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Tome III. [P - Z.]
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où il a été ensuite enterré, & son en fit une'Chappeque l’on appelle encore Barberouíse. Aprés cela Buhamupartit d’Oran pour aller prendre possession de la Couron-ne , & fut reçu dans Tremecen avec joye. II contenta tousles Officiers Sc ies Soldats, & s’ofFrit pour perpétuel vassalau Roy d’Espagne , auquel il envoya tous les ans douzemille pistoles,douze chevaux, & fîxGerfaux femelles, cequ’il continua de faire jusques à fa mort, a prés laquelleson frere Abdala à la persuasion de quelques Àlfaquis & deBarberousse Airadin, qui l’asseuroitde la protection de laPorte rompit le Traité. II vécut ainíì fans rien payer , &régna quelques années ; mais lors qu’il fut mort au lieud’Abdala son fils aîné qui luy devoit succéder, Barbe-rousse mit à fa place Hamet Buzeyen son cadet qui étoitalors dans Alger, afin de se donner entrée par là dans lePays. Abdala faîne eut recours à Charles-Quint pour ferétablir, & ossrit d etre son vassal aux mêmes conditionsque son ayeul Buhamu. Charles-Quint ordonna au Comted’AIcaudete daller prendre Tremecen, & ensuite de re-mettre cette Place entre les mains d’Abdala. Aprés avoirassemblé quantité de munitions & de vivres, & quelqueCavalerie dansl’Andaloufie, le Comte d’AIcaudete partitd’Oran en 1544. avec neuf mille hommes de pied & quatrecens chevaux ,& prit la route de Tremecen. De son côtéHamet Buzeyen assembla les Arabes & les Bereberes deson parti, & les envoya avec les troupes de la ville pourdonner bataille au Comte fous le commandement du Me-zuar son beaupere , qui se vint camper à deux lieues de làpour ce sujet. Le Comte étant à la vûë des ennemis, fitdeux gros de son Infanterie de quatre mille hommes cha-cun, 1 un devant, l’autre derriere & le bagage au milieu. IIjetta la Cavalerie fur l’une des ailes avec quelques Volon-taires & à côté des bataillons, deux manches de Mousque-taires de cinq cens hommes, chacune à quelque distancedes bataillons. II attendit les ennemis en cet état, avec dé-fense à tous les Soldats fous peine de la vie de quitter leurrang. Le Mezuar venoit avec tous ses gens en gros à lacoutume des Maures, & lors qu’il fut proche il fit atta-quer le Comte de toutes parts afin de mettre ses troupesen désordre ; mais elles soutinrent le choc avec intrépidi-té, & leurs fréquentes décharges firent écarter les ennemis.On marcha toute cette aprés dînée-là en combattant ,juf-qu’à ce qu’on arriva à un Fort fait de fascines & de grandsgabions où le Mezuar avoit mis des vivres & de l’eau pourrafraîchir ses troupes. Les Chrétiens prirent le Fort & ypasserent la nuit. Le lendemain farinée marcha en bonordre juíqu’aux portes de Tremecen, d’où l’on fçutque JeRoy étoit sorti aprés avoir empoisonné tous les puits. Onapprit auflìque la plûpart de ses gens l’avoient abandonnépour passer du côté de son ennemi. Ainsi on entra dans laville qui fut saccagée d’un bout à l’autre, sans qu’aucun deceux qu’on rencontra fût épargné. Abdala se logea dans laForteresse, Lt pour se mieux établir, il épousa les Filles desprincipaux Chefs & Gouverneurs, & entre autres celled’un Renégat de Biscaye appellé Hascen, qui étoit riche& fort vaillant, & qui s’étoit joint à luy avec quantité detroupes. Quelque temps aprés Hamet Buzeyen, Roy dé-possédé, assembla les Arabes des Déserts & les Bereberesde Beni-Arax , & prit la route de Tremecen où Abdalavint à fa rencontre. Hamet fut défait, & lors qu’Abdalapenfoit rentrer dans la Place, les habitans indignez du íïegede leur ville & des désordres que les Espagnols avoientfaits dans tout le Pays, luy en fermerent les portes, disantqu’ils ne vouloient point pour Roy un homme qui les li-vroit à leur ennemi. II s’approcha des murailles , & essayade les appaiser, mais il le ht inutilement; de forte que sevoyant abandonné par ses gens mêmes, il pritla route desDéserts aveç soixante chevaux, pour émouvoir, s’il lepouvoit, les Arabes de son parti, qui le tuerent depuis entrahison. 11 ne se fut pas plûtôt retiré que les habitans rap-pellerent son frere Hamet, qui s’étoit seuvédans un Châ-teau voisin, & le reçurent avec de grandes marques de foû-miffion. Les T ures d’Alger s’étant depuis emparez de cetEtat, ce Prince fut obligé à implorer le secours de l’Em-pereur Charles-Quînt.L an 1546. le Mezuar mena ses deuxfils en otage àOran où se fit leTraité avec le Comte d’AI-caudete, qui étant paífé en Espagne,leva deux mille hom-mes dans f Andalousie par l’ordre de l’Empereur pour lesconduire à Tremecen. Lors qu’il fut revenu à Oran il entira huit cens hommes,tant de Cavalerie que d’Infanterie,3 c les joignant à mille qu’il avoit,il prit la route d’Agobel, j

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ville

ruinée , proche de laquelle plusieurs Maures fies A -liez luy vinrent offrir leur service. Ils venoient par fam 1les ou lignées chacune selon son rang. La premiere etaarrivée , les principaux em b raffinent le Comte & luy ? 3 ^loient, aprés quoy faisant faire quelques passades à je ulchevaux, ils donnoient lieu àd’autres de s’avancer, &venir saluer le Comte à leur tour. II y vint plus de c lDquante lignées de la forte, dont il y en avoit de centcp e 'vaux sens les gens de pied. Les moindres étoient de ciO'quante, tous avec la lance ct le bouclier, & leurs chcvau*richement enharnachez. Le Comte marcha de cette u 11 'niere prés de trois lieues, jufqu’au lieu où étoit le Mezu 31 »beaupere du Roy ,en faveur duquel il venoit pour chasteles Turcs de son Etat dont ils s’étoient emparez. Le M e 'zuar avoit avec luy íix mille chevaux. Le Comte étant a r *rivé aux ruines de Cenan, eut avis qu’Hafcen Aga, Go u 'verneur d’Alger, s’avançoit avec douze cens chevaux p° use jetter dans Tremecen ou pour le combattre. Cet av>l’obligea de retourner fur ses pas pour aller à se rencontré& il sic jurer à tous les Chefs d’entre les Maures qu’ib 1serviroient fidellement jufqu’au rétablissement au R°XHamet. Pour cela on pendit un Alcoranàun turban,^deux Cavaliers tenoient des deux cotez , le levant en ha uavec leurs bras. Tous les Chefs & tous les gens confifief 3 'blés d’entre les Maures passoient dessous, & promettaisd’accomplir ce que fouhaitoit le Comte , en mettant *main fur le Livre , & ensuite fabaissant. Le Comte rnss"chant en intention de rencontrer le Gouverneurarriva le troisième jour à Agobel, & passant la riviere 0Ferilet, il campa à une lieue & demie des T ures croy anqu’ils fussent plus loin ; mais sitôt que les Turcs l’eure 11appris, ils reprirent la route d’Alger, d’où le Gouvernesenvoya un Officier appellé Jafar, & un Morabite de ‘famis qui étoit en grande considération, prier le Mezuar '<*laisser sortir de Tremecen la garnison Turque, & fi edonner escorte, moyennant quoy il promettoit de luy í£mettre la ville entre les mains. Le Mezuar y consentieaprés que les articles du Traité surent dressez, la garni* 0de Tremecen vint dans son Camp. Le Comte voyant I eTurcs hors de cette Place qui étoit le sujet de fa venue alà d’atitres expéditions. Ce fut ainsi que Muley Hamet f 1 )rétabli Roy de Tremecen, où il regn'a paisiblement jufiffse mort, entretenant toujours amitié avec HafcenAg 3 ’Gouverneur d’Alger, & depuis avec Salharraësqui ^succéda. Hamet étant mort, Muley Hascen son freremis en se place par Salharraës dont il étoit grand anase íLcharge que les Forteresses de l’Etat luy seroient refl 11 eentre les ifiains. Muley Hascen s’en repentit quatre 3naprés, à cause definfolence des Turcs, ct pour les cha» e .il fit un Traité avec le Comte d’AIcaudete. Les Tisses q*yle fçurent soulevèrent contre luy & les habitans & les AíjLbes, ensorte qu’il fut contraint de se sauver avec se famssjà Oran , où il mourut de la peste trois ans aprés, lors qj 1 ’essayoit de recouvrer son Royaume. II laissa un fils âg esix ans qui se fit Chrétien & fut nommé Dom Carlos. F? ^lippe II. luy donna quelque établissement en Castille-puis ce temps-là le Chéris Mahamet s’étant rendu massdu Royaume de Fez , envoya Muley el Flartan & MpyAbdal ses fils s’emparer de Tremecen. Ees Turcs qp 1 ?en chassèrent mirent cet Etat fous leur pouvoir, ct £possedent encore aujourd’huy,ou du moins-ils en tiennesla plus grande partie fous leur pouWir. * Marmol, tes» 1liv. J ch.i.i.&u.

TREMITEUGE. Ville anéienne de f líle de Chy?^en Latin Trmitbm & Trimetlm. Elle étoit Episcopale, &n’est présentement qu’un village qu’on trouve à sept li c ° cde Nicosie vers le Couchant. Le célébré Spiridion a eEvcque de ce lieu. * Maty , DiB.de Hsì. 1701.

TREMITI ou ]fles deTremiti.ldes de la mer Adriatiqty’que les Anciens nommèrent Dioitiedea ou Ifles de Diowyu ^Elles dépendent du Royaume de Naples, & particulierment du Gouvernement de l’Abruzze Citcrieure. P t0mée témoigne qu’il y en a cinq, mais fans en dire lesnow^Les autres mettent feulement deux Isles de Diomede, d°l’une fut appellée Teuthna , & l’autre Trimeras, peut-être *lieu de Trimetus. L’une étoit habitée & l’autre déserté ,on prétendoit que Diomede avoit été tué dans l’une d ^deux, ct que ses Compagnons y avoient été changezoiseaux. Aujourd’huy quelques-uns mettent ces Isle* 3nombre de quatre, toutes appellées deTnmiti, & eni ul .

ppellées

distinguées par les noms particuliers de Sainte Matie

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