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Citadelle flanquée de cinq grands bastions Royaux. Sonassiette luy donne cet avantage,que ses fostez font remplisd’eau , & qu’il n'y a rien aux environs qui la puisse com-mander. Le Prince y entretient une forte garnison. On yvoit une Fontaine faite en ■maniéré de puits , où il faut unpeu descendre ; mais cette descente est si aisée,qu’un muletchargé y descend &c remonte facilement par deux diffe-rensdegrez. Le Couvent des Capucins est hors la ville,&il faut passer le grand Pont de pierre fur le Pô pour y aller.Son Eglise couverte d’un Dôme richement peint,est pavéede marbre de plusieurs couleurs. Elle est fur une petiteéminence , d’où l’on a la vûë fur la ville de Turin , & furles agréables campagnes qui l’environnent, d’où au retouron peut voir dans le fauxbourg du Pô quelques Manufac-tures de foye, quelques Palais, & la belle Eglise du Cou-vent des Augustins qu’on appelle San Carlo, & qui est lamieux ornée de toute la ville. Le Valentin & la VénerieRoyale Maisons de Plaisance du Duc de Savoye, ton t peuéloignées de Turin. * Jouvin de Rochefort, Voyage d’Italie& de Malte . Richard Lassels, Voyage d 1 Italie.
TURIO. Petite riviere d’Efpagne, qui a son cours dansle Royaume de Léon, en Latin T arias. Elle reçoit celle deVernefga, en passant par la ville de Léon, & va ensuitemêler fes eaux à celles de l’Ezla proche de Campo.
TURN. Ville ancienne de la Liburnie, qui est présente-ment réduite en village , en Latin Tunes. On le trouvedans la Morlaquie , à sept lieues de Segna du côté de fO-rient. * Maty, Dift. deHoll. 1701.
TURNA ou Lago diTurna. Nom d’un petit terroir de laCampagne de Rome, qui s’étend prés de la ville d’Albano.C’étoit autrefois un Lac nommé futurna , qui a été deflé-ché pour rendre l’air du voisinage plus sain. * Maty, Diâ.
TURNAW. Ville de la Croatie, qui appartient auxArchiducs d’Autriche. Elle est proche de la mer, & peuéloignée de Zeng.
TURNONIUM. Les Auteurs Latins appellent ainsiTournon , ville de France dans le Vivarais.
TUROCZ. Petite ville de la Haute Hongrie , capitaled’un Comté qui porte son nom , & qui est vers le montKrapach, entre les Comtez deLipcze ,d’Arva , de Tranf-chin &de Neytracht. Cette ville que les Latins nommentTurocium est située à dix-huit lieues de Strigonie du côtédu Nord. * Maty, Dïft.de Ha//. 1701.
TURON. Ville d’Asie, qui a été long-tempscapitaledu Turquestan appellé auísi Tttron. Cette ville a eu Tur,fils de Fredun,pour son Fondateur. Quelques-uns la pren-nent pour celle qu’Ananic nomme Turphon , & que le PereTrigaut appelle Turpban,qui est aux extrêmitez du Royau-me de Cialis auNord-Est. * Davity.
TURONUM & T uranium. Les Latins appellent ainsi laville de Tours, capitale de la Touraine, à laquelle ils don-nent le nom de Turonia.
TURQUESTAN. ou Grande Turquie. Pays d’Asie situé,selon Texeira , dans le Maurenahar, & aboutissant au plushaut de la mer Caspienne du côté de l’Est. On luy donnepour bornes à l’Occident le Royaume de Perse; au Levantle Royaume nommé Tarse , par Alton,sc le fleuve Indus; auNord les Corafmins;&: au Midy les Deferts de l’Inde; maisces confins paroissiens mal affignez, puisque Marc Pol ditqu’en partant de Chefmur ou Queximir qui est au Mogol,& tirant à l’Est & auNord-Est,on trouve les Royaumes deCafcar, Cotan, Peim & Ciarcian, aprés quoy on arrive auDefert de Lop,d’où l’on entre dans leTangut.LeVoyagedeBenoît de Goëz nous apprend qu’en prenant la même rou-te on arrive aprés avoir traversé les Royaumes de Cafcar,de Cotan & de Cialis, au Pays sujet des Tartares, d’où iln’y à plus que neuf journées jusques à la Chine. De cettefaçon le Turque/lan auroit au Levant les Tartares, qui fontproche de la Chine ; au Septentrion les mêmes Tartares,au Couchant les extrêmitez de la Perse la plus Orientale,&une partie du Pays où demeurent les Uzbexs ; & au Midyles mêmes Uzbexs & les Etats du Mogol. Quelques-unsprennent le Turquestan pour le Pays des Jaxartes de Ptole-mée,quiditque c’estun grand Peuple de Scithie,aude-làde l’ímaus. Cette opinion feroit vrai-femblable , si ce n’é-toit que ces Jaxartes ne s’étendent point jusque prés desSines, comme fait le Turquestan . A l’égard des Turcs quifont proprement ceux du Turquestan,les anciens Auteurs lesplacent prés du Don ou Tanaïs, & même quelques-unsqui leur assignent même quartier, disent qu’ils furent au-trefois nommez Malïàgetes par les Perses , mais qu’ils
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avoient un autre nom en leur Langue. Zonare rapp ort ®qu’au temps de l’Empereur Maurice il fut pris grand no®bre de T ures alliez des Perses,qui s’étoient joints à 1 armede Bara, Capitaine rebelle de Cofroës,& cela fait voirces Turcs étoient voisins de la Perse. Ce font les ScythesMassagetes de Justin & de Strabon, contre lesquels Cy> 1 ^combattit ; car l’Histoire de Perse fait connoître évidentment qu’il ne fit la guerre à nul autre Scithe quauTurcs ou Peuples du Turquestan. Ce Pays est aussi nom®Tttron, de même que fa ville capitale, & les PersesapP® 1lent ceux qui l’habirent Turks ou Tunomans. Ses principalProvinces font Cafcar, Cotan, Ciarcian, Pein & Ciah •Les Peuples & les Rois de tous ces Pays font Mahométans-Les Turcs qui les ont habitez anciennement demeuroicndans des forêts,& vivoient de venaison. Ceux de ces furalliez des Perses qui furent pris du temps de Maurice»avoient des croix formées fur le front au dessus des fourcils, avec des points teints de noir. Cette nouveauté ayansurpris,on leur demanda pourquoy ils portoienteeserd »& ils répondirent qu’il y avoit déja fort long-temps q uleur Nation souffrant une tres-grande famine, un Chreticleur persuada de s’en faire fur le front, & qu’aucunceux qui furent ainsi marquez ne mourut en ce temps - "'ce qui les avoit obligez depuis à garder cette coutume. ‘avoient grande vénération pour le feu, l’air &l’eau,chantoient des Hymnes à l’honneur de la Terre qu’ils ad°^roient. Leurs Prêtres prédifoient les choses futures. Aujourd’huy les Ministres de leur Loy font appeliez cajest 1ou Muilas , & les autres Mifermans, ce qui veut dire Tidet (S ‘* Davity, Maurenahar.
TURQUIE. Empire du Turc qui comprend pliisie urProvinces, dans l’Europe, dans f Asie & dans l’Atriqueff^qui fait que celuy qui lespossedefe fait appeíler le CranSeigneur, enLzt'mTHreicumlntpenum,Turcarum ou Ottomansimperium magm Dom'mi & Turcica Bit 0. Cet Empire tire 1origine du faux Prophète Mahomet, Arabe de Nation , &né à la Mecque fur la fin du sixième siécle. 11 eut pour P er ^Abdalla , & pour mere Emine, tous deux de basse naiflance, & fut contraint de servir un certain AbdemonapI e ’dont il épousa la veuve, qui l’institua son heritier. E^andevenu puissant par les grands biens qu’elle luy donna,commença d’afpirer à la Royauté, & pour réussir pins t*ellement dans son dessein, il feignit qu’il étoit Prophète,sema quantité d’hereíies par les persuasions de Serges»Moine Nestorien. 11 compila le Livre de fa Loy, app®vulgairement ì’Alcoran, d’opinions Chrétiennes & Juive s »& de plusieurs fables, & aprés avoir affermi son Royau® e »il mourut âgé de soixante & cinq ans à Medine en Aram »prés de la mer Rouge. Abba-Buner son parent fut c £..Calife aprés fa mort ,& ne régna que deux ans. Omar,d’Alchiltab fut son successeur dans la dignité de Eah 'Celuy-cy entreprit quantité de guerres, prit Damas, ®cupa la Palestine, envahit la Perie, subjugua toute l a ~Trie , & ayant quitté Medine il vint à Damas. Là il te reflFEgypte tributaire, & s’étant donné le nom d’Empe r pdes Fidelles, il mourut fan 645. blessé par le Persan Ablula. Ostman, fils d’Assan qui luy succéda , fut tué paf ,siens fan 655. & laissa fa place à Ali, fils d’Abutalib &.Fatime, qui ayant régné cinq ans, fut tué par Abdurrf 1man fan 660. Aprés luy suivirent jufqu’à la fin du l e rtiéme siécle, Hazen fils d’Ali , Moaxias fils de Ceph al UMoabias ou Mahomet, fils d’Abu-Sophian , Jesid ouson fils, Maula, Muthar, Marvan & Abdelmelech, fu sMarvan. . , /{îie
Les Califes de la Loy Mahométane pendant le h uíti f>rpsiécle surent Ulid filsd’Abdelmelech ; Suleiman frère dlid ; Omar fils d’Abdulaz, fils de Marvan ; Jelid ou H'!" 1 ’cousin d’Omar; Heniam ou Ifcan, frere de Jesid; Aham ou Ibrahim fils de Walid ; Marvan & Mahomet.le neuvième siécle surent Califes successivement AbdaAbdalla II. Aaron, Mahomet, Abdalla III. & Mahoflj,^Quantité de factions s’étoient alors formées parmi le s j $raíins, & tout y étoit plein de confusion , de forte c l u jî e 2Princes des Sarasins ou des Turcs ne font point nompar ordre jusqu’en saunée 1040. Dans cette annec ^T urKomans ou T ures établirent un Roy parmi eux , #nommèrent Sadoc ou Juste. Celuy-cy ajouta à sonme la Perse & la Syrie , & laissa pour son successeur .grie, qui recouvra la Mésopotamie & la Cilicie fur ^ ^pereur de Constantinople. Afpalam qui luy succéda, ^voya en Cappadoce Soliman son neveu , qui fo uin