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des Villes de France. Jouvin de Rochefort, Voyage de France.Audiffret, Geogr. anc. & mod. Tome 2.
M. de Graverol parle de Toulouse en ces termes dansson Abrégé Historique des vingt-deux Villes Chefs deDiocèses de la Province de Languedoc, cette ville qui eflaujourd’hui la capitale du Languedoc , comme elle l’étoit autrefoisdes Volfques Teftofages , & comme elle le fut ensuite du Royaumedes Vijigots , a été pourtant séparée de la Septimame du temps duRoy Clovis , lequel aprés la défaite d’Alaric Roy des Vifigots se réser-va le Pays de Toulouse , & laissa le Pays de Languedoc d ces Peu-ples barbares , qui aprés en avoir chassé les Romains avoient faitde Toulouse leur vide capitale. De la vient que comme leurs Roisprenaient souvent la qualitAde Rois de Toulouse , cette ville a auffiété appellée quelquefois Roma Garonnae. Aprés le démembre-ment de l’Empire Romain fous Honorine , Atauife , Roy des Vifigts ,ayant fait irruption dans le Languedoc , il efl incertain fi Toulouselui fut soumise ; mais il efl certain qu elle lefutfius Vailia son Suc-cesseur, en qui l’on ne doute plus quil ne faille commencer le régnédes Vifigots dans cette ville-la , qui fut auffi deux fois capitale deRoyaume feus la premiere & fous la seconde racedenos Rois, fl avoirfous Clovis, apfés quil eut vaincu Alaric dans la plaine deVouglay,& fous Louis le Débonnaire lorsque Charlemagne son pere l’eut faitRoy d’Aquitaine , c’esta-dtre , de la premiere & de la seconde Aqui-taine qui compromit le Languedoc.
Ce fut dés lors que Toulouse fut gouvernée parfis Comtes, dontle premier .fut Chorfon ou Torfin du temps de Charlemagne, & dontle dernier fut Alphonse , frère de Saint Louis , & Comte de Poitiers,aprés la mort diiquel &de feanne fa femme fans enfans ( ce quiarriva en l’annéeizyo. d leur retour a Afrique,) la Comté de Tou-louse fut réunie d la Couronne de France,suivant le Traité quiavoit été fait d Paris l’an 1228. avec le Comte Raimond dernier dece nom , & pere de ladite feanne. cette ville a été de tout tempsfameuse par les grands Hommes quelle a produits ; auffi Balzac,aprés avoir dit qu elle étoit une de ces villes privilégiées & ebofiesdu Ciel , ajoûte quelle fera flavante &Palladienne jusqu d la findu monde ; mais ce n efl pas feulement du côté des Arts & des Scien-ces quelle a été de tout temps Palladienne, elle Va été auffi dansm autre fins , témoin ces braves Soldats que le jeune crajfus,Lieutenant deCesar, leva d Toulouse, efl avec te secours desqucls ildompta les Sontiates les premiers des Peuples de VAquitaine quifurent attaquez, parles Romains. Elle étoit même autrefois fi peu-plée , que Von pouvoit tirer de fis seuls fauxbnurgs quarante millecombattant pour fa défense en cas de nécessité, aprés quoy il nefaut pas s’étonner fi Aufone atteste que de son temps le nombre deshabitant de cette ville étoit innombrable.
La Fête des Jeux Floraux est une choie remarquabledans Toulouse. Ils furent instituez en 1324. par sept hom-mes de condition de cette ville qui aimoientTes bellesLettres, & qui s’étant assemblez dans un Jardin au faux- 1bourg de Saint Etienne firent une Lettre circulaire , parlaquelle ils invitèrent tous les Trou vaires ou Poètes desenvirons de se rendre à Toulouse le premier jour de Mayde la même année,promettant de donner uneViolette d’orpour prix à celuyqui auroit récité les plus beaux Vers.Ce projet plut tellement aux Capitouls, qu’en ayant faitla proposition dans un Conseil de Ville, il fut résolu qisonl’executeroit toutes les années aux dépens du Public. Pourdonner quelque forme à cette Assemblée , on créa unChancelier & un Secretaire. Dés ce temps-là les sept quiL voient été cause de cette Institution , prirent le nom deMdtnteneup. On ajoûta depuis à la Violette deux autresfleurs, FEglantine & le Soucy, pour servir de second & detroisième Prix. Vers Fan 1540. une Dame de Toulouseappellée Clemence síàure forma le dessein d’éterniser sàmémoire par sinstitution d’une Fête qui fut appellée lesfeux Floraux, & qu’elle vbulut qu’on célébrât le premier &le troisième jour de May. Elle laissa pour cela la plusgrande partie de son bien à Meilleurs de Ville,à conditionqu’ils feroient faire tous les ans quatre fleurs de vermeil,qui seroient FEglantine, le Soucy, la Violette &FOeillet.L’Hôtel de Ville, qui est tres-beau, étoit la maison decette Dame, qu’elle leur donna pour y celebrer ces Jeuxavec la Place du Marché appellée la Pierre. Sa statue quiest de marbre blanc > couronnée de fleurs & ceinte d’uneceinture auffi de fleurs qui descend jusques en bas, est dansune niche contre la muraille de la grande Salle de cet Hô-^el. Le Roy par ses Lettres Patentes du mois de Septembre21694. érigea les Jeux Floraux de Touloulè en une Acadé-mie de belles Lettres, avec le Brevet de nomination d’unChancelier de ces Jeux & de trcnte-cinq Académiciensordinaires. Les Prix qui s’y donnent à présent sont une j
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Amaranthe d’or, une Violette, une Eglantine 8c un SoU^yd’argent. . ^
Entre un grand nombre de gens renommez qui onthonneur à Toulouse leur Patrie , on distingue leCujas, M. le Président May nard & M. Doujat. J^l*Cujas le plus célébré Jurisconsulte du XVI.siécle, ne fl*fort bas lieu, fut récompensé paria nature d’unefpt'Jblime, qui sans le secours des Maîtres, le fit parvenir 3 , 11grande connoissance du Droit ancien, dont il sçut d eVlopper tous les misteres. Il enseigna dans plusieurs ^versitez, à Cahors ,à Bourges, à Valence, à TurinToulouse, & les Etrangers s’empressoient de toutes PI 1â venir profiter de ses Leçons. Pendant qu’il professerValence, le Roy qui le regardoit comme un des plus y 11tresInterprètes des Loix,luy permit de prendre si 3 , 11 .'avec les Conseillfcrs du Parlement de Grenoble. Ccp l ' ,vlege luy étoit fort honorable , mais il ne s’en servit p 01 ^pour ne pas animer Fenvie contre luy. Cujas mourutBourges le 25.de Septembre 1590. âgé à peu prés de 1 °’ans. Ses Ouvrages se trouvent dans les Bibliothèque £dix Volumes in folio.
François Maynard né d’une fort bonne Famille if1582. fut Président au Présidial d’Aurillac , & b° n ?j aavant fa mort du Brevet de Conseiller d’Etat. II vin J 3 ^Cour dans ses premieres années, & la Reine Margueritechoisit pour être son Secretaire. II alla à Rome en m 34 ‘& il s’y acquit non seulement Famitié du Cardinal Bei' clvoglio, le meilleur Ecrivain de Fltalie; mais auffi l’est 1111 ^& la bienveillance du Pape Urbain VIIf. qui luy donn® ^fa propre main un exemplaire de ses Poésies Latines. 1 /Maynard fut un des premiers qui composèrent ]’Ac 3dmie Françoise dans son établissement, mais la repu t® stque la beauté de son esprit &la délicatesse de se s 1
luy donnèrent, ne Favança pas du côté de la Fortune-s’en plaignit en plusieurs occasions, -8c ennuyé de P??ç esuivre inutilement les avantages dont il étoit digne, fretira chez luy où il mourut le 28-de Decembre de ‘ 31646. ayant fait mettre quelques années auparavant cquatre Vers fur la porte de son cabinet.
Las d’efperer & de me plaindre
' Des Muses, des Grands & du Sort ,c’ efl ici que j’ attends la mort ,
Sans la defi er ni la craindre. >
Jean Doujat étoit seul Lecteur & Professeur en P s ° U sCanon au College Royal de France , & fort estimé p° a .son sçavoir. II mourut en 1688. Doyen de l’Acadéu 1 ^,Françoise, où il avoit été reçu en la place de Baith aZBaro.
TOUPINAMBAS. Sauvages du Brésil dont parledans fa Description des Indes Occidentales,/!. 16. fW' 1 j a& que d’autres appellent Toupmambous. On les place d 3 >^.Capitanie de Rio Janeïro, & dans celles de Para & d £j jraguan. Ils font divisez en differentes Lignées. CeuX <1habitent vers le rivage de la mer,ont le nom de Fafi 11 ^Engìiiare, & on donne celuy de Ibouyapap-Engoiiare , 3 cequi occupent les montagnes. Ces Peuples font de mnf^ne taille , quoy qu’il s’en trouve quelques-uns de grandde gros. Ils ont le nez plat,le corps droit & robuste,forte qu’ils portent des fardeaux fort lourds. Ils font r® ^ment malades, à cause qu’ordinairement ils mangent p^jj& qu’ils jouissent d’un air agréable & sain , ce qui l eS j fparvenir à une grande vieillesse, sens blanchir ni .chauves. On dit que leurs femmes font secondes justP^quatre-vingts ans. Les enfans y naissent de la même cleur que ceux des Européens; mais on les oint d’une >taíne huile mêlée avec du Roucou, qui les fait devenir P e u<peu bruns & olivâtres. Les hommes tondent leurs ch eVe ^fur le front, & les femmes les portent pendans jusq ue5 j e fnombril. Elles ont grand soin de les peigner,& P° ur eI) trendre plus beaux, elles les teignent de Roucou, & les ^avec une eau dans laquelle a été cuite de la racine e (.pacari, qui rend de l’écume comme le savon. Ellesss P^cent les oreilles & y pendent de petites boules dequelque chose de semblable ; mais elles ne se percent p ^les lèvres comme les hommes qui se font un trou dan* cd’en-bas, où ils mettent une pierre verte ou de q uCautre couleur. II y en a qui se percent les narines P° út f deparer de quelques petits os ou de quelques petites pie^^cbois , ce qu’ils estiment un grand ornement. Ils vont tnuds les uns & les autres,à l’exception de ceux qtU »§mariez & des vieillards, qui se ceignent le milieu du c He