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dc l’Ordre. On envoya la plupart des Chevaliers aux Ga-lères , & les autres furent remis à la discrétion du Bacha ,qui les fit tous Esclaves. Ainli les Turcs en étant les maî-tres, en firent un Gouvernement fous les ordres d’un Ba-cha ; mais lesTripolins s’étant apperçus que les Bachas,,qui n’y demeuroient que trois ans en emportoient de tres-grosses sommes à force d’exactions, ^affranchirent de cedangereux Gouvernement, & fe mirent fur le pied d’uneRépublique , commandée par f un d’entre eux commeT unis & Alger. Cette efpece de République s’est mainte-nue jufqu’à présent fous la protection du Grand Seigneur,qui envoye un Bacha à Tripoli tous les trois ans pourprendre garde à ee qui s'y fait. La principale Forteresse decette ville s’appelle Mandri. Elle avance dans la mer. C’estune grosse tour garnie de canon & bien bâtie. On y envolt quelques autres au bord de la mer. Le corps de laPlace est caché par deux grands bastions assez forts. On ycompte soixante & quatre pieces de canon en batterie.Quoy que cet Etat soit assez grand, puifqu’il s’étend jus-qu au Royaume de Tunis, il y a peu de villes considéra-bles. II a été gouverné pendant quelque temps par unSangiac qui relevoit du Bacha de Tunis; mais le GrandSeigneur a trouvé depuis plus à propos d’y envoyer unBacha de Constantinople, qu’ il honore de f Etendard deTunis g í du titre de Beglierbey. L’autorité de ce Bachaest aujourd’huy fur le même pied que celle du Bacha deTunis. On tient que ses revenus montent à cent quatre-vingt mille ducats qu’il tire des Impôts établis fur feutrée& fur la sortie des marchandises, du tribut que les Juifssont obligez de payer par tête , & de ce que les camps-vo-lans peuvent extorquer des Arabes. Plusieurs Galères desVénitiensabordoient autrefois à Tripoli, & y faisoient ex-trêmement valoir le commerce, les Tripolins ayant tou-jours été fort addonnez au negoce, à cause de la situationcommode de leur ville, qui est placée sur une côte entreTunis & Alexandrie, où l’on ne trouve point d’autre villeconsidérable. On y fait grand trafic d’Efclaves Negres quel’on envoye en Turquie. Quoyquela ville de Tripoli soitla moindre de toutes celles que possèdent les Corsaires, feshabitans ne laissent pas de faire beaucoup de mal, à causeque Tripoli est situé fur la route d’Alep & d’Alexandrie.Il y a le vieux & le nouveau Tripoli. Le vieux a été bâti
E arles Romains, conquis par les Goths, & ruiné par les Ma-ometans du temps de son second Calife appellé Hamor,de sorte que présentement il n’est pas beaucoup peuplé.Le nouveau Tripoli qu’on nomme ordinairement Tripoli enBarbarie, pour le distinguer de T npoli en Syrie , est appellé pâl-ies Turcs Terabulm , & par les Maures Trebebz, ou TarabilizII est situé fur la côte dans un terroir sablonneux prochedu vieux Tripoli, aprés la destruction duquel il a été bâti.Cette ville n’est pas grande, mais elle est fort peuplée, fer-mée de bonnes murailles, & fortifiée de tours & de rem-parts. II n’y a point de fossez. On y voit seulement deuxportes, f une au Sud qui regarde la terre-ferme, & l’a utreau Nord du côté de la mer. On y remarque deux Fortsfans aucune Citadelle. L’un est au Midi, ct fa utre au Sep-tentrion contre le Port qui est beau & grand. II n’y a qu’u-ne prison pour les Esclaves, parce qu’ils n’y sont pas en sigrand nombre qu’à T unis & à Alger. Les habitans de T ri-poli fe soutiennent parle commerce & par la fabrique desétoffes. Le bled y est toujours extrêmement cher , à causede la stérilité du terroir qui ne porte que des dattes. Sanutdit qu’il y a quantité d’arbres de Lotus , dont le fruit quiest beaucoup plus doux que les dattes sert aux habitans àfaire d’excellent vin. II croît aulsi quantité d oranges & delimonsautour de la ville, & un certain fruit appellé par lesArabes Halbbazis. Il germe sous terre de la grosseur d’unefëve , ct a le goût des amandes. On ne mâche point cefruit, on ne fait que le succer. * De la Croix , Relation del’Afi que , tome 2.
TRIPOLI. Ville de Syrie, appelléeainsi parce que deloin elle paroît comme divisée en trois villes. Elle est àvingt lieues deSeyde,à trente-cinq d’Antioche, & situéeau pied du mont Liban , quoy qu’il y ait entre deux uneplaine longue & large de deux lieues, plantée d’arbres dediverses especes, & particulièrement de meuriers , à causequ’il s’y fait une tres_grande quantité de foye. Une riviereappellée SanHus , grossie de plusieurs ruisseaux qui sortentdu même mont, coule au travers de la plaine, ct va couperTripoli parle milieu. Cette ville n’est éloignée de la merque dedemi-licuë. Là est un Port mal affeuré contre les ‘
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tempêtes, parce qu’il n’y a que quelques écueils qui ro 1 * 1 'pent la furie des vagues. II y a néanmoins sept tours gar-nies de canons qui le défendent des incursions des Pirate?-L une est appellée ct Ta .r de T Amour, Sc on tient qu’un Véni-tien qu’on a voit surpris avec une Turque la fit bâtir poi' rsauver fa vie. Devant ce Port sont trois petites Istes app y"I ées le Roux , la Palme & la Perdrix . Ce fut dans Tripoli deSyrie, selon la croyance commune, que Sainte Marine ac-cusée d’impudicité fit penitence sous f habit d’un homme** Theveno c, Histoire de Levant, 2. pan. cb. 6 o. LePere Phi-lippe , Voyage d’orient. '
TRIPOLI- Petite ville de f Anatolie en Asie. Elle estfur la côte de f Amasie, à vingt-trois lieues de la ville deTrebizonde vers le Couchant. On fappelloit ancienne-ment T euthrania ou lfclnipolU & ifhopolu. * Maty , D’.ct. »?Ho!l. 1701.
TRIPONTIO. Bourg de l’Etat de l’Eglife dans le DU"ché de Spoletc, en Latin ïnponfum . 11 est furies confins dela Marche d’Ancone , ct il a pris son nom de trois pontsqu’il a , f un fur la Nera , l’autre fur laFreddara , & untoutes les deux aprés qu’elles fe sont jointes ensemble.Maty, Dift. de Ho’! ijoi.
TRIPONTIUM. Ville ancienne des Coritans, Peuple?de la Bretagne Citerieure. Les Géographes tiennent quec est le bourg ou village du Comté de Northampton ? slAngleterre, qu’on appelle aujourd’hui Torce/ier.
TRIQIJADRA ou Tiquadra. Petite Ifle que lesAncienSont connue sous ce nom. C’est celle qui porte aujourd’huiccluy de Conigbiere, & qu’on trouve prés des Istes de Ma-jorque & de Minorque.
TRIQUlNIMALE. Royaume des Indes Orientale?dans fille de Ceylan. 11 est fur la côte qui regarde le Golf?de Bengale , entre le Pays de Cottiarum & celuy de Van-nias. Ce Royaume prend l'on nom de fa ville principal?appellée auíli Tnqmnmale , & située fur le bord d’une petit?Baye à vingt lieuës de Candy au Levant d’Eté , avec uuPort tres-considerable. C’est une Forteresse faite en trian-gle avec trois bastions & dix pieces de canon de fer. CetteForteresse est fur une hauteur qui avance dans la mer,qui commande l’Anfe d’Arcos. On y entretenoit aiitre-sois un Capitaine avec cinquante So'dats, un Aumônierun Canonnier. * Jean Ribeyro, Portugais, Hifiotre de l'iy?de Ceylan , itv, i- cb.12,
TRISCHENO. Ville ancienne des Brutiens, des ruine?de laquelle on tient que celle de la Calabre Ultérieur?nommée Tavern t a été bâtie.
TRIST. Istede f Amcrique, à FOiiest de celle de PortsRoyal, dont elle n’est séparée que par une crique si étroi-te , qu’à peine un canot y peut-il nager. Elle est petite o»basse, large de trois milles en quelques endroits, & long u ?de prés de quatre, s’étendanr vers l’Est & FOiiest. Sa Pat-rie Orientale est marécageuse, & pleine de mangles blau??'Son Sud est presque de même. L Ouest est sablonneux £fec,& produit une forte d’herbe longue qui vient en toufes assez minces. C’est une efpece de Savana où il cr °î-quelques grands palmiers. Le Nord de f Ouest est remp 1 :de buissons de prunes dc coco, & de quelques arbres q uportent des raisins. Le tronc de ces derniers arbres a deuou trois pieds de tour. II en a sept ou huit de haut,pousse ensuite quantité de branches, dont les rejettostsont gros & épais. Les feuilles approchent assez de la hss u 're du lierre , mais elles sont plus larges & plus fermes- ffruit est de la grosseur ordinaire des raisins, ct il y a quaUtité de grappes qui croissent de côté & d’autre par t0farbre. 11 devient noir quand il commence à meuris-dedans est d’une couleur rougeâtre, ct il y a au miheUgros noyau dur. Ce fruit est agréable & sain, mais la g r0feu r du noyau est cause qu’il s’y trouve peu de fubst^u? 'Le corps & les branches de cet arbre fournissent unchauffage. Le feu en est aussi clair qu’ardent. Aussi le?caniers s’en servent-ils d’ordinairc pour durcir le can< Lde leurs fulils lors qu’il y a du défaut. Le Buisson des P rnés de coco est haut de huit ou neuf pieds, & a pl u “ e %;branches qui s’étendent de chaque côté. L’écorce ?unoire & unie. Ses feuilles sont d’un verd enfoncé,grandes & ovales. Le fruit esta peu prés de la grosseur ^ne grosse prune, mais rond. Les unes sont noires, les aptr^blanches, & il y en a de rougeâtres. La peau de ce frusstres-mince & tres-uaic. Le dedans est blanc, mol &,‘P 0gicux,plus propre à être fuccé qu’à être mordu , Sc ilferme un gros noyau mou dans le milieu. Ce fruit ? r ° J
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