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^°tti tout en eau du cercle d’une maniéré triomphante, un autrej e ntre avec les mêmes cris & les mêmes gestes. ce qu’ils conti-nuent toute la journée. Vers Ja fin du jour Jes plus riches fònt^ercice, puis le General,aprés quoy le Sultan finit la ceremo-® Ie -Us fbntcon/ìíter le principal de leur Religion à se laverou vent & à ne se pas souiller, cc qui les oblige à ne rien man-§ er ni toucher qui soit poilu. Ainsi ils regardent la chair depourceau comme une chose fort abominable , ensorte qu’unepersonne qui en a mangé ou touché ne peut plus entrer chezde plusieurs jours. Cependant i! y a une si grande quantitéoe sangliers dans l’Iste qu’ils sortent des boisa grandes rrou-Pes, & viennent k nuit j uíqu’aux maisons de la ville fouilleres ordures qu’ils rencontrent.
fie Sultan de Mindanao aune puiíîance absolue fur ses sujets,i pauvre, & comme il y a peu de commerce dans cette lise,Çs Insulaires ausqucls il commande ne sont pas fort à leur aise.^ *1 sçait que quelqu’un ait un peu d’argent, il l’envoye em-prunter sous prétexte d’une necelïìté pressante , & on n’oseroicc refuser. Quelquefois il envoyé vendre une chose à ceuxrl croit en état de Tacheter & il faut qu’ils en donnent lav *?leur. Si dans la fuite il a besoin de cette chose vendue , onobligé de laluy rendre. I! a une Sultane & vingt autreslorries avec lesquelles il est Yovt souvent. Quand il va voirles a rnis ,il est porté par quatre hommes fur un petit lit, & ac-Çompagné de huit ou dix autres armez qui sont sa garde, mais, Uc va jamais loin de cette sorte, le pays étant fort chargé deyors à n’y ayant que d’astez petits sentiers pour tous chemins,xsund i] veut fe divertir à la riviere , il y est accompagné deQuelques-unes de les femmes. Les Pros ou barques faites pourCc la,peuvent contenir cinquante ou soixante personnes. Le^°rps en est proprement bâti. La pouppe. & la proue sont ron-*j es » & fur le corps de la barque , il y a une petite maison faite^ bois de bambo. Les côtez sont faits de bambos fendus, &0n f environ quatre pieds de haut. II y a de petites fenêtres dubois qui s’ouvrent & se ferment quand on veut. Le toitn Pfosque plat & couvert de feuilles dePalmeto.Cette maison* divisée en trois petites chambres, dont l’une est pour Je Sul-an. Le plancher & les cotez sont couverts de nattes tout à Ten-eur j & il y a un tapis & des oreillers fur lesquels il fe couche* dort. La seconde est pour ses femmes & assez semblable à laPiemiere. La troisième est pour les domestiques, & tendue deorx de betel & de tabac, car ils mâchent ou fument continuel-e nient. Le devant & le derrière de la barque font pour les Ma-e lotsqui y ont leurs bancs & leurs rames. Le Sultan faitquel-HUesojs la guerre aux Alfoures ses voisins. Leurs armes font^es épées, des piques & quelques creffets. Le crcfTet est unePetite arme faite comme une bayonnette qu’ils portent ene nips dc guerre & de paix , & cela depuis les plus grands jus-3 U a "x plus petits. Ils ne fe battent jamais' en bataille rangée,
■* s font seulement de petits Forts de charpenterie où ils pla-^ent de petits canons , & demeurent deux ou trois mois enPrésence les uns des autres, esearmouchant tous les jours parV tIf s corps, & surprenant quelquefois une redoute & autrep p qu’il y a apparence qu’ils emporteront. S’ilsne peuvente sauver en fuïanc, ils vendent leur vie le plus cher qu’ils peu-e nt, ne se donnant presque jamais de quartier,j Les habitans de Mindanao parlent indifféremment ou leura ngue naturelle ou celle de Malaga. 11 y a même plusieursL^sonnes âgées qui parlent Espagnol, parce que les Espagnolsautrefois des établiffemens parmi eux, & qu’ils avoientati desserts dans cetré Isle où ils envoyerent des Religieuxs°Ur convertir le Sultan & ses sujets. Les Espagnols les au-°ient mis il y a long temps fous leur dépendance, s’ils n’eus-pas été obligez de quitter cette Isle, pour aller défendre. la nì!l a , contre les Chinois , qui menaçoienr d’y faire uneJ^aíion. Us ne furent pas plutôt partis que le vieux Sultan depsindanao, pere deceluy qui régné à présent, démolit leursJì> 0rts . fit emporter leurs canons > & renvoya les Religieux,p tyant point voulu depuis souffrir que les Espagnols s’établífei ?t dans cette Hie. II y a peu d’Artisans â Mindanao. Lesncipaux sont les Orfèvres, les Forgerons & les Charpen-. ers * II n’y a que deux ou trois Orfèvres qui travaillent en orde'b ar § cnt i ils fout tout ce que Ton veut, mais ils n’ont point■p boutique fournie d’ouvrages prêts à vendre. 11 y a diversso 0r S;ro ns , dont les soufflets font fort differens des nôtres. Ilsfaiti tS ^* un ‘'yliudre de bois ou tronc d’arbre fur lequel onse feu. II est d’environ trois pieds de long, percé commeç n C Pompe , & placé debout à terre. Prés du bout d’en bas,tr Ut, petit trou à côté du tronc tout proche du seU. Dans ced>0" > il y a un tuyau qui porte le vent au feu, par le moyenUn gros bouquet de plumes attaché au bout d’un bâton, Ces
plumes bouchant le dedans du cylindre , én chassei t l’air kqu’elles pouíïent dans le tuyau. Ces deux troncs ou cylindressont si prés Tun de Tautre, qu’un homme debout entre lesdeux peut les faire jouer en même temps, Tun d’une main &Tautre de Tautre. Ils n’ont ni enclume ni étau,& forgent furune grosse pierre dure , ou fur un morceau de vieux canon,Cependant ils ne laiíïènt pas de faire admirablement bien de$ustensiles ordinaires & des ferremens pour les vaisseaux. Ilsne fe servent que de charbon de bois. Ils sont presque tousCharpentiers, & travaillent de la hache droite & courbe. Leurhache est petite & faite de maniéré qu’ils peuvent la déman-cher, & en la tournant en faire une hache courbe. Ils n’ontpoint de soies ,& fendent un arbre en deux pour faire deuxplanches de chaque moitié, qu’ils polissent avec la hache droi-te & courbe. Cela emporte beaucoup de temps, mais ils tra-vaillent à bon marché , & la bonté de la planche ainsi coupée& qui garde tout son grain dédommage de la peine &de la dépense. Ils bâtissent de bons vaisseaux ou barquesde grand service pour k mer, les uns pour le commerce,les autres pour le plaisir, & quelques- uns pour la guerre. C’està Manilla principalement qu’ils envoyent leurs vaisseaux Mar-chands. Us y portent de la cire de mouches à miel, qui estpresque k seule marchandise qui s’y vende. Les habitans de kville de Mindanao ,ont grande quantité de cette cire, qu’ilsachcttent pourlapiûpart des Montagnards, qui leur fournis-sent aussi l’or qu’ils envoyent,à Manilla. C’estencore d’euxqu’ils achetent la toile de coton, les mousselines & la soye dek Chine. 11s envoyent quelquefois leurs barques à Bornéo &aux autres Isles.
Les Mindanayans sont extrêmement incommodez d’unémaniéré de lèpre, ou de tigne sèche, qui leur cause de gran-des démangeaisons par tout le corps, ensorte qifà force de ségratter, ils font qu’il s’éleve de petits morceaux blanchâtres àk superficie de la peau , ce qui la rend extraordinairement ra-boteuse. Ils peuvent avoir plusieurs Femmes. Le Marié faitd’ordinaire un fort grand régalé pour recevoir ses amis, & kplus grande partie de la nuit sc passe en réjouissances. 11 y aquantité de ris en certains endroits de Tisse. Dans ses paysmontueux on plante des yames , des patates & des citrouilles.Les autres fruits font des melons d’eau , des melons musquez ,des bananes, des guanas , des plantains, des noix muscades,des doux de girofle , des noix de betel, des durions, des ja-cas ,des oranges & des noix dé cacao.
Le plantain est un arbre de trois ou de trois pieds & demi détour,& de dix à douze pieds de haut J! est produit de k racinedes vieux fans venir de graine. Loríqu’il sort de terre, il poussedeux feuilles, & quand ii a un pied de haut il en pouffe encoredeux autres entre les premicres , & peu de temps aprés deuxautres , & ainsi du reste. Quand Tarbre a un mois, on apper-çoit un petit corps presque aussi gros que le bras, & alors il ahuit ou dix feuilles, dont les unes ont quatre ou cinq piedsde haut. Les premieres qu’il pousse n’ont qu’un pied de long *& un demi pied de large. La tige qui ses porte est de kgrosseur du doigt, mais à mesure que Tarbre hausse , on voitélargir les feuilles. Comme les jeunes poussent en dedans, lesvieilles s’étendent & leur pointe panche vers k terre. Ellessont d’autant plus longues &. larges qu’elles font plus prochesde k racine. Elles tombent enfin & fe pourrissent, mais il enpouffe au sommet de jeunes, qui font que Tarbre est toujoursvert & toujours fleuri. Quand i! a atteint fa perfection , lesfeuilles ont sept ou huit pieds de long & un pied & demi delarge. Elles vont en diminuant jusques au bout, & finissentpar une pointe ronde. La tige de k feuille est grosse comme lebras , presque ronde, & longue d’environ un pied , entre fafeuille & le tronc de Tarbre. Si k feuille est en dehors , kpartie de la tige qui fort de Tarbre, renferme, ce semble, kmoitié du corps ,& on diroit que c’eft une peau épaisse. DeTautre côté de Tarbre , il y a tout vis-à-vis une autre peau quirépond à k premiere. Les deux autres feuilles qui viennenten dedans font oppoféesj’une à Tautre, mais de telle forte, quéfi les deux qui font en dehors poussent au Nord & au Sud, sesautres pouffent à l’Est & à TOiiest , & toujours dans 1e mêmeordre. De cette maniéré , il semble que le tronc de Tarbre soitcomposé de plusieurs fortes peaux qui croissent Tune fur Tau-tre. Lorsque Tarbre est dans fa parfaite grandeur, il pousse aitsommet une forte tige , plus dure qu’aucune autre partie d ucorps. Cette tige pouffe au coeur de Tarbre de k grosseur & dék longueur du bras. Le fruit vient tout à Tenrour par pelo-tons, k tige poussant d’abord des fleurs, aprés lesquelles vienÈle fruit. Les Espagnols le préfèrent à tous les autres, & le re-gardent comme le plus rieeefìàirè à k vie. 11 croît dans âé