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Tome II. [E - O.]
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M E G

M E G Baì

MEGARE. Ville d’Achaie , à une distancé presque égalee Corinthe & d’Athènes. Elle étoircapitale d’un pays qu'onJPPelloic Meg ir s. Ce pays faisoit autrefois partie de F Attique,après qu'on l’en eut démembré, il la séparait du Pelopone-» e ; On n'est pas d’accord touchant la fondation de la ville de

Zate. Quelques uns disent que Mtgare , fils de Neptune,k* nt venu au secours de Nifé, & ayant été tué dans un com-^ > fut enterré dans une ville à laquelle on donna son nomj Epuis. II y en a d’autres qui veulent que Megarée , fils d’Apoi-sP > après avoir conquis cette Province, luy donna le sien. Lesj‘ s §iriens se vantoisnt que les Nymphes Sithonides étoientr Pays, & que l'une d’elles qu’on appelloit Tiatrée, eutp Jupiter un fils nommé Megare , qui s’étant sauvé au temps1 11 Oéluge fur la montagne de Geranie, fit porter son nom àla contrée voisine. II y en a qui aflurent que Pandion,£°y d’Athènes, eut quatre fils, & que le pays Megarique futParrage du dernier, appel lé Nifé. On dit qu’il suc gouvernéj c °mmencement par douze Rois, depuis Cleso, fils deLe-* ■ Roy de Lelegie , jufqu’à Ajax, fils dc Telamon. Les Me-”? lle ns vécurent ensuite en République, Sc quand les Athe-j letls les eurent soumis, ils furent délivrez par les Heraclides.a Grece liguée n’eut pas plutôt repoussé le Roy de Perse,l u Ges Vainqueurs tournèrent leurs armes contre eux mêmes,çfoencs & Sparte se mirent chacune à la tête d’un parti. Alorsjj^nthe & Megare en vinrent à une rupture au sujet de leurs■^Utes. Megare, plus à portée de recevoir du secours d’Athe-Cs que de Sparte, fe détacha de cette derniere pour s’unir^ l’autre. Les Corinthiens persuadez qu’Athènes occupéeJ 1 %ypte & en Egine, ne pourroit suffire à cette nouvelleerre, entrerent fur les terres de Megare, à la défense des-1 Eilez coururent les jeunes gens,Sc les vieillards resterent dansfoenes. Ils chercherent l’ennemi Sc le battirent. Douze ansv pres cette guerre, les Athéniens ayant accusé Megare de fa-°dfer Pévafion de leurs Esclaves Lc de profaner une terre 1 a-j.j Ce qu’Harpocration appelle Orgas , défendirent aux Mega-c lP s d’entrer dans leur parti, Sc de sc trouver dans leurs mar-Paufanias ajoute à eequ’en dit Thucidide, qu’Anthc-p^yfte alla , comme Héraut d’Athènes, les sommer de s’ab-^ir d’une culture facrilege, & qu’ils massacrèrent le Hérautl fotoute réponse. L’interët des Dieux servit dc prétexte.

*\ e gariens par reprefaille de ce qu’une troupe de jeunes^'heniens yvres avoit enlevé chez eux Simaxhes, courtisinc, re putation, enlevèrent dans Athènes deux autres courtisa-is J. 1 qui étoient de la fuite d’Aípaíie. Periclcs charmé de cette^ e personne qui s’en tenoit outragée, embrassa ses intérêts,^Vec le pouvoir qu’il avoit en main, il vint aisément à boutP er fuader cequ’ii vouloit. On publia contre les MegariensCju . Ccr et terrible, Sc ce decret jetta les premières étincelles,5^ M 3 eu à peu allumèrent la guerre du Péloponèse. Non feule-de f*’ OI ? ^ es exclut d u droit commun qu’avaient tous les Grecsà r 5 foire initier aux mystères que les Athéniens célébraientdés eu fo ,e en i’honneur de Cères & de Profcrpine ; mais onfy ,f n dic fur peine de la vie d’avoir avec eux aucun commerce,to U T ^ re ^fo un nouveau formulaire de serment, par lequelS fos Généraux s’ehgageroient à ravager les terres de Mc-'p e deux fois chaque année. C’est ce que rapporte M. de* n'ffi’eil dans si traduction des Philippiques dç Demosthene.

Jfàtirques fu r U seconde Olyntlnenne , & sur U Lettre de Philippe.t] Ue ^te ville qui a conservé le nom de Megara , a encore quel-cl f°rme de bourg. Ses maisons font assez pressées, mais fortj» a> lVcs * II y en a trois ou quatre cens, bâties la plupart deCu “ au soleil, & couvertes de fascines & de terre parry 0 Us - On y est fort incommodé de la fumée, parce quelles1% nt Presque toutes que la porte pour ouverture, ou tout aulç s f ^rs'Jn petit trou vers le plancher par où elle passe. Tousd e p Eans font Grecs , Sc fort addonnez à leurs cérémonies ;dç si ° rte quêtant malades > ils sc laisseraient plutôt mourir queki>t,r "àe ^ es émisons à fo viande, ou de manger des œufst e$ c st^e dure leur grand Carême. Ils s’cntretiennent des ter-]) r ^ u ils cultivent. Les Turcs à qui elles appartiennent en5,Jf r e. leur donnent la moitic de la récolte. Ils s’oecupentJç 5 1 .a foire des planches & du guitran à la montagne oùV 0 í lns n e manquent pas. M. Spon rapporte dans sonGu < ‘fo Grece , qu’aux environs de Megare il trouva plu-Inscriptions , & entre autres une qui étoit à l’en-p 0r " ri n Saceiluni quarré , qui est vers l’endroit où étoir las Q j ç e Pour aller au Port. La differcnce que les Anciens fai-*p " c de Temple & de Saceiluni ou Chapelle , c’est que leÇ e j ?‘ c étoit couvert, & que íe Saceiluni ne l’étoit point,étoit fait à l'honneur de quelque Héros, dont l’inf-‘ l ° nn e fait pas çonnoître le nom. Lìic marque feulementT me ii.

’es jeuX où il avoit remporté le prix en divers endroits dïimonde. On voit encore la marque des pieds de la statue, qu’onavoit dressée à cet illustre Megárien. La mer n’est qu’à deuxmilles de la ville, & il y a un petit Porc qu’on appelloit an-ciennement Nisea, où font encore les ruines d’un Convent,Lc quelques Eglises abandonnées. Au Nord de la ville, il y ade même dans la plaine neuf ou dix Eglises, autour def-quelles étoit un village qu’on a laissé tomber en ruine. Ils ap-‘pellent ce lieu la Paleo-cbono, c’est-à-dire, íe vieux village , &c’étoit apparemment ce que Pausiniás appelle Rhus. M. Sponajoûte qu’il y trouva quelques inscriptions anciennes , Sc uneentre autres d’un certain Nicias, fils d’Hcrmias, qui fut lepremier à ce que dit Pline. liv. 7. ch. 5 6. qui inventa le métierdes Foulons.

Entre les grands Hommes que la ville de Megare a produits,on compte lur tout Euclides, Disciple de Socrate, Auteur dela Secte nommée Megarique, Sc Stilpon,Disciple d’Euclide. Lepremier, diffèrent du Mathématicien Euclides, natif d’Ale-xandrie , floriíïòit souslaXCV. Olympiade, vers l’an 320.avant Jefus-Christ. II n’admettoit qu’un Bien,qui avoit plu-sieurs noms. II l’appelloit quelquefois Prudence , tantôt Dieu »& tantôt Esprit ou autrement. II niait tout ce qui étoit con-traire à ce Bien , Sc ne luy donnait aucune existence.

Stilpon, Disciple de ce Philosophe , avoit des fentimensassez équivoques touchant la Divinité, & sc faisoit tellementadmirer par son éloquence, que s’insinuant agréablement dansl’esprit de ses Auditeurs, il engageait tous les Philosophes àquitter leurs Maîtres pour venir i’entendre.

MEGARJSE. Golfe qui fait une partie de l’Archipel, Lcqui s’étend le long de la côte de la Remanie > depuis la Pres-qu’Isse de ce nom, juíqu’à l’embouchûi e de la Marisa, en La-tin Megarisenus Sinus , anciennement Mêlas , Melanus, Melanes& C ardiantis Sinus. Ce Golfe renferme celuy d'Eno, & prendson nom d’une Place qui est sur ses bords. * Maty, Dict. deHoll. 1701.

MEGE’E. Petite ville d’Afrique dans la Province de Ga-res , Royaume de Fez, Elle a été bâtie par ceux du pays, àdeux lieues de la mer Lc à quatre de Tezote, fur une hautemontagne, au pied de laquelle il y a une plaine de grand rap-port , avec des collines tout 3 l’entour remplies de mines de fer,Lc plusieurs villages Lc hameaux, où les Ouvriers qui y tra-vaillent demeurent. La Place est forte & par art Lc par nature,habitée d’un peuple belliqueux qui se pique fort de NoblesseLc de valeur. Elle étoit sous la puiílànce des Bcnimerinis, lors-qu’un jeune homme du lieu, de la lignée des Almohades, filsd’un pauvre Tisseran , indigné de la bassesse où le réduisait facondition, fe fit Soldat dansVelez, Lc devint par si valeurColonel de trois cens chevaux , avec lesquels il faisoit descourses sor les terres de Melille Lc de Caçaça. La réputationqu’il s’acquit l’anima si bien , que ne voyant pas ses servicesrécompensez, il fit soulever la Place & se saisit du Château,étant appuyé des Arabes de Garet & de plusieurs Montagnars»Dans le temps qu’il y étoit avec cinquante Cavaliers, le Sei-gneur de Velez envoya contre luy trois cens chevaux & milleArquebusiers qu’il défie. Leurs dépouilles servirent à armerses gens, Lc il se rendit fi redoutable, que le Roy de Fez quiavoit affaire ailleurs traita avec luy , Lc luy confirma cet Etat,en luy assignant des villages & des revenus pour entretenirquatre cens chevaux, afin d’empêcher que les Chrétiens nefiffent des courses. II a vécu ainsi jusqu’à sa mort, ses troupesétant les meilleures dupays.SesDescendans n’ont pas gouvernesi absolument. * M armai, tom. z. liv. 4. ch. 100.

MEGEN on Meghen. Ville ou bourg dans le Brabant Hol-landais avec titre de Comté, en Latin Mega. Elle est située sorle rivage gauche de là Meuse, aune lieue deRavestein, & àtrois de Grave Lc de Bolduc. Cette ville a j urildiction Lc Sei-gneurie. * Atlas.

MEGERADA ou Magiordeca. Rivière d’Afrique qui ar-rose le Royaume de Tunis.Elle prend si source dans une mon-tagne qui confine au pays de Zeb, Lc âpres avoir passé par laville de Tebisia, elle fe jette dans la mer prés de Garelmelch àdix milles de Tunis. On la nommait autrefois Bagradag. Cefut fur le rivage de cette riviere qu’Attilius Regulus, du tempsde la premiere guerre Punique > trouva un serpent long de six-vingt pieds. Elle sc déborde quelquefois si fort, que les Voya-geurs sont obligez d’attendre trois ou quatre jours avantque de pouvoir ïa passer à gué. * De la Croix , Uist. d’Afr.tome z.

MEGES WAR ou Medgies. Petite ville de la Transylvaniequi est aux Saxons, en Latin Mcdgiefium &cMed’efitim Pjtrum,Elle est située fur la rivière de Loches, à douze lieues d’Her-

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