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Tome III. [P - Z.]
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^pdeinagnisicence.C’étoien'tlesjplusanciens'Pnncés&ìesr us considérables de T Afrique. Ils ne semontroient guereau r CS ^ enc ! rcc *’ s ?our aller à la Mosquée,& ne donnoientle dle . nc ^ siu'aux gens de leur Conseil,ou aux Officiers deUr “'foison ,par les mains de quipassoient toutes lesaffai-^ La principale Charge de l'Etat étoit celle de Mezuar,

J* 1 c °uime Viceroy ou Connétable , levoit les troupes,lesj Ja y°it& les sicentioit, selon que les besoins d u Royaumet uc^îtandoient. La seconde étoit celle du Chancelier, quiS «au, & saisoit les expéditions avec le Roy;& lat 0I heme celle de Grand Trésorier, qui avoit le foin de^°us Us revenus &duTrefor.Celui-ci,avecun Mandementj gue du Prince, sournissoit au,Payeur General, qui étoitquatrième Officier, tout ce qu'il falloir pour la dépense,ut ordinaire qu'extraordinaire. Le Gouverneur du Palais■ oyal étoit le cinquième ;8c ensuite le Grand Écuyer, &^Ux qui avoient le soin des Estafiers, des Tentes 8c deshameaux ,& autres emplois semblables, où il salloit ser-r en personne. Tous ces gens avoient sous eux des Offi-crs & des Compagnies de Cavalerie qui en dépendoient,

I o n y avoit rien de plus riche que senharnachement deUrs chevaux. Quand le Roy saisoit quelque entreprise,ila ndoit les Chefs des Arabes, & les Communautés dese teberes, & quelque Compagnie d'habitans, & n'entre- jUoit ses troupes que tant que duroit la guerre. Un an-^ en Auteur Africain rapporte que sous le régné d’Abu^chifien , la ville de Tremecen devint si considérable ,r ^ avo ' r seize mille maisons habitées, & que le plusiche commerce de l'Afrique s'y saisoit. Elle fut assiégée°. r ^P ar A Joseph, second Roy de la lignée des Benimerinis,qhi nt bâtir dans son Camp une ville pour y demeurer enpureté. Le siégé dura sept ans, & la ville fut réduite à une1 glande extrémité, que les habitans ne vivant plus que depeines & de feuilles d’arbres, prierent leur Roy de vou-0lr capituler.AbuTechifien préférant la mort à cettehon-e,re solutde donner bataille,&la nuit qu'il fe préparait auOmbat pour le lendemain,le Princejoseph qui sassiegeoit,ht assassiné dans son lit par un Maure appelle Alfettian, ceihi fut cause que tôus ses gens se débandèrent, & les assie-§ e z sortirent sur eux & pillèrent leur Camp, aprés en avoirh e Un fort grand nombre. Les successeurs de joseph con-fluèrent à faire la guerre aux Rois de Tremecen , &c Abua soen, qui fut le quatrième de la même race des Beni-fj e fonis, tint cette ville assiégée deux ans & demi, & à laJ 1 » emporta d'affiiut* Ces Princes fêtant emparez de cet"tatou de la plus grande partie, eurent guerre perpétuellepec ceux de la Famille d u Roy de Tremecen, cyai s'étoientE^rez enNumidie, lors qu'Abu Hafcen , fier de fa vic-aire,luy eut fait couper la tête. Ils en revinrent fur le dé-j In ,de l’Empire des Benimerinis, & s’étant rétablis dansa ville de Tremecen, ils f enrichirent de nouveaux com-merces.

^,^e Royaume, que divers Princes ont possédé, fut tenua bord par les Abduluates, Branche d'entre les Zenetes,ennë des Magaroas > qui ont dominé dans toute f Afrique.

. s lurent chassez par les Romains,& avec l'appui desGots,j.E^Prirent ensuite sEmpirc, - en leur payant un tribut,Epufo ce que les successeurs de Mahomet s emparèrent deAfriq Ue ^ à,nt toutes les Provinces avoient été sujettesj x Califes d’Arabie aprés la Conquête de í’Efpagne ; mais.Urs divisions ayant^iminué leur puissance, les superbestncains qui s'étoieiM'àuvez dans les Deserts de la Lybie,opimencerent à fe rapprocher, parce que les Abduluatessi Ul ufotten dolent que f occasion, rentrerent dans le Ro-j lfl ie de Tremecen , où ils régnèrent plus de trois cens> ìs< Us furent depuis assujettis par les Almoravides &pares Almohades, qui tantôt les chassoient, & tantôt fe con-nt °ient de les rendre tributaires, jusqu a ce que Gama-jf. Zar f Benzeyn se souleva sur le déclin de sEmpire dest - ^osiades, & laissa le Royaume à ses Descendans, fous ledes BenzeyneZ , que prirent tous ses successeurs, enjssittant celui d’Abduluates.CesRois eurent ensuite de fortj^ghes guerres avec ceux de Fez, qui s’emparerentde cettat , & en prirent les uns, 8c chassèrent ou firent prison--I ers les autres. II y en eut même que les Rois de Tunis» î?ossederen t; mais malgré tant de disgrâces, cette race estan^r Urs rentrée dans f Empire,& a régné plus de six vingtsd’Au s recevoir aucun déplaisir des Etrangers, si ce n estobs U ^ erez Roy de Tunis, & de son fils Hutmen, qui lesber^sr nt a leur payer un certain tribut ; & enfin de Bar-oque , qui fe rendit maître de Tremecen j où ils re- (

gnoîertt 3e pere en fils depuis cent quatre-vingts ans.U s’eríempara fur le Prince Buhamu,qui pour avoir été assisté destroupes d'Espagne contre Buzeyen son neveu qu'il rete-noit prisonnier , payoit quelque reconnoissance au RoyCatholique Ferdinand , ce qui le rendoit odieux à ses Su-jets, & particulièrement aux Àlfaquis, qui avoient enviéde remettre ce neveu fur le Trône. Ainsi voyant dansquelle haute réputation étoit le Corsaire Barbe rousse , quis "étoit saisi d'Alger , ils auroient fort souhaité qu'il eût étédans Tremecen pour rendre la liberté au jeune Prince.Cela obligea Buhamu de solliciter le Cardinal Ximenez,par qui l’Efpagne étoit gouvernée, d'équipcr une arméenavale contre Barbe rousse, fasse u ra n t que dans le tempsqu'il seroit attaquer Alger par mer, il envoyeroit festrou-pes par terre pour empêcher le secours pendant le sieget.Le Cardinal envoya à A Iger une armée navale & dix millecombattans, sous le commandement de Diegode Vera,quiétant arrivé, débarqua sept à huit mille hommes. Barbe-rousse,qui fur lavis qu'il reçut des préparatifs que l'onsaisoit contre íúy,avoit fait entrer dans la Place plus détrente mille Arabes ou Bereberes, sortit contre luy d'uncôté, tandis que ccs Arabes l'attaquoient de l'autre. Órtluy tua ou prit la plus grande partie de ses gens, & le restéfut repoussé jufqu'à leurs navires. Barberousse enflé par ladéfaite de l'armée d'Efpagne, écrivit aux habitans de Tre-mecen , qu'il s’ctonnoit qu'étant Mahométans, ils voulus,sent obéir à un Prince tel que Buhamu, qui dépendoit desChrétiens , 8c te iervoit d'eux à rétablissement de fa tirantnie. Ainsi il s'offroit à le chasser de Tremecen , & à rendrek liberté à Buzeyen, qui étoit leur Prince légitimé.Sur ceq u on luy répondit qu’il trouveroit les habitans favorables,il fe prépara à la guerre,& laissant quelques Turcs dansAlger fous la conduite d'Airadin son frere, il se présentadevant Tremecen lan i;i6. Ceux des habitans qui n'a-voient point eu de part à l’entreprise,fermerent les portes& prirent les armes,fur tout les Partisans du Roy Buliamu*.Les autres quil’avoient fait venir accoururent aussi tôt, 8cfaisant soulever le Peuple fous le nom du jeune Prince»dont on procurait la délivrance, ils firent entrer Barbe-rouísedans la ville, &iln’en fut pas plutôt le maître,qu’ille mit en libertéjmais quelques jours aprés feignant d’alìetrpreqdre congé de luy pour fe retirer à Alger, il fe saisit défa personne , & le fit pendre avec fes sept fils aux piliersde la galerie où ils furent étranglez avec la toile de leursturbans. II fe fit ensuite amener tous ceux qsson put ren-Acontrer de cette Famille, & les jetta luy-même dans urtétang où ils fe noyèrent,ce qui fut suivi de la mort de tousles principaux amis du jeune Prince qui l'avoient sollicité•de venir, aprés quoy il fe fit proclamer Roy de Tremecen»fous l’autorité du Grand Seigneur,& partit pour aller s'em*parer du reste des Places*

Cependant le Roy Buhamu, qui sitôt qu'il avoit vû.Barberousse reçu dans la ville s’étoit sauvé avec fes fem-mes , fes enfans & ce qu'il avoit de plus précieux, par unefausse porte de son Palais qui regardoit la montagne , seretira àOran. Diego de Cordouë, Gouverneur de cettéPlace, en donna avis à Charles-Qumt, qui n'étoit pas en-core Empereur , luy représentant que ce Prince qui avoitété vassal de son ayeitl Ferdinand implorait son secourscontre les Turcs, qui l’avoient dépouillé de son Etat.Charles-Quint luy fit donner deux mille hommes & quel-que Cavalerie qui étoit dans Oran, & Martin Argote natifde Cordouë en eut la conduite. Plusieurs Arabes & Afri-cains du parti dc Buhamu fe joignirent à ces troupes, 8caprés qu'on se sut rendu maître de la Forteresse de Calaa »Place importante entre Alger 8c Tremecen, on s'avança cnbon ordre vers cette derniere ville , dont les habitans quéles cruautez des Turcs avoient irritez, ouvrirent les portesà leur Souverain. Barberousse fe jetta dans le Château oùon l'assiegea. II se défendit courageusement 8c fit d'heu-*reuses sorties, mais enfin il fut contraint de songer à laretraite faute de vivres, & de se sauver avec les Turcs parun conduit qu'il avoit fait creuser sous terre. Sa fuiteayant été découverte, le General Espagnol Martin Argotele poursuivit en personne, & l'atteignit présd'une collineoù il fit ferme à la faveur de quelques ruines d’hne ancien-ne Forteresse. Le combat fut fort sanglant, & fe terminapar la mort de Barberousse dont ce General envoya la têteau Gouverneur d'Oran, avec fa veste qui étoit de veloursrouge en broderie d’or. Le Gouverneur d'Oran en fitprésent à un Monastère de Cordouë nommé Saint Jeróme

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