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Tome II. [E - O.]
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MER

MER

tentrional, qui baigne les côtes de la Laponie, de la Moscovie& de la grande Tartarie, & qui s’éteftd bien avant vers le PôleArctique, en Latin Mare Glaciale ou Congelatum. Cette merque les Anciens appelloient Qceatms cromus ou Chromas, &Mare S armaticum, a pris le nom moderne de Glaciale, des gla-ces dont on l’a presque toujours trouvée couverte quand on ya cherché un chemin pour aller de l’Europe au ] apon, à laChine & aux Isles de I’Occan Oriental. * Maty, Difi. de Koll.ï 701.

MER MORTE. Amas d eaux dans la Judée. Leur éten-due est de vìngt-quatre lieues en longueur, & de sept ou huiten largeur. On leur donne le nom de Mer, à cause que les Hé-breux appellent ainsi tout ce qui contient un grand aiïemblaged’eaux, & cette espece de mer est nommée Mer Morte, parcequ’elte ne nourrit aucun poisson,& n’arrose aucune plante.Elleest à sept lieues de Jérusalem, de Bethléem & d'Hébron versi’Orient. ^Fojc^Asphaltide.

A demi lieue du rivage de la Mer Morte , on trouve pourroute plante certains pommiers qui portent des pommes blan-ches au dedans & jaunâtres au dehors. Elles font au commen-cement d’une substance pareille à la coloquinte, & sur FAu-tomne le dedans est d’une couleur bazanée, & jette une pous-siers comme une fumée d’une odeur désagréable. Aune lieuede la même Mer, il y a un arbre appellé Zacon f>ar les Arabes.Son fruit est semblable aux Mirabolans citrins, & couvertd’une pellicule sèche. On trouve dans le noyau une amandedont on tire une huile par expression. Cette huile n’a aucuneodeur ; mais elle n’a pas moins de vertu que le véritable baume.* Davity, Terre-fainte.

MER NOIRE. Mer qui est entre l’Europe & F Asie , &qui a la Romanic & la Bulgarie au Couchant; la petite Tarta-rie & laCircassieauSeptentrion; laMingrelie& leGurielauLevant, & F Anatolie au Midy. La Tramontane ou vent deNord y couvre l’air de nuages & d’obscurité , & l’on crois quec’est de-là plutôt que de son sable ou de son fond, quelle apris le nom de Mer Noire. Cette mer est celle que les Anciensont appellée Pont-Euxin. * Voyez Pont-Euxim.

MER PACIFIQUE. Grande partie de F Océan, qui s’é-tend du Nord au Sud depuis la terre de Jesso, jusqu’au Tropi-que du Capricorne qui la sépare de la mer Magellanique. Ellea auLevant les Isles des Larrons,&au Couchant FAmerique,&on luy a donné le nom de Pacifique, à cause qu’elle est fort peusujette aux orages, & que les vaisseaux qui partent d’Acapulco,Port du Mexique, pour les Philippines , y arrivent souvent,sans qu’il faille faire changer de place à leurs voiles. Cette mê-me mer est appellée Mer du Sud, 6c divisée en quatre parties,sçavoir de Jesso, de Californie, de Sud & du Perou. On y a dé-couvert plusieurs Istés, dont celles de Salomon & la T erre deQuir font les principales. * Voyez, Sud.

MER ROUGE. Mer qui est entre les côtes de FAfrique& de F Asie , de sorte qu’ellc fait la séparation de ces deux par-ties du Monde. Prés de Fembouchûre de ce Golfe sont deuxCaps, dont l’unqui est en Afrique est appellé c, u ardas ut, &Fautre qui est en Arabie que l'on place dans FA fie se nommeF.irtaqtte. II y a soixante lieuës de i’un à Fautre, & c’est là lalargeur de la mer où elle commence à se retreslir. Le Golfe acinq-cens lieues de longueur, sçavoir cent depuis les Caps deGuardafuidc de Fartaque , & de là quatre cens jusqu a la villede Suez qui est à l’extrémité. Les Arabes appellent cette merBahar Queiz,um, c'est-à-dire la mer sèche. D’autres Janom-ment le Détroit de la Mecque, & tirent ce nom de la Mecque,ville fameuse d’Arabie où Mahomet est enseveli. La mer rou-ge produit plusieurs choses rares & curieuses, & l’on y trouvediverses plantes, des branches de corail, des Tritons, desSyrenes , des Poissons volans 8c autres animaux extraordi-naires ; mais quelque argent que l’on offre aux habitans de cescôtes pour les obliger de prendre quelques-uns de ces TritonsSc de ces Syrenes que l’on voit paroîere assez souvent, la pen-sée qu’ils ont que s’ils avoient tué un de ces animaux ils mour-roient eux mêmes dansl’année, les rend intraitables là des-sus. La plupart des Egyptiens ont la même opinion. Un de cespoissons ayant été pris vivant dans le Nil prés de Rosette enidzi. & étant mort peu de tcynps après, le Roy de cette vil-le-Iàle fit rejetter dans la rivière, 8c on rendit par son ordre àun Marchand Vénitien qui Favoitaeheté ,vingt-cinq piastresqu’il en avoit données.En certains endroits de laMer rouge oùelle n’est pas navigable , il croît une espece de corail fort pro-pre à embellir des grotes , parce qu’il est tout partagé en petitsrameaux, & fait un effet tres-agreablc à la víìë. La nature sem-ble se jouer dans cette plante pierreuse faisant Fune d’une cou-leur & Fautre d’une autre. On trouve en ces mêmes endroits de

gros limaçons Sc de grosses huîtres. Thevet témoignées ^dessous de l’Isle de Suaquen on pèche du corail blanc, & slV *prés Favoir pilé bien menu on s’en sert en diverses mala^ ^Germiniano, Jésuite, dit que Ja Mer rouge éteitaucommencement si étenduë, qu’elle couvroit toute FEgypte, & eparaissant de la couleur de la terre qu’elle inondoit onlan 01 ?moit la mer verte. L’eau commença à baisser ensuite, & ài mnua de telle sorte, que les rayons du Soleil pénétrant: J uqu’au fond & en étant réfléchis , faìsoient paraître FeaUmême couleur que le fable qui étant rouge , a fait donnernom de mer rouge à cette mer. Pline veut qu’elled’un Roy du pays que l’on appelloic Ery thrans , qui enveut dire rouge. Jean de Castro, Viceroy des Indes P° ur crRoy de Portugal, prétend que la couleur rouge de cette mvient pour la plus grande partie du corail rouge qui croît ànle fond de l’eau. D’autres disent que quelques rivières slinondent le voisinage en Hiver entraînent avec elles de / a . te sre rougeâtre qui donne cette couleur à la mer. Ces °pj n w- urfont fans fondement, puisque tous ceux qui ont navig clcette mer, affeurent que l’eau en est de la même couleur flcelle des autres mers. Ceux qui croyent qu’ellc a pris son nt jcFun Roy dont le nom vouîoit dire rouge, approchent le P 1 ^de la vérité ; mais ils n’ont pas sçû quel sut ce Roy que 1 Ef rture nous apprend avoir été Esiii ou Edom , fils du P atría eJche Jacob. Edom signifie rouge en Hébreu , & sl ue 1 usGrecs ayant traduit Erithraus qui veut dire auíîì rouge en ttLangue , on a dit qu’il y avoit eu en ce pays-Ià un Roy a PPEnthraus. L’Idumée qui a pris son nom d’Edom ainsimer, s’étendoit jusqu'à ses bords comme FEcriture Sa* ^nous Fapprend, C’est pour cela que la mer rouge est nommpar les Rabins la mer d’Edom ou d’Idumée. , ,

Gaspard de Saint Bernardin dans son Voyage desdit que Fembouchûre de Bab-el-mandeleíì située àdoUZ cgrezquaranteminutes.il y a prés delà comme deux Caps “deux cotez. Celuy qui est du côté de FAfrique s’appelle Kbeb, & celuy qui luy est opposé du côté de FArabie est n ° , gmé Ara. Au milieu de ces deux pointes est une Isle a PP , ^Mirant, entre laquelle & la terre ferme de l’Asie est un cana ^détroit profond de six brasses & large de plus d’une lieuc. Ftre canal qui est entre FAfrique & cette Isle , est une sois P ,.profond, mais ce côté n’est pas le meilleur à cause sl u . C r ,/rtrouve aucun port assuré pour les vaisseaux. On ne doit enpar ce canal que de jour & dans un temps calme, fi l'on ne v yse mettre en péril d’échoiier contre les bancs de fable. D £ Pcet endroit juíqu’au bout du Golfe, la mer va toújoúrs en strcciffant à mesure qu’elle s’éloigne, & fa plus grande j ane va pas jusqu’à trente lieuës. L’endroitle plus assuré gov ^navigation est large de dix. Les dix autres lieuës à dro" o(Jgauche sont pleines de fable & d’écuëils. Le milieu a «1* sdouze brasses de profondeur, c’est ce qui fait qu’il faut touj^prendre le milieu du Golfe. Les habirans des côtes so . , eSvent fur cette mer de bateaux formez de petites planchesles unes aux autres avec des cordes poissées fans aucuns e ^On se sert auíîì sur le Nil de pareils bateaux qui vienn en £ffort loin , de Sahid & de FAbislînie. Ils font faits de pw nassez minces jointes les unes aux autres avec des chevss‘ c .jbois fans employer de fer. On porte au grand Caire ( l lian ^de marchandises dans ces bateaux, dont on vend enfuis 3 •cherement le bois pour brûler, à cause que le bois est far uEgypte. Les esclaves traînent les bateaux j uíqu’à terre, a P^quoy les Maîtres prennent d’autres voitures pour s’en x ?°ner. Cette maniéré de faire des bateaux fans fer avec de si^Pchevilles de bois, n’a pas été inventée comme quelques ^le croyent, de peur quePaiman n’eût attiré ces chevilleles eussent été de fer; mais parce que le fer étant rare en ce P ^là, il est trop cher pour le mettre à cet uíàge.Celuy des ha < efans fer n’est pas nouveau , puisque Strabon à remarqueson temps les Arabes fe servoient de bateaux de cuir fur j £ £rouge. Les Egyptiens ont même des bateaux d’osierquels ils navigent fur le Nil jufqu’aux confins de F Ab"

* De la Croix, Relation del'Afrique, tom. 4. • ni -

MER VERMEILLE. Mer de l’AmeriqueSepte ntr ^le, appellée par les Latins Mare purpureum , & P ar • e fí legnols Mer de Cortex , du nom de Ferdinand Cortez quipremier qui Fait reconnue. Son étenduë est du Nord 2 <sentre la Californie à l’Occident, & la nouvelle Efpag n£ ef)SnouveauMexique à FOrient.Cctte mer qui a prés de df u ^ j emille pas de largeur entre la côte de la nouvelle , ; f0 uCap de Saint Luc, dans Fisse de Californie , n’cn a qu e"cinquante mille vers les côtes du nouveau Mexique. ^MER VERTE,Les Persans appellent souvent ainsi, e