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Tome II. [E - O.]
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508 MAI

Deftré le 8. de Decembre , d’où ctanc partis en Janvier 1616.ils virent premicrement les Iíles qu’on nomme Sebald , fur cin-quante & un degrez au Sud de la ligne, & fe trouvèrent enfui-te , à ce qu’ils conjecturaient vingt lieues ou environ au de-là du Détroit de Magellan. De-là en suivant le même cours,ìl leur parut que l’eau changeoit de couleur, & devenoit d'unvert pâle , ce qui étoitun indice qu’ils n’étoient pas loin de laterre. Ils la virent un peu aprés du côté de l’Oiicst 8c Sud-Oiìesl , & ensuite au Sud , n’en étant qu’à une licite. Toutela côte courait vers le Sud Sud-Est, & étoit de tous cotez en-vironnée de hautes montagnes couvertes de neige. Etant arri-vez au bout de cette côte vers le Sud-Eli, ils virent d’autresterres fort éloignées vers l’Est, qui n’étoient pas moins rele-vées en hautes montagnes. Entre ces deux terres couroit unDétroit, large environ de huit lieues, & ils y entrerent heu-reusement jugeant qu’on pouvoit palier par-là dans la mer Au-strale. Ils virent en cet endroit un nombre innombrable depenguinsà la côte, & une si grande quantité de baleines enmer qu’ils avoient peine à les eviter. Ee r;^ de Janvier ils ap-prochèrent de la terre du côté de l'Est. C’étoient de hautes 8crudes montagnes, droites & séparées. Comme ils ne la crurentpas terre ferme, ils la nommèrent f Isle des Etats, & donnerentle nom du Prince Maurice à la terre qui étoit de l’autrc côté.La côte de l’une & de l’autre terre étoit sablonneuse 8c le fondmoyennement droit, promettant un bon ancrage. II y avoirquantité d’oiseaux & de poislon, & ils y trouvèrent grandecommodité pour faire de l’eau , mais ils n’y virent aucuns ar-bres. Le vent souflanr du Nord, ils coururent vers le Sud-Oiiest, & ayant pris la hauteur à Midi, ils se trouvèrent avan-cez vers le Sud, de cinquante-cinq degrez & trente scrupulesde la ligne. Toute la terre qui étoit à uribord couroit depuisle cap qui s’avance dans le Détroit vers le Sud-Ouest, &étoit relevée de grandes montagnes. Le vent se tournant auSud-Ouest sur le soir, ils prirent leur cours au Sud & lesondes de la mer qui venoìent fort grofles du Sud-Oiiêst,leur faisant juger que cette mer étoit spacieuse & fort profon-de , ils virent en ce lieu-là des Goilans, espece d’oiseaux ma-rins presque auílî gros que des cignes, qui n’étant point ac-coutumez à voir des hommes, venoient librement dans lesnavires & s’y laiísoient prendre. Aprés avoir couru quelquesjours par un bon vent Sud-Est jufqu’au 29. ils virent ce jour-là deux Isles, qu’ils nommèrent Barneveld , ayant trouvé enles côtoyant que c’étoient plutôt des rochers que des Iíles.De là courant Nord-Ouest , ils virent le soir la terre quiferme le Détroit de Magellan vers le Sud & étend fa côtede ce côté-là, toute heriflee de montagnes couvertes de nei-ge, jusqu’au cap qu’ils appellerent de Horneíììt cinquante-feptdegrez & quarante-huit scrupules de la ligne vers le Sud. Là ,ayant trouvé un vent de Nord, ils mirent le cap à l’Qiiest,le courant les portant rapidement de ce côté-là. Le 31. ils cu-rent la hauteur de cinquante-huit degrez. Ils avoient déja àdos le cap de Home & ne voyoient plus de terre. Le vents’étant fait Oiíest , ils furent contraints de voguer ayant cin-quante-neuf degrez de la hauteur du Pôle du Sud, & enfinle 12. de Février ils jugèrent qu’ils étoient passez dans la merdu Sud, & prirent leur cours vers les Iíles de Juan Fernan-dez. Comme ils étoient les premiers qui eussent passé ce nou-veau Détroit, ils l’appellerent le Détroit le Maire.

Le bruit de ce nouveau Détroit découvert s’étant répandu,le Roy d’Espagne envoya deux Caravelles de Portugal en1618. pour le visiter plus exactement. Ils prirent leur routedroit vers le Détroit de Magellan, au Cap du Nord duquelétant parvenus > ils rencontrèrent une ouverture, large d’en-viron trois lieues dans son embouchure, qu’ils crurent entrerdans le Détroit même de Magellan. Ils nommèrent Cabo delEspiritu saniïo , le Cap de Sud de ce Détroit, Sc ils appelle-rent cette embouchûre, Entrada de fan Sébastian. Aprés avoirtrouvé plusieurs Bayes, ils arrivèrent au nouveau Détroit, &étant au dedans environ une lieue, ils mouillèrent l'ancre dansune Baye sablonneuse, où il y avoir une petite riviere d’uneeau bonne a boire, & ou la terre étoit couverte d’arbres. Pen-dant le séjour qu’ils y firent, quinze Sauvages vinrent à euxdu côte du Sud, ayant tout le corps peint de ronge, à l’excep-tion du visage. Leurs joues, ainsi que leur front,"étoient blan-chies d’une maniéré de craye. Ils étoient en partie nuds, &ceints en partie d’une peau de brebis teinte de rouge. Deuxd’entre eux , plus vieux que les autres, avoient d’autres peauxbrunâtres d’un poil fort doux, & la tête couverte de peaux deGoilans, où il ne restoit que le duvet, les grandes plumes enétant ôtées. Leurs armes étoient l’arc & les flèches, munies aubout de pierres aiguës, dont ils avoient aussi des couteaux*

M A I

Leur parure autour du cou consistoit en de fort belles C ç^j eiles de mer blanches, & ils avoient une ceinture de cuir. jq;reins. Ils ne vouloient ni des viandes ni de la boulon ^pagnols, & vivoient de certaines fleurs jaunes &un peu amere, qui croît-là par tout en abondance, ss ^assez dociles, & aidoient aux Etrangers à prendre d . et& du bois, jettant leurs armes à terre avant que “ a f’PL uV a'd’eux. De l’autre côté de la Baye, on voyoit d’autres j eges, qui demeuraient dans des cabanes fort basses, w 1 £)gazons & couvertes de roseaux. Etant partis de cetteils arrivèrent fur la hauteur de cinquante-six degrej & j stminutes, & déclinant insensiblement le 23. du rnel J? c DU iesils eurent celle de cinquante-trois degrez & quatre i f > j| 5en courant vers le Nord-Ouest, & tournant le Cap a] . ’ j] Svinrent à l’embouchure Australe du Détroit de Magel 2 ' £ .y entrerent le 25. & l’ayant passé heureusement, ils I erent dans la mer Atlantique. . ue la

On a connu par l’experience certaine des Hoflandois q ^terre Australe que Magellan avoir appellée Terra dd ^ ^ *qiiientrecoupée & divisée en plusieurs Isles par divers canal ^vont en partie tomber dans le Détroit de Magellan, p ar j ^rrla mer Australe. Cette terre est presque toute remplie <- ^

tagnes, entre lesquelles il y a de belles vallées A des Iverdoyantes qu’arrosent plusieurs torrens & ruisseau*- , ^ìices Isses, sont plusieurs Bayes & des Rades fort aílurl’on a commodité de fe fournir d’eau & de bois, & j e jade s’y lester de pierres. Les montagnes qui à les 1 gímer semblent rudes & infécondes, sont revêtues d ar j e u*le terroir où ils croissent cstleger & poudreux, 8c n a q 12011 trois pieds de profondeur. Ce ne sont que rochers A n r,res au dessous. Les naturels de ces Iíles sont blancs en ^ Jemais ils fe teignent le corps en différentes façons , ’ £5 ^ #rouge , & les autres de diverses couleurs. Ils son* a @ ra nd sbien composez, ayant les cheveux noirs qu’ils portent& épars, & les dents aiguës. Les hommes vont P roC f u ca ch £! 'mais les femmes couvrent de quelque cuir cequ’il faut u j|-Elles font peintes ainsi que les hommes , 8c ornées de . ples de mer tout auteur du cou. Quelquos-uns fe co 11 a Jedos & les épaules de peaux de loups marins, & 1 ] v îílc 1 ' tquoy s’étonncr qu’avec une si legere couverture us t s ce?supporter le froid excessif, qui régné en Hiver dans toIsles. Leurs cabanes sont faites de perches disposées 0& pointues par le haut en façon de tentes. Elles s otlC , Jetf*vertes pour donner paslàge à la fumée , creusées pirpieds de profondeur par dedans, & environnées de te c(7 r-dehors. Ils n’ont aucuns meubles , si ce n’est qu e ^ tS> Pbeilles faites de jonc , dans lesquelles ils serrent leurs 1 j e oíSfçavent aussi faire des cordes, aulquelles ils attachehameçons, & avec de l’appât de moules , ils P renneí V eS fo fltde poisson qu’ils cn ont besoin pour vivre. Leurs 21 je?l’arc 8c les flèches munies proprement de pierres al a u jc, , fdards longs 8c qui ont au bout des os pointus & d ente jp u gs ^qu’ils tiennent plus fortement dans la chair, des x Jebois, des frondes pour jetter des pierres, & des coUt aI incS *pierre fort tranchans. Ils marchent toujours avec c0S uva geS’cause des guerres cruelles qu’ils ont avec d’autres -> 2 ^ps Pqui habitent plus vers le Levant 8c quife peignent lenoir, comme ceux-cy de rouge. Leurs canots son £ ,ff( i# 5corces d’arbres, cousues proprement ensemble, '' cC jó e -avec des cercles de fer disposez à travers la quille- j Psont aussi cou verts d’écorces, & liez d’une rnar7 , ier f: n air e ^tient fort fermes. La longueur de ces canots est d ° rdix, de douze 8c de seize pieds, 8c la largeur envir° n ^ f,FIls portent communément sept ou huit hommes ss 11•aller fort vite avec leurs rames. Cette nation est ^ntIls vivent de chair crue, même de celle d’homme & ae3 nt ^cune forme de religion. Ils sont d’un naturel eh- rméchant,8c quoy qu’ils fassent d’abord bonne mine a ^ a ^cr £Í 'gérs , ils tâchent toujours de les surprendre pour* Laët. liv. 13. chap. n. 12. & 14. „ s , f

MAIRE. Riviere qui naît dans le pays des Dr on£ s àfLatin Macra & Merula. Elle a fa source aux rn ° nr ^ f IBregell, d’où elle se va rendre dans le Lac de G av£n std’avoir reçu les eaux de la Lyre. * Davity > PdJ* j n0 m j e11 y a selon Maty une autre riviere > qui po fte pj 0 llafl < jfMa’re. II dit dans son Dictionnaire imprimé tJ" 2 *' 0 -!l’an 1701. .qu’elle tire fa source des Alpes, 8c q u e u <jyla vallée de Maire, partie du Marquisat de saluées, Qr yajoûte qu’elle arrose Saviglan, & qu’aprés avoir reÇ , qu £ ‘'na 8c passé à Rocognini, elle fe va rendre dans le 1 ’ques lieues au dessus de Carignan,