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Tome II. [E - O.]
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bourgades est bâtie celle de Tlapa. Certe Région s’étend jusqu’au fameuxPort d’Acapulco , si connu dans la mer du Sud,& embrasse plusieurs grands villages qui appartiennent à TAr-chevéché. De nouveau en tirant de Mexique vers AdacabayaLt les montagnes, on rencontre la Province deTlaxco, oùfont quantité de Colonies d’Espagnols. D’Adacabaya, onvient à la vallée de Matalzango. Allant de la ville de Mexiquevers le Nord-Ouest, on trouve la Province de Xilotepeque ,habitée des Otomis. L’Archevêché de Mexique, renfermeencore les petites Provinces de Meztitlan , de Papautla & deTupaXi Enfin dans cette grande Contrée de Mexique , oncompte plusieurs mines avec leurs bourgades qui font Puchua,Tafco , Yzquiquilpo, Talpayava, Temolcaltepeque, Culte-peque, Zacualpa, Zumpango, Guanaxuato, Comania, Achia-cica,GautIa. Zumatlan & Sant Luis de la Paz,Toutes ces mi-nes sont d’argent, à l'exception de celle d’Yzqtjjquilpo qui estde plomb. On tient que plus de quatre mille Espagnols s’em-ployent à y travailler fans les Esclaves.

La ville de Mexique est la principale non seulement del’Archevêché, mais de toute la Nouvelle Espagne & même detoute l’Amerîque. Elle est éloignée de la Ligne de vingt de-grez & quelques scrupules vers le Nord, & située au milieud’un Lac qui a cinq lieues dans fa plus grande largeur, & huitou un peu plus de longueur. Differens ruisseaux s’y précipi-tent des montagnes qui s’élevent à l’entour de toutes parts. Soneau est salée à cause de son fond nitreux, ce qui la rend trouble,amere & d’un mauvais goût. Un autre Lac quis’y trouve jointpar un petit intervalle, en modéré la salure, en coulant dedansfans cesse. Cet autre Lac est abondant en petits poissons, &presque aussi grand que le premier. L’eau en est douce & fortbonne à boire. Ces deux Lacs ont plus de trente lieues de cir-cuit , avec plus de cinquante bourgades au dedans ou auprèsde leurs rivages, dans quelques-unes defquelles il y a eu au-trefois cinq mille maif*ns, & en d’autres, dix. La ville de Me-xique , selon ce qu’écrit Fernand Cortez qui s’cn rendit maîtrepour le Roy d’Eípagne l’an 1519. est situee au milieu du Lacsalé, & étoit anciennement appellée par ses naturels habitansTenoxitla , Tenucbtitla ou Temiftatan. L’on y va par trois chauf-fées,dont l une descend vers le Couchant d’une demi-lieuë delong. L'autre est d’une lieue du côté du Nord, & la troisièmequi est du côté du Sud, est longue de deux lieues. Ce fut parcette derniere que Cortez attaqua la ville & qu’il la prit. Onn’y peut aller qu’avec des bateaux du côté de l’Est. La villen’est pas aujourd’huy fi traversée de canaux qu’elle étoit autemps passé. Les rues y sont toutes droites, mais étroites. Lemarché s’y tient tous les jours en diverses places, fans trois mar-chez principaux, dont l’un garde son nom ancien de Tlatolulco.II est spacieux, quarté & orné de trois cotez, de galeries & detentes. A u milieu , on voit une boucherie & une belle fontai-ne que les Espagnols y ont construite. Le second qui est auffiassez grand, est appelle Marche de faintfean, & le troisième &le principal a pris le nom de saint Hïppolite , qu’ils ont fait Pa-tron de la ville. C’est dans celuy-là que le Mercredy &Ie Jeu-dy on voit une incroyable multitude de personnes qui s’y as-semblent. Chaque Marchand a un lieu assigné aussi-bìen quechaque sorte de marchandise, & il n’y a aucun ouvrage deterre, de bois, d’or ou d’argent qu’on fasse dans le pays, .nirien de ce que l’on y recueille qui n’y soit apporté de tous co-tez. La ville est habitée d’un grand nombre d’Espagnols fortriches, & de plus de trente mille Sauvages. Elle est encore di-visée comme autrefois en quatre quartiers, qui ont seulementchangé de fiom. L’un est appellé s. fuan , l’autre fanta Maria laRedonda,\e troisième S. Pablo &c s. Sebafliano , & le quatrièmequi est le plus grand S. fago. L’Audience Royale où présidele Viceroy est dans cette ville, aussi-bien que le Palais & la de-meure des autres Officiers du Roy avec le Siégé de l’Arche-vêché que le Pape Paul III. y fonda en 1547. II a pour fussra-gans les Evêques de Tlascala, de Mechoacan, de la NouvelleGalice , de Chiapa , d’Yucatan, de Guatimala, de Vera-Paz &des Ifles Philippines. L’Eglisc Cathédrale que Cortez avoircommencé de bâtir, a été achevée par le Président SebastienRamirez. Il y a divers Convens, de Carmes, d’Augustins, deDominicains, de Cordeliers, de Jésuites, de la Mercy, deRecolets & autres Religieux, Lt dix Monastères de Filles. IIy a aussi divers Hôpitaux & une célébré Université, dans la-quelle on enseigne les Arts libéraux 3 c différentes Sciences.Plus de trois mille Espagnols demeurent dans les bourgadesvoisines des Indiens. On en compte plus de deux cens cin-quante en cette Province, fans plus de trois mille villages ouCensés que les Espagnols appellent Eflancias , & où habitentplus de cinq cens mille Indiens qui payent tribut. II se trouve j

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cent cinquante Monastères de divers Religieux > &

Maisons de Jésuites dans cette étendue. E’Inquisition d L 1gne a été établie à Mexique il y a déja long-temps. ^Les premiers habitans de ce pays-là , selon Acosta, Ç n . __lesChichimequains, hommes rudes, cruels & fans ntsse -manité, & les Otomis un peu plus civilisez que les 30 Jmais ces Nations n’étant point accoutumées à vivre en i° c ^ni à cultiver les champs, il en vint d’autres des Régions ^plus éloignées du Septentrion, à qui l’on donna le norn eo ^mun de N avatlacos, c’est-à-dire, nommés qui fçavent e 1 {quer distinctement leurs pensées. On croit qu'ils hab»t°anciennement la Région que les Espagnols ont nomméevelle Mexique. Leurs Annales peintes, Livre plein detures mal faites & à leur mode, dans lequel ils exprimesorigine par sept cavernes, font connoître qu’ils étoient ^Nations. Ces differens peuples ne se remuerent pas t0 , u ^.même temps. Il n’y eut d’abord que les sucbimilc'h c c ^dire, qui cultivent les fleurs. Çe sont ceux qui habites 1jourd’huy le Lac du côté du Midy dans les bourgades de .nom. Quelque temps aprés, les Chalcas , c’est-à-dire , 1 c *à grosses joues, se placerent proche des premiers. kesfss £ pcas , qui signifie gens du pont, bâtirent ensuite à la rivedentale du Lac, & s’augmenterent de telle forte en peunées, qu’ils appellerent leur ville Az>capuz,alco , c e ^’ 3 -*Caverne de fourmis. Aprés eux vinrent les Culuas,rentTezcuco. Ainsi les rives duLac furent environnée^toutes‘parts 5 ceux-cy ayant tiré vers le Midy , & les f e? ^cas vers le Septentrion, Les cinquièmes furent les Tk* >,c’est-à-dire, Montagnards, qui trouvant le Lac déja oC 5 r ||lepassèrent les montagnes, & habitèrent une Région tres '[- e ) t e-où ils construisirent la ville de Quahunahuac. Les TJa* c ^cas, c’cst-à-dire, gens du pain , arrivèrent les sixiém^^rsayant passé les montagnes de neiges , ils bâtirent Pbourgades & villages, & entre autres leur ville eapip' e pâ fcala. Ces derniers ainsi que les autres Etrangers s’alliere Pmariages, & vécurent paisiblement avec les Naturels du P ' yles Chichimequains ayant suivi peu à peu leurs manieleurs mœurs. II y avoir déja plus de trois cens ans que ‘ e f >miers étoient sortis de leur pays, quand la septième N 3 £3n ;nommée Mexicane, y arriva d’Aztlas & de Tuculh u „

C’étoit un peuple politique & fait à la guerre. L eur -^n-Vitziliputli les avoit engagez à quitter le lieu de leur Bal nC j e sce, en les assurant qu’ilìes feroit commander dans de g ra rRégions.Sonldole étoit portée dans un coffre de jonc p âs j £lístre Prêtres, aufquels le Démon prescrivoit Tordre de ^marche & la maniéré de leurs sacrifices. Pendant le temprepos, ils plaçoient l’Idolc fur un Autel au milieu du c ^ 0 j tLe Conducteur de cette Nation s’appelloit Mexi, dont 1* p. aJJtque le nom est demeuré tant au peuple qu’à la ville. M arde cette façon par de petites traites, ils arrivèrent en 13 j avince de Mechoacan, où ils vouloient s’arréter, à caulequantité de Lacs poissonneux qu’ils y trouvoient ; ID3l . S sl0 es-'Démon ne le voulut pas. 11 ordonna feulement que que huns d’eux y demeurassent. Ils y en laissèrent un petit n °. ent ,nuds, leur ayant ôté leurs vétemens tandis qu’ils n a S co j eU jCce qu’on croit être la cause de la haine qui est entre ces ^Nations. Enfin les Mexiquains ennuyez de la longu f .chemin , s’arrêterent dans Tula, & firent couler dans ur íf{ J sseene voisine une grande riviere par le moyen d’une c uqu’ils firent devant. Elle fit comme un étang, & cnvir ít e foû cmontagne de Coatepec. La beauté du lieu agréa de te), ^

à plusieurs .qu’ils refusèrent d’obéïr à leurDemon > q u *quelques années , leur commanda d’en partir. Cette de S|íànce leur coûta cher. 11 fit rompre la chaussée par les 1 X faqui remirent la riviere dans son canal ordinaire, Sc rempnuit le camp d’un tumulte épouvantable. Le matin tou ^qui avoient empêchéqu’on ne partît, furent trouvez 1110 j £lir sfans entrailles, & ils ont suivi depuis cette cruauté ® an Xgr>esacrifices. Etant ensuite venus à Cbapultcpeque, ^^^t aagréable, éloignée de Mexique d’une lieuë, ils tr0 ^ V t :s vi c 'combattre les Tepanecins & les Chalcins , & étant lot £ U j.torieux du combat, ils entrerent dans la bourgade £ t0 jetithuacans, nommée Atlacubaya, tandis que les habitansoccupez à une Fête. Depuis ayant demandé un champ 3 ^,

gneur de Culhuacan, ce champ leur fut accordé en I jsinelieu rempli de serpens & de viperes que la montagn® p u a-engendre ; mais au lieu d’y périr comme on se l’étolt} ^dé, non seulement ils vainquirent ces serpens > y je

nourrirent, aprés quoy ils demandèrent la fille du . s£fl t;Culhuacan pour femme de leur Chef, ce qu’ils ° t>tmais ils la tuerent k nuit de fes noces, arrachèrent ies