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k s i & la consacrèrent pour Déesse auprès de leur Idole. Sonpere ayant été invité à un de leurs sacrifices, fut mené dansUne Chapelle fort obscure, où la lueur du feu luy fit reconnoî-* re la peau de fa fille. Alors détestant l’abominable cruauté des^ e xiquains, il les attaqua avec ses gens, & aprés en avoir tué^ fort grand nombre, il contraignit les autres de prendre laïuite. IJs vinrent enfin au lieu où l’on voit présentement l’Hô-fìtal de saint Antoine Ôí le bourg de saint Paul. Là ils appri-* en t de leur démon que le temps de leur repos étoit venu, &leurs Prêtres curent ordre de bâtir en un certain lieu qui leurmarqué, la ville où devoir être le Siégé de l’Empire qu’on* ç Ur promettoit depuis fi long-temps. Ilsy élevèrent d abordjjne petite chapelle dc galons pour leur Idole. Ensuite ils po-stent Iesfondemens de la ville qu’ils nommèrent Tenoxtitla,sppellée depuis Mexique , & la divisèrent en quatre quartiers,& ces quartiers en petites Pareilles dédiées à leursDieux tute-■jùres qu’ils appelloient Capulteco , avec une place pour chaqueEmilie. Cette répartition déplut à plusieurs, qui se séparèrentfiu reste du corps , & établirent de nouvelles demeures dansrjateluco , ce qui causa une grande & longue division. Pour^ieux affermir la République, ils crurent devoir sc choisir110 Roy ,& ayant prié les Culhiiacans de leur donner Aca-«Upixtli, fils d’un Noble de Mexique & de la fille du RoyCulhuacan , ils le couronnèrent solemnellement d’une mitre* c mblable à celle que portent les Ducs de Venise. 11 régnav ers l’an 1525. & le dernier de scs successeurs fut Mutezuma II.S u ì mourut l’an 1520. aprés avoir régné dix-huit ans. Ce futJ>us l’Empire dc ce Roy que Fernand Cortés entra dans le"Lxique, & qu’il le conquit pour la Couronne d’Efpagne.
. Les Annales peintes de ce pays-là , miscs en lumière par leSamuel Purchas Anglois , portent que les MexiquainsP r enoient un foin singulier de l’éducation de la jeuneffe.^oicy quelques - unes des coutumes qu’ils obscrvoient.^ilatrc jours aprés la naissance d’un enfant, la Sage-femme leTortoic tout nud dans la cour du logis avec les instrumens qui"rvoient au pere à gagner fa vie si c’étoit un mâle , & si c’é-l °it une fille , avec un fuseau, un balai, & des ustensiles à peuf r 5 s de même nature. Cette cour étoit jonchée de joncs, & aujpfiieu il y avoit un vaisseau plein d’eau dans lequel la Sage-Lrtime lavoit l’enfant nouveau né, vis à-vis de trois enfans<lùi avoient les yeux attachez fur elle , & ausquels on scrvoitla bouillie de mays, avec des legumes. Quand ils en étoient^flàsiez ils impoíoient le nom à l’enfant déja lavé. Vingt jours^tant écoulez les parens le prescntoient aux Prêtres dans leLernple qu’ils appelloient Calmacac , pour être employé aux’moses sacrées quand il auroit atteint quatorze ans, ou aux^ùefs de guerre ou Magistrats, nommez parmi eux T eachaucbTdpucbtlato ausquels ils le dédioient pour être instruit enJ Art militaire. Cependant ils luy donnoient les viandes pro-bes à son âge , à mesure qu’il croissoit, à trois ans un demiPam, à quatre ans un pain entier, depuis six ans juíqu’á treizeV’J.Pain Sc demi, & ensuite deux. Ils l’accoûtumoient toujoursa faire quelque chose selon sa portée. Ainsi tant les garçons quej Cs filles apprenoient dés l'âge de cinq ou six ans à faire de.^gers ouvrages. S’ils les trou voient paresseux ou opiniâtres,fis scs menaçoient en leur faisant voir des épines de Maguey,dont ils les piquoient ensuite s’ils étoient trop lents à se cor-der. Us les frappoient aussi avec des houflìnes, ou les tour-^ntoientavec de la fumée d’axi qu’ils leur mettoient fous lene z. Ceux qui étoient vouez aux choses sacrées, étoient obli-gez de balayer le Temple, de porter du bois, ou de servir lesPlus vieux dans les choses nécessaires pour le culte de leurspôles, & ceux que l’on instruisoit dans la milice portoient* es armes des Tequmas , c’est-à-dire des gens renommez enBuerr e , & les scrvoient en autres choses, jusqu’à ce qu’eux-^mes, aprés avoir, ou pris ou tué quelqu’un de leurs enne-» eussent mérité d’être enrôlez pour soldats. Les céremo-mes de leurs mariages étoient aussi particulières. Celle quiÇonduifoic la mariée, étoit obligée de la porter fur son dosjusqu’à la porte des parens de l’Epoux, ce qu elle faisoit avant* e Soleil levé, étant accompagnée de quatre femmes qui mar-choìent devant avec des torches de pin allumées. Les parens1 a yant reçue la menoient dans la maison où ils la saisissentasseoir fur une natte étendue à terre vis- à-vis de l’Epoux, aprésquoy ils les lioient ensemble par le pan de leur robe en prescn-c ^de deux vieillards & de deux matrones, qui y affistoientjusis d’un côté & d’autre, comme témoins. Cela fait ils fai-l °ient brûler du copal à leurs Dieux, & les Mariez foupoientensemble, le soupé fini on les délioit pour leur prononcer lesdu mariage. La consommation ne s’en faisoit que la qua-ssiéme nuit, aprés que les Prêtres avoient consacré le lit nup-Tome 11.
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tial avec quelques cérémonies, & que les Mariez l’avoientparfumé. Le lendemain de la consommation , ils allofent auTemple où ils offraient à leurs Dieux, le lit, leurs vêtemens,& particulièrement le sang qu’ils avoient coutume de se fairetirer avant qu’il leur fût permis de coucher ensemble. Là ilsétoient bénits par les Prêtres, & arrosez quatre fois d’eau netteà l’honneur de Tlaìloc que les Espagnols prétendent répondreà Neptune, Sc quatre fois à l’honneur d’Ometochtli qui étoitBaccnus. Le Gouvernement politique des Mexiquains a étéd’abord Aristocratique. On le transféra ensuite à un seul, nonpar succession ou hérédité , mais par une libre élection pre-mierement de tout le peuple & ensuite par celle des principaux.On ditqu’au temps d’Izcoatl, quatre Electeurs de la Noblessede Mexique , Sc deux Rois alliez, sçavoir de Tezeuco Sc deTacubaélisoientle Roy de Mexique. 11 y a toujours eu unesingulière obéissance dans ces peuples pour leurs Rois,dont lasomptuofité étoit tres-grande, fur tout sous Mutezuma I. Ilsavoient établi plusieurs ordres & dignitez militaires, & ordon-né de grands prix pour les vaillans hommes. Laët, Defcr. desIndes òecid.ltv. 5. ch. 6.9.&12.
On appelle Nouveau Mexique , un grand pays de l’Ameri-que Septentrionale que découvrit Antonio de Spejo , natif deCordoue en Espagne, Sc Citoyen de Mexique l’an 1583. IIétoit riche, & ayant appris qu’il y avoit vers le Nord plusieursProvinces Sc villes habitées par diverses Nations, vers lesquel-les les Espagnols n’avoient point encore été, il partit le dix deNovembre 1552, de la vallée de S. Barthelemi , avec cent cin-quante chevaux & mulets , grand nombre de munitions deguerre Sc de bouche Sc beauconp d’Esclaves. Aprés avoir mar-ché deux jours vers le Nord, il rencontra plusieurs Sauvagesappeliez Concbos , qui habitoient par villages dans des casesbasses, & qui les conduisirent vingt-quatre lieues par leur Pro-vince , permettant qu’il y fit dresser des croix, parce que cespeuples n’ont aucunes Idoles qu’ils adorent. Us vont presquenuds, ont pour armes un arc & des fléchés, & obéissent à plu-sieurs Rois qu’ils nomment Castiques. Les Pajfuaguates quivivent comme eux , & ensuite les T oboses luy servirent aussi deConducteurs par leurs terres. De- là il entra dans le pays desfumanes ou P atarabuyes , qui est une Province fort peupléepar bourgade. Us ont des maisons construites de pierres avecleurs toits, & se marquent le visage, les bras & les jambes pardiverses rayes qu’ils s’y font tant hommes que femmes. Lesbêtes Sc les oiseaux leur fournissent une chasse fort abondante.Sc les rivières y sont poissonneuses Sc en grand nombre. Com-me les Espagnols ne faisoient aucune violence dans les lieuxoù ils passoient, les Sauvages avertis par leurs voisins venoientfans armes au devant d’eux avec des vivres. De-là ils marchè-rent quinze jours par une contrée fans habitans , Sc par degrandes forêts de pins, & s’étant avancez environ quatre- vingtlieues, ils arrivèrent à un petit village mal peuplé. Les logesy étoient faites de paille ,8c ilsy trouvèrent quantité de peauxde cerfs, Sc abondance de sel blanc fort bon. Les Sauvages quidemeuraient dans ces loges les conduisirent douze lieues lelong de la ri viere del Norte jusque dans la Province qu Anto-nio de Efpejo appella Nouveau Mexique. Les deux bords decette riviere étoient couverts d’une forêt de peupliers, largequelquefois de quatre lieues. Us y virent aussi force vignes &noyers, Sc ayant marché deux jours par ces forêts, ils décou-vrirent dix bourgardes fur l’un & l’autre rivage, où habitoientplus de dix mille hommes. Les Espagnols y furent fort bienreçus, Sc trouvèrent les maisons élevées de quatre étages, avecplusieurs salles & chambres & des étuves contre le froid. Lesnommes étoient vêtus de robes de coton Sc de peaux de bêtes àj la maniéré des Mexiquains ,& avoient des bottes ou des sou-liers faits de cuir de boeuf. Les femmes qui étoient vêtues demême, avoient leurs cheveux pour toute coëfure , mais bienpeignez & agencez proprement. Chacune de ces dix boui ga-des avoit son Roy, qui sc servoic de Cricurs publics pour fai-re entendre scs Ordonnances au peuple. On y voyoit par toutdes Idoles qu’ils adoraient, & il y avoit des chapelles dédiées,au diable dans la plupart des maisons.Leurs armes sont de fortsarcs avec des flèches munies de cailloux aigus au bout, de lon-gues épées de bois garnies de chaque côté de plusieurs caillouxtranchans qui peuvent couper un homme en deux d’un seulcoup, Sc enfin des boucliers couverts de peaux de bœuf crues.Les Espagnols , aprés avoir passe quatre jours dans cetteProvince allerent dans celle des Tgias , peuplée de seizebourgades. Us s’y arrêtèrent, & pour ne pas hasarder tou-te la troupe en pénétrant plus avant , Antonio de Efpejoenvoya quelques Soldats sous un Commandant pour décou-vrir de grandes & riches Provinces qu’on disoit être vers+ PPPPÎj
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