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Tome II. [E - O.]
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M ALOGNITI. Rlviere de TIste de Candie quï coule dansle territoire particulier de la ville de ce nom , en Latin Ma-lognìtus, anciennement Lethaus Tltivius. Cette riviere se dé-charge dans la mer de Barbarie, à Prioriso. * Maty , Dici. deHoll. 1701.

MALO WOUDA. Riviere de la petite Tartarie connueanciennement sous les noms d’Ag<irus , de sxgaris, & d’Hypanis,Elle se décharge dans la mer de Zabache à quinze lieuesdu Lac de Suka Morzy vers l’Orient. * Maty, Dut. de Holl .1701.

MALPAGA. On appelloit ainsi anciennement uneIste duLac Majeur, qu’on nomme aujourd’huy Vttaliana.

M ALTHE. Isle située en la mer d’Afrique, entre T ripolide Barbarie & la Sicile , dont elle est éloignée de soixantemilles. C’est la plus Méridionale de l’Europe, sous le trente-neuviéme degré de longitude,& le trente-cinquiéme de latitu-de. Cette Iste qui a de longueur vingt grands milles, & en-viron douze de largeur, s’étend du Levant auPonant, & soncircuit est de soixante milles. De bons havres & divers Châ-teaux dont elle est bordée, en défendent feutrée aux ennemis.Les Latins l’ont appelléeMe/íta, du mot Grec Meli, qui veutdire Miel, à cause qu’on y en trouve de tres-bon. Les Barba-resques tirent l’étymologie de Malthe de l’une de leurs His-toires. Ils disent qu’autrefois les Maures de Tripoli étant di-visez en deux partis sous deux Scheiks ou Capitaines, qui sesaisoient une guerre continuelle, ceux du parti le plus foiblerésolurent d’abandonner le pays, & envoyerent quelques-unsdes leurs en mer chercher un lieu propre à habiter. Ceux-cyétant retournez, aprés avoir trouvé que Tille de Melita leurseroit commode , répondirent en leur Langue à leur Scheik,qui s’informa de ce qu’ils avoient trouvé, Lakeinxdgeire cledidnel mx ou tah , ce qui veut dire, Nous avons trouvé une Isteoù il y a eau & plaine, & on prétend que de ces mots Mx outah , on a appellé depuis par corruption cette Iste Maltbx. Elleeut anciennement, pour Roy Battus, amy de Didon, Reine deCarthage, & fut ensuite sujette aux Cartaginois, aprés quoyayant été saccagée par une armée Romaine sous la conduitede M. Attilius, & depuis soumise à TEmpire Romain avec laSicile, cet Empire tombant en décadence, Malthe fut occu-pée par les Sarasins, fur lesquels Roger , Prince Normand ,Comte de Sicile, la conquit en 1090. Depuis ce temps-là ,cette Iste a toujours été entre les mains des Chrétiens. C har-les-Quint s’en étant rendu Ic Maître, la donna en i;;o. auxChevaliers de S. Jean de Jérusalem,que Sultan Soliman avoitchassez de TIste & de la ville de Rhodes avec une armée dedeux cens mille hommes dés Tannée 1522. ce qui les avoitobligez de se retirer d’abord en Candie, puis en Sicile ,& en-suite à Rome & à Viterbe Toute TIste de Malthe n’est pres-que autre chose qu’un rocher de pierres de tuf, fort tendres& propres à bâtir, que Tair de la mer ronge & consume enpeu de temps. II y a fort peu de terre fur ce rocher, encoreest-elle pierreuse, de sorte qu’ìl semble qu’elle soit incapablede rien produire. Cependant elle porte des fruits admirables,principalement des figues, auíïì bonnes qu’en Provence, & desmelons si excellens qu’on n’y en trouve presque jamais unmauvais. On en jette ja semence en terre comme on fait dubled,sans prendre aucun soin à les faire venir.Les raisins y sonttres-bons à manger, mais non à faire du vin. 11s ont la peauépaisse, & le dedans charnu comme des prunes. On semé fortpeu de grain dans cette Isle, qui en est fournie par la Sicile,mais le coton y vient bien. Les chaleurs y font fort grandes,& on ne s’y chauffe pas même en Hiver,au contraire on y boittoujours à la glace. L’air y est subtil,& fort sain pour les Vieil-lards.On n’y voit point deSerpens,depuis que S.Paul y fit nau-frage,& que s'en étant solive,il fit allumer quelques broussaillespour se sécher, d’où sortit une Vipere qui s’attacha à fa mainfur quoy il bénit TIste de Malthe, afin qu’elle ne portât jamaisde Serpens. Aussi tôt tous les reptiles qui s’y trouvèrent, dequelque espece qu’ils fussent, surent dépouillez de leur venin,8 c non seulement on n’y en a point vû depuis ce tcmps-là 5mais si on y en porte «Tailleurs, ils n’ont pas sitôt touché laterre de Malthe, qu’ils cessent d'être nuisibles. On tire ausside la Grotte où se retira ce grand Apôtre, une terre blanche,qui est souveraine contre les morsures des Serpens, & qui gué-rit des fièvres putrides. C’est des rochers de cette mêmes Islequ’on tire ces pierres en forme d’yeux de Serpent, que Tonporte au doigt enchâssées dans des anneaux, à cause de la ver-tu qu’elles ont contre les venins. Les Maltois ont le teint brun,& lont du naturel des Siciliens, du moins à Tégard de Ja ven-geance. Les femmes y sont belles & assez familières, & vontpar la ville, couvertes d’un e mante fur la tête qui leur traínj

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juíqu’à terre 5 mais quoy qu’elles se cachent le visage - . jqstelaissent pas de voir tout le monde. La Langue naturelle • a .est T Arabe, mais l’Italienne y est fort commune, PíL^ír,Iement à la ville que le Grand Maître de la Valette y " . e Je& qu’il surnomma la. Valette. C’est aujourd’huy la cap 1 iretoute TIste, & Tune des plus fortes Places de ^ n } v ( f rS ' QU \ fa-cette capitale, il y a la ville vieille au milieu de TIste > 4 ^ ttC ,bâtie par les Maures comme les fortifications le co"

Il-y a encore plusieurs bonnes Bourgades, & de belle ^sons de plaisance, dont les parcs sont remplis de gfroi'jardins de fontaines, de grottes, de jets d'eau & d'art> retiers. Les montagnes n’y font pas fort hautes, Le ne co - t6presque qu’en une chaîne qui commence du côté de 1*1 tís .Isle de PoIsola.se passe proche de la ville vieille, po^miner à l’autre bout de Piste de Malthe du côté qu’e *.de les Goses, qui comprennent TIste de Goze, élo J ftjescelle de Malthe de trois milles, & dans cet espace»

.deux petites Isles de Comine & de Cominot. Entre P u .j s0 rissources qu’on trouve dans celle de Malthe .celles des en

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de Notre-Dame deîaMalecha Le de la vieille ville , diprincipales. Elles sont portées dans la ville par un aqnequatre milles, ce qui a fait dire que le Grand Maître de ^ \ 3lette qui en mit la premiere pierre le 28. de Marsnomma de son nom lacité Valette , en avoit fait le coss » y j e ,que le Grand Maître de Vignacour luy avoit donn e jf.puiíqu’il y avoit fàic venir l’eau, qui est la chose la pi ufaire à une Place forte. . Ville- cn

On divise ordinairement la Ville de Malthe en

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Bourg & en Isle, qu’on peut prendre pour autant a 6

Villes séparées par un bras de mer, qui les rend toU î eS rní ;he t5fur des Preíqu’Istes. Ces Preíqu’Isles sont autant de #élevez fur la mer, où elle fait plusieurs Ports sort a l U ^ a !th ccapables de contenir des armées navales. En arrivant apar mer, on voit deux grands Ports que distingue une r u j t e I edc terre fort haute, où est bâtie la Ville-neuve, & CD ’ a ppesi cChâteau de S. Elme. Celuy qui est à main droite s HMarfamoucbet , & sert pour Tordinaire aux vaisseau* q afr j-viennent à Malthe qu’afin de se rafraîchir, ou à ceuxss c nvent des pays lointains, à qui on fait faire la quara nta ^ et jteconservant leurs marchandises dans les magasins de ‘pju-Iste de Lazaret. L’autre est le grand Port qui en c ° n }-fi e j ssieurs, & dont Tentrée est défendue, du côté de la Vi * n0 p5»Château S. Elme, & par quelques bastions couverts de& de Tautre, par une Forteresse appellée Terre dellx $o (C ^ la

avançant dans ce Port ,oaaà main droite la longue ^ Qa{ sVille qui luy soit face, & à main gauche le ChâteauS. Ange, élevé fur un rocher, qui s’abaiflant du J e S<regarde le Bourg, y soit une Prefqu’Iste entre jj e j e eOSauveur & celuy des Galères qui sont de même P a ^ 0( j pot £maniéré de deux doigts qui s’avancent en mer. Leg ra ^continue encore plus ou£re, ensorte que du Château ^ j aI >jusqu’au bout, il y a plus d’un mille de longueur» & rtc s*geur six cens pas ou environ. La Ville n’a que de u *dont Ja premiere qui est pour sortir à Ja campagne, eí ^ psO'duëd’un large fosse à fond de cuve, taillé dans le r ° c sl£ j e af*fond de vingt-cinq toises, fur lequel on a bâti une 8 r3 o0 v0 jtche pour entrer dans la Ville. A côté de cette arche > ^ c j-Paqueduc qui y porte l’eau. Ce fossé est défendu de §valiers qui sont fur deux grands bastions, & de la. g a jdí* ,csont plusieurs grosses pieces de canon à couvert qui r ^ c jqU ele grand Port. On appelle ce bastion le Poste d’itdí* > L ^ v £ '.les Chevaliers Italiens sont obligez de le défendre, p £ tít 'noit assiéger la Ville. Au pied de ce bastion , il y a 0 yíl ajardin & iin pavillon fur un rocher au bord de la me j Qn i vété percé , asin que Ton pût se promener sur le P° r jy/j a )ts £ 'ôtoit le passage. Ce jardin qui appartient auGranest dans son peu d'étcnduë Tun des plus agréables de íípour la quantité de ses espaliers de citronniers, d o£ a ^ j'sot'autres arbres fruitiers qui ne perdent point leurs s eU1 et j t e c°*’ver. Le boulevard de la porte Royale qui est d’une p . oíl 1line, laquelle s’étend le long du fossé, & sous J?5 U ; re , t >3 Kpercé cette porte, paroît quelque chose d’extraordma 011siette de Ja Ville va de-là en abbaistànt juíqu’â Tautr 1 e p;s

r un rocher, séparé de j e uxb a s

est le Château S. Elme, sur

un large fossé, qui est défendu du même côté par j^tft*fions, & de celuy de la mer par une demi-lune & P 3 ^ t j te ro u ífortifications , qui enferment un gros donjon &J a \gnede Ja Sentinelle. Les grandes rues droites tirées à «rendent la ville de Malthe de forme quarrée, & u í\P cal j S. Wdu côté qu’elle s’éténd de la porte Royale au Chatme, font assez connoîcre qu’on ne Ta bâtie que d e P ul oli