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Tome II. [E - O.]
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des oiseaux dressez pour la fauconnerie, & des tireurs ÍÎ ha-biles , qu’ils manquent fort rarement de percer avec leurs flè-ches les oiseaux qui volent. Ils prennent les cerfs avec d’au-rres cerfs privez , qui portent aux cornes des lacs > où les cerfssauvages qui viennent pour les heurter, s’embaraffent. LesRois ont le plaisir de chasser dans le temps même qu’ilsvont à la guerre. Ils font entourer une forêt par troisou quatre mille soldats qui se tiennent chacun par la main& qui parleurs cris repoussent dans cette forêt les bêtes quicherchent à en sortir poursuivies par les Chasseurs. Un autredivertissement que ces Rois se donnent presque tous les jours,c’est de faire combattre plusieurs élephans. On les amènecouverts d’or & d’argent, au son des trompettes. Ces ani-maux se blessent mortellement, & ne peuvent être séparez quelorsqu’on allume quelques fufées devant eux. On leur faitaussi attaquer des chevaux sauvages , & quelquefois un seuléléphant en combat fìx. Ils font encore ces mêmes combats ,contre des léopards, des lions, des loups & autres bêtes. II s’enfait aussi de chevaux & de crocodiles. *Davity, Etats du Mogol.

Selon ce que rapporte Mandeflo dans son Voyage des In- jdes, sir. 1. il n’y a point de Dignité héréditaire dans tout TE-tatdu Mogol.Ceíîe de Ra/gion Raja est personnelle,& se don-ne plutôt au mérité qu’à la naissance. Ce n'est pas qu’il excluedes Charges les enfans de ceux qui ont bien servi ; mais il leuren donne de moindres par lesquelles ils peuvent s’avancer jus-ques aux premieres du Royaume, si une vertu extraordinaireles y appelle. Les Charges les plus considérables font celles depremier Visir qui est comme Je Chancelier, Je Trésorier > loChef des Eunuques, qui tient la place dc Grand Maître d’Hô-tel, le premier Secretaire d’Erat. le General des Elephans . &le Garde des meubles, des tentes & des pierreries. Ce fonteux qui composent le Conseil du Prince, où l’on admet aussiquelquefois le Couteval , qui fait la fonction de Grand Prévôt,& de Capitaine de la Garde du Corps. Le Conseil se tientle soir depuis sept jusques à neuf heures dans une (aile qu’ilsappellent Gasalean. 11 ne se passe preíque point de jour que leMogol ne se fasse voir le matin au lever du Soleil, sur le midyquand il voit combattre les bêtes, & vers le soir qu’il se retiredans son plus secret appartement au bruit des tambours 2c destimbales, & aux acclamations du peuple qui luy souhaite unelongue & heureuse vie. On trouve dans les registres de ceRoyaume que les Provinces de Candahar, de Kabul, dc Gu-zarate , deCaflìmer, de Barampour, de Dely, de Bengala ,d’Agra, d’Orixa & quelques autres, rendent tous les ans centsoixante & quatorze millions cinq cens mille ropias, qui fontquatre-vingt sept millions deux cens cinquante mille écus, &que le Guzarate peut fournir quatre vingt dix mille chevaux,Cambaya douze mille, Kabul autant, Orixa quatre-vingt mil-le , & Dely cent cinquante mille, fans ceux que l’on peut en-core tirer des autres Provinces. Toute cette Milice est distri-buée en divers Regimens, dont les uns sont de quinze ou dou-ze mille chevaux pour lessilsduRoy, & pour les premierespersonnes du Royaume, qui commandent aussi à ceux quin'ont des corps que de deux, trois ou quatre mille chevaux.Leurs plus grandes forces consistent aux Elephans qui portentfur le dos des tours de bois garnies de trois ou quatre arque-buses à croc,&autant d’hommes pour gouverner cette artillerie.Les gens de pied qui n’ont point dè mousquet, ont avec Parc& la flèche une pique de dix ou douze pieds, par laquelle ilscommencent le combat en la lançant contre l’ennemi, II y en aqui s’arment de cottes de mailles qui leur vont juíques auxgenoux 5 mais peu se servent de casques, à cause qu’ils en se-roient trop incommodez daris lés grandes chaleurs dc cepays-là. Us ne içavent ce que c’est qu’avant garde, corps-dc réservé,& arriere-garde , ne connoiíîent ni front ni file & ne formentpoint de bataillon ; mais ils combattent cn confusion & fansaucun ordre. Les Elephans lèur fervent comme de retranche-ment pour soutenir le premier effort des ennemis ; mais il ar-rive souvent que le feu d’artifice qu’on employé pour effarou-cher ces animaux, les met dans un grand désordre. Leurs ar-mées ne font que quatre ou cinq lieuës par jour, & quand ellescampent, elles occupent une si grande étendue de terre, quenos plus grandes villes n’en approchent point, enforte qu’iln’y en a aucune qui soit plus regulierement distinguée en rues,en marchez & en autres lieux publics, pour la communicationdes quartiers & pour le débit des vivres.

Quand le Mogol marche en personne à Ja tête de son arméeou qu’il va prendre le divertissement de la chasse, il se fait ac-compagner de plus de dix mille hommes. A la tête de cettetroupe marchent plus de cent Elephans avec leurs couverturesd’éearlate, de velours ou de brocard, Chaque Eléphant porte

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deux hommes, dont l’un gouverne cet animal en luy touchantle front avec un crochet de fer, l’autre tient une grande ban-nière de soye en broderie d’or & d’argent. Les lèpt ou huitpremiers de ces animaux portent chacun un Timbalifle- L®Roy est fur un beau cheval Persan, ou dans un carrosse tire pardeux bœufs blancs dont les cornes sont fort larges & P rnieîd’or, si ce n’est qu’il sc fasse porter par des hommes dans un P a 'lanquin > changeant ainsi souvent de voiture. Les Rafgi & * eSOfficiers de la Cour marchent après luy, & ont derrière euxcin^ou six cens Elephans, Chameaux ou chariots charge? debagage. 11 loge fort souvent à la campagne où il fait dresserses tentes, tant parce qu’il y a peu de villes où il puisse trouve*les commoditez nécessaires pour le logement de la Cour, 9 U ®parce qu’il aime à camper l’Eté en des lieux frais, & l’Hy v * fen des lieux chauds. Par ce moyen il sc rend Maître des Sai-sons comme il l’est de tout ce qui est soumis à fa puissance, 1fait dans Agra fa résidence la plus ordinaire, & l’on y célébrsdeux Fêtes principales avec de grandes cérémonies, L’une elcelle du premier jour de Tannée, que Ton appelle Sdurotis •»Nattrus ou Norose, ce qui veut dire neuf jours, quoy qu'essen dure dix-huit. Quand ce temps approche ; cn dresse de vanle Derbar ou Palais du Roy un échafaut de quatorze pied 5 d®haut, de cinquante-six de long, & de quarante dc large. C ;ngarnit d une balustrade qui régné tout à Lenteur, & on ses 011 "*vre par tout de riches tapis. Auprès de cet échafaut, on fâït uslautrç bâtiment de bois peint & embelli de nacres dc perses *où sc mettent quelques-uns des principaux Seigneurs de * aCour, qui ne laissent pas de faire dresser leurs tentes dans I 3premiere cour du Palais, Ces tentes sont remplies de tout f®qu’ils ont de beau & de riche, qu’ils prennent plaisir à fais®paroître ce jour-là.Le Roy accompagné des sept premier 5nistres d’Erat sc place fur Téchafauc, où il s’aflìcd fur des car-reaux de velours en broderie d’or & de perles, & il y arts 0les prefens qu’on luy veut faire. La Reine y a une gaseri e »d’où, fans être vúë, elle voit tout ce qui se passe à cette F ete ‘Le Roy au sortir delà, se met sur son trône ordinaire où i' f®'çoitles prefens du peuple, ce qui est continué pendant à} *huit jours. Vers la fin de la même Fête, le Roy fait scs prese 0à son tour. Ces prefens consistent en Charges & en nouvel*®Dïgnitez, qu’il distribue à ceux des Seigneurs qu’il en juge * eplus dignes. -,

L’autre Fête principale est celle de la naissance du Mogol-la commence par toutes sortes de divertissèmens, après lefq ueil va au Palais de la Reine fa mere, si elle est encore vivante «& luy fait faire des prefens par tous les Seigneurs. L'aptes- *née il prend scs habits les pfus superbes, sc couvre d’or &pierreries, & ch^jjgé plûtôt qu’orné de richesses inestimable »il entre dans une rente où les plus Grands de fa Cour l attesdent. 11 y trouve des balances d’or massif, auffi bien fl ue .chaînes qui les tiennent suspendues & qui sont garnies de P 1 ®reries. II sc met dans Tune de ces balances afin qu’on le Pf *8 t on remplit l’autre de quelques sacs d’argent, d’un faÇ dde diverses pierreries , de pieces d’étoffis de soye, de toise » ,poivre, de doux de girofle, de muscade , de cartellc, de b’de légumes & d’herbes. On tient un registre exact de la m ..rence du poids qu’on y trouve tous Je s ans. Le Roy difl rlb ’“ eluy même aux pauvres Tor &Targent monnoyé, on don ^le reste aux kan jans. Cela fait, le Roy sc met fur son trône,fait jetter parmi les Grands des noix, des pistaches , des am ades & plusieurs autres fruits d’or 3 mais faits de telle.nw 01 ®que le millier ne pèse pas trente écus. La Fête fini t pargrand festin que le Roy fait aux Seigneurs, avec lesquels il P 3 ‘la nuit à boire.

Les Mogols celebrent une troisième Fête qui commence ^jours après la nouvelle Lune du mois de Juillet. Elle e .Thonneur de deux Freres nommez fanz,e & famv&ée - .

teurs du Prophète Aly. Ces deux freres étant allez en peler* ^gc à une dévotion particulière fur la côte de Coromandel, ^rent a'taquezpar les Bramins & autres Idolâtres qui le 5traignirentde se retirer dans un Château où ils les aíneg®. 1 ^Us soutinrent le siégé assez long- temps, mais ne pouvant * e ’foudre â boire de Teau que les Paiens avoient prophanee e jjettant un lézard, animal immonde pour qui lesMahotn cont aversion, ils firent une sortie dans laquelle ils demeurer^morts fur la place. Ainsi dans la célébration de leur Fête, ^porte par les rués des bieres couvertes d’arcs, de flèches > ^turbans,de cimeterres & de vestes de soye, que le peuplecompagne de gémissèmens er?mémoire de leur Mort. L eSdansent, les autres frappent leurs épées les unes contre se 5 , 3 ^tres, & il y en a même qui sc découpent la peau, en s°. rt r eljr sle sang ruisselle de tous cotez. Le soir ils dressent p* u 1

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