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rochers'& les rivages d’alentour sont remplis de troupeaux dechèvres, & que du lait de ces animaux on y fait d’excellensfromages, appeliez vulgairement Mifitrx , ceux du pays pré-tendent que.c’est de-là qu’est venu ce nom moderne. 11 s’en fautbeaucoup que cette ville n’ait de circuit les quarante- huit sta -des que Polybe donne à Lacedemone , qui n'avoir point demurailles dans les premiers temps. Aujourd'huy la ville &le Château ont chacun leurs murailles particulières, car Misi-tra est divisée en quatre parties détachées l'une de l’autre, leChâteau, la ville & deux gros fauxbourgs, dont l’un est ap-pelle Mesokorion ou bourgade du milieu, & l’autre Exokononou bourgade du dehors. Les Turcs appellent ce dernier Ma-ratehe. Les trois premieres parties sont séparées de l'Exokprïonpar la riviere fur laquelle il y a un pont de pierres. C’est leBabyca des’Anciens , mot Dorique qui veut dire pont. LeValìlipotamos paflë encore présentement à l’Orient de la ville,comme il faisoit autrefois. Quoy qu’il ne soit pas plus largeen Eté que la riviere des Gobelins, les grofles pluyes & lafonte des neiges le font souvent déborder. Le Château nommé To Castron est situé sur une montagne faite en pain de sucreassez escarpée & d’une hauteur considérable. Ses muraillesfont fort bonnes & fort bien entretenues. Son artillerie ne con-siste qu’en neuf ou dix pieces de canon, & fa garnison qu’endix-huit ou vingt Janissaires commandez par un Bisdar. LesTurcs disent qu'il ne sçauroit être pris que par famine, &pour en éviter Je danger, on y entretient de beaux magasinstoûjours bien fournis de bled. Chaque Turc est obligé d'yavoir le sien ,& d’en renouveller les grains tous les ans. On yvoit auflì des sosies pour le même usage qu’ils nomment Ambar, \êc afin que l’eau n’y manque pas, il y a plusieurs citernes. Dansle milieu du Château est une petite Mosquée, quiétoit autre-fois une Eglise de Chrétiens. Ce Château n’est pas celuy del’anciehne Lacedemone dont les masures paroissent encore furune colline opposée. C omme l’affiettede l'autre ne commandoitpas assez la ville, on fit bâtir celuy-cy fur la partie du Taygetcou Portuis » qui ayant été ébranlée par un tremblement deterre, ruina toute l’ancienne Sparte.
La ville est au pied du Château qui la couvre du côté duNord. Les murailles qui l’environnent sont assez méchantes.Elle n’a que deux grandes portes, & quelques fausses portesdeçà & delà. L’une des deux grandes regarde le Nord, &l’autre s Est. On va par cette derniere à l’E xokorion pour pren-dre le chemin de Monembaze, & on fort par celle du Nordpour aller à Napoli de Romanie & en Arcadie. La ville n’aaussi que deux grandes ruer, & quelques-unes petites qui yrépondent. L’une des deux grandes est l’ancienne Apketais ,appellée communément rue du grand Bavard , & l’autre est1 ’Hellenion ou rue du petit Bazar. L’ancienne place publiquequ’on appelloit Agora s’appelle Lsj«^8a^<rr,cequi veut dire enlangage Turc le grand Marché. A l’Orient de Y Agora, il y aune tres-belle fontaine qui jette l’eau par trois gros tuyaux debronze. Ce grand Marché est justement situé entre quatre oucinq édifices, qui sont aujourd’huy les plus remarquables an-riquicez de Misitra : fçavoir le portique des Persans qu’ils ap-pellent les maisons du Roy Menelas, â l’Orient de Y Agora. Cefut là que les anciens Architectes employerentpourJa premiè-re fois des colomnes travaillées en statues d’hommes pour sou-tenir des voûtes & des ornemens d’architecture , & faire l’effetdes statues de femmes qu’on nomme Caryatides) le Templed’Helene & celuy d’Hercule sont tous deux au Midy del’Agora. Le Temple de Venus armée, est à l'Occident, &ensuite on voit le Dromos Si le Platanistas , hors l’enccinte dela ville. Le Portique des Persans étoit d’une figure quarrée.Le trait fondamental de ses quatre faces se reconnoîc par lesruines qui se trouvent dans les maisons des particuliers. Enquelques endroits il y a des entre-colomnes tout entiers, avecleurs entablemens en quelques autres, les voûtes sc sont main-tenues. Le Temple d’Hercule est un grand débris où l’on voittrois pans de vieille muraille, avec quelques colomnes à demibrisées. Proche de là, vers les ruines des anciens murs de laville, on montre encore les fondemens du Temple d’Helene.Celuy de Venus n’est plus autre chose qu’une vieille mais su-perbe muraille qu’on découvre fur une petite hauteur. CeTemple étoit double, l’un élevé fur la voûte de l’autre , maiscela ne se peut plus discerner. La plûpart de ces ruines sont demarbre qui étoit commun dans le pays. La principale desMosquées de la ville est auprès du grand Bazar. C’étoitautrefois une Eglise des Chrétiens , bâtie fur les ruines duTemple Aphalm , consacré à Minerve Agoréenne & à Nep-tune.
Les Turcs ont laissé plusieurs Eglises aux Chrétiens. La
Métropolitaine s’appelle Panagia , parce qu’ellc est consacrasà la Vierge Toute-Sainte. Elle a sept dômes au dessus de j*voûte, quantité de colomnes & de fort beaux escaliers ou j emarbre brille de toutes parts. Le pavé est d’un ouvrage a *Mosaïque, c’est-à-dire, de pieces rapportées de diffèrent,couleurs, qui font un tres-bel effet. II y a dans cette Eg‘ i:une Image miraculeuse de la Panagia peinte sur du bois.Malades y viennent réclamer son entremise auprès du Seigneu/'On tient que fur cette Image il se forme une espece de 'queur que les Caloyers recueillent avec beaucoup de refp^I!s en mouillent de petits linges, & on dit que leur app ^ iC T etion est un souverain appareil sur les Malades. Le PrélatMisitra porte le titre de Métropolitain. Son Palais qui toucaux murailles de l’Eglife est assez beau. 11 y a du logent 11pour dix ou douze Hieronomonako ou Caloyers, qui r f a ~plissent les dignitez de la Panagia. Du côté du Sud Est en uMonastère de Pilles de saint Basile, dont J’Eglise est encoí^dédiée à la Panagia , & surnommée Pandanessi". Elle est b eaUcoup plus belle que la Métropolitaine, quoy que plus peti te *Lc marbre de ses murailles, de ses corregidors & defes*: 0 'lomnes est plus riche & mieux travaillé. La Mosaïque del°pavé est de couleurs plus vives, & la disposition deíês doM^mieux entendue. Elle n’a pourtant que cinq dômes si uí / e ,gnent avec une agréable íymmetric autour d’un cloches sohaut, où il n’y a point de cloches. LePandaneíIï a été bapar le Despote Théodore, qui avoir épousé une Italiennela Maison de Maiatesta, ce que fait connoître une inscrip 1 *?qu’on voit dans l’Eglife en caractères Latins , au dessous dportraits du Despote & de son épouse, qui y sont reprisent® 'tenant chacun une couronne Impériale á Ja main, pour en rare hommage à la Toute Sainte. L’Eglife d ’Agios Nicolaos esituée à l’Òiiest de Misitra, & n’a rien de considérable dansstructure ; mais on en voit une dans le Mesokorion, eon>crée encore à laPanagia, Lc qui est au dessus de la Cathedra ■
Sl du Pondant (fi. On l’appelle Perileptos. Le dedans est enrI c ostde peintures admirables, Lc il n’y a rien de íì achevé que ^portail Se ses dômes. Le marbre de ses colomnes difp ute , sbeauté avec le travail, & tout l’cdifice mérité l’attention ',curieux. On voit encore au Mesokorion une Eglise confa crà Ag’a Parafent. C’est ainsi qu ils appellent sainte Ven e í ade. Quelques-uns donnent aussi ce nom Latin à M* 111 ^Toutes ces Eglises ont chacune leur Gynekiti , c’est-à-dire > uenceinte particulière où les femmes Grecques entendent I e ^vice divin, toûjours séparées des hommes.
La plus superbe Mosquée qu’ayent les Turcs à Misi tra ^dans le Mesokorion, à l’entrée de Bujuk^ Sukat ou !a ê r3tl ^rue. Elle a été bâtie par le Grand Visir du Sultan A murât- ^fa construction a achevé de ruiner les riches antiquité? .cette ville , d’où il a fallu tirer le marbre & les matériaux 4^ont servi à l’élever. Cette Mosquée a des dômes quicore plus beaux que ceux des Eglises, fans parler des M ^rets qui sont travaillez avec beaucoup de délicatesse. E’’ e ^che à un magnifique Imaret ou Hôpital des mieux rentesla Turquie, où l’on distribue tous les jours »uxPauvresKietsket , qui est du mouton bouilli avec du ris, & du Z# \qui est de I’eau Sc du miel bouillis ensemble. Les M a ‘ at . eJjSfont encore mieux traitez. Maures, Juifs, Turcs ou ^ reC Lu-chacun y est bien reçu.Les chiens même & les oiseaux y trvent leur portion. M-
On compte prés de deux mille maisons habitées danssitra , Lc autant dans le Mesokorion ; mais ces dernieres ^beaucoup plus belles. Aussi est-ce le séjour des Aphenf*des Chelebis. Ils y ont de fort beaux Serrails, Lc ontsoinentretenir de tres-agreables jardins arrosez par des rig°* j £Srées du Valìlipotamos. Chaque jardin a ses pompes P°° zarSjets d’eau qui y sont en grand nombre. II y a deux badans le Mesokprion. Dans le plus grand, on voit lasontain (0 -les Anciens nommoient Dorcea .Entre la riviere & I e t \\érion sont le Platanifias Lc le Dromos. Le Platanist * 5 ,, ll( iaujourd’huy Platanon , est un bosquet de platanes, qui ieí ] jj e uombrage tres-délicieux. Le Dromos étoit un Gymnafiost 0 j 3d’exercices composé de Palestres, de Xistes & de Stadip ‘ ^Palestre étoit un terrein destiné â la lutte, couvert de > a . £llde bouc, pour empêcher que les Aihletes ne sc fissent ^sc renversant. Les Xistes étoient des portiques couver ^ ^pendant le mauvais temps on faisoit le même exercice >Stadion étoit une carrière pour la course , environnée K^ [esieurs rangs de degrez, qui étoient élevez fur une ^ ce fjsfaite en portion d’ovale , dont chaque côté étoit de 1 ^(>pieds Athéniens, ce qui déterminoit le stade. De chat] 1 ! ^de la riviere sont de tres-belles prairies. La charité M a