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Tome II. [E - O.]
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noires extrêmement grosses, ensotte qu’à peine deux hommesen leveroient une. Ces pierres font si bien jointes, que rien nes’en est démenti depuis dix-huit cens ans qu’elle est pavée.Procope en parlant de cette chauffée , a dit qu’il- sembloit quela nature l’eût faite sans aucun secours de sart, congenìtì noncongefii lapides.Les charrettes,les chevaux & les mulets qui ontpassé par dessus tant de siécles font depuis rendue tres-polie&tres- luisante , & quand le soleil donne defîus on la voit brillerde deux milles, comme si elle étoit d’argent ou de glaces demiroir. Quelques milles au delà de Mola, en allant versSeffe, on trouve fur le chemin les restes d’un aqueduc , qu’ondit avoir été fait pour conduire les eaux dans Trajeto , villequi paroît prés de ce lieu là fur une montagne.L’on y voit aussiles ruines, comme d’un amphithéâtre , dont la figure sembleavoir été ovale. Ce qui en reste est si peu de chose, qu’on nepeut dire avec certitude si c’étoit une maison ou quelque autrebâtiment. * fournal d’un Voyage de France & d’Italie.

MOLALIA ou Molatlle. L’unedes Iûes d'Afrique, quifont connues sous le nom General de Comara. Elle est situéeà onze degrez vingt minutes de latitude meridionale.On trou-ve dans cette Iste des vaches en abondance , des boucs, desmoutons qui ont de grandes queues, des lapins, des poules,& plusieurs fortes de fruits. Les maisons sont bâties de pierres& de ciment, & enduites de plâtre. Le toit est fort bas &couvert de lates avec des feuilles par dessus. Cette Ifle n’a-voit autrefois qu’un Souverain qui prenoit le titre de Sultan;mais aprés la mort d’un des derniers qu’elle a eus, le gouver-nement fut divisé entre deux garçons & une fille qu’il laissa &qui prirent chacun pour leur partage un des quartiers de cetteIffe. Chaque Sultan est d’ordinaire accompagné d'une fuitede vingt personnes, & porte un habit rouge & bleu qui luydescend jusques aux talons avec un turban qui couvre ía tête.Ses sujets sont habillez à peu prés de la même forte. Ils mâ-chent continuellement, tant le petit peuple que les grands, unmélange fait d’écaille d’huîtres brûlées, d’un fruit nomméArec a , & de fèiiilles de bétel, ce qui empêche la fluxion, dé-tourne les caterres & affermit les gencives. * De la Croix, Re-lation de f Afrique , tome 4.

MOLAIRES. Bourg ou village d’Espagne dans l’Andalou-sie, en Latin Malaria. II est situé à huit lieues de Seville du côtédu Midy, & pris pour l’ancienne Seripo. * Ma:y ,Diiï. de Holl.1701.

MOLDAVIE. Principauté d’Europe, qui est la ValaquieSuperieure, & qui a pris du Fleuve Molda le nom qu’elle aaujourd’huy. C’estencore la Caro Bogdonia des Turcs, c’est-à-dire , Noire Baddiane, nom qui luy est venu ou du bled noirqu’elle produit, ou du titre des Princes de cette Contrée quise qualifioient Bogdan. Ce titre qui signifie Don de Dieu, estformé de Bog ou Bogb, qui en Esclavon veut dire Dieu, & deDan , Présent ou Don. La Moldavie a quatre-vingt dix lieuesd’étenduë d’Orient en Occident, &• soixante & dix du Sep-tentrion au Midy , où quelques- uns luy donnent le Danube& une partie de la Bulgarie pour bornes, à l’Orientla Vala-quie , au Septentrion la Transsylvank , & au Couchant laHongrie. Ainsi les villes de Buckerest & de Tergowits luyappartiendraient, quoy que la derniere«it toujours passé pourla Capitale de la Valaquie ; mais des Relations de gens qui ontété fur les lieux, ne s’accordent pas à cette situation, non plusque les Histoires anciennes, qui parlent de la Moldavie, com-me d’une contrée plus voisine de ía Pologne que la Valaquie ,que l’on a toujours conçû s’ctendre jufqu’aux rives du Danu-be , & par conséquent être plus Méridionale que la Moldavie ,qui s’étendoit davantage à l’Orient & au Septentrion. Elle estarrosée par laPruth, par le Molda, par le Bardalach & autresrivières, & la ville de Saczova est l’ancienne résidence des Vai-vodes de cette Principauté. Les plus considérables de ses au-tres villes sont Jaíîì, & Choczin fur le Niester. Le peupleauíîì-bien que celuy de Valaquie y est cruel, inconstant, ad-donné à la sorcellerie, & Ia plupart Rattachent à la croyancedes Grecs. La Moldavie a eu autrefois ses Ducs ou Princesparticuliers, dépendans ou tributaires des Rois de Hongrie.On les appelloit alors communément Myrtocas ou Vaivodes.Mirtza signifie proprement fils de Prince, & Vaivode, Generaldes Troupes, Homme du Roy, ou Gouverneur dans uneProvince. Quand ceux de Valaquie & de Moldavie se furentsoustraits del’obéïffànce des Rois de Hongrie, ils prirent desGrecs le nom de Despotes, qui étoit la premiere dignité apréscelle d'Empereur. On leur donne encore quelquefois ce der-nier nom , ou ceux de Hofpodars , ou de P alatins. Dans letemps que Selim II. subjugua la Valaquie, ce qui arriva en1574. la Moldavie dependoit du Turc par la résignation VL-

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lontaire qu’un de ses Princes cn avoit faite au Sultan; msotis Amusât & Mahomet III. ces deux Provinces s’affranc 1*rent de la tyrannie des Ottomans par le secours que l eur _Sigifmond Battori, Prince de Transylvanie. L’an i6n.s nomas ou Tomsa, Soldat de fortune, appuyé des Tartaresdes Turcs, s’empara de la Moldavie, & défit en une bataiConstantin , fils de Jeremie Mohila, que les Polonois avoienétabli Vaivode. Patoce, beau frere de Constantin, luy a)' aI1mené du secours, fut fait prisonnier, auíïi-bien que luy >envoyé captif à Constantinople. Constantin qui fut pris pailes Tartares, mourut inconnu dans une longue & rude cap»'vité. Thomas posséda la Principauté de Moldavie jusqu £didiS.par Ia protection des Turcs, qui l’en dépouillèrent alorpour y établir Gratian. Ce dernier ayant voulu découvrir »Roy de Pologne les desseins de BetlenGabor, Prince ‘Tranflylvanie contre les Chrétiens, éprouva la vengeance dces Intìdelles. Quoy que secouru par Zoikievi, General dePolonois, il fut tué par les Moldaves dans un tumulte esss’éleva parmi les troupes l’an 1611. Ce General y périt aussi,A l’on envoya íà tête"à Constantinople. Les Turcs déclarerenensuite la guerre aux Polonois ; mais leur défaite auprès dChoczin les réduisit à faire la paix le 9, d’Octobre de l'annecsuivante. Depuis ce temps-là, les Vaivodes de Moldavie unété entierement dépendans des Turcs & leurs tributaires. F £Moldaves auflì-bien que les Valaques ayant pris le parti deMécontens pendant les dernieres guerres de Hongrie, fe sonressentis du revers de fortune que ceux-cy ont éprouvé. L?Cosaques fidelles que commandoit le General Kuniski, dp 1 'rent leurs troupes & celles des Tartâres en 1684. Lc HoipO'darDuca, Prince de Moldavie, fut fait prisonnier avec afemme , & sans que l’on voulût écouter les offres qu’i! ft dpayer cent mille écus pour Q rançon, & de faire hommage dfa Principauté au Roy de Pologne s’il vouloir le rétablir?fut emmené à Leopol, où il mourut l’année suivante. P £tr °'zensco ou Etienne Pierre, sot établi en sa place, & par la P r °'tection de la Pologne, il y a été maintenu, quoy que les Tuf £ayent entrepris de l’cn cha {fer , pour donner fa Dignité dVaivode à Dimetre ou Demetrius. * Ut fi, & Defcr. du Roj/AU’Hde Hongrie , liv. 4.1688.

La Moldavie est gouvernée par un Vaivode qui fe dit dsoses Lettres, Seigneur ou Roy de Moldavie. Les Fils, tant batards que légitimés succèdent indifféremment à leurs Pères £cette Principauté , mais comme l’etiviede régner les fait f ° npirerles uns contre les autres, aussi-tôt qu’il naît unF» saPrince Moldave,on luy fait certaine marque avec un fer chau »afin que quelque soit son âge , on puisse connoître s’ss £ ^de la Race à laquelle la Souveraineté du Pays doit appa rtenir.Le Turc envoyé à ceux qui sont choisis pour Vaivode? uétendard , un cimeterre & une maflè d’armes fort riches. LPrincipaux de la Province s appellent Boyers. Le Turc wdepuis un affèz grand nombre cî’années un Bacha à Moncalpour tenir ces Provinces en bride, & arrêter les Cosaque* > ‘cause que cette Place est sur les frontières de ce qu’il F°&proche duDanube.ee qui porte grand dommage à la Molvie, pareeque sous prétexte de vouloir fortifier ou d’une auintention , ce Bacha tire de cette Province plus de cent W 1sequins tous les ans. Les Vaivodes sont fort rigoureux à le°Sujets afin de les matter par la crainte. Us les font mourir q u£quefois cruellement pour des fautes tres-legeres, les font epaler, écorcher tout vifs, aveugler, ou bien on leur cov?les oreilles & le nez. Si quelqu’un vend feulement unede raisin ou quelque autre chose dont le Vaivode tire trifans en avoir eu la permission, on le fait mourir, ou il est - e{ e

té par les rues avec un crochet au nez Sc les mains liées derrle dos. Quant à ceux qui sont condamnez à la mort pai,^Justice, on lès laiflè étendus au milieu des Places, a 3servent de pâture aux chiens & d'exemplc aux hommes. Udes Tartares en cette Province qui ont plus de cinq censjets. Geux-cy vivent de chair de cheval, sont fort terri ’& sont obligez de servir le Vaivode contre les autres Tarqui font souvent de tres-grands ravages dans ce fa)' 5 ’ nCMoldaves font Chrétiens à ía Grecque, & disent qu’il? sotla doctrine de S. Paul qu’ils reçurent clés le commencem^Outre ces Chrétiens Grecs, il y a diverses sectes, p ar ies ^ eSferentes Nations qui habitent ce pays, où il fe trouve ^Russes, des Rasciens, des Arméniens, des Bulgares » d£ cUlîxons, des Transsylvains & des Tartares qui vivent tous enaà leur mode. . qU í

On n’a qu’une connoiflànce affèz imparfaite des Princeont gouverné la Moldavie. Vers l’an 1560. elle avoit un sle -,vode appellé Etienne, vaillant; mais perfide, qui à son av