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Tome II. [E - O.]
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li D Isle de la mer des Indes * & la principale des Phì-

^4»V/ eS ’ O" l'appeUe aussi J’Isle de Manille, en Latin Injula -& C ç r êà LufoniA. Elle est située auNord de toutes les autres,3 stucli là que mourut Magellan dans le voyage qu’il faifoitttoit . ent autour du monde. Aprés qu’ii eut passé le Dé-r ìdi i* Porte à présent son nom, & qui est entre le bout Me-ritle° na l’Amerique & la Terre del Fuego , 8c qu’il eut cou-d e .n S IIlerS , le long des côtes de l'Amerique, paíïànt

fyr aux Indes Orientales, il vint aux Istes Ladrones. De-là^encore route à I’Est, il arriva aux Istes Philippines, &V 0lll 1 . a à Luçon, où il fit la guerre aux Indiens naturels, qu’iliq a j 0lc soumettre à la domination du Roy d’Efpagne soníonn' C ' ^ perdit la vie dans cette guerre par une flèche empoi-entfg 6 ^' Luçon est une grande Iíle, dont la longueur s’étendcfi e , ,x & sept degrez de latitude Septentrionale. Elle a pro-étfoif milieu environ soixante lieues de largeur, mais elle est8 r e*d f >ar J es bouts. Le côté Septentrional est à dîx-neufde-g rez |* e Lticude Septentrionale, & le Méridional à douze de-ticé d tente minutes. Cette grande Iste est environnée de quan-lq er j^. petites, & sor tout du côté du Septentrion. Le côtéç 0t) monal regarde le reste des Istes Philippines. Celle de Lu-Q v ‘imposéedegroflès montagnes & de plusieurs grandsle > c> as * La partie Septentrionale paroît plus unie Sc plus éga-lïij 1 ; p‘'à-dire , moins montueusc que le côté Méridional ;l’am e Pays est d une bonne hauteur depuis un bout jusqu’àfy; J* LHe ne paroît ni si fleurie ni si verte que celles deCç rt • na ° & de saint Jean, cependant elle est sort boisée en8{ l e ltì r adroits. II y a des montagnes où il se trouve de l’or,ll V S ‘avanas sont bien fournis de bétail, sor tout de Bustes.Lhev * U ^ fluantité d’autres animaux, comme Taureaux ,Oft t aux > Brebis, Chèvres 8c Cochons que les Espagnols ylaplu ° rCez ‘ Cette Iste est aíïèz bien peuplée d’Indìens, dontPtefç art soot fous la domination des Espagnols qui en sontícfjji ^naent les maîtres. Les Indiens naturels demeurent en-quis dans les villes ou bourgs, où ils ont des Ecclésiastiquesanstruisent dans la véritable Religion. Man'ilo ou Ma-Vei] e ç ^ a V3 ‘^ e capitale. Les autres sont Cagajon ou la nou-Poy. ^ e govie, Porto de Mandato & Caceres. * Dampier,Autour du monde , tome i. ch. u. & 14.

Cç tlo LQlJES. Ville d’Italie, capitale de la République deSe rc i ^ > en Latin Luc a & Luc c a. Elle est située sor la riviere detnvj r t0 ’^ einq lieues de Pise, au milieu d’une petite plaine,t tois °nné c d e coteaux agréables. Son circuit n’est que dedç ; mais ses maisons sont fort élevées, & le nombre

trafj c pbitans est assez grand. II y en a de fort riches par letan t{ jí a ® s foyes dont ils font des étoffes de toutes sortes avecfa, r dresse , q ue jz ville en a été appellée Lucca Ylndsftno-gra nc j s r ncs sont droites & larges pour la plûpart, & pavées dede p . es Pierres qui les rendent nettes en tout temps. La PlaceMichel Sc celle de saint Martin sont remarquables.pli}(® Ue de saint Michel qu’on trouve dans la premiere, a<JlH' 1115 Petites colomnes qui en soutiennent les dehors &apr£ s , arc I Ue nt son antiquité. C’est la plus grande de la ville ,Pl ÎCe a Cathédrale, dédiée à saint Martin, qui est dans l’autred’n n ' dite autrement de sainte Croix. non seulement à causelin ç .stjx d’un prix infini qu’elle conserve, mais aussi pourVée p Uci *w dont la face, dit-on, fut miraculeusement ache-No tr ar „ u ^ Ange, sur le portrait que Nicodème, Disciple desoarrjç ^/gneur, avoit fait, pendant qu’il méditoit de quellecn r cpresenteroit le visage , ce qui le fait appellerSUe j ç fl v °ho. Ce Crucifix est d’un t>ois de ccdre, & au lieulQ be ? aut J« sont ordinairement nuds, il est couvert d’unetlepj res ~riche, & a sor la tête une couronne toute brillanter í es précieuses* On le voit dans la Cathédrale en unean j E de marbre à main gauche en entrant. Cette Chapelle’hég j dbs de la Nef en façon d’un petit dôme. Elle est fer-Eatg^ "antes grilles de fer, Sc éclairée de plusieurs lampesvqìj 1 y brûlent jour & nuit. A la troisième Chapelle,ée ru ar L Une Oéne du Tintoret, Sc auprès un beau TombeauQ u tl j~ re de la Famille Guinigi. Sous le portique à gaucheLÇi Co i .^relief de marbre que l’on estime beaucoup. U est de, an * L’Evêque par un privilège particulier a les*ie ïç C q d un Archevêque, sçavoir le Palhtm Sc la Croix. IIlez "noît que le Pape pour Supérieur, Même les Chanoi-3 été a f au Çsiœur en rochet & en «mail. On dit qu’il leurdex rr) ; < ì Cor dé de porter des chapes, des mofettes violetes &

3 des b | C n^ e %c blanche, à la maniéré des Cardinaux, II yí e de v/i res de marbre devant le grand Autel* Dans l’Egli-yiîrpg otre- Dahre delli Miràcoli, on voit un Tableau de làM^qïre fl^i est en grande vénération parmi les Bourgeois des » aussi- bien que la Chapelle de saint Fridan parfni les

Etrangers curieux. C’est en ce lieu là qu'est le Tombeau deRichard ,» Roy d"Angleterre,qui mourut à Lucques en allantà Rome, pour visiter les lieux des saints Apôtres. On trouvebeaucoup de choses dignes de l’attention des Voyageurs, dansplusieurs autres Eglises de la même ville, comme deux Ta-bleaux du Guide , â saint Romain des Dominicains, L’unqui est au Maître-Antel represcnte Notre-Dame des Neiges»sainte Magdelaine & sainte Lucie j l’autre est un Christ, avecsainte Catherine & saint Jules à ses pieds. A saint Pierre Ci-voli, il y a un Tableau de Lanfranc ; à sainte Marie, une As-somption & une sainte Luce du Guerchin, L’Arsenal pourroicfournir dequoy armer plus de vingt mille hommes. II n’estpoint permis de porter l’épée à Lucques, & en entrant on de-mande aux Etrangers leurs pistolets & leurs armes, qu’ils re-trouvent à la porte par laquelle ils doivent sortir.

Cette ville est fort ancienne. Elle fut réduite sous la domi-nation des Romains l’an ;y6. de la fondation de leur ville , &i ce fut là que se fit le premier Triumvirat entre Jules-Ceíàr *Pompée & Crassus. A la décadence de cet Empire , elle tom-ba au pouvoir des Gots, & elle fut ensuite soumise aux Lom-bards qui la gardèrent jufqu’au Régné de Charlemagne. DesSeigneurs particuliers, comme Bomíàce, pere de la ComtesleMathilde , & Castracani la gouvernèrent pendant quelquetemps, aprés quoy elle fut vendue à Gérard Spinola de Genespar les gens de l’Empereur Louis de Bavière. Elle fut aussivendue aux Florentins, fous l’obéiflànce defquels elle demeu-ra jusqu’à ce qu’un Cardinal François que l’Empereur Char-les IV. y avoit laissé pour Gouverneur, donna la liberté auxLucquois. Ils la perdirent de nouveau par les entreprises d’unde leurs Citoyens appellé Paul Guinigi, & l’ayant recouvréevers l’an 1450. ils l’ont conservée depuis avec grand foin fousla protection de l’Empercur. La ville de Lucques est assezbien fortifiée. Didier, dernier Roy des Lombards l’avoit faitenvironner de murailles, partie de briques & partie de pierres;mais les habitans les firent abbatre en 1616. Si la firent revêtird’onze bastions de briques, qui la rendraient tres-forte, s’iísétoient couverts par des dehors. Ses remparts qui font plantezservent de promenade aux Bourgeois. Les arbres en sont sitouffus, que ceux qui ne voyent certe ville que de loin, au-raient de la peine à croire que ce fût autre choie qu’un petitbois. On ne découvre que la pointe du clocher de la grandeEglise. On dit à l’avantage de Lucques , que Joríqu’il s’agitde juger un Procès de conséquence , on fait venir des Juris-consultes étrangers, qui n’en sont pas moins éloignez que decinquante milles,afin que ces Juges n’ctant portez ni par amourni par haine,pour nuire aux parties ou pour les favoriser,rendentleur Sentence avec équité. Proche de-là sont les restes d’unTemple, que l’on croit avoir été consacré à Hercule. Entreles choses curieuses qu’on remarque autour de Lucques, oncompte le pont de Sestri, qu’on dit avoir été bâti par leDiable , Sc celuy de Borgo Nuovo. Ils sont tous deux sor léchemin de Modene. On y trouve aussi des bains chauds Scsalutaires.* J ou vin deRochefort, Délices del’Italie,LUCQUOIS. Etat de la République de Lucques, en Ita-lien , Iluchefe. 11 a du côté du Nord la partie de la Garfàgna-ne qui reconnoît le Duc de Modene , avec le Heu de Barga augrand Duc; du Couchant "Etat du Prince de Malle Sc la merde Toscane ; du Midy, le Pays du Territoire de Pise qui ap-partient au Grand Duc; Sc du Levant le Lac de Biontina ála Pefcia , 8c le Territoire de Pistoie. Cet Etat a de diamettred’un côté trente Sc un milles, Sc de l'autre vingt-cinq, 8c mêmebeaucoup davantage en comprenant les lieux écartez. Lucquesest fa ville capitale. Ses autres lieux qui font les plus dignesd’être remarquez font du côté de la Principauté de Masse.Cama)ore-jVÌWe "belle 8c forte avec Mont.:gnofo & proche delà furla merde Toscane,le port ou plûtôt la plage dc Viaregio. CetteRépublique a encore deux places séparées du reste de son Etat,sçavoir Cajïûlon avec les villages qui en dépendent, situé enla Garfignaue, presde Castel-Nuovo du Duc de Modene,Sc conquis fous le nom de Viguerie de Caftillon , qui est unePlace des plus fortes j & le petit Etat appellé, ViCaria âi Minuc-cìano , si ué en la Lugiane, allez prés de Vivizzan, Sc peuéloigné de l’Apennin; auffi-bienque de Castillon qui est auSud-Est de Mimcùtnò. Le pays de la République de Lucquesétant montueux soumit assez de vin pour la provision de ceuxqui l’habitent, mais comme ordinairement ils ne recueillentpas assez de bled pour la moitié dé l’année,ils én font venirparle moyen de la mer, Sc de leur port de Viaregio. Ils ontquantité, d’olives, çe qui leur donne abondance d’hqile. Usont ausií forcé lupins 8c faseoîes, un grand nombre de châ-taignes, dons vivent les païfahs aussi-bien que de fraiser.