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pas accompli le vœu qu’on luy a fait, elle a le pouvoîrde fairemourir le Criminel. Les formalités qu’on garde à faire ce vœu,font qu’aussi-tôt qu’un enfant est né , le pere 8c la mercfont venir un Fetifero , qui leur demande à chacun séparémenten quoyconsiste leur vœu, 8cceluy de leurs ancêtres. Ensuite•marmottant quelques paroles, il déclare que le FettJï ou le Dieuluy a déclaré que les observances ausquelles l’enfant se doitobliger, consisteront en telle & en telle chose. II luy en im-pose souvent deux ou trois, & la mere prend foin d’y accou-tumer l’enfant. Ces vœux ne regardent ordinairement que desdéfenses, comme de s’abstenir d’une telle viande, d’un tel oi-seau , d’un tel poisson, ou de quelque fruit. Que s'ils en man-gent, ils font obligez de le manger tout entier fans en fairepart à personne, 8c a’enterrer les os ouïes arêtes dans un creuxprofond, afin qu'aiicun animal n’y touche. II y en a ausquelsil n’est pas permis de passer fur i’eau , n’y eût-il qu’un fosséformé par la pîuye à traverser. D autres peuvent paslèr sur desponts, mais il leur est défendu de naviger dans des canots. Lesuns ne souffrent point de rasoir sur leur tête ni sur leur visage.Les autres se coupent la barbe 8c les cheveux, 8c d’autres lais-sent croître leurs cheveux & se coupent la barbe. Ces vœux scfont aussi pour les habits. Les hommes font obligez de porterîa peau d’un animal furie bas ventre, 8c ne peuvent aller fansbonnet ou fans quelque chose fur la tête, ne fùt-ce qu’une cor-de qui en fît le tour. Les femmes au contraire doivent toujoursparoîere tête nuë, & porter quatre ou cinq pieces de libongosau lieu de la peau que portent les hommes. Les libongos fontde petites pieces d’étoffe que les Portugais transportent à Lo-vando fan Pailla , où elles servent de monnoye. On donne dix-íèpt libongos pour un lit de plume de Silesie, 8c cinq pour unelivre d’yvoire.
Lorsqu’une personne de l’un ou de l’autre sexe entrant dansla maison a touché par mégarde un lit souillé par la compa-gnie d’un homme & d’une femme, même de gens mariez, ilfaut qu’elle aille trouver un Maréchal pour se faire purifier.Ces Artisans ont leur forge à l’air. La personne impure luyayant dit le sujet de sa venue, le Forgeron jette en souflantquelques étincelles fur son habit, puis accrochant l’un avecl’autre leur petit doigt de la main gauche, ils tournent lesmains & les passent fur la tête. Ensuite le Maréchal prend deuxmarteaux, en frappe quatre ou cinq coups l’un contre l’autre ,soufle doucement dans ses mains 8c dans celles du fouillé, &aprés qu’il a murmuré quelque chose entre ses dents, l’impu-reté demeure effacée. Cette cérémonie fe nomme VempaMem -pa , c'est-à-dire, purification. * De la Croix, Relation de l’Afr.tome 3.
LOVANGOMONGO. Contrée du Royaume de Lovan-go dans la basse Ethiopie. Elle est grande 8c pleine de coteaux& de palmiers, ce qui fait que l’on y trouve de l’hnile depalme en tres grande quantité. Inoccupation principale deshabitans est de faire des draps & des toiles. Depuis que lesRois de Lovango fe font rendus puiílàns par les armes, &qu’ils ont mis leurs voisins fous leur puiílince, ils ont faitleur demeure ordinaire dans cette Province, 8c c’est à présentle lieu de la naissance des Rois. * De la Croix, Relation del’Afr. tome 3.
■ - LOUDUN. Ville de France en Poitou, capitale du petitpays ditLoudunois, en Latin ftiliodunum, comme qui diroitla Forteresse de Celar 5 aussi quelques-uns prétendent-ils queCésar en fut le premier Fondateur lorsqu’il étoit dans lesGaules. Elle est située en plat pays , loin Iles rivières, à sixlieuës de Saumurau Midy, 8c à dix de Poitiers. Son Châteauautrefois fort spacieux , fut bâti sur une motte de terre élevéequi semble être artificielle, 8c que les Anciens appelloientDun, d’où la ville peut avoir tiré son nom. Ce Château con-tenoit plusieurs Maisons, Convens 8c Eglises, avec un grandcircuit de murailles fianquées de tours, 3 c il a été démoli dansle dernier Siecle. II y a dans la ville deux Eglises Paroissiales,l une dédiée à saint Pierre, une Collégiale, dite sainte Croix,fondée par un Comte d’Anjou, trois Convens de Religieux8c deux de Religieuses. On vient de tous les cotez en pèleri-nage au Couvent des Carmes, où est une Chapelle de Notre-Dame de Recouvrance. Loudun est un Bailliage 8c SiégéRoyal qui a la Coutume particulière. II s’étend fur cinquante-deux Paroisses, 8c les appellations en reffortiílènt au Siégé Pré-fidial de Tours. Son Election est sous la Généralité de la mê-me ville. * Davity, Poitou.
L’Histoire des Religieuses Urfuîines de Loudun possédéesfi long-temps par les Démons a fait tant de bruit, que cetteville en est devenue célébré. Elle a été la patrie de Scevole Scde Louis de sainte Marthe , freres jumeaux, qui naquirent le j
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io. de Decembre 1571. Ils avoient beaucoup de ressí^si ,non seulement pouiíe corps, mais encore du côté de 1 r ou5ce qui les fit toujours vivre dans une parfaite union. A ,^f.ont laissé divers Ouvrages fort estimez, 8c entre autre* eStoire Généalogique de la Maison de France en deux v o ^in folio , à laquelle ils travaillèrent pendant cinquante » •leur doit aussi la Gallia Cbriftiana , publiée par les nlsvole qui mourut le 7. de Septembre 1650. dans la 7 ?\_ j 0 yde son âge. Louis de Saintc-Marthe son frere vécut 3 P rC tcrr eZjuíqu’au 29. d’Avril 165 d. 3 c ils furent tous deux cn > £dans l’Eglife de saint Severin à Paris. On y lit leur tpconçúë en ces termes.
D. 0 . Mi
ScevoU & LtidovicoSan-Martbanis ,
Vins Nobilibus & lllufiiibus ,
ScevoU in Pidombus FranciaQtufiorum Prafidis feriptis incliti fih' ts >
Ludovui Domìrii de NeiiillyC ogmtoris Régit Nepotibus ;
C omnibus Confifiorianis ,
& Híftoriographis,
In eodem utero editis , fie linea mentisOris
Omniumqite membrorum statura ,
Síncera pietate , virtute fingularì,
Temperantia at trauqwllitate ammi,
Geminìs plane atque Germants ,
Morum fìmilitudtne , focietate fiudioritm >
Fraterna concordia ,
Ftfere perpétua vit a ac viclusCommumtate conjundifflmis :
Qui citm eifdem praceptoribus ufi ,
Aurato Bulengero ,
Pajferatio , celebemmis Profejforibus ,
Et eifdem difeiplinis instïtuti fuiffent,
Pari anima & labore unum amboMultornm annorum opus agreffiRegmm Francorum genus ,
Et propagmem
Refque geflas dodis volumimbus expofuere 5Et ad exmmarn felicemque fenectutem,
Non à candis modò fludiofis cultï ,
Sed etiam Principibus & Regibtis nojlris,Externifque noti , ebari ,
Acceptique pervenerePan fratrum incomparabiliPetnts ScevoU San-MartbamsScevoU filius ,
ScevoU Nepos ,
Patri
Patriufque optimis & indulgentijfimisPonendum curavit.
Vixit SceVola ann. 78.
Menfes 8. dies 18.
Obút 7. Idus Sept .
Anna 1650.
Ludovìcus decejfit an. atatis 84.
Mens 1, dieb. 9. C hristi 1646.
Apnlis 29
In geminìs unum , & geminos agnov'din uno ,
Ambo s qui potuit dodus adiré fenes. - :sic§, 7Ismaël BoiiiUeau, Astronome, né de païens Cu ‘ v jllu*'28. de Septembre 160;. 8c mis au nombre destres par M. Perrault de J’Académie Françoise, cC ° cU tl’^ c 'Loudun. II abjural’Herefie àl’âgede 2t. an, &dre de Prêtrise en 1630. 11 s’appliqua fortement a I 3 uX ]Ylfgie, à la connoislânee de l’Fìistoire profane & faÇ ree, ^ ; p ab»*thématiques. 8c particulièrement a l’Astronom^ ’Xuwff,quantité d’Ouvrages qui luy acquirent une grande t s£parmi les Sçavans. M. de Thon, Président en la fîit e!l 'Enquêtes, le mena avec luy en Hollande lorsqu 1 ào$'voyé en Ambassade. La Reine Loiiise de Gonzagu c ^ J10;na des marques de son estime par divers Pf E ^° S ' £tats <-‘ cJean Casimir le choisit pour son Agent auprès p o ] 0 gne>Provinces Unies pendant la guerre de Suede 8c d c 1 jj e | 0 ? 0 'aprés plusieurs voyages qu’il fit en Alemagne, en , ,
Iogne Sc au Levant, il revint à Paris 8c fe retira dande S. Victor où il mourut le 25. de Novembre £ fìf 0 cLOUDUN. Petite ville du Bas Languedoc, t 11 * u -‘