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Tome II. [E - O.]
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l ane en abandonne l’herbe aux Voyageurs pour la nourriturePleurs chevaux. 4

H y a deux fort beaux Caravanscras à Mifitra, mais particu-Le rement le nouveau qui a des chambres où les paflans logent,y e c des écuries. L’autre qui est proche du chemin de Napoli,n . e st qu’une grande écurie avec un relais ou corridor dePerrés, élevé de quatre à cinq pieds, & large de íix à sept quirc gne par dedans autour des quatre murailles. Les Voyageurs^ttent de la paille ou des matelats fur ces relais & dormentOn y a pratiqué de petites cheminées pour faire leurJpUifine. Le pont est bâti de pierres > & fes arches paraissentanciennes. II y a prés de mille maisons dans l’Exokorion,elles sont presque toutes habitées par des Juifs qui ont là, ne Synagogue. Elle est plus belle que les deux autres quej, es Turcs leur ont accordées, Tune dans le Mefokorion, &a Utre dans Mifitra. Les Saducéens qu’iîs appellent Kœraim , jUt leurs Synagogues & leurs cimetières séparez, &ne fe ma-le ut jamais avec les autres Juifs.

t circuit de Mifitra, du Mefokorion & de lExokorion neait p as j a njoirié ( }e l’ancienne Lacedemone. On le connoîtque de ce grand nombre de Temples que les Anciens* V( ssent consacrez en particulier à Pallas & à Diane, à peiner ° u ve-t*on le terrein d’un ou de deux dans Mifitra. Parmi septhuit que Pallas avoit à Sparte, celuy que l’on furnommoit"tlcioëcos , étoit le plus célébré de toute la Grece. On croit^ d étoit bâti fur le terrein où est le P enleptos , & une tradi-l 0n de plus de deux mille années fait dire qu’il étoit d’ai-ain. U y âvoit dans Sparte des Temples ou des Autels confa-à la Pudeur, au Sommeil, à la Mort, à la Peur, à la Faim,a quantité de passions de i’ame. La famille des Atrides, &partie de celle de Priam y avoicnt auffì des Temples. Pâ-> Caflândre fa soeur , Menelas, Agamemnon, Clitemnestre,

, & une infinité d’autres y étoient adorez. Le Temple

Venus armée étoit dans le quartier d ’Agios N tcolaos , qui estOccident de Mifitra, & on en voit encore les ruines fur unePetite éminence. Proche de-là étoit le Temple de Phoebé &

_ Hilaïra, nées d’uneméme couche, qui ayant donné de l’a-^lour à Castor & à Pollux furent enlevées par eux, quoy quej y ue sot Prêtresse de Pallas, & que l’autre le fût de Diane.On^uirnommoit Leucipides. On montre encore aujourd’huy àfiltra Fendrait où étoit la maison de ces deux jumeaux. Onj°y°it aux environs le Cenotaphe du vaillant Capitaine Brasi-j* s >& prés de ce Cenotaphe les tombeaux dePaufanias & dec °nidas. Vers î’endroit où étoient ces tombeaux , paraissentaùclques vieux fondemens du Théâtre de Lacedemone. II n’yP*s soixante ans que l'on y voyoit encore cinq ou six colom-vj?de son enceinte exterieure. Les nouvelles murailles desotra ont couvert & comblé l’ancienne rue Theomelida, dont^ parle plus vers Agios Nkolaos.non plus que du tombeauJ- s Rois de la branche d’Eurislhenes. Le lieu que les AnciensPPelloient Scias , fe nomme aujourd’huy cuk^Giut Bazar , lej? tlt Marché. Pausanias dit que de son temps il fervoit au peu-lieu d’aflèmblée. Ce fut là que pour marquer la fevere*j.. ci pline des Spartiates, ils attachèrent la lyre du Musicienr ^ 0 thée, à qui ils firent payer une amende pour s’être inge-p 1 y ajoûter quatre cordes, la lyre n’en ayant eu que sept au-. savant. Quoy qu’ils aimassent la Musique avec passion, ilsto ?ient si jaloux des méthodes simples & uniformes, que c’é-lt Un crime de les vouloir altérer par des rafinemens nou-eux.

^ ? n sortant de Mifitra pour aller du côté du pont, on voit àjAUi droite vers leMidy les fondemens des murs de l’ancienne.^?demone,8t plus bas du même côté,on trouve une grande> bornée à l’Orient par la riviere, & à l'Occident par lee ‘okorion. C’est là que sont le Tlataniotas & le D romos. Lehuiler est fur le rivage duVafil potamos au Sud-Est du Dromos,de ? atu . re X produit encore quelques platanes à la place de ceuxr e 1 équité, & les jardins des Serrails voisins en sont touts>U7r^ S : ” v ^ ere s’y partage en plusieurs bras, fans qu’on

l ç p discerner celuy qu’on nommoit l'Eu ripe , c’est-à- dire,l e atlal quï formoit l’Isle fameuse, où fe donnoit tous les ans^ottibat desEphebes. Ces jeunes hommes qui prenoient ceen sortant de leur dix-huitiéme année & qui le quittoientpy jpfiant dans la trentième, fe partageoient en deux troupes ,5 sous le nom d’Hercule, l’autre sous celuy de Lycurgue,v en - CUne . entr ant dans l’iflc par deux ponts opposez, elles feq u .-? Ient livrer un combat où l’acharnement étoit si grand,c hir S Euiployoient la force des ongles & celle des dents à fe dé-rnijj 6 . e y ifage & à fe crever les yeux, en sorte qu’il ne fe ter-d e j*TnP°so. t > qu'un des partis n’eût jette l’autre dans le Canal*fie. Cicéron qui a vû ce spectacle à Lacedemone, enLomé I í.

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parle en ces termes : Adolefcentium greges Lacedemone vidimusipfi incredibili conteutlone certantes , pugn'ts , calcibus , ungtu-bus , morfu denique ut exanïmarentur priàs quam fe victos fa-terentur. Aujourd’huy les Turcs viennent souvent fur cette es-planade travailler leurs chevaux, & tirer de Tare & du mous-quet. I! n’y a présentement aucune antiquité remarquable dansl’Exokorion, & les maisons ne valent pas qu’on y arrête lesyeux à la réservé de trois ou quatre Serrails qui sont fur le bordde la riviere. A une portée de mousquet de l’Exokorion , ondécouvre du côté du Nord une colline où font des vignes quiproduisent le meilleur vin delaMorée. On ne les appelle pointautrement que les vignes de Mifitra, parce qu’elles sont fur lamontagne qui porte ce nom. C’est le même terroir où Uliffèplanta une vigne de fa propre main lors qu’il vint chercherPenelope à Lacedemone.

L’habit des Mahométanes de Mifitra ne différé point de ce-luy que portent toutes les femmes de Turquie, mais quandelles font dans les rues, cet habit les cache d’une telle maniéré »que les Turcs disent en riant que c’est une prison faite de linge& de brocard. L’habit des Chrétiennes de cette même Villen’est pas tout d’une longueur comme celuy des Mahométanes»Elles portent des Corps & des Jupes. Le Corps est ordinaire-ment de satin par bandes de plusieurs couleurs, chaque bandede deux ou trois pouces, mais comme il est court, il leur dé-robe la beauté de la taille. Les manches sont longues & étroi-tes. La Jupe est aussi par bandes de trois ou quati^âeces d’é-toffe de couleurs différentes qui en font le tour. «e'ronge &le bleu sont les couleurs ordinaires. Ces Corps étant courts,les Jupes montent fort haut & ne descendent qu’à my-jambe ,mais elles font chauffées tres-proprement. Elles laiflent tom-ber un peu de cheveux à chaque côté du visage. Le reste estrenfermé dans un bonnet de satin de couleur, toujours tres»propre, qui est couvert d’un voile blanc de toile tres fine, &qui pend un peu derrière la tête. Tout le divertissement desFemmes Mahométanes quand elles font ensemble, consiste àfaire des ouvrages à l’aiguille, ou bien à prendre un de leurslivres de dévotion qu’elles nomment Mtbemet Dia , ce quisignifie les patoles de Mahomet. Elles choisiffent dans lacompagnie celle qui a la plus belle voix, afin d’en lire un cha-pitre en chantant.Les autres l’écoutent avec une attention respe-ctueuse , & luy répondent de temps en temps en chantant aussi.

Quant aux jeunes filles, elles s’aflemblent vingt ou trentepour danser, ce qu’on nomme le divertissement du Fìoinar.Elles ont une cspece de grand bassin de cuivre en forme d’untambour appelléTepJi, qu’elles battent avec les doigts, & il ya de Uadrefle à le bien battre. L’une d’elles chante & s’accordeau son du Tepfi. Les autres font affiles fur des carreaux & par-tagées en deux rangs, au milieu deíquels il y en a deux quidansent face à face, s’éloignant ■& Rapprochant l’une de l’autreen cadence. Quand elles font prêtes à fe rencontrer, files feglissent de côté & tachent dc s’éviter en affectant de fe joindre.Apres cinq ou six passades, elles se tournent vers celles quifont assises, & il leur est libre d’en choisir deux pour venirdanser en leur place. Elles parlent en chantant à celles qu’ellejchoisissent, & la préférence qu’elles leur donnent est une gran-de preuve d’amitié. Le signal qu’elles leur font ne suffit point.Elles prennentun mouchoir, & dansant toujours, elles le pré-sentent à celles qu’elles chérissent, leur tendant les bras & lesinvitent à fe venir jetter à leur cou. Elles changent les parolesde la chanson, & disent Guel ubenem , c’est -à-dire , venez mebaiser. O.i les voit quelquefois sauter avec tant d’action, qu’el-les font tomber leur Tchember. C’est un linge blanc & délié quienferme leurs cheveux comme une efpece de coëffe, & qui entombant les laisse flotter agréablement fur leurs épaules. Lesmouchoirs servent à toutes les danses de Mifitra. Quand lesjeunes filles Chrétiennes dansent aux noces de quelque parent,comme les Grecs ne portent jamais de gands , elles ne donnentpoint la main aux Garçons, mais ils se tiennent par le moyend’un mouchoir que la fille présente au garçon modestement.Si le garçon sc hazardoit à gliffèr fa main, il n’y a aucune fillequi ne l’en punît par un soufflet. II s’est vû des noces troublées& des mariages rompus pour cela. Ils dansent toujours par fi-gures , & comme ils ont l’oreille fort bonne, ils font ces figu-res avec beaucoup de justesse. Tantôt ils forment un cercle &dansent en rond. Tantôt ils font deux longues files opposéesqui vont à la rencontre l’une de l’autre. Quelquefois les garçonsdansent d’un pas grave, Si quelquefois ils jettent les jambesen arriéré &c en avant, mais les filles les suivent toujours d’unpas modeste, les yeux baissez, & le mouchoir à la main pour serejoindre aux garçons selon que les airs le demandent.

Lorsque Mahomet II. fut maître de Mifitra, la formedti

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