Band 
Tome III. [P - Z.]
Seite
673
JPEG-Download
 

T U R

T U R 673

les couleurs d éclat, & le noir n’est jamais mêlé dans leursvetetnens , qui font un caleçon & une chemise fur leurchair avec de larges manches & un collet fans plis. Pardellus cette chemise qui tombe fur le caleçon , ils portentun doliman. C’est une maniéré de soutane qui descendjufqu’aux talons,& dont les manches qui font fort étroitesfinissent en un petit rond qui couvre le dessus de la main.Ces dolimans font de toile , de taffetas, de satin , ou d’au-tres étoffes bigarrées. L’Hiver ils les font piquer de coton.Par dessus le doliman , ils se ceignent d une ceinture deplusieurs tours, & ils y attachent deux poignards qu’iisappellent Cang'Âis. Ce font des maniérés de couteaux, dontle manche, ainfi que la gaine, est garni d’or ou d’argent, &quelquefois de pierreries. Ils ont outre cela deux mou-choirs a cette même ceinture, & une bourse pleine de ta-bac. Ils mettent la bourse à l’argent dans leur sein avecleurs papiers Sc ce qu’ils ont de plus cher. Leur Fe-í'eajre est par dessus le doliman. C’est une veste en façond une longue robe de chambre, qui a les manches fort lar-ges Sc de la longueur du bras , d’ordinaire d’un drap tres-nn rouge ou verd , doublé en Hiver de quelques richesfourrures. Leurs bas qui sont d’un drap d’écariate, finis-sent au pied par un chaufìon de cuir jaune ou rouge,qu’ilschaussent dans leurs Babouches. Ce font des souliers à laLevantine Faits à peu prés comme des pantoufles, & dont letalon est égal au reste de la femelle, fì ce n’est qu’il est ferréd un petit fer à demi rond fait exprès, le tout cousu íi pro-prement, qu’íl semble que ce soulier ne soit que d’uneseule piece. Les T ures ne se servent point de chapeaux, ilscouvrent leur tête d’un bonnet de velours cramoisi faitcomme une toque fans bords,eotonné par dedans, & en-tortillé tout à l’cntour d’un turban blanc ou rouge. Ceturban est une écharpe de toile ou d'étoffe de foye , qui aplusieurs aunes de long, & toute la largeur de l’étoffe. Ilssen font plusieurs tours autour dc la tête , Sc l’entortillentcn plusieurs façons, de fortequ’on reconnoît la conditiond un homme à la maniéré dont il porte le turban. Les pa-ïens de tMahomet qu’on nomme sfaen/í.c’est-à-dire,Nobles,font les seuls qui ayent droit de porter le turban vert. Ilsfont en grand nombre, 85pour la plupart fort gueux, íif on en excepte quelques Princes qu’ils ont encore aujour-d huy en certains Etats d’Arabie Sc d’Afrique. Les fem-mes de cette race fe font auísi connoître par une piece d’é-toffe verte, qu’elles portent attachée à leur voile fur le de-vant de la tête. Quand les Turcs saluent un homme, ils nefe découvrent point la tête , ils s'inclinent feulement laniain fur l’estomach,&disent ces paroles SeLtmeon déi com,ta paix soit avec vous. Le côté gauche est le plus hono-rable parmi eux. Leur manger pourTordinaire n’est queleur p j la u fait de ris cuit avec une poule ou du bœuf oudu mouton. Faute de viande , ils font cuire ce ris avec duLeurre, & le fervent ensuite dans un grand plat fur la table,ssui n’est autre chose que le pavé, fur lequel s’étend lana PP e , faite d’une grande peau de marroquin de formeronde. Ils fe mettent tous à l’entour , astis fur leurs jambesa la façon des Tailleurs, tenant chacun la serviette qui esta ffez longue pour faire le tour de la table, fur laquelle

a prés le pi la u, on sert la viande qu’un d’entre eux met enrnn - <■"1--. —>-1- —î_ -!.,e < 7 ,nvent

TnnZ ‘ v .... u- U1 . - ...

fanç f e3UX k Onacun met la main au plat le plus souvent

nent 4 nï C - hettC '^mmefans cueille r au pilau,qu’ilspren-

âii\ A u ioû^ n /V^rr nS * Ce 3 s e ta vent en disant Ham-

dire au nom ^ tv U ’ eornrnc ds disent B.fm/lLth , qui veut

Ensuite comm 1 ^vant qu’ilz commencent à manger.

del’ean auZf ^°y leur défend 1* vin, ils vont borne

Pas olnc df> f> * S ^. eu tant à même le pot. Ils ne fontcourìiPf ^° n ?’° U1 dormir. Lors qu’il estl’heure de fequ’ 0n - ’ 0 *] tlrc d un e armoire de la chambre un matelasélevé ^- ten d P ar îerre ordinairement en un lieu un peuY coud CC mate tas il y a un coussin Sc un drap que l’onp 3a Un autre a ta couverture. Le matin on fait un

reniée, C j 0Ut ce ta» & on en débarasse la chambre en lePies est 3111 ,? ns la même armoire. L’habiilemcnt des fem-^u’ell P rt st ue semblable à eeluy des hommes,fì ce n’estâfi n of’ ?P rtent ^ eS manches de leurs vestes plus longues,viles v e es leur cachent les mains. Pour coëfure , quandtête n if 11 ' ^r r à ville , elles ont un linge qui leur couvre layeux ^ * ur le s yeux , Sc un autre linge par dessous lessent p' a ?P’ cac he le reste de leur visage. Aussi estes ne lais-n ’ e st dan°s î rC a découvert aucune partie de leur corps, íi cebonnet ' CUr a PP artemen H ou pour lors elles portent unQuatre cornes de drap rouge, tel à peu prés quelll.

ceux des En fans de Chœur cn France. Au milieu de cebonnet, il y a comme une couronne de perles qu’elíes fontpancher fur í’oreille droite, avec leur mouchoir d’unetoile ouvragée de fleurs d’or ou de foye. Elles ont aussiun collier de perles, des bracelets entremêlez de pierre-ries, 8c une ceinture couverte de plaques d’argent, avec unCangiarqui a un manche fort riche. La plupart des fem-mes sont tres-belles, bien faites Sc de belle taille, & ontfoin de conserver la blancheur de leur visage. Elles sepeignent les sourcils & les paupières de S»m/, couleur noi-râtre , 8e les ongles d’une couleur rouge brun qu’ellesnomment ou E Ihanu*. Elles vont au moins deux

fois la semaine au bain, ce que les maris ne leur peuventrefuser. C’est pour cela feulement qu’elles ont la libertéde sortir. Les Turcs qui font jaloux dans l’txcez, peuventavoir trois fortes de femmes, la légitimé, l’autre de Kcbin»

& la troisième une Elclave. Quanta la premiere qui estleur véritable mariage, ils ne la voyent qu’aprés que toutest arrêté. Si quelqu’un veut fe marier de cette façon , ilstipule avec lesparens de la fille la dot qu’st pcutjuy don-ner. Le Cadis qu’accompagnent deux Témoins, écrit lesconditions du mariage.La femmen’aj:porte que son trous-seau, qu’on étale dans la chambre par parade le jour qu’el-le fe marie, l’Epoux ayant pris le loin de faire bénir cettechambre par un Iman quelques jours auparavant. Le jourdu mariage venu , on mene 1 Epouse chez ì’Epoux, & fesbardes marchent devant fur des chevaux ou fur des cha-meaux. On fait grande chere les hommes avec les hom-mes, Sc les femmes avee les femmes dans un appartementséparé. Le reste de la journée fe passe en jeux de Marion-nettes Sc de Joueurs d’ínstrumens. Les Turcs peuventépouser jusqu a quatre femmes de cette forte, 85 ils les ré-pudient quand ils veulent. Quand une femme est répu-diée , elle ne peut se remarier avec un autre homme qu’a-prés quatre mois, afin de fçavoir íi elle est grosse. Si cela setrouve, le mari ne la peut répudier qu’aprés qu’elle est ac-couchée, encore est st obligé de nourrir l’cnfant lors qu’ill’a répudiée , ou que la séparation est venue d’elle ; il nefçauroit la reprendre,s’il en a envie, qu’elle n’ait été ma-riée auparavant avec un autre. A l’égard des sommes qu’onprend au Kebin,on y fait moins de façon. On ditau Cadisqu’on prend une telle femme, à qui l’on promet de payertant en cas qu’on la répudie, ce que le Cadis écrit, Sc ainsife fait ee mariage. Four leurs Esclaves, ils en épousentautant qu’ils veulent fans aucun témoin , Sc fans y garderde formalité. Les enfans de ces divers mariages font touségalement légitimés. Les Turcs n’époufent jamais leursparentes, quand elles les touchent de.plus prés que de lahuitième génération. Leur Loy leur défend entre autreschoses les figures qu’ils n osent tailler , à cause, difent-ils,qu’il n’appartient qu’à Dieu seul d'en faire ausquelles ildonne famé. Ainsi on n’cn voit aucune dans leurs PalaisSc dans leurs Mosquées, ni même à leurs galères Sc à leursvaisseaux. Toute forte d’ufure est chez eux un grand pé-ché, aussi que de manger des viandes impures, qui font lesmêmes que les Juifs détendent , comme le pourceau, jus-que-là que pour coudre les souliers, les Cordonniers ne fefervent point de foye de pourceau. La grenouille, la tor-tue' Sc les limaçons leur font auísi en horreur, & fi par ha-sard un chien les a voit touchez, il faudroit qu’ils sc lavas-sent. Aussi ne tiennent-ils point de chiens chez eux. lisles laissent dans les rués où il y en a dans tous les quartiersde Constantinople, d’où ils ne sortent jamais. 11 s y sont íïsouverains, qu un chien qui entreroit dans le quartier deson voisin feroit mis en pìeces par les chiens de ce quar-tier. Ils élèvent leurs petits dans des trous proche les mu-railles , Sc ils y attendent qu’on leur jette des morceaux depain, ce que font plutôt les Francs que les Turcs. 11s car-rellent fort les chats, 85 en ont souvent prés d’eux, à causeque Mahomet en avoir un qu’il aimoit íi fort, que ce chats’étant un jour endormi fur fa manche à l’heure qu’il fal-loir aller à la prière , il aima mieux la couper que de l’é-veiller. Le vin est aussi défendu aux Turcs, & cela vientde ce que ie même Mahomet passant par un lieu où le vinavoit mis les Conviez en bonne humeur , ce qui ne iuy dé-plut pas, en y repassent le soir il les vit aux mains qui s’en-tretuoient. Cela 1 obligea de conseiller aux liens de neboire point de vin.

Comme toutes les Religions ont leurs Ministres pourdécider les doutes qui naissent fur leur croyance, Sc pourcciebrer l’Oíficç Divin', les Turcs ont aussi leurs Prêtres,