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Tome II. [E - O.]
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s’en fervent au lieu depain.L’écorce de ces arbres leur tient lieude sel aprés savoir préparée. Pour cela ils dépoíiillent les pinsde leur groífe écorce aux endroits les plus proches dc la terre,

& ayant levé la petite écorce interieurequ’ils nettoient bien,ils la mettent en feuilles fort déliées qu’ils font enluite fecherau soleil, aprés quoy ils les rompent en petits morceaux , &en remplissent des quaisses. Ils mettent ces mêmes quaiífesdans la terre .& les couvrent de fable laissant tout le long d’unjour ces écorces s’attendrir& cuire dans leur chaleur. Us fontbrûler, dans l’endroit où les quaisses font en terre une grandequantité de bois dont le grand feu recuit encore ces écorces ,leur fait prendre une couleur rouge , & leur donne une fa-veur tres-agréable. Us s’en fervent fort souvent pour assaison-ner leurs mets. Aprés qu'ils ont fait la pêche,ils vuident tous lespoissons qu’ils ont pris , dont ils font cuire une partie, & man-gent les autres secs» Ils font bouillir ceux qu’ils ne font pasfecher, ou seuls ou avec de la chair de bêtes sauvages ou d’oi-seaux, ne faisant jamais rôtir ni la chair ni le poiílòn à la ré-servé de la langue du Renne & des os qu’ils mettent fur le feu,

& qu’ils cassent ensuite afin d’en manger la moelle. Quantaux poissons qu’ils veulent fecher , ils les pendent à de pe-tits bâtons posez fur des fourches dressées pour cela, & cou-vertes pardessus .depeur que la pluye en les mouillant ne lesfasse corrompre lisse durcissent ainsi auvent & au soleil, &de telle sorte qu’on les peut garder quelques années. Us n’ontque de l’eau pour leur boisson.Afìn qu’elle ne gele pas l’hiver,ils la tiennent en ce temps-là dans un chaudron suspendufur le feu au milieu de la cabane, & chacun en prend tant qu’ilveut avec une cuëiller.Us ont outre l’eau commune une boissonqu’ils nomment Labm*. C’estle bouillon où ils ont fait cuirele poisson avec la chair. Lorsqu’ils veulent faire la débauche,ils boivent des eaux de vie de France qu’ils achettent enNorvege à la foire oie íàint Jean. En hiver ils font leurs repasdans la cabane, vers le côté où le pere de famille fe tient avecfa femme & ses filles , à la droite en entrant par la porte com-mune & ordinaire, & en Etc ils mangent dehors fur des ga-zons d’herbe verte. Us se placent auíli quelquefois autour duchaudron & du foyer qui est au milieu de la cabane. & enquelque endroit qu’ils mangent, ils ne gardent aucun rang. Usfe mettent à plate terre ou fur une peau étendue, les piedspliez par derrière l’un contre f autre. Lorfqu’ils font astis ainsien forme de cercle, on met les viandes fur un ais qui leur sertde table. Chacun prend & tient à la main fa piece de chair oude poisson, & souvent ils en tirent eux - mêmes du chaudronautant qu’ils en ont besoin & mettent ce qu ils en tirent ousur leurs gands ou dans leur bonnet. Si c’est quelque chose deliquide, du lait, du potage, ils ont pour cela un grand vaisseaufait d’un tronc de bouleau creusé en long. Us font gourmans,mangent jour & nuit quand ils ont dequoy , fur tout de lachair de Rennes sauvages & de celle d’ours. Le repas fini, ilskvent les mains au Ciel 6e rendent grâces à Dieu , aprés quoyIls se donnent mutuellement la main droite, s’exhortant à con-server l’amitié qu’ils ont les uns pour les autres.

Quand un Lapon veut fe marier, il cherche une fille richequi ait grand nombre de Rennes, car les Lapons en donnent enpropre à leurs enfans sitôt qu’ils font nez. Le Prétendant vavoir les Parens de cette fille , avec quelques-uns de ses amisdont l’un est chargé de traitter l’affaire. Ce Médiateur porteavec luy quelque bouteille du meilleur esprit de vin qu’il peutrencontrer, & quand ils sont arrivez à la cabane, on les convietous d’entrer, à l’exception de l’Amant qui doit demeurer de-hors jusqu’à ce qu’ils ayent bû le vin de la bien-venue, & quela proposition ait été faite. On le fait entrer ensuite & onluy donne à manger fans qu’il voye la fille qu’on envoyeailleurs pendant ce temps. S’il peut obtenir la permistìon deluy parler, il fort de la cabane aprés le repas & va prendre dansson traîneau ses habits de laine,& tout ce qu’il porte aux joursdes plus grandes Fêtés.U vient saluer fa maîtresse en cet état, cequi fe fait par un baiser, en Rappliquant le nez fortement l’uncontre l’autre. Cela fait l’Amant luy présenté une langue dcRenne, de la chair de Castor, & d’autres semblables viandes ,qu’clle refuse d’abord , en présence de ses sœurs & de ses au-tres parens , mais en même temps elle fait signe à l’Amant desortir de 1a cabane. Loríqu’ils font tous deux en particulier,elle reçoit ces mêmes prescns. L’Amant la priant aprés celade luy promettre de dormir auprès d’elle dans la cabane, sielle ne le veut pas, elle jette les prescns par terre pour marquede son refus 5 fi elle y consent l’affaire passe pour conclue en-tre eux. Cependant l’approbation des parens qui est nécessaireabsolument est quelquefois retardée deux ou trois ans, ce quivient des grands prescns qu’il faut que l’Amant leur fasse pour

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les gagner. îl ne laisse pas de voir fa maîtresse, mais ilgé toutes les fois qu’il veut avoir ce plaisir,de porter de j I#

vie , & cela est cause que le pere qui est bien aise d eP . ^long-temps, différé d’approuver le mariage. Lorsque , Aj,en est arrêté , tous les parens & les alliez de chaque co ^semblent la veille dans la cabane de la fille, où l'Amant a j Jtprescns de noces à tous fes parens ; sçavoir au pere un 8° ^d’argent, un grand chaudron de cuivre & un lit ^vectes les couvertures 6c autres étoffes nécessaires pour se § ustà la mere une ceinture d’argent, une robe de parade > ^collier garni par tout de boutons d’argent j aux frets s ’ n t,sœurs & aux autres plus proches parens, des ciAeilsersd a » o p e9des joyaux aussi d’argent pour pendre au cou & d’autres ^semblables. Le lendemain l’épouse commence par de 1cheveux, donnant la bande qui les avoir jusque-là tenus n ^à ía plus proche parente d’entreles filles. Elle les p eJ S? / r£ slaisse tomber, & met fur fa tête nuë une ou deux cef n jj,d’argent doré, de celles dont les femmes ont accoutume ^servir au lieu de guirlande, enforte que li la ceinture e ^large pour la tête , on la resserre & on en fait pendre se

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par derrière. Ce jour-là elle prend fes plus beauxainsi que l’Epoux , & ils vont tous deux ainsi parez r £la Bénédiction nuptiale. Si le chemin est long& <ï ueen hiver, on se sert dc Rennes attachez à des traîneaux. tqu’on est arrivé prés de l’Eglisc, un Lapon, qu'sts no ^Automelmœ, c’est-à-dire Meneur, marche le premier co ^conducteur de toute la troupe. L’Lpoux marche imm ement aprés luy & tous les hommes le suivent. Quelqu eS , jesvont devant l'Epousée, qui a un homme & une fetnuse.^fjècotez pour la soutenir, &qui témoigne beaucoup de r 0 p

pour faire connoître que c’est par contrainte qu’elle q ul ,->!!§pere & sa mere. Les autres femmes la suivent, & ^°. r ^ quisont entrez dans l’Eglife ,on fait les mêmes cérémonies’observent parmi les Chrétiens dans les mariages, fe.,,des noces fe fait ensuite dans la cabane des parens ày. *j elI ífée, où tous les Conviez apportent chacun dés se , „ a r'portion des viandes qu’on y doit manger. La plus gratin r ^tie en est fournie par les parens du Marié & de la M‘ l . rie c ’ u ise'la donnent toute crue à un Lapon établi pour la f" air * tí e,Le Marié & la Mariée font astis à table l’un auprès de a& ensuite tous les parens & les Alliez. Chacun reçois ^luy présenté le Lapon qui fait l’cftìce de Traiteur & q u f r0 u$mençantpar les Mariez distribue ensuite ]a portion slll [les autres. Comme la cabane est trop petite pour contes . cSle monde, les garçons & les filles qui n’y peuvent trol ? ve J W'montent fur le toit, 5e font descendre des ficelles au b° t )equelles il y a de petits crochets. On y attache des P lC aC he'chair afin qu’ils ayent leur part du festin. Les nôcesvées de cette maniéré il n’est pas encore permis a V e aud’emmener fa femme avec les biens qui luy app alsU ^ 1®mais il est obligé de demeurer avec son beau-pere # ,^ [yservir un an entier. Aprés cela, si on le juge à propos,blit séparément fa famille. Loríqu’un Lapon s’apperÇ ul) eía femme est grosse , il considéré la Lune, & s’il découétoile qui soit au dessus, il conclut qu’elle auramâle, & croit le contraire lorsque l’étoile sc trouve ^

On lave l’enfant nouvellement né dans de l’eau froip c ° v se fpí'de la neige, jufqu’à ce qu’ils voyentqu’ìl a de la pei °®. fo#rer ; alors ils le mettent dans de l’eau chaude. Aya^t & jî'fer cette eau dans un chaudron, ils y font entrer ss en ail'bout jusqu’au cou & prennent garde qu’il ne luy entocune goûte fur la tête jusqu’à ce que le Prêtre l’ait bap cl ’ u dfque l’enfant est ainsi lavé , ils Penveloppent dans une P ^, 0 itlievre. L’Accouchée a son lieu particulier dans la cao oV fe

ílrmpnrp mi îír fors npn H** 1 <=>mnc Onanrl cWt & .

elle demeure au lit fort peu de temps. Quand elleses forces, c’est-à-dire le quatorzième jour pour se P -iriseaprés fes couches, elle sc met en chemin, grimpe for^ pse*des montagnes les plus hautes, passe le long des Lacs . 13 ilétendus, & traverse d’épaiíses forêts pour porter fou ePrêtre afin qu’il luy donne le baptême. L’hiver , e . j e b aCche au traîneau fur lequel elle est portée, & en Eté »

dont

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elle charge le Renne. Les Laponnes n’ont point ^ rí |rices. Elles donnent elles-mêmes à teter à leurs enran ^

trois ou quatre années & les accoutument à la v . lar ^ rce aU

bonne heure, leur mettant dans la bouche un petit mo ^cPchair de Renne, afin qu’en le suçant ils en puissent tu.^que nourriture. Leurs berceaux font faits d’une grises ^ têt®»bois creusée garnie de cuir par dedans, & à l’endroif pjjes Ìil y a comme un petit toit en rond , fait aulîì de culs* p aU rf smettent leur enfant tout nud, & au lieu de langes, o ^jle»par dessous une especc de mousse rouge fort douce 4