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Tome II. [E - O.]
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&les autres Nations y en apportent d’autres. * Amb. des Holl.«u fapon , I. Pan.pag. 50. & 51.

NANGUNDI. Grande rivière de la Prefqu’Iíle de l’Indedeçà le Gange, en Latin Nangundius. Elle a sa source dans lesmontagnes de Gâte, baigne la ville de Bisnagar, & ayant tra-versé le Royaume de ce nom, elle se décharge dans le Golfede Bengale àMasulipatan qui est du Royaume de Golconde.* Maty , D<ct. de HoiL 1701.

NANHIUNG. Ville de la Chine, troisième capitale de laProvince de Quamtum, à laquelle elle sert de bornes. Elle està vingt six lieues de Xaocheu , & son circuit eít d’une lieuë &demie. De tres-bonnes murailles la défendent, avec des bas-tions & des tours capables de faire perdre courage aux enne-mis qui la voudroient attaquer. Le pont bâti fur la riviere, estfermé la nuit d’une grosse chaîne pour la fureté de ses habifans.Elle est encore aíïez bien ornée de Temples, de bâdmens &de portes, fur plusieurs desquelles le Nom du Sauveur dumonde est taillé & peint en lettres d or. Cette ville a un bu-reau où l’on paye les droits & les péages de tout ce qui monteou descend de la montagne par le moyen des portefais. Laville de Kilnng , est de la dépendance de Nanhiung, Proche delàest la riviere de Mekiang, c’est-à-dire, d’encre , íes eaux pa-toisant noires à cause de la noirceur de son sable. Elle nourritdes poissons d’une blancheur & d’une bonté merveilleuse. *Amb, des Hall. vers /’Empereur de la chine , ch. ay.

NANHOA. Montagne de la Chine, dans la Province deQuamtum, proche de la ville de Xaocheu. Cette montagneest fameuse par le Temple ou le Monastère de Lugii, qui re-tient le nom de son Fondateur, & que l’on voit élevé fur uncoteau. Ce Luzu, selon l’ancienne tradition des Chinois,étoit regardé il y a plus de huit Siécles comme un parfait mo-delé de toutes fortes de vertus. II quitta fort jeune rembarras& le tumulte des villes, pour vivre en repos dans les grottesles plus sombres de cette montagne. Ce fut-là qu’il fe donnatout entier au service de ses Dieux, & Jeur fit des sacrifices.Les Chinois admirant J’austerité de fa vie qui ne fe relâchapoint jufqu’à son dernier moment, luy dressèrent un tombeauqu’ils ont enfermé dans un magnifique Temple ou Pagode,où ils accourent en pèlerinage de tous les coins de l'Empirepour luy offrir des victimes. Le Couvent est divisé en douzerangs qui ont chacun leur Syndic ou Inspecteur, sans y com-prendre celuy qui a une puissance absolue fur tout le Mona-stère. * Ambajf. de la Comp. Or. des Prov. Unies vers l'Empereurde la Chine , ch- 24.

NANK ANG. Ville de la Chine, quatrième ville capitalede la Province de Kiamfi. Elle a pris ce nom de la famille deSunga, & trois villes, Tuchang , Kienchang & Gany font sous sadépendance. Elle est située proche du Lac de Poyang > qui ar-rose sesfauxbourgs au Sud-Est où il est large de prés de troislieues, & qui scion ce que disent les Chinois, en a plus dedix neuf de longueur. Cette Place, éloignée de prés de douzelieuës de la Métropolitaine de Nanchang, est environnée demontagnes tres- hautes & tres-agréables, comme autant de fo-rêts élevées jusques aux nuës dont les vallons font remplis defruits. Les plaines y abondent en ris. en froment, en légumes,& fur tout en chanvres, dont les habitans font des habits pourl’Eté. Les rivières qui les mouillent fournissent une infinité depoissons d’un tres-bon goût. Le lac de Poyang sépare en quel-que façon tout ce territoire en deux parties. La ville dont lesmurailles font inégales, est défendue par d’assez forts bastions.II y a une tour fort délabrée qui soutient encore sept balustres,d’où l’on a la vûë fur toute cette Contrée. Les rues sont hau-tes & basses, à cause que la ville n’est pas bâtie dans une plaine,mais fur des coteaux qui font inégaux. On voit au côté Occi-dental deux arcs de triomphe, au pied desquels on passe furun pont de pierres. A main gauche on en découvre plusieursautres d’un tres-beau travail, qui ont été élevez en l’honneurdes Grands de cette Contrée. Les édifices qui les environnentportent les marques d’une cruelle & sanglante guerre, à la fu-reur de laquelle ont échappé plusieurs Temples qui font sousla Jurifdiction de Nankang. Les principaux & les plus super-bes sc voyent fur les montagnes de fuenxin & de Ojtangliu.C’est en ces lieux que l’on trouve le grand Monastère de Ou/.-cung , & le Con vent des plus austères Anachorètes de la Chine& peut-être de toute la terre. Les cruautez qu’ils exercent con-tre eux-mêmes font presque incroyables. La montagne quisert de séjour à ces Hermites, & où ils ont prés de quatre censcellules,est toujours couverte de brouillards & de nuages, lorsmême que l’air est clair & serein de tous cotez, ce qui paroîtun prodige. * Amb. des Holl. a la Chine , ch. 31.

. NANKIN ou Nanking, Province de la Chine, qui passeTome II, 1

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pour la premiers de ce vaste Empire, quoy que le Siégé Impé-rial ait été transféré à Pékin , à cause du voisinage des Tartares,en Latin Nanquinenfis Provincia. On a appelle cette ProvinceKiangnang depuis qu’ils en font les maîtres. Elle a pour bor-nes la mer du côté du Levant & au Sud-Est, la Province deChekiang du côté du Midy, celle de Kiamsi au Sud- Ouest,celle de Hoquang au Couchant, la Province d’Honang auNord-Oiieít, & le reste borne celle de Xantung.Elie fe diviseen quatorze villes principales, qui font comme autant de peti-tes Provinces séparées, qui commandent à cent dix moindresvilles ou citez, fans compter un nombre infini d’autres petitslieux. Ces quatorze villes principales font Kiagning , Tungiang,Sttcheu , Sunkiang , change eu. Chinktang, Tangcheu , Hoaigan ,Lucheu , Ganktng, Taipmg , N ingque, Cuicheu & Hoeiçbeu. LaProvince de Nankin est d’une grande étendue > & passe pour laplus fertile & la plus marchande de la haute Asie. Auíïï n’y a-t-iî presque point de cité qui ne soit estimée une ville d’un fortgrand négoce , & où les Marchands ne soient en grand nom-bre. 11 y aborde un nombre infini de vaisseaux qui y viennentde tous les Royaumes voisins par le moyen de quantité decanaux, & par la riviere de Kiang qt e les Chinois nommoientautrefois la grande riviere. Cette Province abonde tellementen soye & en coton , qu’on dit que la feule ville de Xanghai& les bourgs voisins comprennent dans leur enceinte plus dedeux cens mille Tiíserans, dont la plupart s’occupent à fairede la toile de coton, & ce qu’il y a de particulier, c’est que lesfemmes feules y travaillent, tandis que les maris prennent foinde leurs enfans & de leur ménage. Ces Chinois ont l’efpric vif& propre aux études, & c’est de cette Contrée qu’on tire ordi-nairement leurs plus grands Hommes d’Etat & leurs plus fa-meux Docteurs. Les registres de la Chine portent qu’eìle con-tient un million neuf cens soixante & neuf mille huit cens sei-ze familles, dont l’on peut tirer prés de dix millions d’hom-mes, & qu’elle ccntribuë cinq millions neuf cens quatre-vingtquinze mille trente-quatre sacs de ris, six mille huit cens soi-xante & trois livres de soye crue, vingt-huit mille quatre censcinquante-deux pieces d’étoffes de soye, deux mille soixante Scdix- sept pieces de toile, (le coton est converti en argent ) septcens cinq mille quintaux de sel, & cinq millions huit censquatre mille deux cens dix-scpt bottes de foin & de paille. Ou-tre cela la même Province porte tous les ans à l’épargne plus desoixante millions d’écus.

La ville de Nankin dont elle a tiré son nom, étoit nomméeautrefois la Superbe & la Nompareille. Elle est à six lieuës dela ville de Taiping à la hauteur de trente-deux degrez, & re-connoît pour son Fondateur Gueïus, Roy deÇu, qui luy don-na le nom de Kïnling , c’est-à-dire Pays d'or. Le premier de larace de Cina, la nomma Moling. Les Rois d’U qui y ont tenuleur Cour, fappellerent Kienie. Sous la lignée de Tanga, ellefut nommée Kungning ; fous celle de Taiminga , Ingtien, &les Tartares, aprés qu’ils l’eurent aíïùjetie, luy donnerent ourendirent Je nom de Nankin. Elle est située dans unfondtres-fertiíe qui est arrosé par tout du grand Fleuve de Kiang, parle moyen d’une infinité de canaux artificiels fur lesquels il ya autant de ponts bâtis de pierres dures & bien travaillées. Se-lon les Chinois, elle surpasse toutes les villes dc l’Univers enmagnificence, en beauté & en grandeur. Elle avoir ancienne-ment trois enceintes de murailles , à la troisième desquelles ondonnait seize grandes lieuës de circuit. On en voie encorequelques vestiges, & il semble que ce soient plûtôt les bornesd’une Province que celles d’une ville. Quand les Empereurs ytenoient leur Cour, le nombre de ses habitans étoit infini. Sasituation, son Port, la fertilité des terres qui l’environnent, lescanaux qui facilitent le commerce, tout cela contribuoit à fasplendeur. Depuis ce temps-lâ elle a fort déchu de son ancienétat. Cependant si l’on compte ses fauxbourgs & les habitansde ses canaux, il s’y trouve encore plus de monde qu’à Pékin.Quoy que les collines incultes, les terres labourées, les jardins& les vuides considérables que l’on voit dans son enceinte, endiminuent la grandeur, ce qui est habité fait néanmoins uneville d’une prodigieuse étendue. Elle a encore des Palais. desTours&desTempIestres-somptueux. Ses autres édifices pu-blics ont aussi beaucoup de magnificence. Ses rues principalessont droites & bâties à la ligne, & ont environ vingt-huit pasde large. Le milieu est couvert de grands marbres, & les cotezfont garnis d’un pavé à menus cailloux tres-nettement rappor-tez & cimentez. Elles ont chacune un guichet qu’on ferme lanuit pour empêcher les désordres. Chaque rue a aussi un Syn-dic qui tient registre de ceux qui y demeurent. Les maisonsdu menu peuple sont fort simplement bâties.Elles n’ont qu’uneporte pour y entrer & pour en sortir; qu’une chambre d-

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