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Tome II. [E - O.]
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de sa famille & de ses plus chers amis. On les suspend dansune cour, marquez de certains lignes pour les distinguer, &tous les sept jours les parens leur vont rendre visite enhabit blanc, qui est le duëil du Pays. Apres avoir étendu lanappe & couvert la table,ils prient les Défunts pour la prospé-rité du Roy & mangent à leur honneur.

Le poison est fort ordinaire dans ce grand Empire & s'yvend fort cherement. La raison est que les Officiers de Justiceíbnttres rigoureux, Sc font souffrir aux coupables de cruellespeines, de forte qu’ils s’empoisonnent le plus souvent pour leséviter. Si quelqu’un a commis un crime , il est puni fur lechamp. Pour cela on écoute les raisons de part & d’autre, &les dépositions des témoins, aprés quoy les Juges prononcentla Sentence que le Roy confirme ou annulle. L’execution sefait en pleine campagne. Si l’affaire ne se trouve pas prête àjuger, on attache l’Accuséà un arbre , faute de prison & onmet des Soldats autour pour le garder. Loríqu’on a des sujetsde plainte contre quelqu’un , fût-ce contre uu grand Seigneurou contre un Juge, si le Roy les trouve bien fondez, il faitsaisir celuy qui a tort, commande qu’on l’étende à terre, &qu’on le batte jusqu’au sang avec une corde pleine de nœuds.Cela fait le Parient se releve , remet ses habits & remercie sesJuges fans qu’il soit déshonoré. Cette exacte Justice renduefans exception de personnes , maintient ce pays en grandepaix , & fait que le Roy y est adoré. Vincent le Blanc,dit qu’ilest appelle par quelques-uns Benemotapa ou Benemataxa, & parceux du Pays (e GrandTabaquì. On l’appelle Bens, ou Monomo-tapa , selon Barros, & Texeira soutient qu’il faut dire Mune-motapa , parce que les Rois qui font au delà du Pays des Ca-stes portent le nom d eMune au lieu de celuy deMani.CePrincese fait extrêmement respecter de ses sujets 6c tout le monde luyparle à genoux. Loríqu’il boit, tous les affistans font desvœux pour luy , & comme ces vœux íe font entendre par touten paílant de bouche en bouche , toute la ville peut comptertoutes les fois que le Roy boit en compagnie. Cette Empe-reur ayant un grand nombre de vassaux puiffans , & éloignezde la Capitale de ses Etats fait élever dans fa Cour les suc-cesseurs de ces Princes qui font comme autant d’otages deleur fidélité. II envoye toutes les années des Ambastàdeurs auxGrands qui relevent de fa Couronne pour leur donner du feu. iSitôt que I’Ambassadeur est arrivé chez le Vassal, il fait pu-blier au nom de l’Empereur son Maître , que chacun ait àéteindre le feu de fa maison. Si quelqu’un refuse d’obéïr, il estdéclaré rebelle, & ceux qui se soumettent vont allumer leurfeu à celuy que l’Ambaíïàdeur a donné au Prince variai. LeRoy tient toujours beaucoup de troupes fur pied, mais ce n’est jque de l’Infanterie, à cause qu’il n’y a point de chevaux en cepays-là. Leurs armes font Tare, les flèches & les dards, les poi-gnards, les coutelas & les sabres.Quand ce Prince va à la guerredans fa magnificence, dit Vincent le Blanc, il porte une robede soye à doubles manches, une ceinture de pierreries avecdes pierres qui ont des vertus particulières, à ce que luy di-sent les Magiciens, un poignard à la ceinture , &t son épéequ’un Prince porte devant luy avec un petit coffret plein depierreries; II est dans une littiere portée par des Gentilshom-mes , qu’ils appellent Singaro. Un Page marche devant avec unparasol, un autre avec un éventail de plumes d'autruches, sesPrinces & Gentilshommes vêtus à la Turque, excepté qu’aulieu de turban, ils ont de petits bonnets ronds, tous bien mon-tez fur des Elephans ou fur des chevaux qui ont été nourris &allaitez par des vaches, & dressez par des J aloses. Leur adresseest telle qu’en courant à toute briae, ils lancent leur javeline& la reprennent en courant, amassant même des pierres fanss’arrêter. Ce Prince mene cent Elephans bardez de peaux debœufs marins qui portent chacun quatre Eunuques avec leursarbalètes, qui tirent plus loin que les arcs. Sur le col est celuyqui le conduit, & qui durant le grand bruit luy met íà bou-che contre son oreille que cet animal renverse pour l’écouter& faire ce qu’il luy dit. Ce Conducteur qu’on nomme design,porte un arc avec íà trouflè, une épée courte & une casaquede bœuf marin. Devant les Elephans marchent de grandschiens bardez de même. Des Gouverneurs en tiennent chacunun avec une petite chaîne de fer attachée à la ceinture. ForceArquebusiers précédent ces chiens, & au devant sont plus dedeux mille chariots à courtines de cuir tirez par six bœufs,traînant quinze hommes de ceux qu’ils appellent Arbefrait ,armezd’efcopetes courtes comme des carabines. Une partie de sat-inée peut demeurer le jour à couvert à sombre de ces chariotsqui fervent la nuit de sauvegarde, tandis que les chiens sont àla tête sous des pavillons, hors defquels les Gouverneurs vontfaire de temps en temps leurs sentinelles. Toute cette ar-

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mee marche séparée en trois escadrons, & ils ont tous cettôcréance, que s’ils meurent pour leur Roy, ils seront sauver,quoy que d’ailleurs ils reçoivent toutes sortes de Religions.

L'Empereur a pour fa garde ordinaire quelques Regimensde ces femmes guerrières dont on a parlé, & qui à l’exemp JCdes anciennes Amazones, se brûlent la mammelle gauche, p° ultirer avec plus de facilité. Elles portent les mêmes armes q ueles hommes, & lancent leurs traits par derriere en feignant «cfuïr ; mais quand l’ennemi est proche, elles tournent face, &tuent tout ce qui se rencontre à leur paslàge. On dresse dans lccamp proche des tentes du Roy, une cabane de bois où 1 00garde un feu sacré inextinguible. Tant que la guerre dure,personne ne se lave ni les mains ni le visage. Chacun porteprovisions avec soy, mais le Roy fait distribuer quelques 01des bœufs & des moutons à ses gens. II est dangereux de tom-ber entre leurs mains. Ils coupent à leurs prisonniers de guen 0leurs parties naturelles, & les ayant fait sécher, ils les donne 0à leurs femmes, qui les portent pendues à leur cou. Plus e " ÊSs’en montrent ornées, plus on les estime , à cause que cesont autant de marques indubitables de la valeur de seur smaris.

Onn’exige aucun tribut dans ce grand Empire; mais °°ne se presente jamais devant le Roy, ni devant les Grands avequi on a assure, fans avoir quelque chose à leur offrir. C eune coutume dont on a fait une loy, qu’un Inférieur ne P atlpoint à son Supérieur, qu’il ne luy ait marqué son respects 31un présent. Les Marchands font obligez de faire des dons a °Roy, à moins qu’ils ne veuillent renoncer à paraître dev a °•luy, & ceux qui sont distinguez , ne peuvent se dispense 1d’employer sept jours chaque mois à son service. La plus 31des habitans sont Idolâtres. Le Dieu souverain, qu’ils dise 0avoir créé le monde, estappellé par eux Maz.tri ou Atino. 1 "font une Fête le premier jour qu’ils apperçoivent la Lune, &le jour de la naissance de leur Empereur. Les Jésuites Port°”gais ont converti à la Foy un grand nombre de ces Neg re ?'L’Empereur luy-même, la Princesse fa mere &. plus de tro 1 *cens Gentilshommes reçurent le Baptême en 1560. par semains de Gonzalvez Sylveira ; mais ce Prince ayant eu la se 1 "blesse de s’en rapporter à quatre Turcs qui luy dirent que Sy 1 'veira écoit un Enchanteur, fit couper la tête à ce Jésuite. II s e{ *repentit ensuite, & punit de la même peine les calomniateurMusulmans. * De la Croix > Relut, de /’ Afr, tome 4.

MONOPOLI. Ville du Royaume de Naples dans la Terkde Bari, à vingt milles de la ville de ce nom, à vingt-cinfl 0Tarente & à quarante de Brindisi , en Latin Monopolis-Evêché est suffragant de Brindes, & releve immédiatement 0saint Siégé. Cette ville est située le long du rivage de la m el ’avec un Château bien fort, & une magnifique Chapelle da'sa principale Eglise, enrichie de plusieurs statues de ma ro1 'Ses Familles Nobles sont les Acconciaioco, Arponi, Barb® »Ferro.Galderisi, Indelli, Mazzalorsi, Marzati, Mastrojodo c 'Morano , Manfredi, Palmieri , Patricii , Passarolli, R stt3 ’Rendella, Riíì, Sandalari & Tarsia. * Davity, Terre de

MONOSCELES. Peuples anciens des Indes, dans le v oiíìnage des Troglodytes. Pline qui parle d’eux, liv. 7. efo?- *'dit qu’ils ont dans les jambes une agilité merveilleuse P° u _fauter, & que se couchant à l’envers dans les plus grandes enaleurs dei’Êté, ils s’en mettent à couvert par sombre de 'eurpieds, ce qui les fait auíîï nommer Sciopodes. S. Augustins 31de cfes mêmes Peuples Uv. 16. de la Cité de Dieu. a

MONPAISIER, Ville de France dans le Perigord. Elle e _située fur la riviere de D rot, environ à trois lieues de Vi° cFranche, ^ Atlas*

MONPELLIER. Ville de France . la plus belle & J» P. 1 ^grosse de tout le Languedoc aprés Toulouse, à une lieu 0 ^Maguelonne, à deux de la côte de la mer Mcditerranee,huit de Nismes & à quinze de Narbonne, en Latin AÍ 9 f> sfui anus & Mons Pejfulus. Elle est située fur le sommet d'une colìne, dont la riviere du Lez arrose le pied. On la passe 101pont de Junevau, & elle reçoit la petite riviere de Merdanfo *dont les eaux remplissent une partie des larges foriez dont ceville est fortifiée. Les Eglises & les Convens y ont été en g r ? n ^nombre; priais les premiers troubles arrivez pour la ReJ'n 1 ®dés fan 156r.cn cauferent la ruine, soit dans la ville, se» 1103 »les fàuxbourgs qui furent auííì démolis, à cause du siège qfiat mis devant la ville dans la même année ou un peu a P re 'pendant quoy on abbatit trente-six Eglises ou Convens trebeaux. Ces édifices & les jardinages qui étoient fort agréa 0& tres-spacieux, n’ont pû être rétablis depuis ce temps-' 3 >qui a rendu la ville défectueuse en ces endroits-là pour le P 3sir de la promenade. Les Fluguenots en ayant fait un des r°

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