Band 
Tome II. [E - O.]
Seite
680
JPEG-Download
 

68o

M I N

gousse qui a six ou sept pouces de long , & qui est aulîi grosseque Je bras. Cette gousse est mollette & jaune quand elle estmeure. Sa figure est d’une grosse faucille, & le fruit qu’elle jrenferme n’est pas plus dur que le beurre en temps d’hiver. Ilest d’un goût délicat, 8c se fond dans la bouche comme de lamarmelade. II n’a ni pépin ni noyau,& a feulement de la chair.Ces arbres ne viennent que dans un terroir fort gras. Les mar-chez des villes Espagnoles, de 1 Amerique, la Havane, Carta-gene > Porto- bélo Sc autres font remplis de plantains qui fontla nourriture des pauvresXeprix ordinaire est une demi-réaleou vingt-six sols la douzaine. Quand on mange ce fruit au lieude pain, on le rôtit, ou bien on le fait bouillir dans le tempspréciíement qu’il a toute fà grandeur, mais avant qu’il soittout-à fait mûr ou devenu jaune. Quelquefois les Negres pourdiversifier, mangent du plantain rôti avec un morceau de plan-tain crud qui sert de pain 8c de beurre. C’est de ce fruit seulque subsistent aux Indes Occidentales plusieurs milliers de fa-milles Indiennes. Ils en font aussi. de la boiiìon, prenant dixà douze plantains meurs qu’ils jettent dans un baquet. Ensuiteils y mettent huit pintes d’eau, Sc deux heures aprés cela fer-mente Sc écume comme du moût de biere. Cette boisson quise boit quatre heures aprés qu’elle est faite, est vive, rafraî-chissante 8c fort agréable, mais elle ne se conserve que trenteheures tout au plus. Le vulgaire de Mindanao n’est habillé quedes draps qu’on fait de cet arbre, qui ne produit qu’une fois.Quand le fruit est meur, on le coupe prés de terre, 8c on lepartage en deux. Alors on coupe la tête, laissant un tronc dehuit à dix pieds de long. On ôte I’écorce exterieure qui estfort épaiíìè du côté des racines. Deux ou trois de ces écorcesétant ôtées, le tronc devient de couleur jaunâtre & d’une égalegrosseur. Ce tronc est fendu ensuite par le milieu, ce quiétant fait, on fend encore les deux moitiez le plus prés du mi-lieu qu’on peut. On laisse tous ces morceaux au Soleil durantquelques jours, pendant lesquels une partie del'humidité fesèche , & alors les bouts paraissent pleins de petits filets. Lesfemmes qui s’occupentà faire le drap, prennent un à un ces fi-lets qui s’enlevent aisément depuis un bout du tronc jufqu’àl’autre de la grosseur à peu prés d’un fil mal blanchi. Quand ledrap que l’on en fait est neuf.il est dur Sc dure peu, Sc la pluyele rend un peu gluant. On en fait des pieces de sept à huit ver-ges de long. La chaîne 8c la trame font de la même matière 8cde la même grosseur.

11 y a dans fille de Mindanao plusieurs sortes d’animauxdomestiques Ôc sauvages, comme chevaux, bœufs, vaches,chèvres, singes, guanos, lézards 3 c couleuvres. Les sangliersy sont hydeux, & ont tous de grosses houpes fur les yeux. 11 yen a un nombre infini dans les bois. On trouve dans l’isleplusieurs scorpions qui piquent avec la queue, & les cent-piedsy sont fort communs. Ces cent-pieds sont de couleur bruneou rougeâtre, auíïïgros qu’un tuyau d’oye, mais plats, Lcont quatre ou cinq pouces de long. Leur ventre ess blanchâtre& plein de jambes de chaque côté. Us fe tiennent dans le boissec <k dans les vieilles maisons, & leur piqueure ou morsureest plus douloureuse que celle du scorpion. Les oiseaux decette contrée font des canards 8c des poules. Les oiseaux sau-vages font des ramiers, des perroquets, des tourterelles 8cquantité de petits oiseaux. On y voit des chauvefouris auísigrosses qu’un milan. 11 y a plusieurs grands havres, bras demer Sc diverses bayes de grande étendue où les vaisseaux peu-vent mouiller, 8c des rivières où navigent les barques 3 c lescanots. Elles abondent ainsi que la mer voisine cn diversesfortes de poissons. Les meilleurs sont la bonite,le brochet > lecavalli, la breme 8c le muge. II y a auísi quantité de tortuesmarines & de petits lamentins. La chaleur est assez temperée àMindanao pour être prés de la Ligne. Pendant le jour, on aordinairement des vents de mer, 8c la nuit des vents de terreassez frais. Les vents d’Est commencent à soufler en Octobre,& ne se fixent qu’à la my-Novembre. Ces vents amenent lebeau temps. Les vents d'Ouest qui souillent en May, ne fe fi-xent.qu’un mois aprés. Us amenent toujours des pluyes 8c degros orages. Us ne fouflent d’abord qùe foiblement j mais alorsviennent les grainsquelquefois un jour, quelquefois deuxjours aprés. Ces grains sont des pluyes accompagnées de ton-nerre , & viennent d’ordinaire contre le vent qu’ils font tour-ner du côté opposé. Lorsque ces grains font passez, le ventchange encore, Scie Ciel redevient serein 8c clair. Cependantentre les vallées & à côté des montagnes, il s’élcve un brouil-lard épais qui couvre la terre. Les grains continuent de cettemaniéré toute une semaine, avec des coups de vent si terriblesqu’ils déracinent les plus gros arbres, & enflent les rivièresjuíqu a les faire sortir de leurs lits, cn sorte qu’elles inondent

M I N

les terres basses. Le fort de cette orage & de cette inondationest vers la fin de J uillet 8c d’Août. U semble alors que les vi £soient bâties dans un grand Lac.L’cau emporte alors toute 1 odure du coît des maisons, Lc l’on ne fçauroit aller qu’en canode l’une à l’autre. * Dampier, Voyages autour du monde, tome 'chap. u. & 12. ,

MINDELHEIM. Petite ville d’Alemagne dans la SuaW»que quelques-uns prennent pour le Roftrum -Nemaviœ des A 'ciens, en Latin Mindelbeímum. Elle est située fur le Mindel >cinq ou six lieues de Memmingen du côté de l’Orient, '

fendue par une Citadelle, Lc capitale d’une Baronnie de »°même nom, quia cinq lieues de long &£ trois de serge,que possedent les Ducs de Bavière depuis fan i;86. * Mat;»Diét. de Holl. 1701. , /

MlNDÊN. Ville d’Alemagne, capitale de 1 a Princip aU ^de ce nom, en Latin Minia. Elle est située fur le We* cr ’neuf milles tf Ofnabruck, à dix de Paderborne 8c d’Han ° vs ’& à douze .de Ferden. Cette ville n’est pas grande, niais eest jolie & assez bien fortifiée. Elle a été libre & Impériale >ensuite elle fut foûmife à ses Evêques sous certaines reì tctions. C’est ce qui est cause qu’il est porté en termes expr.dans les Traitez de Westphalie, qu’elle joiiira de ses immu"tez 8c de ses droits aux choses sacrées 8c profanes, & de-a ïriseiìction entiere 8c mixte aux causes criminelles & clvl | *principalement du droit de Banlieue 8c de l’exercicede se U*rifdiction accordé , ainsi que des autres immtmitez & pr 1 / vl •ges qui luy appartiennent légitimement. La Principauté ^porte son nom a le Comté d’Òjçe pour bornes au Septentri 0 jceluy de Schaumbourg à l’Orient, celuy de Havenssierg 3 .Midy, & l’Lvêché d Ofnabruck à f Occident. Son éten ^n’est que de vingt- cinq à trente milles. Cétoit un Evêché u®Charlemagne sot le Fondateur fan 780. Saint Herimberg ssbaptisa le célébré Witekind, Duc de Saxe, en fut le pf ein ^Evêque. On compte parmi ses Successeurs S. Erckenhart, *Thierry 8c S. Hulmuard qui souffrirent le martire fauL’Empereur Guillaume accorda à Witekind les droitsliens 8c l’administration du temporel en qualité de Priu £e , cf Empire. Othon III. Comte de Heeíberg, fit dona» 011 rses biens à l’Eglife de Minden l’an 1392. Cet Evêché f ut ss,sedé pendant la plus grande partie du XVI. Siccle par desy íces de se Maison de Brunswick, Lc ils y établirent se ^'*8^Protestante. François, de la branche de W olfembuttel, 1® ^en 1529. eut pour Successeur son frere George, qui so l aArchevêque de Bremen. Herman, Comte de Schaumbo ur |’élû en 1569. remit cet Evêché fan 1581.3 Henry-J u ' es o(Brunswick, Evêque d’Halberstadt, qui l’abdiqua ende son frere Philippe-Sigifmond, Evêque de Ferden & dnabruck ; mais le retardement qu’il apporta à accepter 1 £S j editions qu’on demandoit, en ht pourvoir Antoine, Com te ^Schaumbourg qui mourut en 1599. Christian le Vi cu ifBrunswick, de la branche de Zell, fut son Successeur. C.çois-Guillaume, Evêque d’Ofnabruck, en obtint la pof* e ^fan 1629. Lc sc fie prêter hommage parles Etats du P 3 ) 5 ,1632. mais aprés la mort de Christian arrivée à Zell l’a n seV,George, Duc de Brunswick & de Lunebourg son frere 0gea 1 a ville de Minden l’an 1634. Lc la prit. Cependant se ^

te de Wartemberg ne laissa pas de demeurer en possessif .- e ,cet Evêché jusqu a 1 a conclusion des Traitez de W eflP. ^ ^par lesquels il sot cédé à l’Electeurde Brandebourg,q uieprendre pofleffion par ses Ministres en 1649. Il vint Ame f année suivante à Petershagen, où il reçut l’homM 3 8le serment de fidélité du Chapitre, de la Noblesse & des 3 ^ ^Etats. Les lieux les plus remarquables deda Princip 3 ^r,Minden, aprés la ville qui luy a donné son nom, so nt * íwf.hausen , Haulberg, Luhbecke & Bargen. * Audisoet, , f

MINDORA. Grande Isle de se mer des Indes, 1 un ^ et tePhilippines. Le milieu est à treize degrezde latitude. ^Iste a 40. lieues de long , s’étendant au Nord-OuelSud-Est.£lle est haute,montueuse & peu boifée.Lelieuo ^mouille d’ordinaire n’est ni fort haut n! fort bas, 8c st y j eSpetit ruisseau. Le pays voisin de la mer est fort bosse - ^

arbres y font hauts & grands, mais à une lieue plus ^L^ufssont menus Lc petits. U y a beaucoup de sangliers Lc cse ^ pg.sauvages. Mindora est fort proche de Luçon, dont else ^parée ainsi que des autres Ifles par un bras de mer - fss ^pelle le Détroit de Mindora , qui peut avoir dix lieues dc 3 8 ^vingt-cinq à trente de long. * Dampier , Voyages rtitmonde , tome 2. cb. 14. , ^ive

_ Cette Iste a pris son nom de fa ville capitale qu’on ^

vis-à-vis de f Iste de Manille, avec un assez bon Port, » Hassez peuplée pour le pays, ^^^5*