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de leur parti ,Loiiis XIII. l’assicgea en i6zz. & elle se renditaprés une longue résistance. 11 y fit bâtir ensuite une forte Ci-tadelle , qui est flanquée de quatre grands bastions Royaux. U7 a plusieurs Convens dc Religieux tres- bien logez, principa-lement les Capucins qui font dans la ville, les Jacobins ou Do-minicains en l’Eglife appellée de saint Mathieu, les Peres de laTrinité , les Pénitens en l’Eglise de sainte Croix, & les Ob-siervantins qui font hors la ville, outre les Maisons des Reli-gieuses, qui consistent en un ancien Couvent fous le nom desaint Guilhem, en une Maison nouvellement établie de la Vi-sitation de Notre-Dame & en quelques autres. Ce qui rendMonpeliier ficélébré, c’estson Université, le College des Jé-suites, & particulièrement ses Ecoles de Médecine renomméesPar toute l’Europe. On y peut voir son auditoire, ses loge-soens, son théâtre Anatomique, & son jardin pour les SimplesLc les herbes médicinales , qui n’est rien en comparaison deceluy qui est hors la ville dans un des faux bourgs, & de celuystui est dans les Sevennes, qu’ils appellent Lhorrdieu, fur lahaute montagne deLespeyrou, qui produit des Simples tres-sâtes. II y a dans Monpeliier, Généralité, Cour des Aides,Chambres des Comptes & Présidial. Le Palais où ces Compa-gnies s’assemblent.est un bâtiment neuf & presque sens íymme-trie. II est à l’un des bouts & au quartier le plus élevé de la vil-le , proche une belle place où paroît une horloge au dessus desPrisons.La place de la Canourque où s’aslemble ce qu’il y a dePlus distingué parmi la Noblesse, pour entendre les concerts &les sérénades, l’emportesur toutes les autres. Aussi n’y a-t-ilsien de plus attirant que l’honnêteté qu’ont les habitans , furtout pour les Etrangers. Quoy que Monpeliier ne paíle pointPour une ville ancienne, ses rues font presque toutes étroites& tournoyantes. Pour réparer ce défaut, elles font toujoursfort nettes, par le moyen de petits canaux souterrains, qui fedéchargent hors la ville, en forte que les immondices des mar-ions ne paraissent point. La grande rue. celles de I’Equillerie,du Cheval blanc, de la Blanquerie, de Castres & du Pila-saint»9 e Iy.font des plus considérables. L’Eglife de Notre-Dame,l’une des trois Paraisss de la ville est remarquable par fa hauteTour, par le tableau de son Maître-Autel & par une Chapellede Notre-Dame. L’Eglife Episcopale de S. Pierre que lesguerres des Religionnaires a voient ruinée, Lc qu’on dit avoirété bâtie par le Pape Urbain V. fut rétablie en partie par leCardinal de Richelieu. On admire la beauté de fa structure ,L hauteur de la Tour qui s'éleve au destus du Chœur, & sesdeux autres Tours fans cloches qu’on voit au dessus de sonPortail. Le Palais de l’Evêque en est tout proche, bâti de gros-sies pierres comme la plupart des maisons de Monpeliier, or-n ées de leurs petites guérites un peu au dessus du toît, pour yaller prendre Pair, & le petit vent frais qu’ils nomment Gor-hìn, qui s’éleve toujours fur les neuf heures, fans quoy il sc-r oit impossible de vivre dans le Languedoc, à cause des gran-des chaleurs. La Maison de Ville est un Palais, dont les salles& les chambres ne sont pas moins remarquables pour leur fym-Uietrie, leur longueur & leur largeur, que pour les bellesPeintures qui les ornent. On voit dans le Convent de S. Paul ,le bâton de pèlerinage de S. Roch, qui a environ cinq piedsde hauteur. II est ferré par l’un & par l’autre bout, & peso treizesivres. La couleur du bois est noirâtre , avec plusieurs nœuds,dont l’un represcntc la tête d’un Ange. Le cours, appellé Pla-Ce des Ormeaux, est proche la porte de la sonnerie, où sont desParais & un peu d’ombrage , sous les arbres qui bordent laPetite riviere deMerdançon. Ce lieu est assez agréable pourfePromener, & il y en a peu d’autres > les environs de la ville^ant couverts de sablons & de terres sèches, qui sont propresc . e Pendant à produire des oliviers, des vignes, & des meu-^ers pour nourrir les vers à soye. Comme il y en a une quan-tl[ é inconcevable , & que la ville en tire un grand revenu,Esie a aussi beaucoup de moulins à soye, qui dans leur gran-deur sont ajustez de telle maniéré qu’une seule femme , memetravaillant, en peut faire tourner un fort facilement. Lesautres choses qui luy sont particulières, consistent en la com-position de laTeriaque , au travail du verdet ou verd de gris,P°Ur les Teinturiers & pour les Peintres. 11 s’y fait en mettantJU fond d’un grand pot des rases dt raisin entremêlées de plu-sieurs pieces de cuivre que l’on couvre de ces rases > par cou-les unes fur les autres, jufqu’au haut du pot qu’on emplitde vin. Ce cuivre y ayant trempé quinze jours ou environ,■* e verdet, qui est proprement une roiulle ,$’y attache, & on leRatisse pet, à peu. On peut ajouter à ce qui est digne de remar-dans Monpeliier, les deux fontaines de la porte de saint& la Putanelle, qui fournissnt de l’eau à toute la villeil n’y en a point. Larte luy servoit autrefois de Fort, On
' y voit encore ufl canal qui traversant l’étang j'uíques à la mer bdonnoit passage aux barques qui y abordoient, avant que celuyde Peraut fut accommodé. Celuy-ci n’en est éloigné que d’unélieue , & l’on y transporte sur des chariots > les marchandisesqui y arrivent par mer. Monpeliier n’est pas aussi ancien quel’onc crû ceux qui l’ont pris pour ce que Pomponius Mêla ap-pelle C ollis Mefua , qui est proprement le Port de Sete -, ou pouí/’ Agatb a de Pline , qui est la ville d’Agde, ou pour Sustantion »qui étoit situé fur une colline à un quart dé lieue dc Mon-pellier au delà du village de Castelnau. Cette ville est uncomposé de deux bourgs qui appartenoient aux deux soeursde saint Folcrand, Evêque de Lodeve > & qui ayant été ren-fermez par ce moyen dans une même enceinte, ont formé in-sensiblement la plus belle ville du Languedoc. Ceux qui labâtirent, furent les habitans de Maguelonne .aprésque Char-les Martel, ou Charlemagne scion quelques-uns » eut raseleur ville que les Sarasins avoient accoutumé de ravager detemps en temps, parce que pour lors le canal, vulgairement ap-pellé le Grau n’étant-.pas fermé, ces Infidelles pasioient aisé-ment dans l’Iste de Maguelonne. La ville de Monpeliier aappartenu à plusieurs Seigneurs, ce qui fui cause principale-ment qu’on la divisa en trois parties , fçavoir la Rectorie ouPart antique ou le vieil Monpeliier dont l’Evêque étoit an-*ciennement Seigneur, la Baillie & la Baronnie. Bernard Alton»Vicomte de Beziers & de Carcassonne, la donna à Bertrandson fils, auquel succéda Guillaume, dont la fille unique , ap-pellée Marie, la porta en dot à Pierre II. Roy d’Aragon-,Jacques leur fils, Roy d’Aragon, en fit hommage à Jean deMontlaur, Evêque de Maguelonne. Les Comtes de Melgueilen acheterent une partie furies Evêques de Maguelonne , quisévirent obligez par-là de s’accommoder de leur portion ertIZ9Z. avec Philippe le Bel. L’autre moitié fut acquise en 1349»par Philippe de Valois, qui en paya six-vingt mille écus d’orà Jacques III. Roy de Majorque ; & la vente fut confirmée eni395.par Isabelle Reine de Majorque,fille dejacques & depuisen 1500. par le Traité de Paix conclu entre Louis XII. & Fer*dinand & Isabelle de Castille. Le Pape Paul III. transféra eni;;6. l’Evêché de Maguelonne, qui avoit été fondé dans l’Iflede ce nom , & ensuite transféré par Charlemagne dans la villede Sustantion, d’où trois cens ans après l’Evéque Arnaud lafit rétablir à Maguelonne. On tient que ce fut durant ce tempsque les Peuples de ce pays bâtirent une nouvelle ville qu’ilsnommèrent Monpeliier à cause de la quantité de belles fillesque l’on y voyoit, comme si on avoit dit Monpuellïer , en LatinMons Puellarum.
Depuis cette année 153 6. que l’Evêché de Maguelonne suctransféré à Monpeliier sous le régné de François I. l’Izvêquene porte plus le nom d’Evêque de Maguelonne, mais d’Evê-que de Monpeliier. L’Eglife Cathédrale est dédiée à saintPierre, & ceux qui composent le Chapitre sont un Prévôt, lesArchidiacres de Valence & de Castres , un Chantre , un Sa-cristain , un Aumônier, un Ouvrier , & vingt quatre Cha-noines. L’Université de cette ville dont on a déja parlé , a étéautrefois fort célébré pour la Jurisprudence. Elle devint en^suite plus renommée pour la Medecine. On prétend que lePape Urbain V. qui étoit natif de Grifac dans le voisinage deMende, y avoit enseigné le Droit Canon en qualité de Profes-seur. On croit que ce fut en vûë de cela que non seulement ilfonda à Monpeliier un College de Religieux, & un autrepour la Medecine , mais que même il accorda aux habitans lagrâce de pouvoir négocier dans les terres des Sarasins, & dugrand Soudan,& de contracter avec les Infidelles, pouveu qnece ne fût pas pour des choses qui regardassent la Foy, ou poufaucun passage de gens de guerre. Le Sénéchal prend le titrede Gouverneur. Les Consuls qui font au nombre de six, se-lon le nombre des quartiers que l’on y nomme Sixains sontViguiers de la ville par union de la Charge avec le Consulat,qui est bien servi & fort honorable. Le premier Consul portele bâton de Viguier, & les autres en son absence. On les ap-pelle Consuls Majeurs à !a difference de quatre Consuls moin-dres , dits de Mer ou de Marchands avec qui on créé aussi tousles ans des Ouvriers pour la réparation des murailles, desfontaines & des autres ouvrages publics. Le College Royal aété donné aux Jésuites, &l’Eco!een Droit est composée dequatre Professeurs du Roy, d’un Recteur & d’un Prieur desDocteurs. ,
Le Diocèse de Monpeliier renferme fix-vingt Paraisss &six Abbayes, & confine avec ceux d’Agde . de Nifmes & deLodeve. Les lieux les plus proches sont Maguelonne où estl’ancienne Eglise Cathédrale, lieu de la sépulture des Evêquesde Maguelonne ou de Monpeliier. Lares proche de l’étang,
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