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Tome II. [E - O.]
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embellies de tont ce qui peut contenter les yeux. Trois villes,íçivoit Nankang, Xangieu & Cungi, font de la dépendancede Nangan, * Ambajfade de -f Hollandois yen L'Empereur de UCbme , ch ip. 26. & 27.

N ANG AN. Petite ville de la Chine, dépendante de celle deCuhiung , quatrième capitale de la Province de Junnan. Présde cette ville est la montagne de Piaolo, renommée pour lesmines d'argentque l’on y trouve. On allure qu’au Nord de ceterritoire & prés de la même ville, ceux du pays couvrent d’ortous les ans une grosse pierre, haute de dix perches,qu’ilsadorent avec beaucoup de vénération. Ils la nomment Xmxe ,c’est-à dire, pierre spirituelle, & prétendent devoir prendreleur elïòr sur une pierre, pour monter au Ciel aprés leur mort.On dit que c’étoit en ces lieux-Ià que se tenoit autrefois legrand peuple de Kinchi , c’est â dire Dents d’or, appellé ainsi,à cause qu’il armoit ses dents de petites plaques & lames d’or.

* Amb. des Holl. a U Chine , ch. 52.

NANGASAQUY ou Nangafacbi. Port renommé du Ja-pon. U a trente-trois degrez d’élevation, & dépend du Royau-me d’Omura. Ce Port est un lieu de grand trafic & fort com-mode. De Nangafaq ty jufqu’àl’Ifle de Goto, qui est la plusOccidentale du Japon.il y a quarante lieues. *Davity, Etatdu fapon.

N ANGATO. Province du Japon .dans l’Iste que l’on ap-pelle Niphon. Elie est fur la côte Occidentale du Jamaistero,vers le pays de Saicoco 5 mais elle est peu-étendue prés desRoyaumes du J uami & de Suvo. Cette Province renfermeaussi une ville nommée Nangato. *Maty , Dict. de Holl. 1701.

NANGIS. Petite ville de France dans la Brie, Diocèse deSens , en Latin Nangiacum. Elle est située dans une plaine fer-tile en grains à deux lieues de la Chapelle- Gautier, à trois deRofay, de Provins & de Vaudois à quatre de Melun' & deMonsereau fur Seine, & à quatorze de Paris. L’on y voit unbeau Château,St l’on y tient Marché tous les Mercredis, & ungrand Marché-franc tous les premiers Mardis de chaque mois.

* Mémoires dressez, furies les lieux en 170 6 .

NANGUESAQUE. Ville du Japon, située dans l’Iste de

Bungo ou Cikoko,à trente-trois degrez de latitude Septen-trionale , fur un Golfe qui la rend plus propre pour le com-merce qu’aucune autre ville de ce grand Empire. Elle est gran-de , fort peuplée, mais fans murailles comme le font la plupartdes autres, & ornée de Temples qui font presque tous de for-me quarrée & faits de bois, & qui ont pour la plupart quarantepieds de tous cotez. II y en a beaucoup de petits qui ne lais-sent pas d’être beaux par leur sculpture , aussì-bien que parles tours qui sont au dehors admirablement bien taillées &dorées. Quelques-unes de ces tours sont élevées beaucoup audessus des maisons, St ont jusques à quatre & cinq étages, cequi fait un effet tres-agreable. Il y a ordinairement des dra-gons fur 1c haut des pagodes, & au dedans on voie des figuresde geans horribles, devant lesquelles les Japonois font quel-ques prières assez courtes , & jettent ensuite dans un bassinquelque monnoye de cuivre qu’ils nomment Kaffes. Les plusbeaux bâtimens de Nanguefaque sont du côté de la mer, où ily en a un grand nombre. Les maisons y sont quarrées & aussihautes que larges , à cause des tremblemens de terre qui sontfort frequens dans le Japon , ee qui est cause qu’on en bâtit ra-rement de pierres, outre que le bois y est en grande abondan-ce. Elles sont peu différentes les unes des autres pour la for-me. II y en a qui sont de bois, & d’autres d’argille, entrelacéesde branches d’arbres pour les pauvres gens. Les plus riches lessont revêtir de plâtre, & lambrisser à quatre pieds de hauteurde terre, avec des planches couvertes de nattes épaisses qui ysont jointes fort artistement. Les toits descendent insensible-ment du haut des maisons jusques à quatre pieds hors de la mu-raille , pour garantir de la pluye une galerie qui régné tout dulong, & qui donne dans un jardin, du côtéduquel est la salleoù ils ont accoutumé de manger. Le toit qui descend du côtéde la rue, sert d’abri contre le Soleil & contre la pluye. Ils sontfaits de bois, une piece rangée fur l'autre à la maniéré de nostuiles. Ceux qui occupent ces maisons, ne logent que dans lespremiers appartemens qui sont de plein pied , & le dessus neleur sert que pour y ferrer des choses de peu d’importance.La Noblesse loge d’ordinaire dans des maisons magnifiquesqui ont deux corps de logis. Dans le premier qui est du côtéde l’entrée , est l’appartement des femmes , & dans l’autre ce-luy du mary, où sont plusieurs chambres fort propres , lam-brissées tout â l’entour de planches dorées & peintes. II y a de

Î grandes & belles images de papier, qui sont enchâssées danses aix avec tant d’art, qu’il est presque impossible d’en dis-cerner les jointures.EHes sont colées fur des bordures noires,&

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quelques portes des salles en sont ornées au dehors. Le plafondest toûjours embelli de quelque tableau d’un excellent Peso-tre, comme le plancher Test de quelque vase plein de fleurs debonne odeur. Lc long des murailles on voit par rang des boè-tes de vernis, des gobelets pourboire du Chia, sorte de bois-son qu’ils aiment, & des sabres pendus en divers endroits. Lesbâtimens ne paroissentpas beaucoup, n’ayantau dehors aucunornement d’architecture. Us sont rangez les uns fort prochedes autres, & composent des rues fort étroites ; mais tirées àla ligne, & qui se divisent par mesure égale, ayant chacunedeux cens aunes de longueur. 11 y en a quatre-vingt huit decette maniéré à Nanguefaque & qui ne sont point pavées, cequi fait qu’en temps de pluye on n’y marche qu’avec beaucoupd’incommodité pour la boue que l'on y trouve. Elles font fer-mées Ja nuit d’une palissade, & gardées chacune par une Sen-tinelle qui a toûjours une lanterne allumée. Ainsi personne.sor quelque prétexte que ce soit de nécessité pressante, ne peutfaire ouvrir la porte d’une rué fans un ordre exprès ou unelettre de créance du Gouverneur, & si le feu prend dans quel-que maison, il faut que les voisins tâchent d’y remédier, fansefperer yul secours des autres Bourgeois. Les habitans deNanguefaque sont plus blancs que le reste des Indiens Orien-taux , mais pourtant jaunâtres, & d’une couleur morte en com-paraison des Européens. Ils font sains, robustes , quarrez detaille, avec de fort beaux yeux & le nez camus,principalementles femmes. Leurs habits sont de longues robes qui leur pen-dent juíqu’aux genoux presque semblables pour l’un & poufl’autre sexe. Us s’en servent pour se couvrir la poitrine, en forteque le bout gauche vient en croisant jusque sous le bras droit,& le bout droit jusque sous le bras gauche, fans qu’ils ayentbesoin d’une ceinture pour les lier. Quant aux femmes dequalité. leurs habits sont magnifiques. Elles ont les cheveu*nouez comme les femmes ordinaires ; mais leurs robes sontplus amples,d’une étoffe précieuse & brodée d’or en plusieursendroits. Une écharpe qui leur pend au cou leur croise fur bpoitrine. Elles portent autour du corps une ceinture en brode-rie d’or & d’argent, & de la main gauche elles tiennent unéventail fur lequel on voit des fleurs & plusieurs oiseaux, I etout peint & doré. Outre la robe de dessus, qui est ordinaire-ment d’un ouvrage riche, elles en ont encore plusieurs autresjufqu’à huit ou neuf, dont les queues traînent par derrière.Comme tous ces habits sont faits d’étoffes fort fines, elles n’ensont point incommodées. On les voit fort rarement par les rues.Quand il fait beau temps, elles vont le soir se promener avecleurs maris. Le jour, elles fe font porter dans des littieres, oUsc mettent dans des barques couvertes pour sc divertir futl’eau. II y a de fort beaux jardins & des maisons de plaisanteautour de Ja ville. On y voit des arbres fruitiers de toutes six-tes , & des cedres d’une prodigieuse hauteur. On en fait de*mâts pour les plus grands navires, & des piliers dont onfef er£dans les Temples.

11 y a devant Nanguefaque une petite Iste, appellée Difma,qui en est séparée par un bras de mer, large seulement de qua-rante pieds, C’est dans cette Isle qu’est le magasin ou la loge deSHollandois. Ce magasin avoit appartenu autrefois aux Por-tugais , qui le bâtirent fur la mer ; mais aprés qu’ils eurent escchassez du Japon, & que les Hollandois, contraints de quittesFirando, sc furent réfugiez à Nanguefaque, les Japonois leurpermirent dé s’en emparer. La communication de la terre-fer-me sc fait par un pont-levis, qui a cent cinquante pas de long& cinquante de large. L isse où le Principal demeure, est en-tourée d'une palissade qui est fur le bord de l’eau. Proche de hporte du pont-levis est le magasin où l’on vend les marchandi-ses , 8 c de i’aurre côté , un jardin à fleurs fort agréable. Toutecette habitation n’a que quatre rues, où l’on voit de tous cotezdes magasins avec des places assez grandes & bien percées. Laseconde porte donne dans le Golfe où l’on descend par un asseZbel escalier, sur lequel les vaisseaux viennent décharger #charger les marchandises. On y voit une grande affluence deMarchands, & le principal commerce consiste en soyes blan-ches , en cotons, en étoffes, en pelleteries , en gascs, en bro-deries, en velours, en brocards de différentes couleurs, en sa-tins , en taffetas de la Chine, en damas, en tapis, en toiles, enrobes de soye, en bois de sapin , en sucre noir & en socr eblanc, en noix de Cambodia, en peaux de crocodiles, en f un,en cuir rouge, en capoc, en cire, en acier , en sublime, encasse, en verdet, en herbe de thé, en couleurs pour faire de laporcelaine, en musc, en camphre, en calembour, en fbye d®la Chine, en peaux de cerf & de boeuf, en papier, en poivre»en dents d’élephant & en bois d’Ager. Ce sont les Chinoisqui apportent ordinairement eesmarchandiscs à Nanguefaque,