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Jes François âpres avoir été chassez de la ville & de tous lesForts .tinrent ferme pendant six mois & se défendirent contretoute l’armée d’Espagne avec une valeur extraordinaire. LaTour de saint Vincent servoit autrefois à défendre feutrée duPort, mais aujourd’huy elle fait la seureté de ia Darse oùdu bassin dans lequel les galères se retirent, & que le ViceroyDom Petro d’Aragon fit creuser en 1668. afin de les y mettreà couvert. Le s magasins des Agrcts & de tout ce qui conserveles équipages des galères font autour de ce bassin , auíïì-bienque l’Hôpital pour les galériens malades. Tout proche estP Arsenal où sc fabriquent les galères & où l’on travaille à tousíes autres équipages & armemens de marine. Vis-à-vis est lelieu où l’on fond les canons, les mortiers & les boulets. Rienn’est plus charmant que la promenade du quay qui est entrecet Arsenal & le Château de l'Oeuf, &que l'on voit bordé dePalais, avec leurs jardins au dessus, remplis pendant toutel’année de toutes fortes de fleurs. Ce Château est situé au bordde la mer, ou plutôt dans la mer même , & a été appeîlé ainsi àcause qu’i! est de figure presque ovale. Cette Forteresse s’ap-pelloit anciennement Meagre ou l’ijlede Megare. On luy don-noit auílì le nom de château des Romans , parce que Guil-laume III. du nom , Duc de Normandie, Tavoit fait construi-re. Alphonse Roy d'Aragon la fit réparer & aggrandir. Onvoit de Tautre côté à Topposite une montagne qui semble enavoir été coupée. On rappelle Piz,z.afalcone , & elle est d’unaccez tres-difficile. Les viviers de Lucullus étoient autrefoisen cetendroit-là. C'est de ce lieu-là que Cicéron parle lors-qu’il dit, Napolitanitm Luculli. Ce Palais étoit fur le Promon-toire ou Capd’E chu .qu’oncroit avoir été séparé du conti-nent par un tremblement de terre, ensorte qu’il est demeurécomme une Iste entourée de toutes parts de la mer. La Forte-resse qui étoit dessus s’appelloit Cajlrum Lucullanum . LesNor-mans changèrent en Citadelle ce Château que Lucullus avoitfait bâtir pour son Palais, mais ce fut Jean de Zunica qui lefit fortifier comme il est présentement, & qui en fit faire Jepont, ce qui sc connoît par cette inscription qu’on lit au desiùsde la porte Philippus fecundus Rex Hispaniarum Pontem â conti-nenti ad Lucullanas arces olim austri jìuctibus conquajfatum , mineSaxeis obícibusrejlauravit , firmumque reddidit D.foanne Zunicafrange anno MDLXXXXK Comme le Château de l’Oeuf estbâti dans un rocher, au milieu des ondes de la mer, on n’ypeut aller que par un pont qui est long de deux cens pas. Ilcommande fur tout le Golfe que la mer forme en cet endroit-là. 11 y a quantité de pieces de canon pointées & Ton y tientune forte garnison. Le Port de Naples est fort spacieux & bienmuni contre les efforts de la tempête. On y voit un Môle quis’avance dans la mer en maniéré de croissant Tespace d’environcinq cens pas. II est revêtu de grosses pierres de taille & sertd’un bon épaulement à la ville. A Tendrait du coude est unebelle Tour que Ton appelle Lanterna del Molo , au haut de la-quelle on allume tous les soirs un fanal pour servir de guideaux vaisseaux qui veulent entrer dans le Port. Ce Môle est dé-fendu par un assez bon fortin qui est au bout & que Ton nom-me le Port de saint sacques. II y avoit autrefois au travers decette masse ou langue de terre qui forme ce Môle, un canalpar lequel au milieu de la mer on faisoit venir de l’eau douce,& Ton en voit encore aujourd’huy le bassin fait de marbre , surlequel sont gravées en relief les anciennes Divinisez des Na-politains. On y voit aussi plusieurs autres restes d’antiquité,des morceaux de colomnes, de statues, de Temples, avecune inscription Grecque qui fait juger que Tun de ces Tem-ples étoit consacré à Castor & à Pollux, Entre les statues qu’ony remarque, on en distingue une d’Apollon fur le trepied &une autre du Fleuve Sebethus qui étoit aussi un des Dieuxtutelaires de Naples.
Cette ville est embellie de plusieurs superbes. Palais, & en-tre autres de ceux deTolede, des Ursins, de Cassìgnan , desCaraffes.du Prince Sulmoneôc de Stigliane, des Ducs d’Atri,de Monteleone 8 c de Gravine, outre une infinité de maisonsmagnifiques au dehors par leur structure, & tres-somptueusesau dedans pour leurs richesses,principalement dans la belle ruedeTolede, dont on adéja parlé , &qui à la commencer duPalais du Viceroy jusqu’à la porte Medine, a plus d’un millede long. La plupart des autres rues y aboutissent. Elles fonttirées à droite ligne, mais un peu étroites, & les maisons éle-vées de cinq à six étages y donnent de Tombre en tout temps.II y a dans celle de Tolede prés le grand Marché un belle fon-taine assez proche du grand Hôpital des Pauvres honteux oùTon remarque une chose extraordinaire en France. C'est unegrande Boucherie, en laquelle on ne vend que de la chair desanglier, de cerf, de biche & autres bêtes fauves. La rue de la
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Librairie commence à ce Marché. Le grand Palais du Noncedu Pape est à son entrée ainsi que le fameux Couvent du MontOlivet desservi par des Benedictins.On y monte par un grandescalier. Ils y ont huit ou dix Cloîtres, dont il y en a trois le*uns fur les autres &au deslùs encore trois terrasses, d’où Tondécouvre toute la ville qui paroît de figure ovale. Dans leurEglise est le Tombeau du grand Antiquaire, AlexanderabAlexandre & celuy du Marquis de Pefcaire, surnommé seFoudre de la guerre. On lit cette Epitaphe.
Quis }duthic gelido fttb marmore Mtximus illePijcator , belli gloria > pacis henos,
Ntunquid & hic pijces cepit ? N on. Ergo quid ? itrbes ,Magnanimos Reges , oppida , régna , Duces.
Dic quibushac cepit Fifcatorretibus, AltoConcilio , intrepido corde alacrique manu.
Quj tantum rapuere Ducem ? Duo numina , Mars, Mors.
Vt raperet quidnam compulitì Invidia.
Nil nocuere ipfi ; vtvir, namfama super fies ,
Qyjt Marttm & Mortem vincit &invidiam.
La Cathédrale consacrée à S. Janvier, Evêque dePuteoIeS*Martir & Patron de la ville , dont le Corps est honoré fous segrand Autel, est grande & fort exhaussée , principalement aUdessus du Chœur. Son plafond est enrichi de dorures & depeintures que Ton apperçoit par toute TEglisc, comme ausside tombeaux élevez de terre de côté & d’autre. On y admi-re la Chapelle de S. Janvier qui est tres-superbe, tant poufson architecture que pour ses dorures. L’or y brille de touscôcez. Son pavé est de marbre blanc & noir, du plus rare q utse puisse voir. Ses portes sont d'airain , ainsi que les balustra-des qui la serment. Quelque éclat que la dorure donne à se 1 ?dôme, il est encore plus considérable par ses peintures, fl 01font autant de chef-d’oeuvres du fameux Dominicain. Hy atreize statues de bronze qui représentent les treize Patrons (sela ville, & qui font entremêlées de colomnes de marbre >séparent agréablement des tableaux & des pieces de scu!pju sCen bas reliefs, où sc voyent les principales actions des Saints »dont les Reliques font enchâssées avec Tor &l’argent, & en-fermées en une grande armoire pratiquée dans la muraille* Lest le Chef de S. Janvier, & la phiole de verre où Ton con-serve ce que Ton a de Ton sang, qui fut recueilli par une Da-me de Naples le. jour qu’il endura le Martire. Ceprécieu*sang est tout congelé, mais dés qu’on l'approche de la tête (sece Saint, il devient liquide. On dit qu’un GentilhommeFrançois, appelle le Comte de Laval, qui étoit Calviniste»sc convertit à la vûë de ce miracle. En sortant par la petitporte de cette Métropolitaine, on voit un Obélisque érige ctil’honneur de S. Janvier avec cette inscription au bas, Divof 4 'nuario, Patria regnique Tutelari civitas Neapolitana de fe opvp 1merito posait. Son piédestal est de marbre, orné de bas reliefs >& fa hauteur de soixante pieds ou environ. Au haut sent re-présentez quatre Anges en bronze d’un travail fort esem c *L’un porte une mître, Tautre une Croix , le troisième des b u 'rettes, & le quatrième autre chose. A main droite óe*même Cathédrale, est Tancienne Eglise de S.Restitute. EJ >est soutenue par quantité de colomnes cu’on dit avoir set'' 1un Temple de Neptune. Cette Eglise fut autrefois la Casoe-drale du temps de S. Pierre & de S. Aspreno, premier Eveq l,ede Naples. Ce n’étoit alors qu’un Oratoire, fur les moraliseduquel on peignit à la Mosaïque TImage de la sainte Vierge»que Ton tient avoir été la premiere qui ait été reverée en imlie. Cette Image ne paroît pas si ancienne que ceux de NaP' ele disent. II y a des peintures dans la petite Eglise de S. J e ? n ’que Ton appelle ad fontes , d’un goût qui paroît beaucoup P lU ^ancien. Cette Eglise est auprès de la petite porte de sainte K estitute. On croît qu’elle servoit autrefois de Baptistère. On yvoit un Crucifix fait, selon les uns, par un Aveugle, & * e 0d’autres.par un homme qui ne íçavoit point l’art de seulptur 'Vis-à-vis de TEglisc de SantaReïïituta , est une Chapelle tresomptueuse, appellée ilTcforo. Son portail est orné de (seostatues de S. Pierre & de S. Paul, ouvrage de Giulian Fine »& de deux colomnes de marbre. Cette Chapelle est ronde >a sept Autels tous de marbre. Elle est soutenue de q uaraIÌcolomnes d'une fort grande beauté, & on y voit quatorstatués de bronze. Le balustre qui environne le grand A ut®est aussi tout de marbre. On y admire le dôme, non ^eufemeà cause de fa hauteur & de fa capacité, mais pour ^ es ^ e peSpeintures qui font de Lanfranc, à Texception des quatre Angdes angles qui font du Dominicain. ue
Entre les Eglises Paroissiales de Naples, on en dist ín íLquatre qui sont avili Collégiales & qui ont chacune se ur ^hé particulier. Ces Eglises sont S an Giorgio Majore »