;88 THE
qui va sous terre hors de senclos, jufqu’à un rocher dontil sort une source de la grosseur du bras. Le terrein a été sibien remis fur le rocher qui donne seau & fur la voûtequi y conduit , que quand on est sorti de senclos on nes’en apperçoit point. II y a une autre fontaine plus petite,qui coule le long d’un vallon au dehors des murs, où fafraîcheur produit un peu de verdure. C’est cette eau quiscrtauxArabes qui passent.La grande source reste toute en*tiere pour suíagc des Religieux, & fournit abondammentà sentretien de quantité de jardinages qui sont au dedans.Us ont aussi beaucoup de palmiers dont les fruits leur fontd’un grand secours. Apres qu’on a fait trois cens pas dansle vallon où coule la petite source, on arrive à la monta-gne, où à peine en a-t-on monte autant qu’on trouve lapremiere cellule où Saint Antoine s’étoit retiré pour pas-ser ses jours dans la contemplation des choses divines.T rois murs attachez contre une roche formoient un quar-ré de sept ou huit pieds. II n’en reste plus présentementque quelques ruines. Le Saint aprés y avoir passé quelquetemps, monta six ou sept cens pas plus haut pour se cachermieux encore aux yeux du monde,& découvrit une grotteoù il passa plusieurs années de fa vie. L’entrée n’a que deuxpieds de large, 3 c elle en a quatre & demi d’éle vation. Ccteouverture continue sefpacedeonze pas dans le rocher fanss’élargir davantage, en forte que deux hommes n’y sçau-roient passer de front. Au bout de cette maniéré d’allée , ily a trois pierres mises su ne fur sautre dans la fente duroc pour y servir de degrez , & quand on les a descenduson se trouve dans une caverne de figure presque ronde quipeut contenir trente personnes. Comme il n’y a que lejour qui vient de feutrée, la grotte a beaucoup d’oblcuri-té. Tout le devant du rocher qui est fort haut est taillénaturellement à plomb comme ír c’étoit une muraille, &ilcontinue de cette forte la longueur d’environ quatre censpas. Ce terrein est aride, dénué de bois, pierreux , & d’unrudeaccez, & son y va par un sentier qui sait plusieurstours, fans qu’on y puisse monter à droiture. De ce lieuon découvre la mer Rouge du côté de l’Orient, mais àcause de la distance elle ne paroit que comme un nuageposé sur la terre.
Le même Désert renferme le lieu où Saint Paul de The-bes, premier Hcvmite, choisit autrefois une retraite pourne plus penser qu’à Dieu. On voit d’abord la fontaine oùce fameux Solitaire partagea avec Saint Antoine le painapporté par le corbeau. Elle est éloignée de soixante 3 c dixpasde la cellule où il habitoit, & il n’y en a que trente deJa juíqu’aux murailles du Couvent qui y fut bâti depuis,& qui est à présent abandonné. On pouvoit aller ancien-nement par une voûte sous terre de ce Monastère à la fon-taine , mais elle est presque toute démolie, & il y a aussi.une grande brèche aux murailles de l’^pclos. Le dedansdu Monastère où l’on montoit par dessus les murs, commeà celui de Saint Antoine, est tout ruiné à la réservé de l’E-glisc & d’une grande Tour quarrée qui est vers le côté desenclos le plus éloigné de la brèche, 3 c dont la massonnerieparaît encore assez bonne. L’Eglisc qui est à la même place■où le saint Hermite a demeuré soixante ans, est enfoncéedouze ou treize pieds fous la terre, & l’on y descend parvingt-trois degrez. Ce n’est pourtant pas une caverne.C'est un bâtiment composé de murs avec une voûte artifi-cielle. Cette Eglise qui n’est pas fort grande est beaucoupplus longue que large. L’entrée est a u milieu d’une des ex-.trêmitez de fa longueur, & sautre bout se termine partrois Autels disposez en croix dans trois petites Chapellessi l’on n’aime mieux les nommer enfoncemens. L'Autelqui est directement vis-à vis de la porte, & qui par consé-quent devoit être le principal, est posé au Nord. 11 s’en-fonce de septou huit pieds durant le tiers de la largeur de•l’Eglisc, L deux angles de mur remplissent le reste, afin demarquer comme la tête de la croix. Les deux autres Au-tels font la même chose à l’Orient & à l’Occident, & tien-nent la place des deux bras , mais ce lieu n’est éclairé qued une fenêtre qui regarde le lever du Soleil. L’habitationdu saint Solitaire n’étoit pas à beaucoup prés de cettegrandeur ; on fa augmentée de cette sorte pour la chan-ger en Eglise. Selon Saint Jerôme, ce lieu avoir été la re-traite de quelques faiseurs de fausse monnaye du temps deCleopatre, & Paul fuyant la persécution sut conduit par laProvidence dans cette demeure inhabitée depuis si long-temps, où il vécut plutôt en Ange qu’en homme. Le longdes degrez Sc dans les murailles de l’Eglisc, on remarque
THE
quantité de peintures que les Arabes ont gâtées à coup ? ^dard, & fur tout par le visage qu’ilsont tout défigure.Monastère pouvoit avoir trois cens pasde tour. Lest? 11 ^qui sont presque encore en leur entier, sont plus épais ebeaucoup meilleurs que ceux où demeurent les Relig l£l q-Cophites. L’eaudela fontaine que l’on trouve en app 1 ®chant du Couvent, n’est pas mo ns bonge que claire. Lesource est au dedans d’un grand rocher dans une cave®>qui est élevée de cinq ou six pieds, & qui pourroit co®nir quinze personnes- La grotte est à peu prés de ng u ^ronde ,& seau qui sort du rocher y reste comme dan*bassin haut seulement d’un pied. 11 n’y en peut avoirvantage , parce qu’au dessus de cette hauteur elle rencotre des ouvertures par où elle s’engloutit dans le me®roc. * Coppin , Voyage d’Egypte , chap 5.6. & 7. ./
THE B E S. Ville de Grece dans la Bœotie, a P.P e sainsi de Thebé,fille de Promethée. Cadmus la bâtit ^fan 262,0. du monde, ou du moins il l’augmenta d uCitadelle appellée Cadmée ,que les ouvrages des Poètes 0rendue célébré , trente-sepe ans avant la prise de Tress 'Polinice, fils d’Oedipe & d’Iocaste, voulant régner a j,tour dans Thebes, suivant saccord fait avec Eteocles 1srere, arma contre luy, & assiégea cette ville avec Ad®Roy d’Argos son beau-pere, & quelques autres. Ce £ ^guerre que Stace a prise pour sujet d’un Poème Epique??appellée ordinairement Y entreprise des sept devant p H . ''L’expedition fut malheureuse, & les en fans des Gapsta®.qui étoient devant cette ville, l’emporterent dix ans aPfvers fan 2843. du monde. Divers autres évenemens 1 ®riques ou fabuleux mettoient Thebes au nombre des viles plus renommées. Cependant les Thébains, stupides nturellement, n’avoient point sçû se faire valoir. Usavo®eu même la lâcheté de trahir la Grece, & de se joindi®Xerxés.Roy de Perse. L’armée barbare ayant été défa® ’ce mauvais succès les jetta dans de fort grands embar rUs eurent peur que sous prétexte de sc venger de leur p csidie, les Athéniens leurs voisins, dont la puissance s a l >pmentoit de jour en jour,n’entreprissent de les assuj ct *Cette crainte leur fit rechercher l’alliancedeLacede® 0 'qu’ils dévoient moins redouter quand il n’y auroit eu <\ ^la raison de séloignement. Lacedemone aima mieux p"donner aux Partisans des Barbares, que de souffrir q ue Vennemis d’Athenes périssent. Les Thébains par reconnulance s’attacherent aux intérêts de leur protectrice,^. -rantla guerre du Peloponnefe , elle n’eut point d'A®^pluszelez ni plus fidelles.Cependant Lacedemone touj®Vennemie de la Faction populaire, entreprit dans la Z>de la 99. Olympiade de changer la forme de leur bvernement, & aprés avoir surpris Cadmée, Citadelle .Thebes, fous la conduite de Phsebidas, & détruit qu hsipé tout ce qui resistoit, el le déposa toute sautorité enles mains des principaux Citoyens, dont la plupart ag®Mavec elle de concert. Pelopidas à la tête des Bannis,&
Je secours d’Athenes, rentra secrettement dans Thebesbout de quatre ans , extermina ceux qu’elle regardoit*® ^me ses Tyrans, chassa la garnison Lacedemonienne,& .mit sa Patrie en liberté. Jusque-là Thebes, unie tantôt 3 ^Lacedemone & tantôt avec Athènes, s’étoit contenteesecond rang, fans qu’on soupçonnât qu’elle pourroit ocper un jour le premier; mais les Thébains naturelle®forts & robustes ,d’ailleurs extrêmement aguerris, P 0 ^avoir toujours été armez depuis la guerre du Pelopo®®
& pleins d’un désir ambitieux, qui croissoit à proporôde leurs forces & de leur courage , se crurent trop fesoj,dans leurs anciennes limites, & cela les obligea de rerude signer la Paix qu’Athènes avoit ménagée avec le R°J ^Perse, à moins qu’on ne les voulût reconnoître Chefs àeBœotie. Quoy qu’ils vissent que ce refus devoit seulecontre eux toute la Grece, qui ne soûpiroit qu’ap>®§ .repos , ils rompirent avec Athènes , attaquèrent PI® squ’elle protegeoit depuis long temps, Se la raseren^ ^Lacedemoniens persuadez que Thebes étant délaisse?ses Alliez, scroit hors d’état de leur faire tête,entresavec une puissante armée dans le Pays des Thébains, &penetrerent bien avant. Tous les Grecs crurent alors Q ,Thebes étoit perdue' ; mais ils ignoraient qu’en un .homme, fçavoir Epaminondas,elle avoit plus d’une ar®On l’arracha de fa solitude pour le mettre à la tête de>troupes.il battit lesLacedemoniensaux environs deLeuville de Bœotie , 1 a 2. année de la ioz. Olympiade, &victoire -crédita beaucoup les Thébains dans toute la