564 MAI
le fond de l’eau. Sa longueur est de plus de six cens pas. Ontient c|ue Charlemagne y fit bâtir un Pont de bois, & qu ilfut brûlé peu de temps aprés, vers Pan 812. Le Palais du Princea deux grandes ailes & quelques tours autour d’une grandecour de forme orbiculaire. Ses grands fossez font remplis deseaux d’un petit ruisseau, qui descend du deííùs de la ville. Ontrouve avant qu’on y entre une grande place en laquelle onvoie le Palais des Alemans, & assez proche de-là est l’Eglise desaint Pierre, l’une des plus belles de Maience, où l’on encompte plus de soixante entre lesquelles on distingue celles desaint Jean, de saint Etienne , de sainte Marie, des Augustins,des Dominiquains, de saint Ignace afíèz prés du quay desser-vie par des Jésuites qui ont un fameux College au milieu dela ville, de sainte Agnès, des blanches Nones, & la vieilleEglise qu’ils appellent Zum alten Munjier. Outre le Fort de' saint Jacques dont on a déja parlé, il y en a deux autres,le Fortde saint Alben, & celuy qu’ils nomment le Fort élevé qui està un autre bout de la ville. Attila ruina Maience l’an 450.Merouée en chassa les Romains six ans aprés, ôcDagobert lafit rebâtir en 526. Saint Crefcent fut envoyé par saint Paul,pour y prêcher l’Evangile , & il a été le premier des seizeEvêques que l’on compte jusqu’au premier Archevêque deMaience qui fut saint Boniface. Le Pape Zacharie le pourveutde cette dignité en 745. lorsqu’il transféra à Maience le SiégéMétropolitain de Worms. Cette ville joiiissoit alors dc la li-berté , mais Arnoul de Zellenoven, Archevêque de Maience,ayant été maflàcré par la populace l'annzo.Sc traîné ensuite furdu fumier, l’Empereur Frideric luy ôta fes privilèges , fitabbatre fes murailles & punit rigoureusement les criminels.La plupart des habitans s’étant retirez à Francfort, son com-merce cessa presque entierement, & depuis ce temps-là, ellea été soumise à fes Archevêques. Son Université fut fondéeen 1482. par l’Archevêque Dietheric d’Ifenbourg. JeanGut-temberg, Inventeur de l’Imprimerie, dont il fit les premiersessais en 1440. étoic un Gentilhomme de Maience. Cette villeest d’ailleurs renommée pour le goût délicat de fes jambons.Wílligise, qui étant fils d’un Charron du bourg deSconingenen Saxe, s’éleva à la dignité de Chancelier des EmpereursOthon III. & Henry II. fut le premier Electeur de Maience.II étoit d’une telle humilité qu’il avoit fait peindre dans fachambre des roues de chariot avec ces mots écrits àl’entour,O Wdíigife , souviens-toy qui tu as été , qui tu es , & qm tu feras.Ses fuccesteurs pour rendre plus d’honneur a fa mémoire pri-rent ces roues pour leurs armes.
L’Electeur de Maience est le premier des trois ElecteursEcclésiastiques, & en qualité d’Archichancelier de l’Empirepour l’Alemagne , il est Doyen du College Electoral, & Gar-de des sceaux, des archives & de la Matricule de l’Empire. IIest Directeur des Assemblées generales & particulière# &tous les Députez avant qu’ils y puissent être admis > doivent felegitimer chez luy , afin d’examiner si leurs pouvoirs font enbonne forme, aprés quoy ils font reconnus & convoquez. LesMinistres Etrangers doivent auffi s’adresser à luy lors qu’ils ontquelque affaire à communiquer aux Etats, & c’est à luy qu’onprésentéJes Actes,Mémoires, Supplications & autres con-cernant les Etats de l’Empire. II en nomme le Vice-Chance-lier, qui luy prête le serment de fidélité , de même que tousles autres Officiers de la Cavalerie Impériale, St il a droit derevision furies Sentences de la Chambre Impériale qu’il peutvisiter. Les Etats qui dépendent de cet Electeur ne font pastous contigus les uns aux autres. Ils consistent en vingt-sixBailliages. Ceux gui composent proprement l’Archevêchéont la weteravie pCur bornes au Septentrion; l’Evêché deWartzbourg & les Comtez de Hohenloé, de Wertheim,St de Reineck à l’Orient ; la Suabe , le haut Comté deCatzenellebogen avec le Palatinat au Midy, & le mêmePalatinat Lt le bas Comté de Catzenellebogen à l’Occident.On divise ce pays en deux parties, & celle qui est le longdu Rhin est appellee le Rhingaw. Elle est fort peuplée &abondante en bons vins. La partie qui est vers la Fran-conse , s’érend le long du Mein , & comprend outre lesBailliages d’Hocet, de Steinheim & d’Afchaffembourg leComté de Koenigstein , & une partie de celuy de Reineck.Maience est la capitale dc l’Archevêché, qui a pour suffragansles Evêchez de Wurtzbourg. de Wormes, de Spire , d’Augfbourg , d’Eichstelt, de Strasbourg, de Constance, de Hildef-heim , de Paderborn & de Coire. Le Chapitre de Maienceest composé de vingt-qpatre Chanoines capitulaircs & de dix-huit domiciliez. Les dignitez font celles de Prévôt,de Doyen,de Custode, d’Ecolâtre ,de Chantre, St d’Archiprêtre. Ellesfont électives à l’exception de celle de Custode, dont 1 ’Eleç-
MA I
teur a la nomination. II jouit de plusieurs beaux ^ rolts ’ nnn yeme de gouverner pendant la vacance, de faire battreà son nom & de députer à la Diette. IlentientkDi r ^j 0-re malgré les prétentions des Electeurs de Treves, de tgne & de Saxe, & particulièrement du dernier,droit d’indiquer les Assemblées en qualité de grandde l’Empire , prétend que c’est à luy d’y proposer l es Í? j e /juíquand il n’v a point d Electeur de Maience. II y cUtde grandes contestations aprés la mort de l'Electeur ^Henry de Meternic-Bilstein qui arriva le z 6 . de Sep ^1678. mais le Député du Chapitre de Maience Uctripo j t étous les autres. U n’en est pas de même à l’égard àcElectorale. Comme elle est personnelle, le Chapk re n c ^‘ vJ .faire les fonctions. Ainsi quand lc siégé de Mai£ nCC sl ,cant à la mort de I’Empereur, aucun n’a droit de p or it
vocation du College Electoral, mais tous les Eseésep 0 }jobligez de se rendre à Francfort furie Mein dans trols v jl-à compter du jour qu’ils en ont eu la nouvelle. Les_aules de ce même Archevêché font Linger, Koenigst ein *Stenheim, & Afchaffembourg. „ af Je
Quant aux pays détachez qui dépendent de rEJ e Ç -jj c sMaience, ce font la Bergstrass, lc pays d’Eychfeld >.^ , eS at jostd’Erford,& deFritzlar. L’Empereur Othon I.se j e ] 3 uf'de la premiere à l’Eglisc de Maience , aprés la mortchard , Seigneur de Thuringe; & comme Guillaume ^ c0 „.parvint peu detempsaprésà cet Archevêché,il jouit p ar , f e $lentement de Ion pere de toute la Thuringe qu’il trapu®successeurs. Lardon d’Oppershofen, qui avoit été ^2 jjfe,Fulde , donna soixante & dix ans aprés en fief de se" & pà Louis le Barbu parent de l’Impératrice Giselse > •l’Empereur Conrad II. la partie de la Thuringe qu Jdoit depuis les sources d’Horfele jufqu’à la rivière ^ j s Jlí<L’an 1130.AI bert,Comte de Sarbourg,consentit que fo ^ jepetit fils de Louis le Barbu qui avoit épousé Hedwig e > ^l’Empereur Lotaire II. fut créé Landgrave de Thun^-Heíle,& enfinConrad de Witelpach ayant été battu par ^ ^'ilgrave Louis V. luy céda,comme biens allodiaux, tout mpofledoit dans la Thuringe,à la réservé d’Eríord,de fr& d’Amelbourg qu’il conserva ; de forte que cette cei 'tant trouvée confirmée par une longue possession, se® 0 jef> cvêques de Maience ont renoncé aux prétentions qu «s afur la Thuringe. L’Empereur Frideric II. donna- a .strassen 1232. à l’Archevêque Albert de Lorraine s q u y_ fitété Chancelier de l’Empereur Henry V. & Charles yj { .donation de Hocst furie Mein avec le péageàHeriry ^ j-f-nembourg pour le dédommager du derysmbremencvêehé de Prague, érigé en Archevêché par le Pape j s JsVI. & d’avoír renoncé au droit de couronner l es .JobBohême. Gerlac deNasiàu, pecit-fils del’Ernpere ur rjd»phe acheta la ville de Duderstad , d’Othon p af
l’an 1388. & fut confirme le premier Electeur de l’E^Fla Bulle d’or.Conrad Rhingrave, successeur de Jean 1acquit des Comtes d’Eppstein en 1424. la ville de SÇ C j-gjjseL’an 1559. Daniel Brendel de Hombourg rcunit a P-” jev' 0 'la plus grande partie du Comté de Reineck, qui luy ^g-plue par la mort de Philippe , Comte de Reineck , &il s'empara du Comté de Koenigstein aprés la mors , cr fî^'stophle , Comte de Stolberg, Prévôt de l’Eglife d'H a ^ -^ eí pJean Philippe de Sconborn rentra en poíïcffion destrassen 165 r. & de la ville d’Erfòrd en i<S<$p enTraitez dc Westphalie. * Jouvin de Rochefort, ’°J °Pajrs-Bas. Audiffret, Geogr. ternes. m
MAJENFELD ou Meyenfeld. Petite ville du P jGrisons avec un Château.* VoytT^ Meyenfeld. lylaí^ 'MAIENNE. Ville de France dans la Province du ^en Latin Meduana. On l’appelle ordinairement qtií
parce que c’étoit l’ancíen patrimoine du Seigneur J u £ jkvivoit sous le régné de Philippe Auguste. C’est <- c p r3 pCC<André du Chêne dans fes Antiquitez des villes de^.^ > líMaienne est située fur une pente fort torde qui vie nt vC jfc >rivière de çe même nom. II n’y a qu’une rue qui j ç ofí $ i
& quelques autres qui font peu considérables. Les L . £S< iJ* 1font astez mal bâties, & elle ne manque pas de f° nt . j s> j oi ntpont qu’on a fait fur la riviere long de dix à douze p Jela ville avec le fauxbourg de S. Martin. Elle a C P pucd eMarquisat & ensuite de Duché. Claude de Lorrai"
Guise étoit Marquis de Maienne. Le Roy Ch ar ^, r j e s >ce Marquisat en Duché l’an 1373. en faveur de C r 0 pfi' 5cond fils de Claude Duc dc Guise, aprés que Franç 01aîné eut été tué devant Orléans en 1563. £lJ
MAIENNE ou lit Maine, Riviere de France a PP
Id