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brodeurs, uïie autre d’Orfévres & de Joíiailliers , & plu- 'V e urs autres de diverses sortes de marchandises des pavs^rangers, avec lesquels Milan a un grand commerce par le^oyen de la mer. Cette ville est si opulente qu’on dit parP r overbe, que pour rendre toute 1 Italie heureuse, il faudroitdistribuer toutes les richesses de Milan. Proche de la belleéglise des Jésuites, on voit la haute figure de bronze de S.Fran-?°is Xavier fur un piédestal de marbre. Le grand Hôpital estbâtiment fort magnifique. II est de figure quarrée, & con-duit fur des arcades & fur des piliers. Les salles font en forme« e Croix , & au milieu *de cette Croix est un Autel ouvertde tòutes parts, où tous les Malades peuvent entendre la Messedu lieu où ils font. Cet Hôpital dont S. Charles étoit le grandjr j e nfaicteur, renferme plus de quatre mille personnes tantjines que malades, qui ne peuvent être entretenues qu’avecgrands revenus. Sur le fossé de la ville, un peu au de-là desdeh° rS ) est le lieu appellé La&aretto , qui contient bien dixduit cens perches de terrein. C’est où l’on mec tous les mala-des en temps de peste. La cour est quarrée, sc il y a autant dec bannbres que de jours en l’an. L’Eglise de saint Ambroise5 « Une des plus considérables de Milan. Son corps est fous le■paître Autel avec les Sépulcres de saint Gervais & de saint* 4 r °tais, dont les Corps ayant été trouvez dans Milan par saint■^tnbroise, il fit bâtir cette Eglise en leur honneur. Ce futí*be dont ce Pere de l’Eglise défendit rentrée à l’Empereurj beodofe, à cause du maíïâcre qu’il avoit fait faire à Thefla-*°nique, où sept mille hommes furent assiísinez pour un fortsujet. On voit dans la même Eglise, un Serpent de«roiize sur une colomnc, pareil à celuy que Moyse éleva dans^ Désert par le commandement de Dieu. Allez prés de cette.Ruse , e st l a petite Chapelle où saint Augustin fut baptisé,ain si que son fils Adeodatus > & son ami Alipius, ce que mar-que une inscription qui est sur l’Autel. Saint Ambroise & S.Augustin allant de cette Chapelle en proceílìon à la grande’b'Rhse, composèrent l’Hymne du Te Deum, dont ils chantoient^bacun un couplet alternativement. Del’autre côté de l’Eglisesaint Ambroise, qui appartient aux Religieux deCîteaux,Ce stui fait que leur Convent où il y a un Cloître fort magnifi-ée - soûtenn fur des colomnes y est attaché, il y a une autre'-bapelle, bâtie au lieu même où saint Augustin entendit cesProies qui venoient du Ciel Toile lege. II ouvrit les Epîtres de, il nt Paul, & y lut N on ìn cubilibus , neque in immundictìs , fedfefum cbrìftum , ce qui le toucha fi vivemçnt, qu’ile convertit fur ì’heure. L’Eglife de saint Victor, gouvernéePar l e$ p eres olivctans, est fort belle. On y voit un admirableableau de Raphaël d’ÍJrbin , qui represente saint GeorgeJiant le serpent. Le Cloître n’est pas moins beau. 11 est doublej* soutenu de grandes colomnes. L’Eglise de saint Laurent estatie str l e modele de sainte Sophie de Constantinople. Pla-j, , e . sœur de l’Empereut Honorius ,y est enterrée. Cette3 ! is e étoit autrefois le Temple d’Hercule , qui fut bâti parj.aimpereur Maximien. II y a à son entrée plusieurs hautes co-gnes de marbre blanc, travaillées à la Dorique. La Tour, e ^Empereur est tout proche, admirable pour son extrêmeauteur. L'amphithéâtre étoit au lieu où est à présent la bellefjShfe de saint Etienne. Le Convent des Peres Dominicains« Un des plus remarquables. Ils font voir le lieu où saint Bar-4 bé, qui vint apporter la Foy Catholique dans Milan, con-té* 1 plusieurs Insidelles, & où l’on martirisa un grand nom-- re de Chrétiens. Ils montrent auflì le lieu où saint Pierre le
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partir enseignoit le peuple. On voit son tombeau dans leur^glise. U e st de marbre, & d’autant plus estimé, qp’il est di-de plusieurs ouvrages dusçavantGiversio. Le Chef de^ saint Martir est dans une Chaste d’argent, enrichie de pier-> s Précieuses. On y voit encore le Corps de saint Eustorge,stuc, plusieurs Sépulcres des Ducs de Milan, & celuy oùPostaient les Corps des trois Rois Mages, qui vinrent adorert ° tre Seigneur dans la Grotte de Bethléem. Leurs Corps fu-apportez d’Orient par les foins de saint Eustorge l’an 330.p tfan sportez à Cologne en Alemagnc l’an 1163. quand l’Em-P^cur Barherousse ruina la ville de Milan > ce qu’il tìt pourngej. Tìnjare que sès habitans avoient faite par un exc,ez dejoi Ut «lité à l’Imperatrice fa femme. Cette Princesse étant un'?»ée à Milan pour voir une ville si fameuse, le peupleb e ^ ôe ce que l’Empereur l’avoit privé de son ancienne li-luv'r- en . le châtiant de son orgueil par de grands tributs qu’il1/ «ûíbit payer aprés une longue guerre, & ne respirant quet er V 5 n Rcance, oublia le rang de l’Imperatrice. On la fit monu . r . Une ânesse fans aucun respect, le visage tourné vers la1 4 *. u .^ > & les séditieux l’ayant promenée cn cet état par toute1 le > égorgèrent la garnison Impériale. L’Empereur neTome II,
pouvant assez punir cette injure, assiégea leur ville, & s’enétant rendu maître, non seulement il la sit raser juíqu’aux fon-demens à l’exception de trois Eglises ; mais il la tìt labourercomme un champ de terre , où par indignation il ordonnaqu’on semât du sel au lieu de bled. On tient que ceux des re-belles que l’on prit, ne purent sauver leur vie qu’à cette condi-tion honteuse, qu’ils tireroient avec les dents une figue duderrière de l’ânene fur laquelle on avoit eu l’insolence de met-tre l’Imperatrice. Les habitans qui purent échapper à cette ho-rible condition,, rebâtirent leur ville vers Tan 1171. étant pro-tégez par le Pape Alexandre III. Peu a peu Milan se rétablit,& eut differens Seigneurs & des Ducs ensuite. Les principauxfurent les Visconti & les S forces. Cette ville éloignée de Pa-vie seulement de six lieues, est appeilée la grande , à causequ’elle a plus de dix milles de circuit. Sa situation est dans unfort beau pays. On y compte vingt-deux portes, celles desfauxbourgs comprises, deux cens Eglises & trois cens millehabitans. C’est pour cela qu’on l’appelloit anciennement Alté-ra lioma. On tient qu’on la nomma Milan > parce qu’elle estau milieu d’un tres-grand pays donc elle est la capitale. LesLatins Rappellent MedioUnum > à sue dmidia lanata , selon quel-ques-uns , c’est à-dire, à cause d’un porc qui avoit le milieudu corps couvert de laine, & le reste de soye ou de poil ordi-naire , & que l’on trouva dans l’endroic où les sondemens decette ville furent jetiez. Elle a été assiégée quarante fois & pri-se vingt. Une des choses les plus singulières de Milan, c’estla grande quantité de Noblesse qui y demeure. Le Collègequ’ils appellent des Docteurs > est superbe dans son bâtiment, 8 cremarquable pour avoir été le lieu où plusieurs sçavans Per-sonnages ont étudié ; car autrefois il y a eu une tres florissanteAcadémie à Milan. II y en a une à présent de gens de Lettresnommez N afcofth ce qui signifie hommes cachez.Le.Seminaireque saint Charles Borromée fit bâtir pendant qu’il étoit Arche-vêque dc Milan, est un des plus beaux édifices de la ville. Ilest composé de quatre corps de logis qui forment une courquarrée , & environné d’un portique à double étage. Le pre-mier est d’ordre Dorique, & le second d’ordre Ionique. Lagrande-porte est ires - magnifique. La statue de la Pieté estd’un côté, & celle de la Sagesse de l’autre. La Bibliothè-que Ambrosienne est .ce qu’il y a de plus digne d’être vûdans la ville de Milan, tant pour la beauté du bâtiment, quepour la quantité de Livres à la rareté des Manuscrits qu’ellerenferme. Le Cardinal Frédéric Borromée , neveu de saintCharles, en fut le Fondateur, & la dédia à saint Ambroise. Safaçade ainsi que le reste du bâtiment, est d’une fort bonne ar-chitecture. On entre d’abord dans un tres-grand veílìbule,d’où l’on passe dans une salle qui a soixante pieds de long,vinge-quatre de large 8c trente-cinq de haut. Elle est termineepar un plafond doré & orné d’excellentes peintures. De cettesalle on traverse une galerie, embellie de quantité de portraitsdes plus grands Hommes, au bout de laquelle est la salle desManuscrits. Aprés ces divers appartemens, on trouve un jar-din , dans lequel font deux Académies, l’une de Sculpture,l’autre de Peinture. Cette derniere renferme d’excellens origi-naux, sçavoir Jesus-Christ lavant les pieds à ses Disciples, deRaphaël; les quatre Elemens, de Brugle ; quatre tableaux duTitien , & quelques autres de Léonard de Vinci & de Procaci-no. On dit qu’il y a trente-huit mille Volumes dans cette Bi-bliothèque en y comprenant ks manuscrits, dont on fait mon-ter le nombre à quatorze mille. Un des plus curieux est ungrand Livre de Mechaniqucs écrit de lá main de Léonard deVinci, qui l’a embelli de tres-excellens morceaux de peintu-re. Ce Livre est partagé en douze Volumes. Sur la muraille estune inscription qui porte qu’un Roy d’Angleterre vouluedonner trois mille pistoles à Galeas Archonatus pour un seulde ces Volumes, mais que Galeas aima mieux en serre présentà la Bibliothèque Ambrosienne, afin qu’un si rare ouvrage s’ytrouvât complet.
De tout temps Milan a nourri de tres-nobles Familles, &qui ont fleuri jusque dans Rome. Celles des Trivulces, oiesMédicis & des Sforces font des plus illustres de l’Italie. On yvoit leurs Palais & plusieurs autres. Entre les sçavans Hommesqui ont paru à Milan , on remarque Valere-Maxime pourl’Histoire , Alciat, Decius 6c Jason pour le Droit Romain,Cardan pour la Philosophie, Paniguravola & P. Arese pour laPrédication, Bonacina pour le Droit Canon, & Octavius-Fer-rarius pour les belles Lettres. Les Auteurs ne font pas d’accorddu temps de la fondation de Milan. II est cependant certainque cette ville fut bâtie par les Gaulois, qui rétablirent en Ita-lie fous Bellovefe vers l’an 170. de Rome, Prés de quatre censans aprés, Marcellus ayant tué Viridomare leur Roy, qui
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