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Tome II. [E - O.]
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ter f A° r > à ce grand fracas force enfin le Léopard à quit-ì] cn ° n ,p t 5- II tâche inutilement de fuïr au travers des fléchés;<j 0 e “ hientôt percé. Aprés qu’il efl tombé mort, le RoyH ^ ordre de l'écorcher à un de fes Gentilshommes,leur r • la peau pour luy. Comme le fiel de cet animal est àa g Q avis R plus prompt & le plus s ubtil de tous les poisons,Ì e ttew Ue personne n’en abuse, on luy coupe la veflìe qu’on(] an$ àns la rivicre devant tous les aflìstans. On met le resteL ?^ ^ofle profonde qu’on creuse fur l’heure.

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: es funérailles des Rois fe font avec beaucoup de ma-Cence * On creuse des caves souterraines où l’on pose le

c haís C0Uvert de f 00 plus superbe habit , & astis fur unetjui C ’ O? l’environne de petites images de bois & de cire,tnco re P re lentent ceux gui Pont servi fur la terre. On y metd e ^5 un grand attirail de meubles, de pots, de chaudrons,d'Hsl S ' fobes & de linge. Autrefois on tuoit beaucoupte i)ir VeS ' & on les enterrait auprès de leur maître pour luyr Cv Í^Pagnie en l’autre monde , mais on commence fort ào nt lr de cette cruelle superstition. Les gens du commun'l'Jeln n > à respect pour les Nobles, que quand il s’en presente•fiaiir Un devant eux ils fe mettent à genoux, frappent dest°j en s » ^ détournent les yeux de dessus luy comme s’ils n’é-le s i? as dignes de le regarder. Aprés la mort d’un homme,si^tl r S nc ^ont pas les maîtres des biens qu’il laisse. Ceobl b es .^r e s & les sœurs qui héritent l’un de l’autre, avec£ a 8n l0st à'êlever les enfans jufqu’à ce qu’ils soient en état desor te er ,^ eur vie. C’estpourcelaqu’ilya parmi eux plusieursd es p Ue métiers. On y trouve des Tisserans, des Chapeliers,dç s *? r íserons , des Potiers , des Polisseurs de corail & d’acier,q uiti âns, des Pécheurs, des faiseurs de canots , des genstaverne & d’autres qui negocient. Le plus grandttiett rce âu pays fe fait en Esclaves , en quoy ces NegresVr e tout leur bien. Ils vendent auflï de l’y voire, du cui-tt'itie c î étain, du plomb & du fer qu’ils vont quérir en desd e p S f°rt éloignées , comme à Sondi, qui est fur le chemin<Ii ria - 0rri f > o, proche du pays des Abiíîìns. Leur manger or-dep r f. e ft du poisson frais ou fumé qu’ils apprêtent avecPeu çj ç 011 du poivre de Brésil, de l’huile de palme , & unJet e * e h Ceux qui sont à leur aise mangent du pain de mil-C 0 ec ses autres viandes.

tie({ e ^e ils s’imaginent qu’il n’arrive point d’accident fu-ïdolç 0 ° ^ ornme qui ne soit causé par les Moquilies ou lesUn ] s "k son ennemi, & qu’ils croyentque s’il est dévoré pardx p U P °u par un tigre c’est cet ennemi qui par la vertuM enc hantemens s’est métamorphosé en bête feroce, outjU*i] ç ensorcelé si le hasard fait qu’il tombe dans l’cau &à n’ontpoint i’esprit en repos, qu’ils n’ayentfled Q Cl eurs doutes. Pour cela , l’accufateur va prier le Royfeìl dç 0er Un J u g e des Bondes en payant les droits. Le Con-Vq^ s , c ® Prince en nomme ordinairement neuf ou dix , quiIls y- .oir à terre dans le grand chemin en forme de cercle.t}u’ii s v tonnent qu’à trois heures aprés midy, parce qu’il fautfortjK. e tonnent là à découvert. L’Accufatcur fe presente ac-ttic n(; a 8 ne de tons fes parens & de tout le voisinage, & com-c°nf' so r exhorter les Juges de luy faire droit, leur faisantsis q.- ^ leur promesse par un ferment fait au nom des Feti-<k t Q)j f>nt les Dieux qu’ils reverent. L’accufé avec ses amisVitjgj, j t es voisins paroît de l’autre côté, parce que pour de-Ce Ux 1 eoupable , on a coutume de faire l’épreuve fur tous^ 0rir ie iP fluartier où la personne soupçonnée demeure. Onde j> abord aux accusez une coupe pleine de ce breuvagetandis qu’ils boivent les Juges battent le tam-JUge* vfltés qu’on a bú , & que chacun a repris fa pi,

Jace , ces

^ ils J CtCent eontre les accusez de petits bâtons de bacoves^rr e t dans leurs mains , leur ordonnant de tomber parno Cen ; s sont coupables, & de faire leur eau s’ils sont in-^Scon* "sots, ces mêmes Juges reprenant ces mêmes bâtonsso e .n pieces &lesíement devant eux. Les Accusez

c eaujj j C " /ont plusieurs tours marchant fur tous ces mor-ale ^ e bois, fur lesquels si quelqu’un d’eux fait de l’eau ,^e aut etlc chez luy au milieu des cris dejoye. Que si quel-Cs siurl C t0fn ° e malheureusement, la frayeur qui le saisit, &sos ] a ^mens des aflìstans, l’étourdiílent tellement qu’il n’aHv eré /ee de se relever. A cette marque on tient le crimef^bre p k eonpable est digne de mort, oii qu’il ait grande Çtand ^^emis, on le mene fans délay hors de la ville furP°ìr»t car/ i"à où il est mis en quartiers. Si l’affairc n’estC| }tre Ce „ - e > on luy fait avaler par force une boisson où ilai j nes herbes & de l’excrement humain pour chasser,

' * e venin des Bondes, mais il arrive souvent que leí 3 ’ est ' eui jdusecond poison bien plutôt que du premier]1 flu imaginaire.

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Les hahîtans de Lovango n’ont qu’une idée obscure deDieu, qu’ils nomment Sumbian Pongo. Ils invoquent les dé-mons domestiques & champêtres , auíquels ils attribuent di-verses vertus. L’un gouverne les pluyes , l’autre les vents , lesorages & l’agriculture. Celuy-cy commande aux poissons déla riviere : celuy-là dispose des monstres marins. II y en aqui conservent la santé , & d’autres qui garantissent d’accidensfâcheux & de maladies. Les images qu’ils en font sont auflïfort différantes. Les unes reprefentent un homme , les autressont de petits bâtons ferrez par le bout, ou qui ont la figured’une tête humaine. On pare la tête de ces images de plumesde coq , & on leur couvre le corps de divers morceaux dedrap. 11 y en a de plus petites , qu’ils portent pendues au cou,ou simplement une corde en forme de collier, à quoy l’on at-tache de petites plumes avec deux ou trois coquilles. Leursautres Idoles sont dans une corne de buste dont ils remplissentla concavité. Jls pastènt une boucle de fer dans l’extremitépointue,& y pendent de petites pieces d’étoffes, ou bien ilsont un grand pot plein de terre rouge & blanche qu’ils paî-triílent avec de l’eau. Us l’accommodent si bien qu’il y a lamoitié autant de ce mortier par dessus les bords que dans lévase. Ils'marquent furies côtezquelques lignes blanches , &peignent le deísos de differentes couleurs. Us y fichent plu-sieurs crochets.des clous, & des pointes de fer, à quoy ils pen-dent des morceaux d étoffe Sc des coquilles. Entre ces Ido-les ou démons champêtres , il y en a de bons & de mé-dians.

Ceux qui se consacrent au service des Moquisies fontgens avancez en âge , des vieillards chagrins ou maladifs.L’Enganga Moquiíìe , qui est le chef oes Magiciens faitvenir le Novice dans une grande assemblée de fa famille , quiest fort nombreuse, parce que les Negres étendent fort loin lesdegrez du parentage.On fait au Novice une tente de feuilles dépalmier,où il faut qu’il demeure quinze jours,qui est le tempsdu Noviciat, & qu’il en passe neuf fans parler. A chaquecôté de la bouche il a une plume de perroquet, & il luy estdéfendu de saluer personne en battant des mains. II tientd’une main une barre de bois dont l’un des bouts supporte unbuste, & dans l’autre bout qui est percé , on enchâsse une ba-guette. Le Novice applique de l’autremain en signe d’adora-tion un bâton contre ce buste. Quand tout est prêt, on mecun tambour.dans un lieu qui n’elt ombragé d’aucune plante.Les parens forment un cercle autour du tambour, tandisqu’unhomme le bat, & que l’Enganga entonne les louanges de lasMoquiíìe. Le Novice danse avec les autres autour de la caisse*& cette cérémonie dure quelques jours fans qu’on entendeparler du démon , aprés quoy l’Enganga s’approche tout acoup jettant des cris effroyables. Alors le son de la caisse cesse*Le maître Magicien ne fait du bruit qu’en frappant fur desstatues de bois & en marmottant certaines paroles. lî est quel-quefois seisi d’une fureur qui luy fait marquer tout son corps& celuy du Novice de petits points blancs & rouges, princi-palement les temples , les paupières & la cavité du cœur. Ondit que le démon emporte souvent le Novice dans des déserts*où il se fait un habit de verdure,& y demeure quelquefois deuxou trois jours. Les parens s’emprelïènt auflï-tôt à le chercheren battant la caisse parce que le poísedé revient à luy à ce son,&on le ramene en dansant. Quand l’Enganga voit son No-vice furieux, il luy demande à quelle observance particuliè-re il veuts’engager, & le démon en nomme une par la bouchedu possédé. Sur îela on recommence à danser & à chanter*& ie démon sort de son corps le laissant à demi mort. On luymet une boucle au bras, qu’il porte toûjours pour fe souve-nir de fa promeííe. C’est pourquoy ces gens-là, quand ils oncun ferment à faire , le font toûjours par leur bouche.

Ils sont fort divisez dans leurs sentimens fur ce qui regardel’amc. Ceux dc la race Royale s’imaginent que lame desMorts entre dans le corps de ceux qui naissent dans leur fa-mille. D’autres veulent que ces âmes deviennent les DieuxPénates de ceux de leur maison , & dans cette vûc on leurbâtit de petits réduits d’un empan de haut , au dessous desauvent, & toutes les fois qu’on prend son repas, on leur offre'du vin 8c des viandes. 11 en est beaucoup qui tiennent lamemortelle & tous font persuadez qu’il n’y a point de mort natu-relle ,& que personne ne meurt que par les enchantemens deson ennemi, qui le ressuscite par les mêmes sortilèges, &letransporte dans des lieux déserts où il le fait travailler pours’enrichir ; qu’il le nourrit là avec des viandes fans sel,parce que si le Ressuscité venoit à goûter du sel,il poursuivraitson meurtrier à toute outrance,

On dit que quand une Moquisie est irritée parce qu’on n’a