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Tome II. [E - O.]
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d’une chaîne (For, estimée cent bêtes, de dix-huit paniers deris &d’autant d’Igname, & les autres Rohandrians & Ana-candrians en ayant usé de même, chacun à proportion de sesrichesses, il reçut au moins la valeur de mille bêtes. Tousces presens étant ramassez, il parut le soir du jour de l’Aísem-bîée couvert d’un habit de soye, orné de menilies d’or , &d’autres riches joyaux , un coutelas à côté de luy. VingtOndzatsis ou Pécheurs porterent dans fa maison vingt-quatrepaniers vuides. Huit femmes suivirent avec des inílrumensde bois propres pour faire des habits. Neuf Rohandrians ,tenant chacun trois cannes de sucre parurent ensuite, & apréseux huit Ondzatsis avec huit torches de cire. Les principauxdes Rohandrians ayant fait trois fois le tour de la maisonneuve y entrerent, poussant de grands cris, & frappèrent en-suite du pied contre terre en trépignant. Les aílìstans ayant ré-pondu à ces cris, & tous les souhaits de prospérité étant ache-vez , Dian Tserong distribua les cannes de sucre aux Rohan-drians j & se mit luy - même à en manger. Le lendemain aumatin parut un Rohandrian magnifiquement vêtu, avec uneceinture en croix en forme d’étole sur son estomac. II allavers douze bœufs couchez contre terre, les jambes liées en-semble, & aprés avoir fait trois tours à l’entour ,il les égorgeaavec un grand‘couteau de Boucher, & s’étant appliqué de leursang avec les doigts fur le front & fur la poitrine , il en portaà Dian Tserong & aux autres Rohandrians. Ensuite il fit allu-mer du feu avec un fusil, & brûler le poil des douze boeufsqu’il coupa par morceaux pour en foire part aux afìïstans. Lematin fut employé à boire du vin, 8c le soir à manger du ris& de la viande , ce qui dura huit jours pendant lesquels onmangea plus de quatre cens bœufs fans les autres bêtes qui furent distribuées entre les Diansou Seigneurs des villages &les Lohavohits. Leurs meubles consistent principalement ennattes qu'ils nomment Stbi. II y en a de deux sortes, les unesteintes en rouge & en jaune, & faites fort proprement, lesautres communes, faites de plusieurs sortes de joncs entrelacezles uns dans les autres. On en fait à Manghabei , qui sontdouces au toucher & fortes ,on les nomme Sthi Herefe. Ils entapissent les murailles des maisons , en couvrent les planchersSí couchent dessus. Ils n’ont point de lits, & ne se servent nide draps,.ni de matelats, ni de couvertures, non plus que d’o-reiller ou de traversin. Ils fe contentent de mettre un mor-ceau de bois sous leur tête , à la referve des Rohandrians quife fervent d'un couffin rempli de semence de coton. Ils ontquantité de corbeilles où ils serrent leurs habits, leurs ceintu-res , leur coton & tout ce qu’ils employent en ornement. Leursbatteries de cuisine sont des pots de terre , des plats & oreil-lers de bois, des callebaces à puiser de l’eau, des couteaux,qu’ils nomment Antfi, grands & petits, des cruches contenantplus de cent pintes > où ils font du vin, du miel ou de l’hidro-mel, de petites pincettes pour se tirer les épines hors despieds & pour s’arracher le poil, de grands couteaux pour cou-per la gorge aux bêtes, des crochets de fer pour tirer la viandedu pot, & des grils pour la foire rôtir. Ces grils sont compo-sez de trois fers, & on les appelle Zalaz,a. La terre couverted'une natte leur tient lieu de siégé &de table, & de grandesfeuilles longues de douze pieds & larges de quatre leur ser-vent de nappe & d'assiettes. Les Rohandrians mangent avecles Rohandrians , les Lohavohits & les Ontsoas avec leurssemblables , mais ils ne mangent jamais avec leurs maîtres.Ainsi les Rohandrians ne mangent poiqt avec les Anacan-drians > & une Rohandriane mariée à un Anacandrian, nepermettrait pas que son mari mangeât avec elle. A Mangha-bei les Esclaves ont la liberté de manger avec leurs maîtres.Dans Ja Province d’Anossi & dans les autres places où il n’y apoint de Zaseraminis, il n’y a que les principaux Rohandrians& Anacandriaos quiayent le pouvoir d’égorger les bêtes. Ilsprennent ordinairement leurs repas le matin & le soir, maisles autres Zaseraminis en prennent souvent cinq ou six petitspar jour. Leur manger ordinaire est du ris, des fèves , depetits pois, plusieurs sortes d’ignames, des choux, du bœuf,du mouton, du bouc, des poules, des chapons, des poules-d inde > des canards, & de petits porc- épis. Ils ne mangent ja-mais de pourceaux a la réservé des Chasseurs qui en mangentavec toute leur famille. Ils ont de plusieurs sortes de poissonsde mer 8c de riviere , avec divers fruits, & sc nourrissent entemps de famine , de certaines racines qui croiísent dans l’eau& dans les bois. Telles sont celles d’Oimrandre, d ’Ouvienpaffo& d’OmìrúW%es , dont le goût est fort agréable. Leur boissonest de l’eau chaude , ou le bouillon de leur viande. Ils font duvin de miel, mais ilsn’en boivent que dans leur Mijfavatsi , &dans les cérémonies de 1’Eglise, Du côté de Matatane vers le

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Nord, on fait de tres-excellent vin de sucre , H^a^utreSagréable que celuy de miel ou d’hidromel. Il y en aqui font une boiílon de sucre & de miel mêlez cnsembl^

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ì ront une oomon ae lucre « ae miei metez eS

Chaque homme a la liberté d’épouser autant de se ^u’il en peut nourrir, ce qui fait qu’elies luy donnent 1 cSeMmnputt , qui veut dire Faiseur d’cnnemis_, les sed’un même mari sc haïssant à la mort. L’impudicite est u .pcommun parmi elles. Elles se donnent à ceux qui Lo-fent, & quittent leur mari quand il s’en plaint. Les m j,bandonnent à tous ceux qui leur offrent de l'argent, » R ^qu’un différait à les payer, elles luy seraient affront A M ^raient son habit fans qu’ il osât se défendre. Cependan ^fille ne voudrait pas s’engager pour le mariage avec un -me qu’elle n’auroit pas éprouvé long-temps. Entre £eU ^j n fisont mariez l’adultere passe seulement pour un larcin- ,jjylles femmes qui sont en faute en payent l’amende fo° s Q ^ait d'autre déshonneur, II se trouve de certains hoij 1 ®*! oe jpuisons que l’on appelle Tftcats qui recherchent ses 1 tgarçons sous l’habit de fille & qui leur font des P r “ en jd faitles engager à venir dormir avec eux. Ils disent qu’ay 3 * 1 ^vœu de virginité dés leur jeunesse , ils ne veulent p° in .ter les femmes, & que s’ils recherchent la comp 2 !? 1 ? 1jeunes garçons ce n’eít dans la vûë d’aucune impudi clt f ' n » e flpour servir Dieu en vivant de cette sorte. La sodowse^ ^point en ufogeparmi cette nation , maïs les jeunes gÇ n j c) i-esclaves ne laissent pas d’y commettre fur l’impurete dmes abominables. Les Negres n’obfervent aucune foren fe mariant. Les Blancs ou Zaferamini, n’uscnt de cenies que le jour qu’ils se marient àleuriprincipale ^ ern ?.u 0 spi'cérémonies s’appellent Mirache'ibei, Us ont beaucoup d ^ netalité entre eux, s’assistent de vivres les uns les autres >refusent jamais à ranger à ceux qui leur en demanesen ,.j squ’ils en ont le moyen. S’ils mangent ils font part d e . c \’ 0 uront à tous les autres, & bien souvent ils ne gardent r ie ^ Jeeux. Cependant ils ont une execrable coûtume quise laisser entraîner aux folles superstitions de leurs Ofo j £ur jou Prêtres, qui conseillent aux peres de foire emporter .,enfons par un esclave dans des lieux éloignez de leur vde les mettre fous des haies ou de les exposer dans unoù ils meurent de faim & de soif aprés bien des cris ’£ e quidévorez par des singliers ou autres bêtes farouches. eI itoblige les peres d’exposer ainsi leurs enfons nouve 1 foenez > c’est que l’Ombiaíse trouve qu’ils sont venus au ^en un jour ou à une heure peu favorable. Les mois st 1 sé-reux font Mars & Avril. Le huitième jour & la àcrnj y £[V ,maine de chaque mois, aussi-bien que le Mercredy & *dredy de chaque semaine sont mis auffi au rang des j 01 ' çfoeheureux. D’autres peres plus humains fe contentent ^des F-alis fur leurs enfons, c’est-à-dire qu’ils les enfefose^so^qsun poulailler la moitié dujour , aprés avoir immole d*. j 0 -

& des bêtes pour leur ôter la malignité de l’ustre q uí gé-miné , persuadez que fous cette cérémonie ils ne 1113 foje,raient pas précisément un tel jour de commettre un Pjfo j sl tou de raire quelque brigandage. Si une esclave qui n Ç ‘ £ j|emariée accouche & que son maître n’en ait point de fo* ’.^ a ntva jetter son enfant dans la rivicre , ou l’enterre ton £ a

pour. n’avoir point l’embarras de le nourrir. Si une te e jj e £>r-beaucoup souffert dans fa grossesse ou en accouchant > v c j ia ntdonne qu’on étrangle son enfant, qui serait d’un fífi'

nature] puisqu’il a fait tant de mal à fo mère. II cn g a v cCme de la fille d’un Rohandrian , quand ayant commer foun Negre, comme elles l’ont toutes, elle cn déviés ,»jj e e {tElle sc fait avorter, ou foít mourir son enfont sitôt fo-accouchée, fur tout s'il est noir comme le pere ,ave_c , . p e rv eveux frisez. Outre cette abominable coûtume qui S -jyei 1

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dans le pays de Manghabei ainsi que dans toute l’U‘ e > ^ £a une autre aussi execrable, qui est que si une femiuen accouchant, on enterre l’enfont vif avec fa mere, ® aUqu’il vaut mieux qu’il meure, puisque celle qui amonde ne le peut nourrir. . ue fh r : 5

La Circoncision, qu’ils nomment VaUfiiu, se Pf 21 ^, r dín 2 ^cette Ifle avec beaucoup de solemnìté. On la ceseb rCrernent au mois de May, lorsque c’est l’année du fo

car ils comptent leurs années par les jours de la fo-

toutJes habitans d’A noffi & de Matatane. Tous ses aconcisent en tout temps. Le jour que la solemnite y. íC oO c " iS ’ie, tous les parens & alliez de Pensant qui doit être ^csíse rendent au village choisi pour cela. Les peres & c e ivfont apporter du vin , & donnent un bœuf pour cslfant. Les pauvres gens donnent un peu moins. L £S qii’d*s’y exercent avec leurs zagaies, au son d’un » fnt ’