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Tome II. [E - O.]
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^ I e ùlanc quî est au deflus, paroît distingué en petits quar-JjI . en lozanges qui font de pareille proportion. Sur le sa-où If 1 C0Uvre ^ terre, sont étendues de belles nattes neuves >Clli ctlac un s’aííìîd. On attache de tous cotez des lampes den u *£. r 'p* Chaque lampe est grande &a douze mèches, de forte<fess* P re ^l ue aussi clair qu'en plein jour. Ils font avecj| ° u pitaux force parfums odoriferans ; le feu est dehors, Sc(j es y 4 stUe la fumée & l’odeur qui entrent dedans. Ils ont auísin «c st” aUx P ar où ils font conduire de l’eau qui leur est fortf r />e, parcc qu’ils se lavent souvent la bouche pour se ra-te j C .> aprés avoir mâché du bétel, ce qu’ils continuent tou-te Ur 3 UÌt * milieu de cette salle, il y a une table de la hau-

, "enouil. On y arrange en de petits paniers Sc en des* lacrez & vernissez, diverses sortes de mets, faits de farineg ro ris avec du sucre de cocos, pareils à de petits macarons■p s Cor nme le pouce, avec toutes sortes de fruits du pays.à l‘ e t E couvert de belles fleurs qui sentent fort bon , & toutcip ?^ur sont des pots pleins de liqueurs mixtionnées, prin-cl> aeiïle nt d’ambre & de musc, le tout couvert par deflusfe r> E ^ ran ùe toile de coton ouvrée & diversifiée de couleurs.fçP^Ple se pare le mieux qu’il peut pour cette Fête. où lessoif es ne vont point. On s’assemble fur les huit heures duH ' cn mémoire de la nuit ou le Prophète Mahomet est«w i ^acun est astis en ordre, selon les rangs qu’ont mar-lesj s Officiers de la Fête. Les Catibes, lesMoudins &te rtl ' J î res gens d’Eglisc employeur toute la nuit à chanter al-se nt atlve ment de toutes leurs forces,par forme de chœur.Ils di-(Yj l^e ce sont les Pscaumes de David qu’ils chantent,ìw ^ minuit approche, tout le monde se couche tout ducettç r ^ onne ùu front en terre, demeurant quelque temps dep. °rte, aprés quoy les Catibes s’étant levez , tous aptes°is ' C ratent à sauter les uns fur les autres, criant plusieurste^ 4 " a ute voix Ali Alas Mabimedin, ce qui dure quelquef ' P en( Lnt lequel ils prétendent avoir été ravis en extase,ta. e souvenir d’avoir dansé ni sauté. Ils donnent de tempsaflj s ^Ps pendant cette nuit à toutes sortes de gens qui sonttl’iju en Lur rang, un plat de bétel & d’areca, qui est tailléll s i ®mre maniéré que celuy qu’on mâche ordinairement.«U Plu '° n ? cn£ jusqu a douze plats à chaque personne, autanttjifj Us Petit qu’au plus grand. Ils portent de même à tous ceuxccw^nt boire , des breuvages à leur mode dans de grandesc °Uv S ^ cuivre fort beau & tres-bien- ouvragé avec leur& à toute heure dans les mêmes coupes, on leuríin s ^ l’eau pour laver la bouche & les mains, avec des baf-d'ç ’ en s Qr te qu’ils ne laiflent jamais tomber une feule gouttece s y bas. Ils sont tous disposez par rangs, & il y a des pla-lin es pour passer des unes aux autres. Les chants finissentdi savant q Ue le jour paroiflè, 8e les Catibes & les Mou-oùp 0tlc ^ es prières. Ils vont ensuite au milieu de la maisonlent ^ a qu’une table étoìt dressée. Ils la découvrent, mê-t}Hjensemble, & en distribuent un plat à chaque AssistanttjU’ii * a it un grand état,8equi l’emporte chez luy pour marqueítì lt j a et é de la Fête. Ils prennent de même les liqueurs aro-tttit qUes< ì u i font au même endroit dans des vases, & en jet-sen s a ^c leurs mains fur le corps de tous ceux qui sont pre-de p* reçoivent cette aspersion comme une bénédictionC efficace. Aprés cela, ils se mettent neuf ou dix en-ltU r e '«us en rond, selon Tordre qui leur est marqué, & onPltssie orte a manger dans de grands plats qui en contiennentjni'jç autres petits, où il y a divers mets que Ton met auils f 0 ® eux. II faut trois hommes pour porter ces plats, tantfitii e P e sims, & quand ils ont achevé de manger, la Fête est

gouvernement de TEtat des Maldives est Royal, fortAttoli ^ ^rt ancien. Comme ces Istes sont divisées en treizeUUjll °? s ' ou en a fait autant de Provinces, en chacune des-foot «y 3 un Chef qu’ils appellent N ajbe. Ces Naybes quiítruA; octeurs de leur Loy, ont Pœil à tout ce qui est de Tin-tolO ^ Toupie & à Texercice de la Justice. Chaque At-cotiffg ^utient plusieurs Istes, Sc dans chacune. s’ií s’y ren-Ut tbe j )Us .de quarante hommes, il y a un Docteur, appelleSi q u J stui a sous luy les Prêtres particuliers des Mesquites.tr °UvcT Un trouve ùiefle 8í a des plaintes à faire, il vaC * v Ùqu ^ a yùe qui est le seul Juge du Pays, tant pour lefois K, C P°ur le criminel. Ce Naybe fait ses visites quatrePou r i/'oee dans toutes les Istes de son Gouvernement, soitV ar . Religion fur les'

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les Prêtres, soit pour la Justice, ce quisteiir^orte un grand revenu. II y a fur ces Naybes un Supe-Pandiare. II demeure en l’Iste de Malé, & non^ais U ^ Chef de la Religi^i par tout le Royaume,e austì j U g e souverain, Àimì quand on a plaidé de-Pome u.

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vantleNiybe, si on ne veut pas obéir à íà Sentence, on ap-pelle pardevant le Pandiare, qui décide toutes les affaires quíse presentent, en prenant lavis de quatre ou cinq personnestout au moins, qui sont Naybes, Catibes ou Moucouvis j c’est-à-dire Docteurs & Sçavans. Ces derniers, quoy qu’ils nesoient pas Officiers, sont sort honorez de tout le monde. Ussoavent TAlcoran entier par cœur , Sc on les invite íolemncl-lement à toutes les Fêtes, Sermons & cérémonies. Ils sont enfort petit nombre, Sc il n’y en a pas quinze en toutes les Isles,Quelques-uns, aprés le Jugement du Pandiare, vont se plain-dre au Roy, qui fait fàire Juslice par six Seigneurs. ses prin-cipaux Officiers nommez Manftoulis , qui manient les plus im-portantes affaires de son’Etat. Chaque Isle est divisée parquartiers » chacun desquels a un Chef qu’ils nomment Mouf-coult Avare , c’est-à-dire T Ancien du quartier. Si Ton désirsquelque chose d’un quartier, pour le Roy ou pour le peuple »on s’addresse à luy,8í il assemble les autres Anciens & gens deconseil de ce quartier, chez luy ou ailleurs,comme il luy plaît,pour délibérer de ce qu’il est à propos de faire. Les partiesplaident leur cause elles-mêmes. Si elle est de fait, ils amenenfichacun trois témoins, & s’ils n’en ont point, le Défendeurest crû à son serment, qu’il prête en touchant le Livre de leurLoy avec la main. Si le diffèrent est de droit, on juge selon laLoy, & les Juges ne prennent rien pour leur Jugement. LesEsclaves ne peuvent être témoins, & en matière de témoigna-ge trois femmes ne paflènt que pour une homme. Si ceux quidoivent ne peuvent payer , ils sont obligez de servir leursCréanciers, ou d’autrcs personnes qui leur prêtent de Targencpour se dégager , ce qui dure jusqu’à ce qu’ils ayent pû s’ac-quitter. Pour tout prix de leur service, ils sont nourris & en-tretenus, & quand ils meurent leur Maître prend tout ce qu’ilsont. Si cela ne suffit pas pour acquitter ce qu’ils doivent, leursen fans demeurent à servir jusqu’à Tentier payement. Le pu-blic ne fait aucunes poursuites à l’égard des crimes, & pouren faire Justice, il faut qu’il y ait quelqu’un qui se plaigne,Quoy que la Loy ordonne la peine de mort pour Thomicide,les Juges n’y condamnent jamais. Si Ton tuë quelqu’un , laveuve n’en peut poursuivre la mort, c’est aux en fans à le faire.S’ils sont cn bas âge, on attend qu’ils ayent seize ans, poursçavoir s’ils veulent venger leur pere. Alors ils peuvent par-donner au Meurtrier, qui jusque-là est obligé de les nourrir,& de leur faire apprendre un métier. Les peines ordinairessont le banniflèment en des Istes inhabitées vers le Sud , lamutilation de quelque membre, ou le fouet. Ce dernier châ-timent est le plus commun, mais il elt des plus cruels. On sesert de courroyes d’un gros cuir fort épais, longues commele bras, larges de quatre doigts , épaisses de deux, & il y en acinq ou six attachees ensemble dans un manche. Les DevanitsouSergens qui font là I’offi;e de Bourreau, frappent tant defois avec ces courroyes , que bien souvent on en meurt.C’est lapeine ordinaire de la plupart des grands crimes, comme d’a-dultere, de sodomie Sc d’inceste. Celuy qui a dérobé quel-que chose de valeur, a le poing coupé ; & si une femme ou unefille est violée, on punit le Criminel comme adultéré, & on 1ccondamne de plus à doter la femme ou la fille.

Q^ant aux mariages, si toutes choses conviennent, la fille oula femme envoye son pere ou son parent le plus proche, qui seprésenté avec le miry futur devant le Pandiare ou le Naybe,Ce Pandiare ou Naybe s’étant informé si ceux qui sc veu-lent marier ne sont point cousins germains,s’ils ne sc font pointautrefois appellezpar amitié du nom de fils ou de fille, de pereou de mere, de frere ou de sœur, ou s’ils n’ont point bû dulait de la même Nourrice , tous ces cas étant des obstaclesinvincibles pour contracter mariage ensemble, prend la maindel’Amantquiest présent,&luy demande s'il veut bien prendrela femme aux conditions proposées auparavant. Ii fair la mê-me demande au pere ou parent qui la reprefente, & s’ils yconsentent tous les deux, il fait les cérémonies accoutuméesprenant attestation des témoins cpii font presens. Cela fait ilsvont trouver la femme qui attend en fa maison, & Taflùrentdetout ce qui vient de sc passer. Le festin fuit, & les instrumenssc font entendre pendant tout le jour. Comme les fem-mes ne portent rien en mariage,c’eít à ceux qui les prennent àleur fournir tout ce qui leur peut être nécessaire , & à faire lesfrais des noces selon leur naissance. Aussi leur écabJilìent- ilsun douaire, non pas selon les biens du mari , mais selon laqualité de la femme, qui ne sçauroit avoir moins que íà mere& ses ayeulcs ont eu. Ce douaire est appelléJU»*, & lorsqueles biens du Prétendant ne scauroient suffire à le remplir , lePandiare ou le Naybe refuse de faire le mariage , quoy quescspartiês le prient <je ne prendre point garde à ce qui p euc

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