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Tome II. [E - O.]
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prés de la fosse on découvre la biere , & après quelques priè-res , tous ceux du convoy prennent congé du Défunt en lebaisant ou seulement le cercueil. Enfin le Prêtre approche& Iuy met entre les doigts un billet signé du Patriarche oudu Métropolitain du lieu Si du Confesseur , portant que leDéfunt a toujours vécu en bon Chrétien , faisant professionde la Religion Grecque, afin que S. Pierre voyant ce certifi-cat , luy ouvre la porte â la joye éternelle. Dés qu’il a reçu cepasseport, on ferme la biere Si on le met dans la fosse, le vi-sage tourné vers l’Orient. Ceux qui l’ont accompagné fontleurs dévotions aux Images, & retournent chez le Défunt oùils trouvent le dîner prêt. On leur fait trois autres festins pen-dant le deuil qui dure quarante jours, sçavoir le troisième,le neuvième &le quarantième jour après que le Mort est en-terré. II y en a qui font bâtir un hutte sur leur tombeau, qu’ilscouvrent de nattes pour le Prêtre qui y vient faire des prièressoir & matin pendant six semaines. Quoy qu’ils ne croyencpoint de Purgatoire, ils disent qu’il y a deux lieux où les âmesse retirent au sortir des corps & où elles attendent le jour duJugement.lcs uns dans un lieu délicieux en la conversation desAnges, & les autres dans une vallée sombre en la compagniedes Diables, que les âmes étant encore en chemin peuventêtre détournées du mauvais par les prières des Prêtres & desMoines, & même que ceux-cy ont aílèz de crcdit auprès deDieu, pour obtenir qu’il daigne soulager l'ennuy de cellesqui font avec les Diables, & pour l’appaiscr quand le jour duJugement fera venu.

II n’y a point de peuple qui ait plus de vénération pour sonPrince que les Moscovites, qui dés leur enfance apprennent àparler du Czar comme de Dieu même. Pour les entretenirdans cette bassesse, & les empêcher de voir la liberté dontjouissent les autres peuples de leur voisinage , il leur est défen-du fur peine de la vie de sortir de leur pays fans la permissionexpresse du Grand Duc. II est l'heritier de tous ceux qui meu-rent ab intestats , ou qui ont été accusez de quelque crime. IIest aussi le maître de tous les biens de ses Sujets, qu’il a cou-tume de rendre aux enfans moyennant un don considérable. IIcrée seul les Magistrats Sc les dépose 5 nomme les Gouverneurs& les Lieutenans dans les Provinces, & les change de trois ansen trois ans, pour les empêcher d’être trop puissans. C’ett luyseul qui conféré les dignitez en tous les lieux de son obéissan-ce , Sc qui déclare la guerre ou qui fait la paix avec ses voisins.Tous les Knez & les Bojars qui ont du bien, sont obligez dedonner leurs Terres à ferme . de demeurer en personne àMoscou, & de se faire voir tous les jours au Grand Duc , quiaffermit par là le repos de son Etat. * Olearius, Voyage deMoscovie.

On-appelle Merde Moscovie, une partie de l’Ocean Septen-trional, en Latin Mare Mosoviticum ou Pet&oricum. Cette merque les Anciens ont nommée Mare Hyperbomm , SarmaticumSccromum, s’étend de l’un & de l’autre côté de la nouvelleZemble, depuis Wardhus dans la Laponie Norvégienne, jus-ques aux côtes de la grande Tartarie.

MOSE. Ville de France dans le pays d’Aunis.EIle est situéevers les frontières de la Saintonge, fur une rivière qui se dé-charge dans celle de Seure. * Atlas.

MOSELLE. Riviere de France qui traverse une partie del’Aîemagne, en Latin Mosella. Ptolemée la nomme obrinca.Elle prend sa source de trois fontaines, qui sortent des hautsmonts des Faucilles proche du petit village d’Estay, & aprèsavoir passé à travers les monts de Vauge, qui font la séparationde l’Alsace & de la Bourgogne, elle arrose Remiremont;& duvillage de Chameri, oùlaVoloque enflée du Numi l’aug-mente.elle vient à Epinal 4 Chaste, à Charmes > à Boy on Sc àChaligni, où elle est grossie par le Modon chargé des rivièresde Codon & de Brenon. La Moselle passe ensuite àToul, puisà Pont-à-Mouflon, & c’est entre ces deux villes qu’elle reçoitles eaux de la Meurthe. Après cela, elle arrose Mets & Thion-ville, Sc ayant reçu le Sier, le Kil & le Mun, elle vient à Trê-ves & à Coblents où elle sc décharge dans le Rhin. Cette ri-viere donnoit autrefois le nom de Duché de Moscllane à laLorraine, à cause qu’elle y passe presque dans tout son cours,qui estdu moins de quatre-vingt lieues. Entre les diverses ri-vières qu’elle reçoit, il y en a nx qui peuvent porter bateau.eequi la rend l’une des plus grosses de cette contrée.

MOSENIGO. Bourg de la Morée dans le Belvedere.ilest situé fur le Golfe de Coron , entre la ville de ce nom Sccelle de Calamata. Ce bourg est l’ancienne Mejfene. * Maty,Dict. de Holl. 1701.

MOSIG. Riviere d’AIemagne dans l’Alsace. Elle a sasource aux montagnes qui sont au dessus de Frideneck. En-

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fuite elle arrose Waflenheim & Krenthal, & va au dessous dela ville de Dachsteim se décharger dans le Breusch. * Davity »Alsace.

MOSINEQUES. Peuples d’Asie dont Pline fait mention *& qu’il place dans la Cappadoce, vers les campagnes qu’arrosel’Iris, nommé présentement lrio. Ils étoient blancs tant hom-mes que femmes, & tenoient comme à l’engrais les enfans desriches, qu’ils nourrissoient de châtaignes bouillies. Ils avoientle dos rayé de différentes couleurs, & tout le corps peint. Lots-qu’ils étoient seuls, ils parloient & rioient comme s’ils eussenteu quelqu'un avec eux, & dans les places publiques, ils dan-soient avec leur ombre. Ils étoient grossiers & traitoient d’a-bord les Etrangers rudement 5 mais ils s’addoucissoient peude temps après. Ceux qui demeuroient vers le Levant du ri-vage du Pont-Euxin étoient fort sauvages, principalement lesHeptacometes qui se tenoient sur les arbres, Si les autres dansdes tours de bois. Quelques-uns vivaient de chair de bêtessauvages & de fruits,& d’autres avoient des monceaux de painsentassez les uns fur les autres qu’ils gardoient quelquefois u®an. Ils avoient aussi dans des vaisseaux de gros quartiers d cDauphins salez avec leur graissé, & de grosses châtaignes qu'l"mangeoient bouillies au lieu de pain, buvant d’un vin qu’i» ssaisoient avec ces mêmes châtaignes. Ces Peuples portoient àe Spavois d’osier , en forme de feuilles de lierre, & couverts d®cuir de bœuf blanc. Ils tenoient en leur main droite un datalong de six coudées, dont un des bouts étoit garni d’une poUJ'te de fer bien acerée , & l’autre rond comme une boule. P sportoient aussi des hoquetons qui les couvroient jusques aU xgenoux, des haches de fer, Sc fur la tête des casques de cuir*Loríqu’ils prirent le dessein de livrer combat aux Grecs, ils I eplacerent en files par centaines, vis-à-vis les uns des autres»comme des gens qui vouloient chanter & s’entre-répondre ,»si-tôt que l’un d’entre eux avoit commencé léchant, tousI eSautres le suivoient en marchant avec une certaine cadence-Leurs villes n’étoient point fortes, & leur Roy ne fortuit poil]d’une tour de bois, où l’on faifoit garde jour & nuit. II étoi £entretenu aux dépens du pays, élu par la pluralité des funf 2 'ges, & toujours gardé fort sûrement. S’il commettait quelqU efaute , ils l en punissaient en le faisant jeûner un jour tout en-tier. Les T ibannes, autre Peuple mêlé parmi les MosneqM 1 ’tenoient pour souverain bien, le plaisir de rire & de passer setemps agréablement. Apres que leurs femmes étoient accou-chées , ils gardoient le lit coëffez de la même sorte qu’elle 5 »& pendaient ceux qu’ils avoient aimez étant jeunes, lorsqu 1les voyaient dans un certain degré de vieillesse, afin disose 0 *ils, de les délivrer plutôt des miferes de ce monde. * Davity»Cappadoce. Xenophon, Pline, Pomponius Mêla. ,

MOSKITES. Indiens qui habitent du côté du Nor®, 'proche le Cap Gracias a T>:os, entre le Cap Honduras & N*'caragua. C’est une tres-petite Nation qui ne fait pas le nornbde cent. Ils sont grands , bienfaits , peu chargez de graijtë »forts & tres-legers à la course. Ils ont le visage long, k S n c flveux noirs, le teint basané & l’air fort rude. Leur adresse e ^grande à jetter la lance, le harpon ou autre espece de dard,quoy ils sont élevez dés leurs premieres années, de forte q 1les enfans ne sortent jamais fans une lance qu’ils jettent à tou »jusqu’à ce que I’uíage les ait rendus maîtres. Alors ils app re ^nent à parer la lance, la flèche ou le dard, &pour cela deuenfans s’éloignant un peu l’un de l’autre, sc jettent mutuel ^ment un bâton. Chacun tient à fa main droite une petite btguette avec laquelle il pare ce qu’on darde contre luy. A® ^sure qu’ils avancent en âge, ils deviennent & plus adroits ,plus courageux, ne faisant point difficulté de servir de bu. 1tous ceux qui veulent leur tirer des flèches. Ils s’en garantu cavec une petite verge aussi déliée que la baguette d’un ta •Quand ils sont hommes, ils trouvent moyen de s’en désenavec quelque vitesse qu’elles soient jettées les unes âpres ^autres, pourvû qu’il n’en vienne pas deux tout à la fois- ^ont la vûë merveilleuse, & leur principale occupation daleur pays , est de darder du poisson, de la tortue, ou de lache marine. Leur habileté à la pêche les fait souhaitter par ^Avanturiers, parce qu’un ou deux de ces gens-là sor v ‘ (seau font subsister jusques à cent hommes. Lorsqu’ils vic ” navec eux, ils apprennent à se servir des armes à feu - ^viennent de fort bons Tireurs. Ils sont braves dans se c< ? IX1 > UI i& ne lâchent point le pied, tant qu’ils voyent que quelqu ^des leurs fait ferme. Ils n’ont ny Religion ni cérémonies 5 £

lement il semble qu’ils craignent le Diable, qu’ils a Vf cíl yWallesaro, Si qui apparoît souvent, à ee qu’ils prétendenquelques-uns de leurs Prêtres , loríqu’ils veulent luy P a . j epour quelque affaire pressante. Les autres ne íçavent cJu