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Tome II. [E - O.]
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MAL

M A L

que Mesquite a son Prêtre appelle Mo«din cjuí en píend lerevenu , 8c en a le soin comme un Chapelain de sa Chapelle.Les Calibes ou Curez font les prières publiques , dans lesIfles où il y a un nombre suffisant de peuple. Ils font les Ser-inons ôcles Exhortations, 8e ont les Moudins fous eux. Cha-que jour de la semaine, tous les hommes de ces Ides depuisla^e de quinze ans, vont à leurs Mesquices dés le point dujour ,• persuadez que le monde eíl plat 8c non pas rond ; quetout à l’entour il y aune muraille de cuivre, qui empêcheq'i'il ne soit submergé des eaux qui l’environnent ; que lediable ennemi du genre humain , est auprès toute la nuit pourminer cette muraille, 8c qu’il s’en faut peu qu’elle ne soittrouée lorsque le jòur commence à paraître. C'est pour em-pêcher que le diable ne la perce enderementqu’ils Croyentde-voir se mettre en prieras. Ils entrent encore quatre autres foisdans leurs Temples, à midy,àtrois heures, au soleil cou-chant , 8c à dix heures du soir, 8c ils y demeurent chaque foisTeípace d’une demi-heure. Les femmes font leurs prières dansleurs nuisons fansqu’on les admette au Temple. Les hom-mes avant que d’y entrer se lavent les pieds, les mains, lesoreilles, la bouche 8c les yeux, faisant diverses prières, selonles occasions pour lesquelles ils se lavent. S’ils ont eu com-merce avec quelque femme, ils sont obligez de se laver toutle corps 8c font les prières différantes fur quantité d’autreschoses , de sorte que les faisant à voix haute , 8c se lavant plu-sieurs ensemble à la vûë détour, le monde . ils font connaîtresout cequ’ils voudraient qui fut caché , tant ils font scrupu-leux sur ces sortes de cérémonies, par le moyen deíquellesils croyentse purifier de leurs pcchez. Ils sont tous circon-cis. Les enfans mâles le font à sept ans, 8c alors or) fait desfestins qui durent dix jours. Cette circoncision se fait dansune loge que chacun fait construire exprès dans la cour de famaison. Ils l'environnent de toiles ou d’étoffes de foye , Sccouvrent le bas dc la terre avec du fable blanc & menu. Onmene l’enfant dans cette loge âpres savoir fait baigner au-p.-.ravant dans la mer, pour rendre fa peau plus tendra & plusmolle. Deux ou trois Moudins le tiennent chantant des ver-sets propres pour cette cérémonie. L’Operateur prenant unpeu de chaux blanche détrempée , marque fendrait où ildoit faire l’incision, & tirant le plus qu’il peut la peau du pré-puce , il la lie d’une petite corde , & fait ensuite l’opcrationavec un rasoir bien asile. Ils disent qu’avant qu’un enfant soitcirconcis il ne peut pecher. Ainsi la plupart juíqu'à cet âgevont tout nuds fans rien cacher, fur ce principe que celuyqui ne peche point, ne fçauroit avoir de honte, mais depuisla circoncision ils ne manquent plus à íè couvrir. On ne faitaucune fête pour circoncire les filles. Seulement on leur tiredeux ou trois goûtes de sang du lieu marqué pour cette opé-ration sitôt qu’elles ont atteint l’âge de deux ans. On folem-nisc le Vendredy de chaque semaine ,& cette fête est appel-lée Oucourou. Tous les hommes 8c les garçons âgez de quinzeans s’y trouvent, mais les femmes ni les enfans n y vont point.Le matin , celuy qui a la charge de Lire des cris publics,Lit le tour de Tisse portant une maniera de cloche de fonteappellée Coît laquelle ressemble au couvert d’un alembic. 11porte aulll un maillet de bois dont il bat fa cloche , & s’ar-rête à chaque carrefour pour avertir tous ceux qui le voyentqu’il est leur fête O tcoumt. 11 est assisté de trois personnes te-nant des trompettes toutes droites qui sonnent dans le mêmetemps. Chacun cesse son travail , Sc prend ses plus beaux ha-bits. Les Moudins de leur côté vont avertir le Calibc quis'ha bille d’un long vêtement cse toile blanche, & met pardessus comme une íaye ou robe de ioye avet des pantouflesde cuir doré. 11 sort de chez luy fur le mi Jy ayant la tête voi-lée d’un voile blanc par dessus un gros turban à la Turque quile couvre entierement.Comme il ne voit pas, un des Moudinsle tient par la main & le mene à la Mesquite où il arrive lorsque tout le monde efl assemblé. 11 se place au bout du Tem-ple > 8c monte sur un lieu fait exprès de bois, & haut de sixou sept marches. Là, tenant une épée nue à la main, la pointeen bas > 8c la remuant quelquefois de côté 8c d’autre , il récitéles prières de <;e jour, qu’il change tous les Vendredis jusqu’âJa sin de Tannée. Les aflìrtans fe mettent en différantes poíìu-res. On les voit assis, debout, à genoux , le fronteontre terre,les mains haufïées & baissées, ensuite croisées, & tournantla tête & les yeux en divers endroits. Alors ils posent leursarmes bas 8c leurs couteaux même, fans oser avoir fur euxque leurs habits. service dure environ deux heures. Ilsfont une pareille fête dans tous les mois de Tannée les joursde la nouvelle Lune, & fe réjouissent quand ils Tont vùë. Usncttoyentleuis maisons, leurs cours & toutes les rues, & à

I l’entrée des Mcsqnites, & à toutes les portes de JeurS 1°§^; dehors 8c dedans, ils mettent aux deux cotez des coquststcocos coupées par la moitié , qu’ils emplissent de fabse ,,avec de la braise au dessus, ne cessant presque toute la nul _faire brûler des gommes aromatiques , des bois odorstc^^& des parfums, ce qu’ils font de même au dedans demaison aux coins des lits 8c ailleurs. . - en t

Au mois de Decembre ou environ les Maldivois ob! m,un jeune, appelle en Arabe RamecUn , & en leur Langue K ^11 commence à la nouvelle Lune, & finit à la nouvellesuivante. La nuit qu’ils Tont apperçúë, les hommes & (

mes, chacun séparément, se vont visiter, 8c se réjoui»^.! ^dts feflins 8c des danses. Avant que le jour paroisse >baignent tous, fe nettoyent & lavent les dents, quitte 0 ^tbétel & se vont coucher, persuadez que par cette difl’9 1 ofiCau jeûne qu’ils vont commencer, tous les pechez qu 1faits si^nt effacez. Ils jeûnent ensuite tant que les J 011 esont longues jufqu’à la nuit avec une telle superstition -non seulement ils s’abstiennent de goûter d’aucune chose, ,que même ils n’olênt laver leur bouche ni avaler leur iace qui les Contraint souvent de cracher & leur est fort r Q[ .mode, fur tout quand ils font au Temple, où il faut qu 15 ^

tent pour cela à tous momens fur la porte. Les hommes 1^vent fe baigner » pourvû qu’ils ne plongent pas la tete gl’eau , de peur qu’il n’en entre quelques goûtes dans L boou dans les oreilles. Ils se trouvent tous dans leurs Melsslorsque le Soleil se couche, & en même temps ils se ^ vC ? ç 0 \acurent les dents, 8c se nettoyent la bouche avec un gra". ^demi-heure durant, par le moyen des curedenrs, racloautres petits outils de bois de cocos, dont les Mo u dW s rsfournissent de gros paquets le long du Carême. Apres . $prieras, ils vont faire bonne chere avec k urs amis, seles uns les autres, chacun à son tour. Aussi dépensent' 1 ,? L,pendant ce seul mois de jeûne, qu’ils ne font pendant >j £STres. Les femmes ne vont point à ces festins ; mais la nu ç (s’envoyent réciproquement des viandes 8c des presens ’^esbaignent toutes le soir, ce qu’ií n’est pas permis aux no ^de faire pendant ce temps là. Quoy qu’il ne leur fo lC P a j £sl tfendu de travailler dans ce temps de jeûne, ils ne v £ jetous rien faire quelque pauvreté qu’ils ayent $ #

temps qui leur reste après la priera, à l’exercice des arà divers jeux, comme à la balle 8c à la pelotte. II n’est? ^ jamis de fe marier de jour en ce mois-là, il faut attl:I L £ Anuit. Trois jours avant que le Ramedan finiíïè , se c ‘° vert jrles trompettes se fonr entendre par toute la ville, p° ur a 0 qlítous ceux des Isles qu’iî faut qu ils viennent apporter ouenvoyeur leurs noms par écrit, tan?grands que f""- ' c e

mes, femmes, filles & garçons, ann d’ëtre enreg::’]a-qui s’execute en donnant pour chaque personne un o e v3 .rin , qui peut valoir quatre fols de nôtre monnaye, oL1 _leur en marchandise; Ils fournissent ce demi serin ave** ^tant moins de répugnance, qu’ils croyent que fan* , jisjeûne ne serait d’aucun effet. Quand le temps en est P a ’ Jefont une grande Fête , qui s’appeile Ydu. Ils se leventgrand matin , & fe parent des plus beaux habits qu "possible d’avoir.Ces habits font faits exprès,8cils ne s en cli-que ce jour-là & les deux snivans que dure 1a Fete > {jjíservant avec soin, asm qu’ils soient mis après leur M ^leur cercueil. On fe trouve au Temple sur les k ulC t jj S , F cmatin, 8c non pas à midy comme on fait les Vendre ^ tfC $Service dure environ une heure 8c demie moins qu auFêtes. j c 0 oj 5

II y en a une tres-solcmnelle que l’on célébré Y er rT n mo lSd’Octobre. Elle s’appelle Mmlode , & fe fait se n ult * j^oi 11 ?avant qu’elle arrive,on élit des Officiers au nombre a fycde cinquante, qui pourvoyeur à tou> Cc font genspjlfa^qui ont Foin daller recueillir dans les maisons ce q ^ faitque chacun fournisse pour la dépense de la Fête. L rti^’aux quatre coins dc l’Ifle où chacun s’assemble en 1011 ^

8c il s’en fait une generale de tout le peuple presque a n Jedevant la porte du Temple le plus remarquable. E n c p 0 jxan t6ces endroits on fait dresser une maison de bois, d c ^ pjiij'pas de long fur quarante de large. La couverture est ^ -

les de cocos, 8c il faut que le bois qui la compose n À\e

servi 8c ne serve plus ensuite. On couvre le bas de ia

8c menu de i'épaisseur de demi-pied. Cette maifo* 1 P a j e f0 i\'est tendue d’une riche tapisserie de coton ou dÇ *°Y C jj s été* 1 'tes couleurs. Au destus, pour tenir lieu de plasen - g n) &dent des pieces de toile de coton fort blanc & 10 j tl (S C(1pour les soûtenir, ils tendent des cordons de cot° n >noir de côté 8c d’autre. en quarté 8c en biais, h P ro t