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Tome II. [E - O.]
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un P eu riches, une grande piece de toile de coton ou deP e qui leur descend jufqu’à la cheville des pieds, ce qu’ilspjîS^nt d’un mouchoir quarté, brodé d’or ôc de soye, qu’ilsí C ^ c e n trois pointes. Ils retendent fur les reins & íe joignentJj* r ^ ev _ant, à quoy ils ajoutent pour un plus grand ornementne petite piece de íbye de differentes couleurs, claire comj. e Un crêpe. Elle est courte & ne leur va que jufqu’au mì-3 de$ cuidés. Apres tout cela, ils se ceignent d’une grande^ nt Ure de soye, où il y a de belles franges, & laissent pen-de k S bouts sor le devant. Dans cette ceinture qui leur sert. ovutse, ilz mettent leur argent & leur bétel du côté gau-f c> & Passent leur couteau sur le côté droit, cc qu’ils croyent,u p ouvrable. Ainsi il n’y a personne qui n’en porte, jusquesmême. Ces couteaux sont fort bienfaits & d’un acierêo , t* Ceux qui sont plus riches que les autres en portentAiík rnanc h e & la gaine sont entierement d’argent façonné,la] o?ut d’cnhaut de la gaine, il y a une boucle du même mé-}■ ’l où pend une petite chaîne, à laquelle ils attachent tin cu-un cure-oreille 8c d’autres petits instrumens. Ceuxd’u \ en . tutoient avoir d’un si haut prix, portent la gaiqettai r S ouvragé, & le manche d’un os de poisson. Ces cou-dât l sont îêur unique défense, parce qu’il n’y a que les Sol-^ îksOfsiciers duRoy à qui il soit permis d’avoir d’autres^•Ccux-là d’ordinaire ont à leur côté un poignard ondé ,jou S ?,PP e ,h c C ris , Sc quand ils vont par les rues. ils ont toû-tn 1 ,S êpóe nue ou un javelot en une main, avec la rondache^ autre. Ce qu’ils affectent le plus, c’est de porter autours 0n x à la ceinture plusieurs chaînes d’argent. 11 n’y a per-fillè 1 ' n cn veuille avoir, homme ou femme , garçon ouj,} * plus ou moins, à proportion de fa qualité & de sesde(T S ‘ ^ es gM* Seigneurs & les Etrangers les portent parse c Us kurs toiles ,les autres les tiennent cachées par dessous,<j tt ° nte ntant du plaisir de les faire voir en particulier. Le reste]- é Co ss>s, depuis la ceinture jusqu’en haut, demeure nud àse c ^ às gens du commun. Toutefois les jours de Fête, ils t5Ve 0 *j Vre nt de casaques de coton ou de soye qui s’atrachent'ìui ^ es doutons de cuivre doré, n’y ayant que le Roy seulinfo Cn porter d’or. Les manches viennent seulementkre r S au coude , pour leur laisser le mouvement du bras li-cj e * bes extrêwiitez de ces casaques qui sont de toutes sortesH leî . t 0uJcur s, sont bordées de blanc & de bleu. Avec cela, ilsdes caleçons de couleur, fort étroits, & qui s’attachentp îr ’ P ar le bas avec des boutons dorez. II y en a beaucoups ítlJ } eux. qui aux jours de Fêtes s’aecommodent autrement,s Ur ,e servir de casaques. Ils broyent du sandal & du camfreo U çl es pierres fort licées qu’on apporte de la terre-ferme, &ê e autres sortes de Bois odoriferans. Us mêlent cela avecc 0Uv ^ fleurs distillées, 8c en font une pâte , dont ils scaj 0 ^ rcnt tout le corps, depuis la ceinture jusqu’en haut, ycolj e ant avcc se doigt diverses figures à leur fantaisie. Us yOcl ea nc ^quefois des plus belles fleurs 8c de la meilleureseojç stu'ik peuvent trouver. 11 est vray qu’ils n’oscnt sc prè-le .jp à cette sorte, ni devant le Roy ni dans son Palais. Tout

iìs m A^elqu'un d’une qualité superieure les vient visiter, ils

sojj. ?Pse va nud-pieds, & le plus souvent nud jambes. Dans

qviails ont une maniéré de sandales faites de bois, &ìyislqu

jasent 8c demeurent nud-piedson j s semmes sont environnées d’une grande toile de cotondç SD j L>ye de couleur depuis la ceinture juíqu a la chevillec °se>n P > & par dessus elles mettent une robe de tafetas ou depi eds sertlegcre, mais fort longue qui leur descend jusqu’auxPeu ’ bes bords en sont bleus & blancs. Cette robe est unre *. TÌ lVerte b» le cou, & fermée avec deux petits boutons do-Ouy e ; yen a autant à la gorge par devant, fans qu’elle soitsctç r \ C . Pse? avant fur le sein, de sorte que voulant donner àsa ns a seurs enfans, elles sont obligées de lever leur robe ,tjUj ]' e 0l,r tant laisser voir rien d’indecent, à c^ufe de la toileJets sert de cotte. Leurs bras sont chargez de gros braslê-tes J 1 *™, quelquefois depuis le poignet jusques au coude,gent J^^^riches les portent mêlez d’airain, les autres d’ar-ten c t ,hr , enforte qu’il s’en trouve quelques-unes qui por-dn °« &quatre livres d’argent fur leurs bras. Tout autourtie s d’ 1 1 ce si° nt semmes de qualité, elles ont plusieurs chaî-** > où elles enfilent des pieces d’or monnoyé, qui leuril jgy nc ^'Arabie, ou d’autres lieux de la terre-ferme j maisrtierçj * auc P our cela une permission expresse du Roy. Lesbas âg P Crcent ses oreilles de leurs filles quand elles sont endu C ”L n °n seulement au gras de l’oreille, mais tout le longsets d c 1 a ^ e en Plusieurs endroits, & elles y tiennent des fi-el!^ p roton pour entretenir les trous, afin d’y mettre, quandnt § r andes, de petits clous dorez, jufqu’au nombre de

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vîngt-quatre pour les deux oreilles. La tête du clou est d’or-dinaire d’une pierre précieuse ou d’une perse, & outre cela,il y a encore au gras de l’oreille un pendant façonné à leur ma-niéré. Quand elles vont par la rue, elles ont un voile fur htête, mais elles l’ôtent en entrant chez les Princesses, ou chezdes personnes d’un rang élevé, non pas toutefois devant leshommes ni même devant le Roy. Il n’y a que les Reines & lesgrandes Dames qui puissent mettre des anneaux au doigtvoisin du pouce. Toutes les femmes en peuvent porter audoigt du milieu Sc aux deux autres avec permission, & leshommes feulement au pouce. Les Etrangers 8c leurs femmespeuvent s’habiller comme il leur plaît, &c porter toutes sortesd’ornemens. Une des beautez de ce pays-là pour les semmes.c’esl de sc rougir les pieds Sc les ongles des mains, ce qu’ellesfont avec le jus & le suc d’un certain arbre. L’air s’y trouvefort intemperé Sc la chaleur excessive. Le jour Sc la nuit nelaissent pas d’y être égaux en tout temps. Les nuits sont fortfraîches 8c amenent beaucoup de roíee. Cette fraîcheur estcause que les herbes Sc les arbres y foisonnent malgré l’ar-deur du Soleil. L’Hiver y commence au mois d’Avril, &l’Etéau mois d’Octobre. L’Hiver est Gins gelée, mais avecdes pluyes continuelles. Les vents sont alors sort impétueux ducôte de l’Oiiest. Ils sont du côté de l’Est pendant l’Eté , quiest extrêmement chaud, 8c toujours íàns pluye.

L’Ifle principale des Maldives s’appelle Maie, 8c donne lenom à toutes les autres,le motdeDim signifiant un nombre depetiteslsles amasséesjlne se trouve de villes closes dans aucune,mais les maisons y sont distinguées avec assez d’ordre par rues8c par quartiers. Celles du commun sont de bois de cocosqu’ils coupent du tronc de l’arbre. On les couvre des feuil-les de ce même arbre cousues en double les unes dans les au-tres. Les Seigneurs font bâtir les murs d’une pierre que l’ontire de la mer de dessous les baises 8c les bancs, où l’on en trou-ve de longues 8c de grosses en tres-grande quantité. Commeces Insulaires sont fort adroits à la nage, & qu’ils vont sou-vent au fond de la mer à quinze ou vingt brasses d’eau, y de-meurant fort long-temps pour attacher leur cable à ces pierres,ils viennent aisément à bout de les tirer. Pour la chaux ils hfont décaisses 8c de coquilles qu’on trouve au bord de la mer,ce qui lie fort bien les bâtimens. Us se fervent de deux Lan-gues dans ces Iíles. La premiere est particulière aux Maldi-ves 8c fort ample. La seconde est l’Arabique qu’ils estimentfort 8c dans laquelle ils font leurs prières.

Leur Religion est celle de Mahomet. Leurs Temples qu’ilsnomment Mefquites , sont fort bien bâtis, de belle pierre tailléeLc fort bien jointe. Ils sont quartez 8c tournez vers l'Occident,parce qu’ils disent que c’est le côté du sépulcre de Mahomet àleur égard. U y a trois portes. Al’entrée de chacune, par de-hors est un large puits où l’on descend par des degrez, 8c dontle fond 8c les cotez sont garnis de pierres plates, bien polies,pour servir à se laver. De là julque dans la porte.il y a un rangde pavé de la même pierre,atìn que l’on ne sc gâte pas quand ons’est lavé. Tout le reste de l’enclos n’est que fable , 8c leur sertde cimetière, où ils enterrent leurs Morts, c’est à dire, unepartie, car ils choisissent leur sépulture où il leur plaît, 8c cha-cun en veut avoir une en particulier. Le Temple est élevé dehuit ou neuf marches qu’il faut monter. Le bas du pavé audedans est couvert de tapis 8c de belles nattes. On n’ofcroit ycracher ni s’y moucher, S’ils en ont envie ils vont fur le pas dela porte & crachent dehors. Le comble du Temple est fait debois, 8c on ne peut l ien voir de mieux travaillé. Les muraillessont revêtues de bois menuisé, 8c le tout, tant la charpenteriedu dessus que la menuiserie Au dedans > est assemblé fans che-villes 8c fans clous, Lc tient néanmoins si ferme qu’il est im-possible de ledefassemblerà moins qu’on n’en sçache I'artifice.En divers endroits des murailles font attachez de grands ta-bleaux de bois ou de pierre où sont gravez des lettres Arabes.Chacun selon son ordre 8c son âge a sa place marquée dans cesTemples, où l’on tient continuellement plusieurs lampes allu-mées. 11 y a des Isles qui ont neuf ou dix Mesquites, maisonne célébré jamais leur fête qu’en une qui est plus grande quetoutes les autres, de sorte que celles-cy ne sont que comme deschapelles fondées par la dévotion des particuliers pour y fairedes prières. La principale où se fait la fête est bâtie aux dépensdu commun, 8c cette fête ne sc célébré point en une Isles’il n’y a quarante personnes âgées de plus de quinze ans, fansy comprendre le Calibe ou Curé , parce que si ce nombre nes’y trouve pas, il n’y a point de Calibe pour faire la cérémo-nie , ce qui oblige les habitans d’aller efl une autre Isle voi-sine. Us ne laissent pas d’avoir dans la leur une ou plusieursMeíquites, où tous les jours ils vont faire leurs prières. C ha-