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Tome II. [E - O.]
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la mer du Sud cn possede trente, & la mer du Nord soixante& dix, ce que l’on connoît par une séparation manifeste entreles eaux des deux, & par une certaine réciprocation des ma-rées. Dans cet espace de trente lieues, le Détroit est moinslarge, & tellement fermé d’un côté & d’autre de hautes mon-tagnes toujours couvetfes de neige, qu’il semble de loin queleurs sommets se touchent. Ainsi l’embouchure du Détroit nesçauroit être discernée sans peine par ceux qui y viennent del’Ouest. II est fort profond dans ce même espace, & la côte dechaque côté y est fort droite , de maniéré que les ancres y peu-vent difficilement tenir. Les Espagnols donnerent diversnoms aux lieux qui font entre le Détroit lorsque Magellan ledécouvrit. La plus grande partie de ces noms font abolis, ex-cepté ceux des deux Caps qui font fur l’une & fur l’autre mer.Celuy qui est fur celle du Nord à la droite quand on y entre,est appellé Cabode lasVirgmes , parce qu’il fut découvert le jourde sainte Ursule, & celuy qui s’avance dans la mer Australe,est nommé encore aujourd’huy cabo de (Ce Ado , c’est à-dire,Cap désiré.

Ferdinand Magellan ayant fait voile le 24. d’Août 1520.de la Baye saint Julien où il avoit hiverné, alla dans la rivierede sainte Croix, d’où étant parti dans le mois d’Qctobre , ilcourut le long de la côte vers le Sud, & ayant essuyé de rudestempêtes, & surmonté de grandes difficultez, il arriva enfinau Cap qu’i! nomma des Vierges. Là il vit premierement ungrand Canal qui entroit dans le Continent, il y envoya deuxnavires pour le découvrir. L’un ne rapporta rien de certain ,& l’autre donna beaucoup d’esperance que ce Détroit étoitouvert aux grands bâtimens. Ayant mis pied à terre, environà une lieuë de l’embo.uchûre du Détroit, il y trouva une petiteloge, & plusieurs sépulcres de Sauvages, les Naturels ayantaccoutumé de venir là l’Eté, & d’y enterrer leurs Morts,& de sc retirer l’hiver au dedans du pays. II y trouva aussiune grande balaìne & plusieurs os jetiez au rivage, ce qui luydonna lietuie croire que ces lieux étoient sujets à de fort gran-des tempêtes. Vers la fin d’Octobre, ils paflerent le Cap de S.Severin fur cinquante-deux degrez & cinquante-cinq scrupulesau Sud de la Ligne, & parce qu’iîs virent plusieurs feux lanuit dans le Continent, iis en appelkrent cette partie T erradclftitgo , & ayant franchi les étroits passàgeîPdu Détroit, ils arri-vèrent à la fin de Novembre dans la mer Australe. Magellanmourut peu aprés en ce voyage.

Garsias de Loyaîa entra dans le même Détroit au moisd’Avril 1525. & 1 c passa assez heureusement sur la fin de May.II y vit des Sauvages de fort grande taille, & les nommaCéans & Patagons. Alors la longueur, les étroits passages, lesdivers reculs, les ports & les rades de ce Détroit furent re-marquez plus exactement. Aprés avoir franchi les secondspassages, il trouva un port qu’il nomma saint George , & en-suite un autre qui fut appellé Porto ffio , à cause du grandfroid que luy & ses gens y endurèrent, dont plusieurs mou-rurent.

Simon de Alcazova fut le troisième entre les Espagnols quientreprit d'aller au même Détroit. II partit de l’ífle dc Co-rnera au commencement d’Octobre 1534. & prenant soncours droit & preíque íàns voir aucune terre, il arriva le 7.de janvier suivant à vingt-cinq lieues du Détroit, où il en-tra peu de temps aprés ; mais par la mutinerie de scs gens, ilfut contraint de retourner au Port des Lyons où il périt mal-heureusement.

Enfin trois navires envoyez en 1539. par l’Evêque de Plai-sance , partirent d’Espagne au mois d'Août, & virent le Dé-troit le zo.de Janvier 1540. L’un des trois le pasia heureuse-ment, & arriva à Arequipa. L’autre sut brisé , & le troisièmes’en retourna en Espagne sans rien frire, aprés qu’il eut hi-verné dans le Détroit même au Port de las Zonas , quifut appellé ainsi du grand nombre de Renards qu’ils yvirent.

Depuis ce temps jusqu’en 1578, personne, soit Espagnolou d’une autre.Nation, n’osa entreprendre de paffer de la merdu Sud dans celle du Nord, jusqu’a ce que le Chevalier Fran-çois Drac, Anglois, fort expert en la marine , étant partid’Angleterre avec peu de navires au commencement d'Avril1577. arriva au Brésil fur les trente-trois degrez au Sud de laLigne, & entra presque sur la fin de Juin au Port de S. Ju-lien , d’où ii fit voile le 17^ d’Août, & atteignit le Détroit deMagellan le 20. de ce même mois. Y étant entré, il trouvatrois Hies. qu’il nomma. lune sainte Elisabeth , l’autre saintBartbelemi , & l’autre saint George. II passa assez heureusement leDétroit au commencement de Septembre, & mouilla l’ancresous une Isle qui en ferme presque rembouchûre vers la mer J

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du Sud. Ayant envoyé fa chaloupe, il fit visiter soigneuse»^le Canal qui s’ouvre du côté du Nord, & rencontra dan s ’ 'faIsle un Canot de Sauvages fait d’écorce d’arbres, otd’une manière li industrieuse avec des courroyes de P?* reSlloups marins, qu’il y entroit fort peu d’eau par les j°. inCe Canot avoit les deux bouts recourbez en manier ^croissant. Ces Sauvages étoient de médiocre grande 0avoient le visage peint de rouge. II trouva dans la me® .une petite cabane faite de gazons & couverte de peaux j £Smaux, dans laquelle il y avoit du feu & de l’eau dans ^vaisseaux des mêmes écorces, de la chair de loups marinS ’moules & des provisions de même nature. Le 6. de Septe < (Cils entrerent dans la mer du Sud, où une si furieuse telD f f.les agita pendant cinquante jours qu’ils furent emporte 2 } ^que fur la hauteur de cinquante-scpt degrez de l’Elevatio ^Pôle Antarctique, & contraints par la violence des ve° ^regagner la grande mer.De-là, la même tempête les P°^ £ ]aque fur la hauteur de cinquante-cinq degrez vers sc,^ u ^ fere ntLigne, entre plusieurs Ifles, auprès deíquelles ils s’arrejuíqu’à ce qu’elle s’appaisât. Ces Isles qu’ils nommèrentbethides , font la partie de la terre Australe, que l’on; CI ? ní |sautrefois Continent, divisées par de si larges & de si P r0 jj s ycanaux , qu’il semble que ce soient autant de Golfes-rencontrèrent des Sauvages qui alloient de l’une à ì’autreleurs canots, & qui portoient leurs enfans couverts de p ^fur leur dos , tant hommes que femmes. Le vent étant demoins violent fur la fin d’Octobre, ils prirent leur routele Nord. A tl e-

Thomas Candish partit d’Angleterre pour la me me ^prise au mois de Juillet 1586. avec trois navires, jr p u rporté fur la fin de Decembre au Continent de l’Ameriq ftquarante degrez de la Ligne vers le Sud , il arriva dans un .j ^qu’il nomma Port désiré. En étant sorti le 6. de Janvier, ,, j|tra dans le Détroit de Magellan, où s’étant un peu a '? n u3 ’rrîprit un Espagnol qui restoitavec vingt-trois autres. | 5 p0 urcens que le Roy d’Espagne avoit envoyez en ce ^ eU ' *^j£rsy bâtir quelques villes. Le lendemain il pasia scs P re ^passages étroits, qu’il dit être à quatorze millesl’embouchûre du Détroit. De-là s’étant avancé di* „ £jufqu’aux Isles des Penguins, il tourna vers Je Sud-O uC ^ 0 j£visita Philippeville ou Ciudad del Rey Philippe» .p.été abandonnée depuis que Pedro Sarmiento, envoyé Jj“j vr eFrandsco de Toledo, Viceroy du Perou , pour P° 01Drac vers le Détroit de Magellan, l’avoit bâtie auprèsrade assez assurée, peu ti’années auparavant. Thomas ,y déterra quelques canons que les habitans avoient eN ^jc& párcc que la pltìpart des Espagnols que Sarmiento ylaissez, étoient morts de diverses incommoditcZ & ^4.

de faim, il nomma ce lieu Fort famine. 11 en fit voilede Janvier, & ayant passé le Cap le plus Austral de tounomma Cap Frauward , fur cinquante-quatre degrez d àgne, il mouilla l’ancre le 21. dans une Baye de fable ficôté droit du Détroit, & la nomma Elisabeth. A «scu a n tde-là est une riviere qui descend du Continent, °^ v / r entmonté environ trois milles avec leur chaloupe, ils tr0 £une fort belle plaine, & une contrée champêtre & v ^ J[} 3 1 ,deux cotez du rivage. De-là, ils entrerent dans J e u r ivi e 'nommé §. Jérôme par les Espagnols, à cinq lieues de lIf i

re, & le vent les ayant contraints de séjourner P re ^ jls

mois entier dans un certain Port, enfin le 24. de rey r , ’p a scpassèrent dans la mer du Sud. Le même Candish tacn-*., Afer une autre fois en 1591. mais il ne put en venir amourut dans ce voyage, _ , c }]0^

Le Chevalier Richard Hawkins entreprit la mew ^esen 1595. & ctant parti d’Angleterre au mois d’Av rí ’ p futqu’il eut visité la côte du Brésil & la riviere de la PI» “• a pp»'porté par le vent contraire à une terre inconnue, St *! a JÍremment étoit une partie du Continent Austral > 51 Uquelque terre continue, preíque fur cinquante » l1

Ligne vers le Sud. Ils coururent le long de cette ^ ^jjeNord-Est presque soixante lieues, & virent une 0 j t pafcontrée, où beaucoup de feux qu’ils apperçûrent » n5i Jlstout, leur firent connoître qu’il y avoit noftbred ha’ ^co°'nommèrent Point Tremontaine , le premier Cap ss ul ç a p vE svrirent de la mer. A douze ou quinze milles de cel’Est, i! y avoit une Iíle au devant de la terre-ferme. '

elle étoit d’un aspect sort vert, ils l’appellerent f * 1 tfaid 1 'c’est-à- dire Belle-Iste, & toute cette terre ^

Land. Le vent étant devenu favorable, il entra de-I» • ûaf>*ment dans le Détroit de Magellan qu’il passa, St r°la mer Australe méme par les Espagnols , aprés avo