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Tome II. [E - O.]
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préparent par une mortification extraordinaire huit jours du-r ant, pendant lesquels ils ne mangent que du pain dur, & neboivent que de l’eau. Ils font leur Confession debout > au mi-lieu de l’Eglise & devant une Image, sur laquelle ils tiennentles yeux attachez.I!s communient fous les deux especes,& mê-lent même de l’eau avec du vin. Ils y mettent auffi le pain quiest levé,& qui doit avoir été pétri & cuit par la veuve d’un Prê-tre, & ils en prennent un morceau avec le vin dans une cueil-lir. On consacre ordinairement deux pains le Jeudy avant*Pâques, l’un de la grandeur d’un demi écu avec la figure duCrucifix au milieu > que le Prêtre rompt en autant de partiesqu'il y a de Communians, les jettant dans du vin clairet, Si ymêlant un peu d’eautiede, après en avoir enlevé cette figuredu Crucifix avec un instrument fait en forme d’un fer de lan-ce. L’autre pain est pour les Malades, & on le garde le longde Tannée. Celui-cy est deux fois plus grand & plus épaisssu’une piece d’un écu, Si quand le Prêtre Ta consacré, if,Ten-forme dans un pigeon de bois que Ton pend au dessus del’Autel.afin d’empêcher que les pigeons ne le mangent. Quandon veut communier un Malade, on en prend une miette furlaquelle on verse trois goûtes de vin clairet. On le met dans lecalice en y mêlant quelquefois un peu d’eau , & on le donneainsi au malade dans une cueiller. S’il ne fçauroit avaler lepain, on luy donne feulement du vin consacré. Ils donnentauífi la Communion aux enfans malades , mais ce n’eít quefous l’unc des efpeces jufqu’àl’âge de sept ans. Us la donnentencore aux insenfez avec cette dìfterence qu’on ne fait que leurtoucher les lèvres avec le pain détrempé dans le vin. Us croyentla transsubstantiation, & permettent à toutes fortes de Nations,de quelque Religion qu’elles soient, de demeurer parmi eux,toais ils n’ont jamais voulu souffrir que les Catholiques Ro-mains établissent Texcrcice de la leur dans aucune de leursvilles.

Quand les Grands Seigneurs marient leurs enfans, on nom-toe de la part du garçon une femme qu’ils appellent Suacha , &Une autre de la part de la fille pour préparer tout. Celle de lafille va le jour des noces au logis de son Amant, accompagnéede plus de cent serviteurs portant fur leur tête toutes les chosesficceffaires pour le lit & pour la chambre de ceux qu’on doittoarier. Le lit fe dresse fur quarante gerbes de seigle, que leFiancé fait coucher par ordre, & entourer de plusieurs ton-neaux pleins de froment, d’orge Sc d’avoine. Tout étant prêt,le Fiancé part de chez luy avec tous ses païens & un Prêtre quiVa devant luy à cheval. II trouve à Tentrée du logis de laFiancée tous les parens, qui le reçoivent avec tous ceux qu’ila toene. On les convie de fe mettre à table , & Ton y sert troisPlats, où aucun des conviez ne touche. Le Fiancé ayant pris faPjace, on amene la Fiancée , parée superbement & ayant leVisage couvert d’un voile. On la fait aíïeoir auprès du FiancéSui ne Ta point encore vûë, car les personnes de condition en-ferment leurs filles dans des chambres fort retirées, enforte quefe Marié ne voit son Epouse que quand on la luy amene dansfe chambre. Aprés cela, la Suacha de la Fiancée s’approched élie, la peint, trousse fes cheveux en deux nœuds, luy met lacouronne fur la tête , & acheve de Thabiller en Epousée.Fendant tout ce temps, deux jeunes garçons tiennent une piecede taffetas rouge cramoisi entre elle & son Fiancé, afin qu’ils® •ayent point la liberté de fe voir. La couronne est de feuillesdor ou d’argent doré battu fort mince. Elle est doublée d’unee tofe de soye , & elle a vers les oreilles cinq ou six rangs deposses perles qui luy pendent fur le sein. La robe, à manchesferges d’une aulne & demie, est brodéed’or Sc de perles auxîxtrêmitez, fur tout au collet qui est de la largeur de troisdoigts. L’autre Suacha peint le Fiancé , Sc ensuite deux jeuneshommes richement vêtus apportent un tres grand fromage, &’ÌUelques pains fur une civiere ,d’où pendent plusieurs peauxde martre. On en apporte autant de la part de la Fiancée, & leFrêtre aprés les avoir bénits les fait porter à TEglise. Enfin ontoet sor la table un grand bassin plein de petits morceaux defetin & de taffetas de la grandeur qu’il faut pour faire des bour-fes, de petites pieces d’argent quarrées, du houblon, de Torgeà de Tavoine , le tout mêlé ensemble. La Suacha, aprés avoirVoilé de nouveau la Fiancée , en prend quelques poignées^u’elle jette fur ceux de la compagnie. Cependant ils disentftoe chanson & ramassent ce qu’ils trouvent à terre. Cela étantfelt, les peres des Fiancez se lèvent, & échangent les bagues^tre-eux , aprés quoy la Suacha conduit dans un traîneau laF*ancée à TEglise ou la Bénédiction fe doit faire. On couvreJj ne partie du pavé de taffetas rouge cramoisi, & on met par^feffus une autre piece de la même étoffe fur laquelle les Fian-Cez fe tiennent debout. Avant que le Prêtre les marie ils vont j

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1 à l’offran Je, qui consiste en poissons,fritures A pâtisseries, Celafait, on les bénit en leur tenant des Images fur la tête , & lePrêtre prenant la droite de l’un & la gauche de Tautre entrefes mains, leur demande trois fois si c’eíï volontairement cju’ilsconsentent au mariage. Ensuite tous ceux de la compagnie feprennent par la main, & le Prêtre chante un Pfcauroe, à quoyles autres répondent par couplets en dansant en rond.Ee P seau-me achevé , il leur met une guirlande de rue fur la tête en di-sant , Croissez, & multipliez ,, & ajoute un peu aprés , Ce que Dieua joint ,l’homme ne le séparera point. Pendant qu’il prononce cesparoles, tous ceux de la noce allument de petites bougies,& l’un d’entre-eux donne au Prêtre une tasse de bois ou unverre de vin clairet qu’il boit. & aprés que les Mariez luy oncsoit raison, en vuidant le vase chacun trois fois, le Marié lejette à terre, & la Mariée ainsi que luy le met en pieces avecles pieds en difont, Ain(i puisent tomber â nos pieds & êt e b/ifz,ceux qui tâcheront de semer de la division entre nous. Aprés cela,les femmes jettent fur eux de la grains de lin & de chanvre, &leur souhaitent toute sorte de bonheur. Les cérémonies dumariage étant ainsi achevées, la Mariée se remet dans son traî-neau qui est environné de six cierges, & on la conduit aulogis du Marié ,où tous les parens & les amis fe mettent à ta-ble avec luy, à Texception des femmes qui tmmenem la Ma-riée dans la chambre qui luy a été préparée. où ils la désha-billent & la couchent. On fait ensuite lever le Marié de table,& six ou huit jeunes hommes, à chacun defquels on fait pré-sent de deux peaux de martre le conduisent dans la chambreavec des flambeaux. Us les mettent en entrant dans les ton-neaux pleins de froment Si d’orge, & fe retirent. Dés que laMariée voit venir le Marié, elle se leve du lit, enveloppéed’une cimarre fourrée de martres, & va au devant de luy enluy faisant une profonde inclination de tête. C’est en ce mo-ment que le Marié la voie pour la premicre fois au visage. Usfe mettent à table ensemble, Sc entre autres viandes on leursert une volaille rôtie que le Marié déchire. II jette îa partiequi luy demeure entre les mains, la cuisse ou T aile par dessusson épaule, & mange Tautre. Le repas fini, les Mariez se cou-chent , & les parens Sc les amis étant sortis de leur chambrefont toutes fortes de charmes à leur avantage. Aux noces desgens peu considérables,les cérémonies font moindres. La veil-le du mariage, le Fiancé envoye à fa Fiancée un bonnet fourré,une paire de bottes, une cassette avec des bijoux, une toilette,un peigne & un miroir. Le lendemain, le Piètre conduit pardeux garçons qui portent des cierges allumez, vient dans lamaison, Sc donne la bénédiction aux conviez avec une petitecroix d’argent. Les Fiancez fe mettent à table, séparez par unepiece de tafetas que les deux garçons tiennent entre deux, &lorsque la Suacha coëffe la Fiancée, on leur prefente un miroir.Alors les Fiancez approchant leurs joues fe voyent & rientJ’un à Tautre. Les deux Suacha jettent cependant du houblonfur eux pour reprefenter la fécondité du mariage , dont lescérémonies se font ensuite à TEglise. II faut que les femmesse résolvent à la retraite & à ne sortir que fort rarement quandelles font mariées. Leur principale occupation est de coudreou de broder des mouchoirs de tafetas blanc ou de toile, ou defaire de petites bourses, Sc autres ouvrages pareils. Si un maripeut convaincre fa femme de quelque galanterie, ce qu’il faitsouvent par de faux témoins quand il s’en dégoûte , il luy en-voye des Religieuses , qui luy donnent l’habit, la rasent, &Temmencnt par force dans le Convent, d’où elle ne fort jamaisquand le rasoir luy a passé sur la tête.

Les enterremens des Moscovites fe font avec de grandescérémonies. Dés qu’un homme est mort, fes parens Sc fes amisviennent se ranger autour du coH>s, Sc s’cxcitant à pleurerpour aider les femmes, ils demandent au Défunt pourquoy ils’est laisse mourir, si fes affaires n-étoient pas en bon état, si íàfemme luy a manqué de fidélité, & autres choses. On envoyeaussi tôt âu Prêtre un présent de biere , d’eau de vie & d’hy-dromel afin qu’il fosse des prières pour son ame. On lave lecorps, & aprés luy avoir mis une chemise blanche , on luychausse des souliers d’un cuir de Russie fort délié, & on Jemet dans le cetcuëil les bras posez fut Testomac en forme decroix. On couvre la biere d’un drap ou de 1a cafoque duDéfunt, & on le porte à TEglise. A la tête marche un Prêtretenant en fa main limage du Saint , qui a été donné auDéfunt pour Patron à son Baptême, II est suivi de quatre pleu-reuses qui remplissent Tair de cris. Aprés elles , vient le corpsauprès duquel les Prêtres marchent de tous cotez & Tencen-fent pour en éloigner les mauvais esprits. Us chantent desPfeaumes, & les parens 8c amis marchent aprés eux en confu-sion . chacun tenant un cierge à la main. Lorsque Ton est au-