas en dedans contre le ventre de la bête. Votcy 1 fjequ’ils gardent en transportant ainsi tout leur bien. L e ,^cStoute la famille marche le premier, menant aprés lui qRennes chargez de bagage. Sa femme le soit avec unpartie du même bagage. Tout ce qu’ils ont de Ren°chent ensuite comme des troupeaux,que les enfans & 3 j-ch echassent devant eux. Celuyqui est chargé du tambour- -jésle dernier. Ils ont coutume de conduire ces Rennes 1 u ^Tautre, & par une longue fuite. Ainsi le Renne qui lUl j^poJ 1taché par son licou au bât de celuy qui 1c précede, unmarchant devant, & menant le premier avec une cor ^ jj e ului a fait attacher au cou. Ils vont en cet ordre ) u p u ,jj s f° sltoù ils ont dessein de s’arrêter quelque temps, & l o1 ^ s a bb rarrivez , ils y dressent leurs cabanes. II y en a qui ne ,- ll qu’il 5tent pas quand ils s’en vont. Us les laissent dans le j ■ {£ s oùquittent , ordinairement prés des Lacs & des r iv a y n cl cils pêchent, & des lieux où ils peuvent aller à la chan epouvoir s’en servir à leur retour. Ils se contentent _ £jJlC [tr equelques branches d’arbres par - dessus , ou de j<pdes écorces ou des galons aux endroits qui se troUVcouverts. a ç rte> I e *
Les Lapons ne s’habillent pas tous de la mêm® 10 - tS , q ulhommes portent en Eté des hauts-de-chauílès fo rt etr0